Créer une SAS de A à Z : la procédure complète 2026
Procédure complète pour créer une SAS à plusieurs associés en 2026 : statuts, clauses entre actionnaires, dépôt du capital, annonce légale, Guichet unique, coûts et délais réels.
Ce sujet relève de notre mission
Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Pour créer une SAS en 2026, réunissez au moins deux associés, rédigez et signez les statuts, déposez le capital sur un compte bloqué (la moitié libérée au minimum), publiez une annonce légale puis déposez le dossier sur le Guichet unique. Comptez 250 à 300 € de frais légaux et de quelques jours à trois semaines jusqu'au Kbis.
La société par actions simplifiée (SAS) séduit les projets à plusieurs associés pour une raison simple : sa souplesse de gouvernance. Mais cette liberté est à double tranchant. Quand plusieurs personnes mettent de l'argent et du temps dans une même société, ce qui se joue à la constitution n'est pas la paperasse administrative, c'est la répartition du pouvoir et la gestion des désaccords futurs. Cet article détaille la procédure complète pour créer votre société avec un expert-comptable, étape par étape, avec les coûts et délais réels de 2026.
Nous nous concentrons ici sur la SAS pluri-associés. Si vous êtes seul, vous créez une SASU, dont la mécanique est proche mais sans la dimension d'accord entre actionnaires qui fait la difficulté réelle d'une SAS.
Ce qu'est une SAS et qui peut la créer#
La SAS est régie par les articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Elle se constitue avec au moins deux associés (un seul associé donne une SASU). Les associés peuvent être des personnes physiques ou morales, françaises ou étrangères, ce qui en fait une structure adaptée aux montages avec holding ou investisseurs.
Ses atouts pour un projet collectif :
- Liberté statutaire : la gouvernance, les organes de direction et les règles de décision sont fixés librement dans les statuts.
- Responsabilité limitée aux apports : le patrimoine personnel des associés est en principe protégé.
- Capital ouvert : entrée d'investisseurs, BSPCE, actions de préférence, autant d'outils prisés des startups.
Capital social : aucun minimum, mais une règle de libération#
Il n'existe aucun capital minimum légal : une SAS peut se créer avec 1 € de capital. En revanche, pour les apports en numéraire, au moins la moitié (50 %) doit être libérée à la constitution, le solde dans les cinq ans. Attention à ne pas confondre avec la SARL, où la règle est d'un cinquième (20 %).
Notre lecture. Un capital symbolique de 1 € est légalement possible, mais c'est rarement un bon signal. Le capital sert de coussin de crédibilité face aux banques, aux fournisseurs et aux bailleurs. Pour une SAS qui va recruter, louer des locaux ou demander un financement, un capital cohérent avec le besoin de démarrage est un choix de pilotage, pas seulement une formalité.
Étape 1 : rédiger et signer les statuts#
Les statuts sont l'acte fondateur. Ils doivent contenir un socle d'informations : dénomination sociale, objet, siège social, montant et répartition du capital, identité du président, modalités de décision collective. Mais pour une SAS à plusieurs, l'enjeu réel se situe dans les clauses entre actionnaires.
Les trois clauses à arbitrer en priorité :
- Clause d'agrément : elle soumet l'entrée d'un nouvel associé à l'accord des autres, pour ne pas se retrouver associé avec un inconnu après une cession.
- Clause de préemption : elle donne aux associés en place un droit de rachat prioritaire des actions cédées, pour conserver les équilibres de capital.
- Clause d'inaliénabilité : elle interdit la cession des actions pendant une durée déterminée, utile pour souder les fondateurs sur les premières années.
Le risque sous-estimé. Dans les dossiers de création à plusieurs, le point de blocage le plus fréquent n'apparaît pas au démarrage, quand tout le monde s'entend, mais deux ans plus tard, quand un associé veut partir, ne s'investit plus, ou veut vendre à un tiers. Des statuts rédigés à la va-vite, sans clause d'agrément ni de préemption, laissent alors la société sans filet. Reconstruire ces règles après coup suppose l'unanimité, qui fait justement défaut au moment du conflit.
Faut-il un commissaire aux apports ?#
Si des associés apportent des biens (matériel, fonds de commerce, droits) et non de l'argent, un commissaire aux apports est requis lorsqu'un apport en nature dépasse 30 000 € ou que la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital. C'est un point à anticiper : sa désignation et son rapport allongent le calendrier.
Étape 2 : déposer les apports en numéraire#
Les apports en argent sont versés sur un compte bloqué au nom de la société en formation. Quatre dépositaires possibles : une banque, une néobanque professionnelle, un notaire ou la Caisse des dépôts. Le dépositaire délivre une attestation de dépôt des fonds, pièce indispensable pour la suite.
En pratique, beaucoup de créateurs choisissent une néobanque pour la rapidité d'ouverture. Vous pouvez par exemple déposer le capital sur un compte pro comme Qonto, ce qui évite les délais de rendez-vous en agence. Rappel : seule la moitié des apports en numéraire doit être versée à la constitution.
Étape 3 : publier une annonce légale de constitution#
La création doit être rendue publique via une annonce légale dans un support habilité du département du siège. Depuis 2021, le tarif est forfaitaire par forme juridique. Pour une SAS en 2026, le forfait est de 199 € HT en métropole (arrêté du 19 novembre 2025 ; tarif majoré à La Réunion et à Mayotte). Le support délivre une attestation de parution à joindre au dossier.
Étape 4 : déposer le dossier sur le Guichet unique#
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le Guichet unique des formalités d'entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), géré par l'INPI, qui a remplacé les anciens CFE. Vous y déposez le dossier complet et numérisé.
Pièces à fournir#
| Pièce | Détail |
|---|---|
| Statuts signés | Datés et signés par tous les associés |
| Attestation de dépôt des fonds | Délivrée par le dépositaire du capital |
| Justificatif de siège | Bail, contrat de domiciliation ou attestation |
| Attestation de parution | De l'annonce légale de constitution |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | Personnes détenant plus de 25 % ou exerçant le contrôle |
| Pièces du président | Justificatif d'identité et attestation de non-condamnation |
Checklist avant dépôt :
- Statuts signés par l'ensemble des associés
- Attestation de dépôt des fonds obtenue
- Justificatif de siège valide et à jour
- Annonce légale publiée et attestation reçue
- Déclaration des bénéficiaires effectifs préparée
- Pièce d'identité et déclaration de non-condamnation du président
Étape 5 : immatriculation au RCS et obtention du Kbis#
Le greffe du tribunal de commerce instruit le dossier, immatricule la SAS au registre du commerce et des sociétés (RCS) et délivre l'extrait Kbis, véritable carte d'identité de la société. Le SIREN et le SIRET sont attribués. Sur présentation du Kbis, le dépositaire débloque les fonds vers le compte courant de la société, qui peut commencer son activité.
Combien coûte la création d'une SAS en 2026 ?#
| Poste | Montant 2026 | Nature |
|---|---|---|
| Frais de greffe / immatriculation RCS | 37,45 € TTC | Incompressible (+ 15 € si activité artisanale) |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 21,41 € TTC | Incompressible |
| Annonce légale de constitution | 199 € HT | Incompressible (métropole) |
| Capital social | Libre (dès 1 €) | Apport, pas un coût |
| Accompagnement expert-comptable / juriste | Variable | Sur devis |
Les frais légaux incompressibles tournent donc autour de 250 à 300 €, hors capital et hors honoraires. Point important : le capital social n'est pas une dépense. C'est un apport qui reste la propriété de la SAS et finance son démarrage.
Combien de temps pour créer une SAS ?#
Le délai va de quelques jours à deux ou trois semaines, selon la complétude du dossier et la charge du greffe. Les dossiers qui traînent ne sont presque jamais bloqués par l'administration : ce sont les pièces internes qui manquent (justificatif de siège incomplet, statuts non signés par tous, désaccord de dernière minute sur une clause).
Points de vigilance 2026. Trois écueils reviennent dans les créations de SAS : un objet social trop étroit qui empêchera plus tard une nouvelle activité sans modification statutaire ; l'oubli de la déclaration des bénéficiaires effectifs, qui bloque l'immatriculation ; et une libération de capital mal calibrée, le solde des apports devant être appelé dans les cinq ans. Anticipez ces trois points avant de déposer.
Arbitrage : créer seul ou se faire accompagner ?#
Créer une SAS en ligne via une plateforme est possible et peu coûteux pour un projet simple. Mais la SAS pluri-associés sort vite du cadre standard : répartition du capital, clauses entre actionnaires, arbitrage de la rémunération du président, choix fiscaux de départ. Nous détaillons ce comparatif dans notre article créer en ligne ou avec un expert-comptable.
Le bon repère : plus il y a d'associés, d'apports en nature, d'investisseurs ou d'enjeux de gouvernance, plus l'accompagnement sur mesure prend du sens. Notre accompagnement à la création couvre la rédaction sur mesure des statuts et le pilotage du calendrier.
Pensez aussi à la suite : une SAS évolue. Vous pourrez devoir augmenter le capital d'une SAS à l'arrivée d'investisseurs, ou au contraire choisir une autre forme. Si vous partez d'une structure existante, voyez comment transformer une SARL en SAS.
Cas fréquent : trois associés, des apports inégaux#
Trois associés se lancent. L'un apporte 60 % du capital en numéraire, les deux autres 20 % chacun, dont l'un par un apport de matériel valorisé à 35 000 €. Deux réflexes nous paraissent essentiels dans ce type de dossier. D'abord, l'apport en nature de 35 000 € dépasse le seuil de 30 000 € : un commissaire aux apports doit être désigné, et son intervention doit être planifiée en amont pour ne pas retarder le dépôt. Ensuite, une clause de préemption et un calendrier de libération du solde évitent qu'un déséquilibre de capital ne se transforme en blocage si l'un des associés veut sortir. Rien d'exceptionnel, mais des points à traiter avant de signer, pas après.
Questions fréquentes
Comment créer une SAS étape par étape ?+
Cinq étapes : rédiger et signer les statuts en y intégrant les clauses entre associés, déposer le capital sur un compte bloqué, publier une annonce légale de constitution, déposer le dossier sur le Guichet unique, puis obtenir l'immatriculation au RCS et l'extrait Kbis qui débloque les fonds.
Combien de temps pour créer une SAS ?+
De quelques jours à deux ou trois semaines, selon la complétude du dossier et la charge du greffe. Les retards viennent presque toujours des pièces internes (justificatif de siège, statuts non signés par tous, clause non tranchée) plutôt que de l'administration elle-même. Un dossier complet accélère nettement l'immatriculation.
Quel coût pour immatriculer une SAS ?+
En 2026, comptez environ 250 à 300 € de frais légaux incompressibles en métropole : frais de greffe d'environ 37,45 € TTC, déclaration des bénéficiaires effectifs de 21,41 € TTC et annonce légale forfaitaire de 199 € HT. À cela s'ajoutent le capital (qui n'est pas un coût) et d'éventuels honoraires d'accompagnement.
Quelles pièces pour créer une SAS ?+
Les statuts signés, l'attestation de dépôt des fonds, un justificatif de siège (bail, domiciliation ou attestation), l'attestation de parution de l'annonce légale, la déclaration des bénéficiaires effectifs, ainsi que le justificatif d'identité et l'attestation de non-condamnation du président. Un dossier incomplet bloque l'immatriculation.
Quel capital minimum pour une SAS ?+
Aucun capital minimum légal : une SAS peut se créer avec 1 € de capital. Pour les apports en numéraire, au moins la moitié doit être libérée à la constitution, le solde dans les cinq ans. Un capital symbolique reste possible mais peu crédible face aux banques, fournisseurs et bailleurs.
Faut-il un commissaire aux apports pour une SAS ?+
Oui, en cas d'apport en nature, lorsqu'un apport dépasse 30 000 € ou que la valeur totale des apports en nature excède la moitié du capital. Sa désignation et son rapport doivent être anticipés car ils allongent le calendrier de création. Sans apport en nature, il n'est pas requis.
Une SAS doit-elle avoir un commissaire aux comptes ?+
Pas à la création dans le cas général. Un commissaire aux comptes devient obligatoire en cas de dépassement de deux des trois seuils (5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d'affaires HT, 50 salariés) ou de liens de contrôle avec d'autres sociétés. La plupart des SAS nouvelles n'y sont donc pas tenues.
À retenir#
- La SAS se crée à deux associés minimum ; seul, c'est une SASU.
- Aucun capital minimum, mais au moins la moitié des apports en numéraire libérée à la constitution.
- Cinq étapes : statuts, dépôt du capital, annonce légale, Guichet unique, Kbis.
- Frais légaux de l'ordre de 250 à 300 € ; le capital n'est pas un coût.
- Pour une SAS à plusieurs, l'enjeu réel est dans les clauses entre actionnaires (agrément, préemption, inaliénabilité), à arbitrer avant de signer.
- Délai de quelques jours à trois semaines, surtout conditionné par la complétude du dossier.
Sources officielles#
- Créer une SAS (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Guichet unique des formalités d'entreprises (INPI)
- Tarif des annonces légales 2026, arrêté du 19 novembre 2025 (Légifrance)
- Tarifs des formalités (infogreffe.fr)
Cet article fournit une information générale à jour au 17 juin 2026. La rédaction sur mesure des statuts et des clauses entre associés, comme les choix fiscaux de départ, dépendent de votre situation et méritent une analyse dédiée. Hayot Expertise, expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France, accompagne les créateurs sur l'ensemble de la procédure.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
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