Quelle structure juridique choisir pour une entreprise BTP en 2026 ?
EI, EURL, SARL, SAS ou holding BTP : le choix de la forme juridique conditionne votre assurance décennale, vos cautions bancaires et votre régime social. Cabinet Hayot Expertise, Paris, analyse chaque statut pour artisans et entreprises du bâtiment en 2026.
Ce sujet relève de notre mission
Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 14 mai 2026. Dans le bâtiment, le choix de la forme juridique n'est pas un exercice purement fiscal. Il conditionne votre capacité à souscrire une assurance décennale, à obtenir des cautions bancaires pour vos marchés, à intégrer un co-traitant ou à transmettre l'entreprise dans dix ans. Un artisan plombier qui s'immatricule en auto-entrepreneur pour aller vite peut se retrouver bloqué dès son premier chantier de rénovation importante, faute de surface financière ou de structure crédible aux yeux du maître d'ouvrage. Chez Cabinet Hayot Expertise, à Paris, nous accompagnons des artisans, des entreprises générales, des sous-traitants spécialisés et des groupes BTP structurés. Voici notre analyse complète des statuts disponibles en 2026, telle que nous la menons pour chaque dossier de création ou de restructuration.
En résumé — décision rapide : pour la majorité des artisans BTP en démarrage, l'EI (régime réel BIC) avec protection automatique du patrimoine est le point de départ. Dès 50 000 à 60 000 € de résultat net, l'EURL ou la SARL à l'IS devient pertinente. La SAS s'impose pour les structures en croissance ou multi-associés. La holding s'envisage au-delà de 80 000 à 100 000 € de résultat après IS non distribué. La SCI protège les actifs immobiliers dans toutes ces configurations.
Pourquoi le secteur BTP impose des contraintes spécifiques au choix de statut#
Assurance décennale : l'obligation préalable à toute activité#
L'article 1792 du Code civil pose une responsabilité de plein droit pendant dix ans à compter de la réception des travaux, pour tout désordre de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination. L'article L241-1 du Code des assurances oblige tout constructeur, avant l'ouverture de tout chantier, à être couvert par une assurance décennale. Cette obligation s'impose quelle que soit la forme juridique — auto-entrepreneur inclus. En pratique, le coût de la prime varie selon le corps d'état et le chiffre d'affaires : de l'ordre de 3 à 8 % du CA HT pour un artisan en maçonnerie ou charpente, parfois moins pour de la peinture intérieure ou du second œuvre non structurel. Ces taux sont indicatifs ; votre courtier vous établira un devis précis selon votre activité réelle.
La vigilance porte sur deux points. D'abord, la prime décennale est calculée sur le chiffre d'affaires déclaré. Un artisan qui sous-déclare son CA pour réduire sa prime s'expose à une exclusion de garantie partielle en cas de sinistre. Ensuite, certains assureurs refusent de couvrir une activité exercée sous une forme juridique perçue comme fragile — notamment l'auto-entrepreneur au-delà d'un certain seuil de marchés. Le statut juridique influence donc directement la couverture assurance.
Garantie financière sous-traitance : loi du 31 décembre 1975#
La loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 oblige l'entrepreneur principal à garantir le paiement de ses sous-traitants acceptés et agréés. Cette garantie peut prendre la forme d'une caution bancaire ou d'une délégation de paiement. Pour un artisan sous-traitant, vérifier l'existence de cette garantie avant de commencer les travaux n'est pas une formalité : c'est le seul recours légal en cas de défaillance du donneur d'ordres. La structure juridique de l'entrepreneur principal conditionne sa capacité à obtenir et maintenir ces cautions — un point que les banques examinent dans le dossier de notation.
Qualifications professionnelles et immatriculation CMA#
Les artisans du bâtiment — menuisier, plombier, électricien, maçon, couvreur — doivent s'immatriculer au Répertoire des Métiers tenu par la Chambre des Métiers et de l'Artisanat (CMA), conformément au décret n° 98-246 du 2 avril 1998. Cette immatriculation est une condition préalable à l'exercice légal de l'activité. Elle est compatible avec toutes les formes juridiques (auto-entrepreneur, EI, EURL, SARL, SAS), mais la personne physique qualifiée doit être identifiée. Dans une SARL ou une SAS, si le gérant n'est pas lui-même artisan qualifié, un salarié ou associé titulaire de la qualification doit être désigné.
Les qualifications délivrées par Qualibat, la FFB ou la CAPEB sont distinctes de l'immatriculation CMA mais s'y superposent pour accéder aux marchés privés ou publics qui les exigent. Un appel d'offres public peut exiger la qualification RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) pour les travaux de rénovation énergétique, ou une qualification Qualibat pour les travaux de structure. Vérifier la compatibilité entre la forme juridique et le maintien des qualifications est un point de contrôle que nous effectuons systématiquement chez Cabinet Hayot Expertise lors de chaque restructuration.
Impact du statut sur les cautions bancaires et la capacité de souscription#
Les marchés publics et les grands marchés privés exigent souvent des cautions d'avance, de bonne exécution ou de retenue de garantie. La banque qui émet ces cautions évalue la surface financière de l'entreprise : fonds propres, résultats historiques, endettement. Une EI ou une micro-entreprise n'offre pas la même lisibilité bilancielle qu'une SARL avec un capital social constitué et trois exercices de comptes certifiés. Un artisan qui ambitionne les marchés de plus de 300 000 à 500 000 € a tout intérêt à anticiper cette contrainte dès le choix de son statut.
Tableau comparatif des statuts pour une entreprise BTP en 2026#
| Statut | Capital min. | Responsabilité | Régime social | IS ou IR | Adapté à |
|---|---|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneur (micro) | Aucun | Illimitée sur patrimoine pro* | TNS micro | IR micro-BIC | Démarrage, activité d'appoint, travaux légers |
| EI (réforme 2022) | Aucun | Limitée au patrimoine pro | TNS (SSI) | IR BIC réel | Artisan solo, activité établie |
| EURL | 1 € | Limitée aux apports | TNS (gérant assoc. unique) | IR ou IS | Artisan solo souhaitant basculer à l'IS |
| SARL | 1 € | Limitée aux apports | TNS (gérant maj.) / assimilé salarié (gérant min.) | IS (IR sur option 5 ans) | PME BTP familiale, transmission |
| SAS / SASU | 1 € | Limitée aux apports | Assimilé salarié (président) | IS | Croissance, associés multiples, holding |
| SCOP | Variable | Limitée aux apports | Salarié | IS | Coopérative ouvrière, BTP participatif |
*Depuis la réforme de l'EI par l'ordonnance n° 2021-1189 du 15 septembre 2021 (entrée en vigueur le 15 mai 2022), le patrimoine personnel est protégé de plein droit sans formalité. L'EIRL n'est plus accessible aux nouvelles créations depuis le 15 février 2022 — les EIRL existantes peuvent subsister jusqu'à leur transformation ou dissolution volontaire.
Auto-entrepreneur BTP : quand c'est possible, quand c'est un piège#
Plafonds micro 2026 et activité de travaux#
Le régime micro-entrepreneur est plafonné à 83 600 € de CA HT pour les prestations de services artisanales et à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, en 2026. Ces seuils ont été revalorisés au 1er janvier 2026 pour la période 2026-2028. Les travaux du bâtiment se situent souvent à la frontière entre ventes et services selon leur nature. Un plombier qui facture essentiellement de la pose de fourniture peut relever du seuil achat-revente à 203 100 € ; un électricien dont la facturation est principalement de la main-d'œuvre relève du seuil service à 83 600 €. En pratique, les deux seuils se croisent souvent dans un même dossier BTP : une analyse préalable avec votre expert-comptable est indispensable.
Restrictions opérationnelles dans le BTP#
La micro-entreprise BTP fait face à quatre limitations pratiques majeures. Premièrement, l'impossibilité de déduire les charges réelles — matériaux, outillage, véhicule : l'abattement forfaitaire de 50 % (travaux) ou 34 % (services) ne reflète pas les coûts réels d'un artisan qui achète des matériaux. Deuxièmement, l'absence de TVA collectée lorsque le CA reste sous le seuil de franchise en base (36 800 € pour les prestations de services en 2026, à vérifier au BOFiP ; 91 900 € pour les livraisons de biens), ce qui donne un avantage de prix apparent sur les particuliers mais crée une asymétrie en B2B : le client assujetti ne peut pas récupérer de TVA, ce qui peut être perçu comme un désavantage commercial sur les marchés professionnels. Troisièmement, la surface réduite des cautions bancaires accessibles. Quatrièmement, certains assureurs décennaux peuvent refuser ou surtarifer la couverture sur des marchés importants pour un micro-entrepreneur.
Le risque sous-estimé : rester en micro trop longtemps#
Dans les dossiers BTP que nous instruisons chez Cabinet Hayot Expertise, le statut le plus fréquemment inadapté est l'auto-entrepreneur maintenu au-delà de 40 000 à 50 000 € de CA annuel. L'abattement forfaitaire ne couvre pas les charges réelles d'un artisan qui achète 30 à 40 % de son CA en matériaux. La simulation comparative — IR micro versus IR réel versus EURL à l'IS — révèle presque systématiquement un avantage net à basculer dès ce seuil, une fois les charges réelles intégrées dans le calcul.
L'Entrepreneur Individuel (EI) après la réforme 2022#
La séparation automatique des patrimoines : ce qui a changé#
L'ordonnance n° 2021-1189 du 15 septembre 2021, entrée en vigueur le 15 mai 2022, a transformé l'entreprise individuelle. La loi distingue désormais automatiquement le patrimoine professionnel (biens, droits et obligations utiles à l'activité) du patrimoine personnel du dirigeant. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que le patrimoine professionnel ; les créanciers personnels ne peuvent saisir que le patrimoine personnel, sauf exceptions légales limitées (fraude, confusion volontaire). Cette protection est d'ordre public : elle ne nécessite aucune déclaration, aucun acte notarié, aucun capital minimum.
Avantages concrets pour un artisan BTP solo#
Pour un artisan BTP, l'EI 2022 combine simplicité d'immatriculation à la CMA, protection du patrimoine personnel et fiscalité à l'IR au régime réel BIC. La déductibilité des charges réelles — matériaux, véhicule, outillage, assurance décennale, formation — est pleine. Le régime social TNS de la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) génère des cotisations inférieures de 20 à 25 % environ à celles d'un assimilé-salarié, ce qui peut représenter 5 000 à 12 000 € d'économie annuelle sur des revenus de 50 000 à 80 000 €. L'inconvénient principal reste l'imposition à l'IR sur l'intégralité du résultat, sans possibilité de piloter la charge fiscale via la combinaison rémunération et dividendes.
Quand basculer de l'EI vers l'EURL ou la SARL#
Dès que le résultat net de l'EI dépasse 50 000 à 60 000 € annuels, la question de l'IS mérite d'être posée. À l'IS taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (seuil 2025, à confirmer au BOFiP pour 2026), puis 25 % au-delà, contre une imposition marginale à l'IR pouvant atteindre 30 à 41 %, l'arbitrage fiscal peut devenir significatif. La transformation d'une EI en EURL est possible sans liquidation fiscale dans certains cas — mais chaque situation est à instruire avec l'expert-comptable avant toute démarche d'apport ou de conversion.
EURL : le statut de transition pour l'artisan solo qui monte en puissance#
Pourquoi l'EURL avant la SARL#
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la version unipersonnelle de la SARL. Elle offre la limitation de la responsabilité aux apports, la possibilité d'opter pour l'IS ou de rester à l'IR les cinq premières années, et un cadre juridique plus robuste que l'EI pour obtenir des cautions bancaires. Le gérant associé unique reste TNS, ce qui préserve l'avantage social de l'EI.
L'EURL est une étape naturelle pour l'artisan qui franchit 60 000 à 80 000 € de CA, commence à travailler sur des chantiers plus importants ou souhaite constituer des fonds propres dans la société sans les distribuer immédiatement. Elle est également la structure d'accueil logique si l'entrepreneur envisage d'intégrer un associé dans un horizon de deux à trois ans — la transformation EURL en SARL est simple et ne nécessite pas de dissolution.
Points de vigilance EURL BTP#
Le capital social minimum d'1 € est légalement valide, mais insuffisant pour rassurer un maître d'ouvrage ou une banque. En pratique, nous recommandons un capital de 3 000 à 10 000 € selon la taille envisagée, constitué d'un apport initial de trésorerie ou de matériels. La rédaction des statuts doit anticiper les clauses de cession, les conventions réglementées et les modalités d'entrée d'un futur associé.
SARL familiale : quand les proches participent à l'activité BTP#
Avantages pour une entreprise BTP à transmission planifiée#
La SARL reste le véhicule de référence pour les PME BTP à caractère familial. Elle permet d'associer le conjoint et les enfants, de recourir au régime IR sur option pendant cinq exercices (article 239 bis AA du CGI), et de préparer une transmission progressive via une cession de parts ou un pacte Dutreil. Dans le BTP, la transmission d'entreprise est un sujet critique : un artisan de 55 ans qui a constitué une SARL avec un gérant-salarié qualifié peut envisager une transition sur cinq à dix ans sans rupture d'activité.
Statut du conjoint collaborateur : loi PACTE 2019 et loi indépendants 2022#
La loi PACTE du 22 mai 2019 a posé l'obligation pour tout conjoint travaillant dans l'entreprise de choisir un statut parmi trois : conjoint collaborateur, conjoint salarié ou conjoint associé. La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 (loi en faveur de l'activité professionnelle indépendante) a durci cette obligation en limitant le statut de conjoint collaborateur aux entreprises de moins de 5 salariés et en le rendant temporaire — cinq ans maximum. Au-delà, le conjoint doit opter pour le statut salarié ou associé. Pour un artisan BTP dont le conjoint gère les devis, la facturation et les relances, cette limite de cinq ans oblige à anticiper le choix du statut définitif dès la création, sous peine de situation irrégulière.
SAS et SASU : la structure adaptée à la croissance et aux groupes BTP#
Flexibilité statutaire et accueil d'associés ou d'investisseurs#
La SAS offre une liberté statutaire totale pour organiser les droits de vote, les clauses de préemption, les mécanismes d'earn-out et les droits préférentiels. Pour une entreprise BTP qui envisage d'associer un chef de chantier expérimenté, d'intégrer un fonds d'investissement sectoriel ou de créer une structure de co-traitance, la SAS est souvent la seule forme suffisamment souple. Le régime social du président de SAS — assimilé salarié, affilié au régime général — réduit l'avantage de cotisations TNS mais simplifie la protection sociale et renforce la crédibilité auprès des banques et des assureurs.
SAS dans une architecture holding BTP#
Pour un entrepreneur BTP qui dépasse 500 000 € de CA et génère des résultats significatifs, la création d'une holding animatrice au-dessus de la société d'exploitation devient pertinente. La holding (SAS ou SARL) détient les parts de la SAS d'exploitation et peut bénéficier du régime mère-fille — exonération à 95 % des dividendes remontés, article 216 du CGI — ou du régime d'intégration fiscale dès lors qu'elle détient 95 % du capital de la fille. Elle peut également porter les actifs immobiliers via une SCI, dissociant ainsi le risque chantier du patrimoine bâti. Ce montage est décrit en détail dans notre article sur la holding animatrice : conditions et risques 2026.
SCI patrimoniale couplée à une SARL ou SAS d'exploitation#
L'ingénierie patrimoniale BTP dissocie souvent les actifs immobiliers — atelier, dépôt, bureaux — détenus en SCI et l'outil d'exploitation en SARL ou SAS. La SCI loue les locaux à la société d'exploitation, crée un flux locatif déductible pour l'exploitation et constitue un patrimoine protégé du risque opérationnel. En cas de liquidation de la société d'exploitation, les murs restent dans la SCI. En cas de transmission, les parts de SCI peuvent être cédées ou données de manière indépendante. Le risque principal est la requalification si la SCI n'est pas animée réellement : comptabilité tenue, assemblées générales tenues, loyers fixés au prix du marché. Chez Cabinet Hayot Expertise, nous pilotons systématiquement la cohérence entre les conventions de location et les prix de marché locatif parisien pour prévenir ce risque.
SCOP BTP : le statut coopératif pour les projets collectifs#
La SCOP (Société Coopérative de Production) est une SARL ou SA dans laquelle les salariés sont associés majoritaires et le résultat partagé entre réserves impartageables, participation et dividendes optionnels. Dans le BTP, la SCOP est utilisée par des collectifs d'artisans qui mutualisent achats, matériel et assurances tout en conservant leur autonomie de chantier. La réglementation relève de la loi n° 78-763 du 19 juillet 1978 et est encadrée par la CG SCOP.
Les avantages sont réels : accès à des financements coopératifs spécifiques via SOCODEN, cohésion d'équipe par l'actionnariat salarié, possible exonération partielle de CET sur la part de participation. Les limites sont tout aussi réelles : gouvernance complexe, difficulté de cession à un repreneur extérieur, et nécessité d'un collectif déjà constitué avec une culture de gouvernance partagée. Le modèle SCOP n'est pertinent que pour des projets collectifs mûrement réfléchis — rarement adapté à une création individuelle.
Arbitrage fiscal : IS ou IR dans une structure BTP#
Quand l'IR reste pertinent#
Le régime IR est pertinent lorsque le résultat est faible (démarrage, activité cyclique), que le dirigeant a des charges personnelles déductibles globalement, ou que la société est récente et en phase d'investissement. L'option IR pour une SARL ou EURL reste limitée aux cinq premiers exercices (article 239 bis B du CGI) pour les sociétés non cotées. Les conditions détaillées doivent être vérifiées pour chaque dossier avec l'expert-comptable.
Quand l'IS devient l'arbitrage prioritaire#
Dès que le résultat net dépasse 40 000 à 50 000 €, l'IS à taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (seuil 2025, à confirmer pour 2026 au BOFiP) génère une économie significative par rapport à l'imposition marginale à l'IR. L'IS permet de piloter le revenu disponible via la combinaison rémunération déductible du résultat imposable et dividendes au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Pour les détails du régime fiscal BTP, nous renvoyons à notre article régime fiscal BTP 2026.
Ce que l'administration regarde dans les dossiers BTP#
Trois points de contrôle fiscal récurrents dans le BTP méritent d'être anticipés. Premier point : la qualification des travaux en immobilisations versus charges. Un remplacement de chaudière industrielle dans un atelier peut être une charge déductible ou une immobilisation amortissable selon la doctrine fiscale et le caractère de remplacement ou d'amélioration. Deuxième point : la sous-traitance non déclarée ou non garantie. En cas de contrôle URSSAF ou fiscal, les sommes versées à des sous-traitants sans garantie légale au sens de la loi 75-1334 peuvent être requalifiées en travail dissimulé. Troisième point : le traitement des avances sur commandes. L'administration vérifie que les produits constatés d'avance et les travaux en cours sont correctement rattachés aux exercices concernés, notamment dans les SARL et SAS à l'IS.
Notre lecture chez Cabinet Hayot Expertise#
Dans les dossiers BTP que nous accompagnons à Paris, deux configurations sont récurrentes. La première est l'auto-entrepreneur maintenu trop longtemps : l'artisan dépasse 50 000 € de CA mais continue sous le micro par inertie. La simulation comparative révèle presque systématiquement un avantage net à basculer dès ce seuil. La deuxième configuration est la SARL constituée sans réflexion patrimoniale : l'artisan a créé sa SARL il y a dix ans sans SCI ni holding, et se retrouve avec un outil d'exploitation chargé d'actifs immobiliers. La transmission devient complexe, l'accès au pacte Dutreil sur les parts d'exploitation limité, et la séparation des risques inexistante.
Notre recommandation générale : le choix de statut en BTP doit intégrer simultanément quatre dimensions — assurance décennale et cautions, régime social du dirigeant, régime fiscal cible à trois ans, et scénario de sortie (cession, transmission, association). Un artisan qui anticipe ces quatre dimensions dès la création évite les restructurations coûteuses à 500 000 € de CA. Pour une analyse adaptée à votre activité et à votre situation personnelle, les équipes de Cabinet Hayot Expertise à Paris sont disponibles pour une première consultation.
Checklist : les questions à se poser avant de choisir votre statut BTP#
- Quel est votre CA prévisionnel à 12 et 36 mois ?
- Avez-vous des associés ou un conjoint impliqué dans l'activité ?
- Vos marchés exigent-ils des qualifications Qualibat ou RGE ?
- Avez-vous des actifs immobiliers (atelier, dépôt, bureaux) à protéger ?
- Visez-vous des marchés publics ou des maîtres d'ouvrage exigeant des cautions ?
- Avez-vous un projet de transmission dans les dix ans ?
- Votre assureur décennal a-t-il des exigences sur la forme juridique ?
- Avez-vous évalué les conséquences sur votre protection sociale — retraite, prévoyance, arrêt maladie ?
Questions fréquentes
Quel statut juridique choisir pour démarrer en BTP en 2026 ?
Pour un artisan débutant sous 30 000 € de CA prévisionnels, l'entreprise individuelle (EI) avec régime réel BIC est généralement recommandée : protection automatique du patrimoine personnel depuis mai 2022, déductibilité des charges réelles, immatriculation CMA obligatoire. La micro-entreprise n'est adaptée qu'à une activité très légère ou complémentaire, car l'abattement forfaitaire ne couvre pas les achats de matériaux d'un artisan actif.
Un auto-entrepreneur peut-il exercer en BTP avec une assurance décennale ?
Oui, l'assurance décennale est obligatoire quelle que soit la forme juridique, micro-entrepreneur inclus (art. L241-1 Code des assurances). Certains assureurs refusent toutefois de couvrir des marchés importants sous ce statut, et le plafond de CA limite le volume d'activité assurable. Un artisan réalisant régulièrement des chantiers dépassant 30 000 € a intérêt à basculer vers l'EI ou l'EURL.
L'EIRL existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. L'EIRL a été supprimée par l'ordonnance n° 2021-1189 du 15 septembre 2021, avec effet au 15 février 2022 pour les nouvelles créations. Les EIRL existantes ont été maintenues jusqu'à leur transformation ou dissolution. Depuis mai 2022, l'entreprise individuelle classique offre une séparation automatique des patrimoines professionnel et personnel, rendant l'EIRL obsolète.
Quelle différence entre EURL et SARL pour un artisan BTP solo ?
L'EURL est une SARL à associé unique. La différence principale tient au nombre d'associés : un seul pour l'EURL, au moins deux pour la SARL. L'EURL peut devenir SARL en cédant des parts sans dissolution. Fiscalement et socialement, les règles sont identiques. En BTP, l'EURL est souvent la première structure sociétaire car elle évite la gouvernance multi-associés tant que l'artisan travaille seul.
Faut-il une SCI pour un artisan BTP qui achète son atelier ou ses bureaux ?
Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé dès que la valeur du bien dépasse 150 000 à 200 000 €. La SCI dissocie le risque exploitation du patrimoine immobilier, facilite la transmission et permet une gestion fiscale distincte. Une SCI à l'IS autorise l'amortissement du bien, impossible en SCI à l'IR. Chaque architecture SCI-exploitation doit être dimensionnée avec votre expert-comptable, compte tenu des effets sur la TVA et les loyers.
Quand créer une holding BTP et quels sont les critères déclencheurs ?
La holding BTP devient pertinente dès que la société d'exploitation génère un résultat après IS supérieur à 80 000 à 100 000 € annuels et que le dirigeant souhaite réinvestir sans distribution immédiate. Le régime mère-fille (art. 216 CGI) exonère à 95 % les dividendes remontés. La holding doit être réellement animatrice au sens fiscal — les critères sont stricts et doivent être vérifiés au cas par cas avec votre expert-comptable à Paris.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — Article 1792 du Code civil (responsabilité décennale)
- Légifrance — Article L241-1 du Code des assurances (assurance décennale obligatoire)
- Légifrance — Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance
- Légifrance — Ordonnance n° 2021-1189 du 15 septembre 2021 (réforme EI, suppression EIRL)
- Légifrance — Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 (statut indépendant, conjoint collaborateur 5 ans max)
- Légifrance — Article 216 CGI (régime mère-fille)
- Légifrance — Article 239 bis AA CGI (option IS/IR SARL 5 exercices)
- Service-public.fr — Entreprise individuelle et protection du patrimoine
- Service-public.fr — Micro-entreprise : conditions et seuils 2026
- URSSAF — Travailleurs indépendants : cotisations et déclarations
- URSSAF — Conjoint collaborateur
- CMA France — Immatriculation au Répertoire des Métiers
- FFB — Fédération Française du Bâtiment — qualifications professionnelles
- BOFiP — BOI-BIC-DECLA-10-10 (régimes d'imposition BIC, seuils micro)
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