Réduction générale des cotisations patronales 2026 : ce qui change pour les employeurs
Au 1er janvier 2026, la réforme LFSS supprime les bandeaux de taux réduit maladie et famille pour créer une réduction générale dégressive unique (RGDU) applicable jusqu'à 3 SMIC. Coefficient maximum : 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés. Ce que cela change concrètement pour votre paie.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
La refonte des allègements de cotisations patronales au 1er janvier 2026 est la plus structurante depuis la création de la réduction Fillon en 2003. Après des années d'accumulation de dispositifs superposés — réduction générale, bandeau maladie, bandeau allocations familiales — le législateur a tout fondu dans un mécanisme unique. Pour les employeurs de TPE et PME, l'enjeu est immédiat : la paie de janvier 2026 appelle une formule nouvelle, des paramètres nouveaux et une vigilance accrue sur le SMIC de référence.
Cet article présente les règles applicables, la formule officielle, les paramètres à jour et les points de vigilance opérationnels que nous observons dans les dossiers de paie de nos clients.
Au 1er janvier 2026, les deux bandeaux de taux réduit (maladie jusqu'à 2,5 SMIC, allocations familiales jusqu'à 3,5 SMIC) sont supprimés et fusionnés dans une réduction générale dégressive unique (RGDU) qui s'applique jusqu'à 3 SMIC. Le coefficient maximal atteint 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés (0,4021 pour les 50 salariés et plus). La réduction est nulle dès que la rémunération brute annuelle atteint ou dépasse 3 fois le SMIC annuel.
Qu'est-ce qui change au 1er janvier 2026 ?#
Jusqu'au 31 décembre 2025, trois dispositifs coexistaient pour alléger les cotisations patronales sur les bas salaires :
- La réduction générale dégressive (dite « réduction Fillon »), applicable jusqu'à 1,6 SMIC.
- Le taux réduit de cotisation maladie (de 13 % réduit à 7 %), applicable entre 1 SMIC et 2,5 SMIC.
- Le taux réduit de cotisation allocations familiales (de 5,25 % réduit à 3,45 %), applicable entre 1 SMIC et 3,5 SMIC.
La loi n° 2025-199 du 28 février 2025 (LFSS 2025, article 18), complétée par le décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025, supprime ces trois couches et les remplace par un seul mécanisme : la RGDU. La simplification est réelle, mais elle rebat les cartes pour de nombreux employeurs dont les salariés se situaient entre 1,6 SMIC et 3,5 SMIC.
Les bandeaux maladie et allocations familiales sont-ils vraiment supprimés ?#
Oui, sans exception pour les employeurs de droit commun. Les taux réduits de cotisation maladie (7 % au lieu de 13 %) et d'allocations familiales (3,45 % au lieu de 5,25 %) disparaissent du régime général au 1er janvier 2026.
Une nuance importante : ces taux réduits subsistent uniquement pour les employeurs bénéficiant de certaines exonérations zonées ou sectorielles spécifiques (Lodeom pour les DOM, TO-DE pour le travail saisonnier agricole, AADPA, ZRD, ZFRR). Pour la très grande majorité des TPE et PME de droit commun, ils n'existent plus.
Jusqu'à quel salaire s'applique la réduction en 2026 ?#
C'est le changement structurel le plus visible. L'ancienne réduction générale Fillon s'éteignait dès 1,6 SMIC annuel. La RGDU 2026 monte jusqu'à 3 SMIC annuels. La réduction devient nulle exactement lorsque la rémunération brute annuelle atteint ce seuil.
Avec le SMIC en vigueur au 1er janvier 2026 (1 823,03 €/mois), le seuil de sortie de la réduction se situe autour de 65 629 € brut annuel (soit environ 5 469 € brut mensuel pour un salarié à temps plein). Ce seuil évoluera lorsque le SMIC sera revalorisé.
Notre lecture : pour un dirigeant dont l'équipe comporte des techniciens ou des commerciaux juniors payés entre 2 000 € et 4 000 € brut par mois, la RGDU 2026 ouvre un droit à réduction là où seul le bandeau famille jouait partiellement avant. Le gain potentiel mérite un calcul précis avant de conclure.
Comment calculer la RGDU 2026 ?#
La formule officielle, issue du décret n° 2025-887, est la suivante :
Coefficient = Tmin + (Tdelta × [0,5 × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1)]^P)
Les paramètres sont :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Tmin | 0,0200 |
| P (exposant) | 1,75 |
| Tdelta (< 50 salariés, FNAL 0,10 %) | 0,3781 |
| Tdelta (≥ 50 salariés, FNAL 0,50 %) | 0,3821 |
Le coefficient est plafonné à sa valeur maximale au niveau du SMIC et nul dès que la rémunération atteint 3 SMIC.
Coefficients maximaux (au niveau du SMIC)#
| Effectif | Coefficient maximal |
|---|---|
| Moins de 50 salariés | 0,3981 |
| 50 salariés et plus | 0,4021 |
La réduction est égale à : Rémunération brute × Coefficient
Exemple illustratif#
Un salarié est rémunéré 2 200 € brut mensuel dans une entreprise de 12 salariés. Sur la base du SMIC en vigueur en janvier 2026 (1 823,03 €/mois, soit 21 876,36 € annuels), la rémunération annuelle brute de référence serait de 26 400 €.
Le ratio 3 × SMIC / rémunération serait de l'ordre de 65 629 € / 26 400 € ≈ 2,49. Le terme entre crochets vaut 0,5 × (2,49 − 1) = 0,745. À la puissance 1,75, ce terme donne environ 0,574. Le coefficient approximatif serait donc : 0,0200 + 0,3781 × 0,574 ≈ 0,237, soit une réduction approximative de 2 200 × 0,237 ≈ 521 €/mois.
Ce calcul est purement illustratif. Le coefficient exact doit être obtenu via le simulateur officiel URSSAF (urssaf.fr). Les paramètres réels (temps de travail, éléments de rémunération pris en compte) peuvent modifier sensiblement le résultat.
Quel SMIC utiliser pour le calcul en 2026 ?#
C'est la question sur laquelle les erreurs sont les plus fréquentes, et c'est le point que nous surveillons en priorité dans les dossiers de paie que nous traitons.
Le SMIC à utiliser est le SMIC en vigueur sur la période d'emploi concernée, et non une valeur annuelle figée. La formule intègre un « SMIC annuel » qui se calcule en fonction du SMIC applicable sur chaque période de paie et du temps de travail effectif ou forfaitaire du salarié.
Or, 2026 comporte deux valeurs de SMIC :
- Du 1er janvier au 31 mai 2026 : 12,02 €/h, soit 1 823,03 €/mois pour un temps plein 35 h.
- À partir du 1er juin 2026 : 12,31 €/h, soit 1 867,02 €/mois pour un temps plein 35 h.
Cette revalorisation de juin modifie mécaniquement le « SMIC annuel » de référence utilisé dans la formule pour les bulletins établis à partir de juin 2026. Un salarié dont la rémunération est proche du seuil de 3 SMIC peut ainsi voir sa situation changer légèrement d'un semestre à l'autre.
Le risque sous-estimé : certains logiciels de paie paramétrés avec un SMIC annuel figé en début d'exercice peuvent produire des coefficients erronés à partir de juin 2026. Vérifiez que votre outil de paie intègre bien la revalorisation automatique du SMIC de référence. Voir aussi notre guide sur le SMIC 2026.
Quel impact sur le coût d'un salarié en 2026 ?#
Le tableau suivant compare schématiquement l'ancien régime (jusqu'au 31 décembre 2025) et le nouveau régime (à partir du 1er janvier 2026) pour illustrer les zones de gain et de perte.
Comparaison avant/après 2026 par tranche de salaire#
| Tranche de rémunération | Ancien régime (2025) | Nouveau régime RGDU 2026 |
|---|---|---|
| 1 SMIC (≈ 1 823 €/mois) | Réduction Fillon max + taux réduit maladie + taux réduit AF | Coefficient RGDU maximal (0,3981 / 0,4021) |
| Entre 1 et 1,6 SMIC | Réduction Fillon dégressive + taux réduits maladie et AF | RGDU dégressive (coefficient plus élevé qu'avant) |
| Entre 1,6 et 2,5 SMIC | Taux réduits maladie et AF uniquement | RGDU dégressive (nouvelle couverture vs rien avant) |
| Entre 2,5 et 3 SMIC | Seul taux réduit AF (partiellement) | RGDU dégressive (couverture élargie) |
| Au-delà de 3 SMIC | Taux réduit AF jusqu'à 3,5 SMIC | Aucune réduction |
| Entre 3 et 3,5 SMIC | Taux réduit AF encore applicable | Aucune réduction (perte nette) |
Notre lecture : la zone 3 à 3,5 SMIC est la seule où un employeur peut subir une perte nette par rapport à 2025. C'est typiquement le cas d'un salarié rémunéré entre 5 469 € et 6 381 € brut mensuel. Ce segment mérite une révision attentive de la masse salariale avant la clôture du premier semestre.
Quels employeurs sont concernés par la RGDU ?#
La RGDU s'applique à l'ensemble des employeurs du secteur privé affiliés au régime général de la Sécurité sociale, à l'exception de ceux relevant d'un régime d'exonération spécifique incompatible (Lodeom, TO-DE, etc.). Elle concerne donc :
- Les sociétés (SARL, SAS, SA, SNC, etc.)
- Les entreprises individuelles employant des salariés
- Les associations loi 1901 employeuses
- Les groupements d'employeurs
Les travailleurs indépendants, mandataires sociaux sans contrat de travail et professions libérales exerçant sans salariés ne sont pas concernés.
Quels éléments de rémunération entrent dans la base de calcul ?#
La base de calcul de la RGDU est la rémunération brute annuelle soumise aux cotisations de Sécurité sociale, telle que retenue pour le calcul des cotisations patronales. En pratique, cela inclut :
- Le salaire de base
- Les primes et gratifications soumises à cotisations
- Les avantages en nature soumis à cotisations
- Les compléments de salaire habituels
Les éléments exonérés de cotisations (participation, intéressement dans certaines limites, tickets restaurant, etc.) n'entrent pas dans cette base. Pour comprendre ce qui figure sur le bulletin, voir le nouveau bulletin de paie 2026 et le montant net social 2026.
Y a-t-il une régularisation annuelle ou mensuelle ?#
Le calcul de la RGDU peut s'effectuer selon deux modalités, comme pour l'ancienne réduction générale : calcul mensuel (le plus courant) ou calcul annuel avec régularisation en fin d'exercice ou lors du dernier bulletin de l'année. La régularisation annuelle est obligatoire pour certaines configurations (contrats à durée déterminée courts, entrées/sorties en cours d'année, changement de temps de travail).
Lorsque le SMIC est revalorisé en cours d'année — comme c'est le cas au 1er juin 2026 — la régularisation annuelle peut générer des écarts significatifs entre les acomptes mensuels et le solde final. C'est un point de contrôle à anticiper dans le cadre de votre externalisation de la paie.
Ce que nous observons dans les dossiers de paie#
Dans les premiers mois de 2026, nous avons identifié trois points de friction récurrents lors des vérifications de paie :
Premier point : des logiciels de paie non mis à jour qui continuent d'appliquer le plafond Fillon à 1,6 SMIC, laissant de côté une partie de la réduction pour les salariés situés entre 1,6 et 3 SMIC. La réduction manquée n'est pas perdue si une régularisation est effectuée dans les délais, mais elle crée un décalage de trésorerie.
Deuxième point : des confusions sur le FNAL applicable. L'employeur qui franchit le seuil de 50 salariés en cours d'exercice doit basculer sur le Tdelta de 0,3821. Ce basculement affecte le coefficient et donc la réduction appliquée à l'ensemble du personnel.
Troisième point : des questions sur la manière dont la RGDU doit figurer sur le bulletin. La ligne de réduction doit désormais refléter le nouveau mécanisme unifié ; les anciens libellés « bandeau maladie » ou « bandeau AF » n'ont plus lieu d'être.
Checklist employeur : points à vérifier avant la paie de juin 2026#
- Confirmer que votre logiciel ou prestataire de paie a bien intégré les paramètres RGDU 2026 (Tmin 0,0200, P 1,75, Tdelta selon effectif, plafond 3 SMIC).
- Vérifier que le SMIC de référence est mis à jour automatiquement au 1er juin 2026 (12,31 €/h, 1 867,02 €/mois) et non figé à la valeur de janvier.
- Identifier les salariés dont la rémunération se situe entre 3 et 3,5 SMIC annuels : ils perdent le bénéfice du taux réduit AF sans trouver de compensation dans la RGDU.
- Contrôler votre effectif au regard du seuil de 50 salariés pour déterminer le bon Tdelta (0,3781 ou 0,3821).
- S'assurer que les bulletins de paie de janvier à mai 2026 n'appliquent plus les anciens libellés « bandeau maladie » et « bandeau AF ».
- Programmer la régularisation annuelle si votre logiciel calcule la réduction sur une base mensuelle : les écarts liés à la revalorisation du SMIC de juin doivent être soldés au plus tard sur le dernier bulletin de l'année.
Pour les employeurs qui envisagent une première embauche, notre guide embaucher votre premier salarié intègre déjà ces nouvelles règles de calcul.
Arbitrage : calcul mensuel ou régularisation annuelle ?#
Deux approches coexistent :
Calcul mensuel pur : le coefficient est calculé chaque mois sur la base du SMIC du mois et de la rémunération du mois. Simple à gérer, mais peut créer des irrégularités pour les salariés dont la rémunération varie (primes ponctuelles, heures supplémentaires).
Régularisation annuelle : les acomptes mensuels sont provisoires ; un solde est calculé en fin d'exercice sur la totalité de la rémunération annuelle et du SMIC annuel pondéré. Plus précis pour les rémunérations variables, mais exige une coordination entre la clôture de paie et la liasse fiscale.
À jour au 2026-05-31. Cet article informe et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, contactez un expert-comptable inscrit à l'Ordre.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la RGDU 2026 et en quoi diffère-t-elle de la réduction Fillon ?
La réduction générale dégressive unique (RGDU) remplace, depuis le 1er janvier 2026, à la fois la réduction Fillon (plafonnée à 1,6 SMIC) et les deux bandeaux de taux réduit maladie et allocations familiales. Elle forme un mécanisme unique dont le coefficient maximal est de 0,3981 pour les employeurs de moins de 50 salariés, et s'applique jusqu'à 3 SMIC. Les employeurs n'ont plus à gérer trois dispositifs distincts.
Quel SMIC faut-il utiliser pour calculer la RGDU en 2026 ?
Le SMIC à utiliser est celui en vigueur sur la période d'emploi concernée, et non une valeur annuelle figée en début d'année. En 2026, deux valeurs s'appliquent : 12,02 €/h (1 823,03 €/mois) du 1er janvier au 31 mai 2026, puis 12,31 €/h (1 867,02 €/mois) à compter du 1er juin 2026. Le coefficient calculé sur les bulletins de juin et au-delà doit donc refléter la revalorisation du SMIC. Vérifiez que votre logiciel de paie actualise ce paramètre automatiquement.
Les employeurs qui ont des salariés entre 3 et 3,5 SMIC sont-ils perdants avec la réforme 2026 ?
Oui, c'est la seule zone de perte nette. Un salarié dont la rémunération brute mensuelle se situe entre environ 5 469 € et 6 381 € (soit entre 3 et 3,5 SMIC au 1er janvier 2026) ne bénéficiait jusqu'en 2025 que du taux réduit d'allocations familiales. Depuis janvier 2026, il n'est plus couvert par aucun allègement, car la RGDU est nulle au-delà de 3 SMIC. Il est conseillé de quantifier cet impact sur la masse salariale avant de valider les budgets RH de l'année.
Comment obtenir le coefficient RGDU exact pour un salarié donné ?
Le coefficient exact doit être calculé via le simulateur officiel disponible sur urssaf.fr, en renseignant la rémunération brute de la période, le SMIC en vigueur, le temps de travail et l'effectif de l'entreprise. Les formules publiées dans les textes officiels (décret n° 2025-887) permettent une vérification manuelle, mais la source de référence pour les paies reste le simulateur URSSAF mis à jour. Méfiez-vous des outils tiers non maintenus aux paramètres 2026.
La RGDU s'applique-t-elle aux contrats à durée déterminée et aux temps partiels ?
Oui. La RGDU s'applique à tous les contrats de travail, y compris les CDD, les contrats saisonniers et les temps partiels, sous réserve des règles de proratisation applicables à la rémunération et au SMIC de référence en fonction de la durée effective de travail. Pour les CDD courts, une régularisation en fin de contrat est recommandée afin d'éviter tout écart entre le coefficient mensuel et le coefficient annualisé réel.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — Décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025 (réductions et exonérations de cotisations patronales)
- Service-Public (Entreprendre) — Réduction générale des cotisations patronales
- URSSAF — Réduction générale des cotisations patronales
- BOSS — Bulletin officiel de la Sécurité sociale (allègements généraux)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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