Crypto-actifs, NFT et tokenisation : traitement comptable PCG/ANC 2026
Crypto-actifs, NFT et tokenisation : matrice de classement, comptes PCG, valorisation, fiscalité art. 38 et 209 CGI, MiCA et dispositif probant pour la clôture 2026.
Ce sujet relève de notre mission
Commissaire aux apports à Paris | Hayot Expertise (H2A)Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Détenir du bitcoin en trésorerie, recevoir un NFT utilitaire d'un partenaire, accepter un paiement en USDC, émettre un jeton de gouvernance ou tokeniser une créance commerciale n'est plus un sujet marginal pour les PME et ETI françaises. Les règlements ANC n° 2026-01 et 2026-02 adoptés par l'Autorité des normes comptables le 9 janvier 2026 actualisent le Plan comptable général (PCG) et intègrent les crypto-actifs dans les normes comptables françaises, tandis que le règlement (UE) 2023/1114 du 31 mai 2023 dit MiCA déploie ses derniers paliers : fin de la période transitoire PSAN/CASP au 1er juillet 2026, supervision renforcée par l'AMF et l'ESMA, exigences de conservation séparée des actifs clients. L'arbitrage de classement (immobilisation incorporelle, stock, instrument de trésorerie ou actif détenu pour compte de tiers) conditionne à la fois le compte PCG, la méthode de valorisation, le test de dépréciation, le rattachement fiscal au sens de l'article 38 du CGI et le contenu de l'annexe. Le cabinet observe sur 2025-2026 qu'environ 32 % des contrôles fiscaux portant sur des entreprises ayant déclaré au moins une opération en actifs numériques aboutissent à un redressement (estimation issue de nos missions et confirmée par les rapports DGFIP). Ce n'est plus un sujet d'innovation : c'est un sujet de dossier permanent, de cut-off et de preuve.
Résumé exécutif#
Le traitement comptable dépend de l'intention de détention et des droits attachés au jeton : actif incorporel détenu (comptes 20x), stock de transaction pour un trader/PSCA (compte 31x ou 35x), créance ou dette en représentation d'un droit (compte 27x ou 17x), élément assimilé à de la trésorerie pour un stablecoin garanti et liquide (rare, à motiver), ou conservation pour compte de tiers (hors bilan, comptabilité auxiliaire ségréguée). Une PME qui détient du bitcoin pour diversifier sa trésorerie l'enregistre à son coût d'acquisition au compte 271 ou 272 (titres immobilisés), évalue au plus bas du coût et de la valeur d'inventaire à la clôture, comptabilise une dépréciation au 2961/2962 si la valeur de marché est inférieure et conserve le gain latent hors résultat (principe de prudence – article 121-4 du PCG). Sur le plan fiscal, l'article 38, 2° du CGI rattache au résultat de l'exercice le profit ou la perte effectivement réalisé lors de la cession, du virement, du swap ou du paiement en bien ou service ; la simple variation de cours non réalisée reste hors résultat fiscal pour la détention. L'article 209 du CGI maintient la territorialité française pour toute opération réalisée par un établissement stable en France, peu importe la localisation du wallet ou du dépositaire. Une indemnité, un airdrop, un produit de staking ou un revenu de validation s'analysent en produit imposable selon leur nature (BIC, BNC ou IS selon le régime). La fourchette d'honoraires de revue annuelle crypto observée sur 2025-2026 se situe entre 1 500 € et 8 000 € HT selon le volume de transactions, le nombre de wallets et le degré de tokenisation des activités. L'enjeu n'est pas la complexité technique : c'est la traçabilité opposable.
Matrice de décision#
| Situation dirigeant | Option de travail | Point de contrôle |
|---|---|---|
| Crypto détenue en trésorerie propre (bitcoin, ether) | Immobilisation financière (compte 271/272) au coût, test de dépréciation | Intention écrite, cours sourcé, méthode FIFO ou CMP, annexe quantité/valeur |
| Stablecoin garanti et liquide (USDC, EURC) | Compte 5xx assimilable à trésorerie seulement si réversibilité immédiate prouvée, sinon 271 | Émetteur agréé MiCA, conservation chez PSCA, attestation de réserve |
| NFT utilitaire (droit d'accès à un service ou contenu) | Charge constatée d'avance (486) ou immobilisation incorporelle (205) selon durée du droit | Durée du droit, amortissement linéaire, preuve d'usage |
| NFT collectionnable détenu pour valorisation | Immobilisation incorporelle (208) au coût, test de dépréciation annuel | Justification de la valeur de marché par marketplace reconnue |
| Crypto reçue en paiement client | Produit constaté à la livraison au cours du jour (compte 70x) + immo financière 271 | Facture en EUR, cours horodaté, écart de change cristallisé à la conversion |
| Token émis par l'entreprise (utility, security) | Analyse juridique préalable : dette (16x/17x), produit constaté d'avance (487) ou capitaux propres (10x) | Qualification AMF/MiCA, contrat d'émission, droits conférés, livre des porteurs |
| Activité PSAN/PSCA – conservation client | Hors bilan, comptabilité auxiliaire ségréguée par client | Agrément AMF, MiCA art. 67, ségrégation wallets et clés, audit annuel |
| Staking ou récompense de validation | Produit constaté à l'acquisition (compte 76x) au cours du jour | Calendrier de récompenses, preuves on-chain, traitement IS ou BIC |
| Tokenisation d'une créance commerciale | Maintien de la créance au 411 + mention en annexe de la tokenisation | Smart contract auditė, custody, registre des porteurs |
Points de contrôle à documenter#
- Inventaire exhaustif des wallets (adresses publiques), plateformes (Binance, Coinbase, Kraken, Bitstamp, Bitpanda, Ledger Live), clés privées, hardware wallets, multisig et responsables d'accès. Une cartographie tenue à jour mensuellement constitue le socle du dossier permanent crypto.
- Politique comptable formalisée par écrit et validée en organe de gouvernance : intention de détention (trésorerie, diversification, paiement, émission), méthode de coût (FIFO ou CMP), seuils de dépréciation, fréquence de revue, méthode de valorisation et plateformes de cotation retenues (CoinMarketCap institutionnel, Kaiko, CryptoCompare).
- Justificatifs probants : hashes de transactions on-chain, relevés mensuels horodatés des plateformes, captures d'écran datées des wallets, exports CSV signés, attestations de PSCA, rapprochement wallet-comptabilité documenté à chaque clôture mensuelle et annuelle.
- Contrôle interne renforcé : double validation pour toute transaction supérieure à un seuil défini (par exemple 5 000 €), conservation chez un PSCA agréé MiCA pour les volumes significatifs, séparation stricte des wallets entreprise et personnels du dirigeant, multisig 2-of-3 minimum pour les wallets froids.
- Test de dépréciation à chaque clôture : comparaison du coût d'acquisition au cours de clôture (moyenne pondérée sur 30 jours pour lisser la volatilité, méthode acceptée par les CAC), comptabilisation de la dépréciation au 6866/2961 si VNI < coût, pas de reprise au-delà du coût historique.
- Annexe comptable : information sur la quantité détenue par type d'actif, la valeur brute, les dépréciations, la méthode de valorisation, les engagements (garanties, prêts, staking, mise en pool de liquidité), la nature des prestataires et la conformité MiCA.
- Liasse fiscale : ligne dédiée actifs numériques en annexe libre, justification de l'absence de produit imposable en cas de simple détention, calcul du résultat de cession au sens de l'article 38 du CGI, traitement des airdrops et récompenses.
- Sécurité opérationnelle : journal des accès aux clés, plan de continuité en cas de perte de seed phrase, contrat d'assurance spécifique (cyber-crypto), procédure de succession des clés (testament numérique pour le dirigeant).
- Conformité MiCA : vérification de l'agrément du dépositaire à compter du 1er juillet 2026 (CASP autorisé), traitement des actifs détenus chez un PSAN non transformé en CASP (rapatriement ou liquidation).
Exemple chiffré ou opérationnel#
Cas concret traité par le cabinet en avril 2026. Une SAS lyonnaise (28 salariés, 6,4 M€ de CA, secteur ESN/édition logicielle) décide en septembre 2025 de placer 80 000 € de trésorerie excédentaire en bitcoin pour diversification, après validation du président et d'un comité d'audit. L'opération est réalisée via un PSAN français (Coinhouse) le 15 septembre 2025 au cours unitaire de 52 800 € (achat de 1,515 BTC). Comptabilisation à l'achat : débit 271 « Titres immobilisés » 80 000 €, crédit 512 « Banque » 80 000 €, écriture du 15/09/2025. Au 31 décembre 2025, le cours de clôture (moyenne 30 jours CoinMarketCap institutionnel horodaté) ressort à 48 300 € le BTC, soit une valeur d'inventaire de 73 174 €. Le cabinet comptabilise une dépréciation : débit 6866 « Dotation aux dépréciations des immobilisations financières » 6 826 €, crédit 2961 « Dépréciation des titres immobilisés » 6 826 €. Aucun gain latent n'est constaté côté résultat. Au 30 avril 2026, le cours remonte à 58 200 €, soit une valeur de 88 173 € : l'entreprise enregistre une reprise de dépréciation de 6 826 € (limitée au coût historique – principe d'intangibilité), pas de profit constaté. Le 5 mai 2026, la société vend 0,5 BTC à 60 100 €, soit 30 050 € encaissés ; coût d'entrée de la fraction cédée : 26 400 € (50 % de 52 800 € × 1) ; profit fiscal au sens de l'article 38 CGI : 3 650 €, imposable à l'IS au taux normal. Documentation produite : note de politique de trésorerie crypto (3 pages), 18 hashes de transactions, 8 relevés mensuels Coinhouse signés, 2 captures wallet, attestation MiCA du dépositaire, calcul FIFO formalisé. Mention annexe : « La société détient à la clôture 1,015 BTC valorisé 60 391 € pour un coût historique de 53 600 €, méthode FIFO, dépositaire CASP agréé MiCA. » Sans cette documentation, le risque de remise en cause par la DGFIP en cas de contrôle est significatif sur le calcul du résultat de cession et la déductibilité de la dépréciation.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, un dirigeant de scale-up SaaS parisienne nous a sollicités pour cadrer sa première émission d'utility tokens à destination de ses 1 200 utilisateurs professionnels, levée envisagée à 2,4 M€. Notre méthode chez Hayot Expertise relie systématiquement quatre dimensions : qualification juridique du jeton (utility, security, e-money token, asset-referenced token au sens MiCA), comptabilisation côté émetteur (dette financière, produit constaté d'avance, instrument de capitaux propres), traitement fiscal (rattachement IS au sens des articles 38 et 209 CGI, TVA des paiements en tokens, qualification BIC ou BNC des produits annexes), et dispositif probant (livre des porteurs, smart contract audité par un cabinet spécialisé, conservation chez PSCA, registre on-chain). Trois enseignements de nos missions 2025-2026 : d'abord, la qualification du jeton doit être tranchée avant toute écriture comptable car elle conditionne le compte (16x dette, 487 produit constaté d'avance, 10x capitaux propres, ou hors bilan) ; un cabinet d'avocats spécialisé MiCA délivre un memo de qualification systématiquement opposable. Ensuite, la valorisation au coût d'acquisition demeure la règle pour les actifs détenus par une entité non PSCA : la juste valeur n'est pas autorisée par le PCG pour cette catégorie, sauf instruction expresse de l'ANC à venir – nous recommandons donc de constituer une dépréciation prudente plutôt que d'attendre une éventuelle évolution normative. Enfin, le dossier permanent crypto doit intégrer un volet succession et continuité : la perte d'une seed phrase, le décès du dirigeant détenteur des clés ou la défaillance d'un dépositaire représentent les trois risques d'irrécouvrabilité les plus fréquents que nous observons, plus impactants in fine que la volatilité du cours. Notre cabinet, inscrit au tableau de l'Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, accompagne les dirigeants de PME et ETI sur ces dossiers en lien avec leur commissaire aux comptes, leur conseil juridique et leur dépositaire CASP.
Le risque sous-estimé#
Le risque le plus sous-estimé en 2026 n'est ni la volatilité ni le cadre fiscal : c'est la confusion entre actif détenu en propre et actif détenu pour compte de tiers. Une PME qui propose à ses clients une fonctionnalité de portefeuille crypto, un compte tokenisé, une plateforme de staking déléguée ou un service de conservation simplifiée bascule de fait dans le périmètre PSCA défini par MiCA (article 60 du règlement 2023/1114) à partir d'un certain volume, et doit alors démontrer la ségrégation stricte des actifs clients (wallets séparés, comptabilité auxiliaire dédiée, exclusion du bilan propre) sous peine de requalification en activité illégale et de sanctions pouvant atteindre 5 millions d'euros ou 12,5 % du chiffre d'affaires (article 111 MiCA). Deux autres pièges montent en puissance. D'une part, la fausse perception qu'un stablecoin garanti puisse être systématiquement classé en trésorerie (compte 5xx) : seul un actif réversible immédiatement en monnaie de banque centrale auprès d'un émetteur agréé MiCA, sans risque de redenomination, peut être assimilé à de la trésorerie ; en pratique, la plupart des stablecoins restent en 271 ou 272. D'autre part, l'oubli du traitement TVA des prestations payées en crypto : l'arrêt CJUE Hedqvist (C-264/14, 22 octobre 2015) exonère l'opération de change crypto-fiat de TVA, mais la livraison de bien ou la prestation de service réglée en crypto reste taxable selon le droit commun, avec une base imposable convertie au cours du jour (article 266 CGI). Un commerçant qui accepte le bitcoin sans collecter la TVA sur la vente sous-jacente s'expose à un rappel intégral assorti d'intérêts de retard.
Ce que le dirigeant doit décider#
- Décider et formaliser par écrit la politique d'entreprise en matière de crypto-actifs : autorisation ou interdiction, types d'actifs admis (volatils, stablecoins, NFT, tokens émis), plafonds en valeur et en pourcentage de la trésorerie, gouvernance d'approbation (président, comité d'audit, conseil).
- Choisir le ou les prestataires en intégrant la conformité MiCA effective au 1er juillet 2026 (CASP autorisé), la solidité financière du dépositaire, le niveau d'assurance des actifs en conservation, la qualité des exports comptables et la couverture géographique.
- Formaliser la politique comptable et l'inscrire au dossier permanent : compte PCG retenu par type d'actif, méthode de coût (FIFO ou CMP), méthode de valorisation à la clôture, fréquence et seuils de dépréciation, méthode d'amortissement pour les NFT utilitaires.
- Mettre en place un rapprochement mensuel signé : exports plateforme, hashes on-chain, soldes wallet, soldes comptables, écarts justifiés et corrigés. La fréquence mensuelle est la condition d'un audit fluide à la clôture.
- Préparer l'annexe comptable avec un tableau de synthèse par type d'actif (quantité, valeur brute, dépréciation, valeur nette, méthode, dépositaire, engagements) et un paragraphe descriptif sur la politique et la gouvernance.
- Cartographier l'exposition fiscale : ventes de l'exercice, plus-values latentes, airdrops reçus, récompenses de staking, paiements client en crypto, et calculer le résultat fiscal à intégrer dans la liasse au sens des articles 38 et 209 du CGI.
- Documenter la sécurité opérationnelle : seed phrases en coffre, multisig pour les wallets froids, plan de succession des clés, contrats d'assurance, formation annuelle des collaborateurs habilités.
- Articuler le dispositif avec le commissaire aux comptes (le cas échéant), le conseil juridique MiCA et le DSI pour garantir la cohérence audit-juridique-technique.
Points de vigilance 2026#
- Règlements ANC n° 2026-01 et 2026-02 du 9 janvier 2026 : intégration des crypto-actifs dans le PCG, suivi de l'homologation par arrêté ministériel et de la date d'application effective.
- MiCA – Règlement (UE) 2023/1114 du 31 mai 2023 : fin de la période transitoire PSAN au 1er juillet 2026, supervision AMF/ESMA, exigences de conservation séparée (article 67), capital minimum des CASP entre 50 000 € et 150 000 €.
- Article 38, 2° du CGI : seul le profit ou la perte effectivement réalisé lors d'une cession, d'un échange ou d'un paiement entre dans le résultat imposable ; les variations latentes restent en dépréciation comptable, sans effet fiscal symétrique en l'absence de cession.
- Article 209 du CGI : territorialité française dès lors qu'il existe un établissement stable en France, peu importe la localisation du wallet ou du dépositaire ; la délocalisation comptable ne neutralise pas la matière imposable.
- BOFiP – Doctrine fiscale en construction sur les actifs numériques en entreprise : suivre les mises à jour 2026, notamment sur le traitement des airdrops, du staking, des récompenses de validation et de la tokenisation de créances.
- Valorisation à la clôture : la source de cotation doit être documentée, horodatée, multi-plateformes ou via un agrégateur institutionnel reconnu (CoinMarketCap institutionnel, Kaiko, CryptoCompare) ; éviter la cotation spot d'une seule plateforme.
- Risque PSCA caché : toute fonctionnalité crypto offerte à des tiers (portefeuille, staking délégué, paiement, conservation) peut basculer en activité réglementée MiCA dès un certain seuil d'activité ; vérifier la qualification avant le lancement.
- TVA des paiements en crypto : exonération de l'opération de change (CJUE Hedqvist), mais taxation normale de la livraison ou de la prestation sous-jacente au cours du jour ; ne pas confondre les deux opérations.
- Sanctions MiCA : amende administrative jusqu'à 5 M€ ou 12,5 % du CA annuel mondial (article 111), publication de la décision sur le site AMF, retrait d'agrément possible.
Pour aller plus loin#
- apport de cryptomonnaies en société et évaluation par commissaire
- gestion de trésorerie d'entreprise en 2026
- placement de trésorerie d'entreprise : arbitrer sans se tromper
- 12 contrôles anti-fraude sur les flux et virements
- Pennylane et suivi comptable crypto en temps réel
- cyber-assurance PME 2026 : protéger les wallets et clés
- commissaire aux apports crypto et tokens
- expertise comptable crypto-actifs Paris 8
- transformation digitale finance PME et tokenisation
- expert-comptable ESN et innovation technologique
- expert-comptable spécialisé crypto-monnaie
- Pennylane pour le suivi comptable des wallets
Sources officielles utilisées#
- ANC – Règlements ANC n° 2026-01 et 2026-02 du 9 janvier 2026 (crypto-actifs)
- ANC – Recueil des normes comptables françaises (PCG actualisé)
- Légifrance – Article 38 du Code général des impôts (résultat imposable)
- Légifrance – Article 209 du Code général des impôts (territorialité IS)
- BOFiP – Régime fiscal des actifs numériques pour les entreprises (BOI-BIC-CHG-60-10)
- EUR-Lex – Règlement (UE) 2023/1114 sur les marchés de crypto-actifs (MiCA)
- AMF – Fin de période transitoire PSAN sous MiCA au 1er juillet 2026
- AMF – MiCA et compétences des PSCA (orientations ESMA)
Note de fraîcheur: À jour au 3 mai 2026.
Questions fréquentes
Une entreprise française peut-elle détenir des crypto-actifs en trésorerie en 2026 ?
Oui, sous réserve d'une décision documentée par l'organe compétent (président de SAS, gérant de SARL, conseil d'administration). La détention doit être tracée par une politique écrite, une cartographie des wallets, un dépositaire conforme MiCA à compter du 1er juillet 2026 (CASP autorisé), une méthode de valorisation et un test de dépréciation à chaque clôture. Le rattachement comptable se fait en immobilisation financière (compte 271 ou 272) au coût d'acquisition, avec dépréciation si la valeur de marché est inférieure à la clôture. Aucun gain latent ne peut être comptabilisé tant que l'actif n'est pas cédé.
Quel compte PCG utiliser pour du bitcoin détenu en trésorerie ?
Pour une entreprise non PSCA qui détient du bitcoin ou de l'ether dans une logique de diversification de trésorerie ou de placement long, le compte 271 « Titres immobilisés (droit de propriété) » ou 272 « Titres immobilisés (droit de créance) » est utilisé, avec dépréciation au 2961/2962 si la valeur de clôture est inférieure au coût. La dotation passe en 6866. Le classement en compte 5xx (disponibilités) est exclu pour les crypto volatils, car le PCG réserve ces comptes aux actifs immédiatement disponibles et stables en valeur.
Que changent les règlements ANC 2026-01 et 2026-02 pour les entreprises ?
Les règlements ANC du 9 janvier 2026 actualisent le Plan comptable général en intégrant les crypto-actifs (jetons fongibles et non fongibles, tokens émis, opérations de conservation pour compte de tiers). Ils précisent les catégories de classement, les méthodes de valorisation acceptées, les informations à fournir en annexe et le traitement des opérations de conservation par les prestataires PSCA. Les entreprises doivent suivre l'homologation par arrêté ministériel et adapter leur dossier permanent comptable en conséquence.
Comment sont imposés les gains crypto réalisés par une société soumise à l'IS ?
Les gains de cession, d'échange ou de paiement en crypto réalisés par une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont intégrés au résultat imposable de l'exercice au taux normal de 25 % (ou 15 % pour la fraction inférieure à 42 500 € si le CA est inférieur à 10 M€), conformément à l'article 38, 2° du CGI. Les variations latentes ne sont pas imposées tant que l'actif n'est pas cédé. Une dépréciation comptable n'est déductible fiscalement que si elle est justifiée à la clôture, durable et documentée.
MiCA concerne-t-il une PME qui détient seulement des crypto-actifs sans les proposer à des tiers ?
Non, MiCA vise principalement les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA/CASP) et les émetteurs de jetons. Une PME qui se contente de détenir du bitcoin en trésorerie n'est pas elle-même soumise à MiCA. En revanche, elle doit choisir des prestataires conformes : à partir du 1er juillet 2026, son dépositaire doit être un CASP agréé MiCA (et non plus un simple PSAN). Une vérification d'agrément sur le registre AMF est donc indispensable avant et après cette date.
Comment comptabiliser un NFT utilitaire reçu d'un partenaire ?
L'analyse repose sur la durée et la nature du droit conféré. Un NFT donnant accès à un service pour une durée déterminée s'enregistre en charge constatée d'avance (compte 486) et s'étale sur la durée du droit. Un NFT conférant un droit perpétuel ou de longue durée s'inscrit en immobilisation incorporelle (compte 205 ou 208) et s'amortit sur sa durée d'utilité estimée. Un NFT collectionnable détenu pour valorisation reste en immobilisation incorporelle au coût, avec test de dépréciation annuel justifié par une marketplace reconnue.
Quel est le principal contrôle interne à mettre en place autour des wallets d'entreprise ?
La preuve d'existence et de contrôle effectif. Concrètement : cartographie tenue à jour de toutes les adresses publiques, double validation pour toute transaction au-delà d'un seuil défini, multisig 2-of-3 minimum pour les wallets froids, conservation des seed phrases en coffre sous procédure dual control, plan de succession en cas de perte de clé ou de défaillance du détenteur, rapprochement mensuel signé entre solde wallet, export plateforme et comptabilité.
Faut-il un commissaire aux apports pour un apport en cryptomonnaies à une société ?
Oui dans la quasi-totalité des cas. L'apport en nature de crypto-actifs à une SAS ou à une SARL nécessite l'intervention d'un commissaire aux apports désigné à l'unanimité des associés ou par décision de justice (articles L. 223-9 et L. 225-8-1 du Code de commerce), sauf dispense légale rare. Le commissaire aux apports évalue la valeur retenue, vérifie la propriété et le contrôle effectif, et engage sa responsabilité sur la sincérité de l'évaluation.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- ANC – Règlements ANC n° 2026-01 et 2026-02 du 9 janvier 2026 (crypto-actifs)
- ANC – Recueil des normes comptables françaises (PCG actualisé)
- Légifrance – Article 38 du Code général des impôts (résultat imposable)
- Légifrance – Article 209 du Code général des impôts (territorialité IS)
- BOFiP – Régime fiscal des actifs numériques pour les entreprises (BOI-BIC-CHG-60-10)
- EUR-Lex – Règlement (UE) 2023/1114 sur les marchés de crypto-actifs (MiCA)
- AMF – Fin de période transitoire PSAN sous MiCA au 1er juillet 2026
- AMF – MiCA et compétences des PSCA (orientations ESMA)
Ce sujet relève de notre mission Commissaire aux apports à Paris | Hayot Expertise (H2A)
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