E-reporting des transactions internationales et B2C : ce qui est attendu
Le périmètre du e-reporting (B2C, international, données de paiement), les fréquences de transmission et qui doit transmettre quoi en 2026-2027.
Ce sujet relève de notre mission
Facturation électronique 2026 | Audit, PDP & déploiementNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Le e-reporting couvre les opérations non couvertes par l'e-invoicing : ventes aux particuliers (B2C), opérations avec des assujettis non établis en France ou hors UE, et transmission des données de paiement. Les fréquences vont de trois transmissions par mois (réel normal) à une transmission bimestrielle (franchise en base). Chaque entreprise concernée doit identifier son périmètre et ses obligations dès 2026.
Contexte 2026 : quelle place pour l'e-reporting dans la réforme ?#
La réforme de la facturation électronique en France repose sur deux piliers distincts : l'e-invoicing (factures électroniques structurées entre entreprises assujetties) et l'e-reporting (transmission de données de transactions). Ces deux dispositifs couvrent ensemble la majorité de l'activité économique, mais ils ne visent pas les mêmes opérations.
Chez Hayot Expertise, nous observons que l'e-invoicing bénéficie d'une communication abondante, tandis que l'e-reporting reste moins bien compris. Or, ce dernier impacte directement une proportion importante d'entreprises : commerçants vendant aux particuliers, prestataires de services internationaux, entreprises acceptant des paiements en ligne, et toute structure réalisant des opérations multi-canaux.
L'enjeu de l'e-reporting n'est pas simplement technique. Il est réglementaire (transmission obligatoire des données), comptable (impact sur le suivi TVA) et stratégique (visibilité accrue de l'administration fiscale sur les flux).
Quel est le périmètre exact du e-reporting ?#
Le e-reporting ne s'applique pas à l'ensemble des transactions. Il vise spécifiquement les opérations qui ne sont pas couvertes par l'e-invoicing. C'est une définition par exclusion, ce qui mérite clarification.
| Type d'opération | E-invoicing | E-reporting | Motif |
|---|---|---|---|
| Facture BtoB (entre assujettis FR) | ✓ Oui | Non | Couverte par e-invoicing |
| Vente à un particulier (BtoC) | Non | ✓ Oui | Pas de e-invoicing pour le BtoC |
| Livraison intracommunautaire (vente à assujetti étranger) | Non | ✓ Oui | Opération internationale |
| Exportation hors UE | Non | ✓ Oui | Opération hors territoire |
| Prestation de services à un assujetti hors France | Non | ✓ Oui | Client non établi en France |
| Encaissement par carte bancaire ou portefeuille numérique | (Facture si applicable) | ✓ Oui | Données de paiement |
Ce tableau montre que le e-reporting couvre trois catégories principales :
1. Les opérations B2C (ventes aux particuliers)#
Une vente à un particulier – qu'elle soit réalisée en magasin physique, en ligne ou par correspondance – relève du e-reporting. Le client n'est pas assujetti à la TVA, donc il n'y a pas de facture électronique à émettre au sens de l'e-invoicing. En revanche, l'administration fiscale souhaite avoir une visibilité sur ces flux.
Concrètement, un boulanger qui vend du pain à 100 clients particuliers par jour, une coiffeuse qui facture des prestations de services, ou une boutique e-commerce réalisant des ventes de produits à des particuliers doivent tous déclarer ces opérations en e-reporting.
2. Les opérations internationales avec assujettis non établis en France#
Lorsqu'une entreprise française livre des biens ou fournit des services à une autre entreprise établie hors de France, l'opération relève du e-reporting, même si le client étranger est assujetti à la TVA.
Les cas courants incluent :
- livraison intracommunautaire à un assujetti d'un autre État membre (client qui a fourni son numéro de TVA intra-UE)
- vente ou service à un assujetti établi hors UE
- prestation de services numériques à un non-résident
- contrats de sous-traitance ou travaux à façon pour des clients étrangers
Cette transmission de données internationales s'inscrit dans la directive ViDA (VAT in the Digital Age), adoptée le 11 mars 2025 (directive (UE) 2025/516), qui harmonise les règles de déclaration TVA au sein de l'UE et introduira une déclaration numérique des opérations transfrontalières à compter du 1er juillet 2030.
3. Les données de paiement#
Toute entreprise qui encaisse des fonds pour des opérations soumises à la TVA, via une institution de paiement (carte bancaire, porte-monnaie numérique, compte de tiers) ou un tiers collecteur, doit transmettre les données de paiement associées. Cela inclut :
- les montants encaissés
- les dates et heures de transaction
- l'identité du payeur (si collectée)
- le mode de paiement utilisé
Cette obligation concerne aussi les plateformes de vente en ligne, les SaaS (logiciels en tant que service), les agences de voyage et toute entreprise acceptant des paiements électroniques.
Qui doit transmettre les données de e-reporting ?#
La transmission du e-reporting incombe à l'entreprise qui réalise l'opération (l'assujetti établi en France). En pratique, elle passe par une plateforme agréée — anciennement « plateforme de dématérialisation partenaire » (PDP) — comme pour l'e-invoicing, qui automatise la transmission depuis votre logiciel.
Cependant, plusieurs situations doivent être distinguées :
Cas 1 : Entreprise émettrice d'une facture (même partielle)#
Si l'entreprise émet une facture (par exemple, une facture récapitulative pour une série de ventes BtoC), elle doit transmettre les données déclaratives correspondantes en e-reporting.
Cas 2 : Entreprise sans facture (ventes au comptant, paiements directs)#
Même sans facture formelle (cas courant en BtoC), les données de transaction doivent être signalées à l'administration. Le détail requis dépend du régime TVA et du volume.
Cas 3 : Entreprise recevant des paiements via un tiers (plateforme, agrégateur)#
Un e-commerçant qui vend via une marketplace, un prestataire reçu via un agrégateur de paiements, ou une entreprise dont les paiements transient par un tiers doit quand même signaler l'opération. La plateforme elle-même peut avoir des obligations de déclaration (notamment si elle est soumise aux règles DAC7, relatives aux déclarations des opérateurs de plateforme).
Quelles sont les fréquences de transmission ?#
Les fréquences de transmission varient selon le régime TVA de l'entreprise :
| Régime TVA | Fréquence e-reporting | Délai | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Réel normal (mensuel) | Par décade — 3 transmissions par mois | Dans les 10 jours suivant chaque décade (1-10, 11-20, 21-fin) | Données de paiement : mensuelles, avant le 10 du mois suivant |
| Réel normal (trimestriel, sur option) | Mensuelle | Avant le 10 du mois suivant | Option ouverte si la TVA annuelle est modeste |
| Réel simplifié (RSI) | Mensuelle | Entre le 25 et le 30 du mois suivant | À ne pas confondre avec la CA12 annuelle |
| Franchise en base / micro en franchise | Bimestrielle (tous les 2 mois) | Entre le 25 et le 30 du mois suivant la période | Concernée dès le 1er septembre 2027, même sans TVA facturée |
Point clé : le calendrier du e-reporting doit être synchronisé avec celui de la déclaration TVA (CA3, CA12, etc.). Le non-respect de l'obligation de transmission est sanctionné par une amende de 250 € par transmission manquante, plafonnée à 15 000 € par an.
Quelles données doivent être transmises ?#
Les données minimales attendues varient selon le type d'opération :
Pour les opérations B2C#
- Date de la transaction
- Type de bien ou service fourni
- Montant hors taxe et montant TTC
- Taux de TVA applicable
- Montant de TVA collectée
- Mode de paiement (si capturable)
- Devise (si opération internationale)
Pour les opérations internationales#
- Identification du client étranger (numéro de TVA intra-UE ou adresse)
- Nature de l'opération (vente, prestation, travaux)
- Montants HT et TTC
- Montant de TVA (souvent 0 % en intra-UE, ou évaluation du régime applicable)
- Référence du contrat ou de la facture (si disponible)
Pour les données de paiement#
- Montant payé
- Date et heure de la transaction
- Mode de paiement (carte, virement, portefeuille numérique)
- Références de transaction (numéro de référence système, numéro d'autorisation)
- Identité du payeur (si disponible dans le flux)
Quels sont les points de vigilance 2026 ?#
Nous observons régulièrement des erreurs chez les entreprises préparant leur e-reporting. Les pièges les plus courants :
Erreur 1 : Confondre e-invoicing et e-reporting#
Beaucoup de dirigeants croient que préparer l'e-invoicing suffit. Or, une entreprise qui vend 80 % en BtoC doit d'abord sécuriser son e-reporting, secondairement son e-invoicing pour les 20 % BtoB restants.
Erreur 2 : Oublier les données de paiement pour les montants mineurs#
L'obligation de transmission des données de paiement s'applique y compris pour les petits montants. Une startup acceptant des paiements de 5 euros pour un service numérique doit les déclarer.
Erreur 3 : Mal identifier les opérations internationales#
Une livraison à un client français qui commande depuis l'étranger reste une opération BtoC en France, non une opération internationale. À l'inverse, une prestation fournie à une adresse étrangère relève du e-reporting international, même si le client paie en euros.
Erreur 4 : Négliger la synchronisation avec la TVA déclarative#
Le e-reporting doit s'aligner parfaitement avec la déclaration CA3 (ou CA12). Des écarts de montants entre le e-reporting et la déclaration TVA génèrent des incohérences et des redressements.
Erreur 5 : Ignorer les délais de transmission trimestriels et annuels#
Pour les entreprises en régime réel simplifié, la transmission annuelle du e-reporting avant le 25 mai est un délai strict. Un oubli ou un retard annule le droit à déduction de TVA en amont et expose à une amende.
Notre analyse d'expert-comptable#
En tant qu'expert-comptable inscrit à l'Ordre et commissaire aux comptes, nous accompagnons les dirigeants sur cette réforme. Récemment, un dirigeant de PME nous a sollicités pour auditer sa préparation. Il avait investi massivement dans un outil de e-invoicing avec sa plateforme agréée, mais avait complètement oublié qu'il réalisait 65 % de son chiffre d'affaires en B2C direct. Le e-invoicing était inutile pour ces ventes. L'enjeu réel était de structurer la capture de données de paiement et de mettre en place un processus de déclaration mensuelle du e-reporting. Cet exemple montre qu'une bonne préparation repose sur le diagnostic préalable du mix BtoB / BtoC / international, non sur une approche uniforme.
Chez Hayot Expertise, nous recommandons une approche en trois étapes :
- Cartographie du périmètre : identifier précisément quelles opérations relèvent du e-reporting versus l'e-invoicing
- Audit technique : vérifier que le système actuel capture les bonnes données (dates, montants, modes de paiement, identité client)
- Mise en conformité opérationnelle : implémenter les workflows de transmission, tester les formats attendus, former les équipes
Conseil Hayot Expertise. Le e-reporting n'est pas une obligation "à gérer après l'e-invoicing". C'est une obligation fondamentale dès septembre 2026 pour les entreprises en BtoC, et elle peut être d'une complexité égale ou supérieure à celle de l'e-invoicing selon votre modèle économique. Identifier précocement votre périmètre et vos cas d'usage vous permettra de préparer les bons outils et les bons processus, sans improvisation de dernière minute.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui distingue le e-reporting de la déclaration TVA classique ?+
Le e-reporting est une transmission structurée et détaillée des opérations à l'administration fiscale, en parallèle de la déclaration TVA traditionnelle (CA3, CA12). Là où la déclaration TVA rassemble les montants par catégorie (ventes, services, intracommunautaire, etc.), le e-reporting transmet la donnée brute au niveau de la transaction : date, montant, taux appliqué, mode de paiement. Cela permet une meilleure détection de fraude TVA et une réconciliation automatisée.
Suis-je concerné par le e-reporting si je suis en franchise de TVA ?+
Oui, à compter du 1er septembre 2027. Même en franchise en base (donc sans facturer la TVA), une micro-entreprise ou une TPE entre dans le périmètre du e-reporting, avec une fréquence allégée : une transmission bimestrielle (tous les 2 mois). Si vous utilisez un logiciel de facturation raccordé à une plateforme agréée, la transmission est automatique. Le non-respect expose à une amende de 250 € par transmission manquante (plafond 15 000 € par an).
Comment synchroniser mon e-reporting avec ma déclaration TVA mensuelle ?+
Les données du e-reporting du mois N doivent s'aligner exactement avec les montants déclarés en TVA pour ce même mois. Vérifiez que : (1) les dates de transaction correspondent à la période déclarative ; (2) les montants HT et TTC coincident ; (3) les taux de TVA appliqués sont cohérents ; (4) aucune opération n'est oubliée ou dédoublonnée. Un écart révèle généralement une erreur de classification ou de capture.
Peut-on déléguer la transmission du e-reporting à un tiers (cabinet comptable, plateforme) ?+
Oui. Beaucoup d'entreprises confient la transmission à leur expert-comptable ou à un prestataire de dématérialisation. Cependant, la responsabilité légale du respect de l'obligation incombe à l'entreprise elle-même. Un retard ou une omission ne peut être imputée à la délégation. Il est donc essentiel de signer un contrat clair avec le prestataire et de mettre en place un suivi d'exécution.
Quels sont les formats techniques pour le e-reporting ?+
L'administration fiscale fournira des spécifications techniques (schéma XML ou structuration JSON) pour le e-reporting. Ces spécifications seront publiées progressivement courant 2026. Pour l'instant, aucun format unique n'est obligatoire : la plupart des outils de gestion comptable et des PDP intègrent déjà les interfaces de transmission en préfiguration. Maintenez une veille active sur impots.gouv.fr et net-entreprises.fr pour les mises à jour des spécifications.
Dois-je déclarer en e-reporting les ventes via une marketplace si c'est la plateforme qui émet la facture ?+
Cela dépend du cadre de la plateforme. Si vous êtes vendeur et que la plateforme émet la facture en son nom propre, vous restez responsable de la déclaration de la transaction côté e-reporting. Si la plateforme émet une facture en votre nom (modèle intégral), c'est plus nuancé : une obligation de déclaration partagée ou un double signalement peuvent s'appliquer. Clarifiez ce point avec votre plateforme et votre conseil.
À retenir#
- Le e-reporting couvre les opérations B2C, les opérations internationales et les données de paiement, contrairement au e-invoicing qui s'applique au seul BtoB
- Les fréquences de transmission varient selon le régime TVA (de trois fois par mois au réel normal à une fois tous les deux mois en franchise)
- La sincérité des données de paiement est l'enjeu clé : dates, montants, modes de paiement et identification client doivent être fiables
- Une erreur courante est de négliger le e-reporting au profit du e-invoicing ; le choix des priorités doit reposer sur la cartographie réelle du mix BtoB / BtoC
- L'alignement avec la déclaration TVA est impératif : tout écart génère des incohérences détectées par les contrôles automatisés
Sources officielles#
- impots.gouv.fr - Je découvre la facturation électronique
- impots.gouv.fr - E-reporting : tableau des fréquences et délais de transmission
- economie.gouv.fr - Facturation électronique entre entreprises et au-delà
- net-entreprises.fr - Calendrier facturation électronique 2026-2027
- bofip.impots.gouv.fr - Documentation administrative TVA et dématérialisation
- direction-generale-tresor.gouv.fr - Directive ViDA et harmonisation TVA UE

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- impots.gouv.fr - Le cadre général de la facturation électronique
- impots.gouv.fr - E-reporting : tableau des fréquences et délais de transmission
- economie.gouv.fr - Transmission de données de paiement et e-reporting
- legifrance.gouv.fr - Article 91 de la loi de finances 2024
- net-entreprises.fr - Informations sur la réforme facturation électronique
- bofip.impots.gouv.fr - Doctrine administrative TVA et e-facturation
- direction-generale-tresor.gouv.fr - VAT in the Digital Age (ViDA) directive
Ce sujet relève de notre mission Facturation électronique 2026 | Audit, PDP & déploiement
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