Déclaration de TVA en 2026 : CA3, CA12, calendrier et sanctions
CA3 mensuelle, CA12 annuelle, acomptes, remboursement de crédit, sanctions retard, droit à l'erreur : le guide opérationnel de la déclaration de TVA en France, mis à jour 2026 par le cabinet Hayot Expertise (Paris).
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 12 mai 2026.
La déclaration de TVA est l'acte comptable le plus récurrent de la vie d'une entreprise assujettie. Pourtant, elle concentre une part significative des redressements fiscaux : défaut de dépôt, ventilation incorrecte des bases, TVA déductible déduite sans droit, crédit non réclamé, ou omission des opérations autoliquidées. Comprendre le cadre légal — CGI art. 286 à 291, BOFiP BOI-TVA-DECLA — et maîtriser les formulaires CA3 et CA12 permet d'éviter ces expositions. Ce guide opérationnel, rédigé par le cabinet Hayot Expertise à Paris, couvre l'ensemble du circuit déclaratif : formulaires, calendriers 2026, contenu ligne par ligne, modalités de télédéclaration, remboursement de crédit, sanctions et droit à l'erreur.
En 30 secondes : les entreprises au réel normal déposent une CA3 mensuelle (échéance entre le 15 et le 24 du mois suivant selon catégorie) ; les entreprises au réel simplifié versent deux acomptes annuels (55 % en juillet, 40 % en décembre) et régularisent via la CA12 au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai N+1. Toutes les procédures sont obligatoirement dématérialisées depuis 2020.
Les formulaires déclaratifs : CA3, CA12, CA12 A#
CA3 — déclaration mensuelle au régime réel normal#
La CA3 (imprimé cerfa n° 10963) est le formulaire central de la TVA française. Elle est utilisée par les entreprises relevant du régime réel normal, c'est-à-dire celles dont le chiffre d'affaires annuel dépasse les seuils du régime simplifié (840 000 € pour les activités de ventes et fournitures de logement, 254 000 € pour les prestations de services — seuils à confirmer publication loi de finances 2025-2026) ou dont le montant annuel de TVA due excède 15 000 €. La déclaration récapitule les opérations du mois civil écoulé : opérations imposables, base taxable, TVA collectée par taux, TVA déductible sur immobilisations et sur biens et services, et solde (TVA à payer ou crédit à reporter).
CA12 — déclaration annuelle au régime réel simplifié#
La CA12 (cerfa n° 11417) s'applique aux entreprises au régime réel simplifié. Elle n'est pas une simple déclaration annuelle : elle constitue la déclaration de régularisation qui ajuste le solde réel de TVA après déduction des deux acomptes semestriels versés en cours d'année. Pour les exercices coïncidant avec l'année civile (clôture au 31 décembre), le dépôt intervient au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année suivante, soit le 4 mai 2026 pour l'exercice 2025 (à confirmer calendrier officiel DGFiP).
CA12 A — régime réel simplifié à l'exercice décalé#
La CA12 A concerne les entreprises au réel simplifié dont l'exercice comptable ne coïncide pas avec l'année civile. Le dépôt se fait dans les trois mois suivant la clôture de l'exercice. Le mécanisme d'acomptes reste identique (juillet et décembre), mais les pourcentages sont calculés sur la TVA de l'avant-dernier exercice clos.
Calendrier déclaratif TVA 2026#
Le tableau ci-dessous récapitule les principales échéances 2026. Les dates exactes de dépôt des CA3 varient selon la catégorie administrative de l'entreprise (voir calendrier personnalisé sur impots.gouv.fr).
| Régime | Formulaire | Échéance principale 2026 |
|---|---|---|
| Réel normal — catégorie générale | CA3 mensuelle | Entre le 15 et le 19 du mois M+1 |
| Réel normal — grandes entreprises | CA3 mensuelle | Jusqu'au 24 du mois M+1 |
| Réel simplifié — acompte été | Relevé d'acompte | 20 juillet 2026 (55 % TVA N-1) |
| Réel simplifié — acompte hiver | Relevé d'acompte | 19 décembre 2026 (40 % TVA N-1) |
| Réel simplifié — régularisation (exercice civil) | CA12 | 4 mai 2026 (exercice 2025, à confirmer) |
| Réel simplifié — exercice décalé | CA12 A | Dans les 3 mois suivant la clôture |
| Demande de remboursement de crédit | Formulaire 3519 | Simultané à la CA3 concernée |
Sources : BOFiP BOI-TVA-DECLA, impots.gouv.fr — calendrier fiscal professionnel.
Contenu de la CA3 : lecture ligne par ligne#
La CA3 est structurée en plusieurs cadres. Les lignes suivantes sont les plus importantes pour la lecture quotidienne d'un dossier.
Cadre A — opérations imposables#
- Ligne A1 (taux normal 20 %) : base HT des ventes et prestations soumises au taux standard.
- Ligne A2 (taux réduit 10 % et 5,5 %) : base HT des opérations à taux réduit (restauration, travaux, produits alimentaires selon le cas).
- Ligne A3 (taux particulier 2,1 %) : presse enregistrée, médicaments remboursables sur prescription — rarement applicable.
Cadre B — TVA collectée#
- Ligne 08 : TVA collectée totale sur les opérations imposables déclarées au cadre A.
- Ligne 02 : TVA due sur acquisitions intracommunautaires (autoliquidation).
- Ligne 20 : TVA due sur achats de prestations de services intracommunautaires (mécanisme de l'article 283-2 CGI).
- Ligne 22 : TVA sur livraisons à soi-même.
- Ligne 32 : régularisations de TVA collectée en faveur de l'État (recalcul, erreurs antérieures, opérations mixtes).
Cadre C — TVA déductible#
- Ligne 19 : TVA déductible sur immobilisations (biens d'investissement).
- Ligne 20 : TVA déductible sur autres biens et services (charges courantes, approvisionnements).
- Ligne 21 : report du crédit du mois précédent.
- Ligne 22 : total de la TVA déductible.
Solde final#
- TVA à payer (ligne 28) : lorsque la TVA collectée excède la TVA déductible.
- Crédit de TVA : lorsque la TVA déductible excède la TVA collectée. Le crédit est soit reporté sur la déclaration suivante, soit demandé en remboursement via le formulaire 3519.
Régime réel simplifié : le mécanisme des acomptes CA12#
Le régime réel simplifié repose sur un système d'acomptes provisionnels et de régularisation annuelle. Ce mécanisme allège la charge administrative mensuelle mais crée un risque de décalage entre les acomptes versés et la TVA réellement due.
Calcul des acomptes#
- Acompte de juillet : 55 % de la TVA nette due au titre de l'exercice précédent (telle que figurant sur la dernière CA12 déposée).
- Acompte de décembre : 40 % de cette même base.
- Total des acomptes : 95 % de la TVA N-1, le solde de 5 % étant régularisé lors du dépôt de la CA12.
Option de modulation#
Un assujetti peut moduler le montant d'un acompte à la baisse si sa TVA prévisionnelle de l'exercice en cours est inférieure à celle de l'exercice précédent. La modulation doit être déclarée au moment du versement. Si le montant modulé s'avère inférieur de plus de 10 % à la TVA réellement due, une majoration s'applique sur l'écart (à vérifier BOFiP pour conditions précises 2026).
Passage obligatoire au réel normal#
Le régime réel simplifié cesse de s'appliquer si la TVA annuelle effectivement due dépasse 15 000 € : l'entreprise bascule d'office au régime mensuel dès le 1er janvier de l'exercice suivant. Dans les dossiers traités au cabinet Hayot Expertise à Paris, ce dépassement survient fréquemment chez les PME en croissance rapide qui n'ont pas anticipé la bascule — avec des conséquences directes sur la trésorerie.
Téléprocédures obligatoires : EDI et EFI#
Depuis le 1er janvier 2020, l'ensemble des assujettis à la TVA — quelle que soit leur taille ou leur forme juridique — est soumis à l'obligation de télédéclaration et de télépaiement de la TVA (CGI art. 1649 quater B quater). Deux modalités coexistent.
EFI — échange de formulaires informatisé#
L'EFI consiste à déposer et payer directement via l'espace professionnel d'impots.gouv.fr. C'est la procédure utilisée par défaut pour la plupart des PME et TPE. La saisie en ligne reprend fidèlement la structure de la CA3 ou de la CA12 ; les données pré-remplies issues des systèmes DGFiP ne dispensent pas d'une vérification ligne par ligne.
EDI — échange de données informatisé#
L'EDI est la voie empruntée par les entreprises qui utilisent un logiciel comptable certifié ou qui confient leur déclaration à un expert-comptable ou à un prestataire de dématérialisation (PDP, OD). Le fichier de déclaration est transmis via un réseau EDI agréé par la DGFiP. Le cabinet Hayot Expertise à Paris utilise cette voie pour l'ensemble de ses dossiers, ce qui garantit une traçabilité complète et un archivage des accusés de réception.
Sanction de non-respect de l'obligation de télédéclaration#
Le non-recours aux téléprocédures est sanctionné par une majoration de 0,2 % du montant des sommes dont la télédéclaration ou le télépaiement n'a pas été effectué, avec un minimum de 60 € par déclaration.
Crédit de TVA et remboursement (formulaire 3519)#
Un crédit de TVA est constaté lorsque la TVA déductible excède la TVA collectée sur la période. Il peut résulter d'investissements importants, d'une activité majoritairement exportatrice (exportations exonérées mais TVA déductible en amont), ou d'un mix de taux défavorable (collecte à 10 % mais déductions à 20 %).
Conditions de remboursement#
Selon CGI art. 271 IV et BOFiP BOI-TVA-DECLA-50, le remboursement est ouvert sous plusieurs conditions :
- Le crédit à reporter doit atteindre 760 € minimum.
- La demande est formulée via le formulaire 3519 déposé simultanément à la CA3 (ou à la CA12 pour le réel simplifié).
- Le crédit ne doit pas provenir d'opérations exclues du droit à déduction.
Délai de traitement#
Le délai de remboursement est en principe de 30 jours à compter du dépôt de la demande. Il peut être réduit à 15 jours pour les entreprises bénéficiant du statut d'opérateur économique agréé (OEA) ou dans le cadre de la procédure de remboursement accéléré. Toute demande de pièces complémentaires par l'administration interrompt le délai.
Remboursement mensuel vs report : l'arbitrage trésorerie#
Le choix entre reporter le crédit et le demander immédiatement en remboursement dépend du profil de trésorerie. Pour une entreprise en fort investissement, le remboursement mensuel est souvent préférable même si la procédure est plus lourde. Pour une entreprise dont le crédit est récurrent mais faible, le report évite des contrôles répétés.
Sanctions : retard, insuffisance, fraude#
Le droit des sanctions en matière de TVA est structuré autour de deux textes : CGI art. 1727 (intérêt de retard) et CGI art. 1728/1729 (majorations).
Intérêt de retard — CGI art. 1727#
L'intérêt de retard est dû pour tout impôt insuffisamment déclaré ou payé tardivement. Son taux est de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. Il s'applique dès le premier jour de retard et court jusqu'à la date de régularisation. Il s'agit d'une indemnisation du Trésor public, non d'une pénalité.
Majorations — CGI art. 1728 et 1729#
| Situation | Majoration |
|---|---|
| Défaut de dépôt sans mise en demeure | 10 % |
| Défaut de dépôt après mise en demeure (+ 30 jours) | 40 % |
| Manœuvres frauduleuses ou abus de droit | 80 % |
| Insuffisance de déclaration (mauvaise foi) | 40 % |
| Insuffisance de déclaration (bonne foi, spontanée) | 0 % à 5 % selon cas |
La distinction entre insuffisance de bonne foi et mauvaise foi est déterminante : l'administration doit motiver le recours à la majoration de 40 %, ce qui lui est parfois difficile pour des erreurs de ventilation de taux ou des omissions isolées.
Rectification d'une déclaration et droit à l'erreur#
La loi ESSOC n° 2018-727 du 10 août 2018 (art. 2) a instauré le droit à l'erreur : un contribuable de bonne foi peut régulariser spontanément ses obligations déclaratives sans pénalité, à condition que l'erreur ne soit ni intentionnelle ni répétée. En pratique, pour la TVA, cela se traduit par le dépôt d'une déclaration rectificative via l'espace professionnel d'impots.gouv.fr.
Procédure de rectification#
- Identifier la déclaration à corriger (mois et exercice concernés).
- Déposer une nouvelle CA3 ou CA12 rectificative avec les montants corrigés.
- Payer le complément de TVA résultant de la correction.
- Conserver les justificatifs de la correction (factures rectificatives, relevés de compte, correspondances).
Si la rectification intervient avant toute mise en demeure ou engagement d'une procédure de contrôle, les pénalités sont réduites voire supprimées pour les premières erreurs de bonne foi. En cas de contrôle déjà engagé, la marge de négociation est plus étroite.
Ce que l'administration regarde lors d'un contrôle TVA#
La TVA est le premier impôt vérifié lors d'un contrôle fiscal, car son assiette est documentée par les factures d'achats et de ventes. Le fichier des écritures comptables (FEC) transmis à l'ouverture d'une vérification de comptabilité permet à l'administration de recouper automatiquement les déclarations de TVA avec les enregistrements comptables.
Points de contrôle fréquents#
- Cohérence CA HT déclaré / chiffre d'affaires comptable : tout écart entre le total des ventes comptabilisées et les bases imposables déclarées doit s'expliquer (exportations, opérations hors champ, notes de crédit).
- TVA déductible sans facture conforme : la déduction est refusée si la facture ne comporte pas les mentions obligatoires (CGI art. 289 : numéro, date, identification des parties, description, montant HT, taux et montant de TVA).
- Autoliquidation non déclarée : acquisitions intracommunautaires, prestations de services de prestataires étrangers, opérations sous-traitées en BTP — l'omission de ces lignes est systématiquement relevée.
- Prorata de déduction pour assujettis partiels : les entités mixtes (holding animatrice, SCI louant des locaux avec option TVA, professionnel libéral exerçant deux activités dont l'une exonérée) font l'objet d'une attention particulière.
Fichier FEC et rapprochement automatisé#
Depuis 2014, toute entreprise soumise à l'impôt sur les bénéfices doit être en mesure de fournir un FEC conforme à l'article A 47 A-1 du Livre des procédures fiscales. L'administration dispose d'outils de rapprochement automatisé entre le FEC et les déclarations de TVA déposées. Un FEC mal structuré est lui-même passible d'une amende de 5 000 € (LPF art. 1734).
Cas pratique : déclaration CA3 du mois de mars 2026#
Une société parisienne de conseil (SASU, réel normal, clôture décembre) a réalisé en mars 2026 les opérations suivantes :
- Honoraires facturés à des clients français : 120 000 € HT (TVA 20 % = 24 000 €)
- Achats de matériel informatique en France : 15 000 € HT (TVA 20 % = 3 000 €)
- Abonnement à un logiciel SaaS américain (prestation de services étrangère) : 2 000 € HT
- Frais de déplacement (notes de frais salariés, TVA 20 %) : 800 € HT (TVA = 160 €)
Reconstitution de la CA3 mars 2026 :
| Ligne CA3 | Montant |
|---|---|
| Ligne A1 — base imposable 20 % | 120 000 € |
| Ligne 08 — TVA collectée 20 % | 24 000 € |
| Ligne 20 — base autoliquidée prestataire étranger | 2 000 € |
| Ligne 20 — TVA autoliquidée (collectée) | 400 € |
| TVA collectée totale | 24 400 € |
| Ligne 20 — TVA déductible autoliquidée (service) | 400 € |
| Ligne 20 — TVA déductible autres biens et services | 3 160 € (matériel + frais) |
| TVA déductible totale | 3 560 € |
| TVA nette à payer | 20 840 € |
La TVA sur le logiciel SaaS américain est autoliquidée : elle apparaît à la fois en collectée (ligne 20) et en déductible (ligne 20), ce qui la neutralise pour une entreprise ayant un droit à déduction intégral. L'oublier côté collecte seulement — sans la déduire — serait une erreur inverse.
Articulation avec les régimes spéciaux#
OSS/IOSS pour le commerce en ligne#
Les entreprises françaises vendant des biens ou services numériques à des particuliers de l'Union européenne peuvent, au-delà du seuil de 10 000 € de ventes intracommunautaires B2C, s'enregistrer au guichet unique OSS pour centraliser leurs déclarations de TVA intra-UE. La déclaration OSS est trimestrielle et distincte de la CA3 nationale. Pour les ventes de biens importés en dessous de 150 €, le régime IOSS s'applique. Ces mécanismes sont détaillés dans notre guide sur la TVA e-commerce, OSS et IOSS.
Groupe de TVA#
Les groupes de sociétés peuvent opter pour la constitution d'un groupe de TVA (CGI art. 256 C), qui désigne un assujetti unique — la tête de groupe — chargé de déposer une seule CA3 consolidée pour l'ensemble des membres. Les flux internes au groupe sont neutralisés. Ce mécanisme est couvert dans notre analyse du groupe de TVA.
Franchise en base#
Les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur aux seuils de la franchise en base (CGI art. 293 B) ne déposent aucune déclaration de TVA. Tout dépassement des seuils majorés en cours d'exercice déclenche l'assujettissement immédiat. Les modalités exactes sont détaillées dans notre article sur la franchise en base de TVA.
Notre lecture — cabinet Hayot Expertise#
La déclaration de TVA est, dans notre expérience de cabinet comptable parisien, le point de friction le plus fréquent entre les entreprises et l'administration fiscale. Les erreurs ne sont que rarement frauduleuses : elles résultent presque toujours d'un manque de procédure interne — ventilation de taux incorrecte sur des opérations mixtes, autoliquidations non tracées, TVA déductible portée sur le mauvais cadre, ou acomptes CA12 calculés sur une base obsolète.
Deux points méritent une attention particulière en 2026. D'abord, la facturation électronique obligatoire : le déploiement progressif de l'e-invoicing (grandes entreprises à partir de septembre 2026 — calendrier à confirmer publication officielle) va modifier profondément le cycle déclaratif en permettant à la DGFiP de pré-remplir partiellement les déclarations de TVA à partir des données remontées par les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP). Cela ne supprimera pas l'obligation déclarative, mais rendra les anomalies de réconciliation beaucoup plus visibles. Notre guide sur la facturation électronique 2026 pour les PME détaille les délais et les impacts opérationnels.
Ensuite, le crédit de TVA non réclamé : dans les dossiers que nous traitons à Paris, un nombre significatif d'entreprises — en particulier des sociétés en phase d'investissement ou des exportateurs partiels — reportent systématiquement leur crédit sans jamais le demander en remboursement, par crainte d'un contrôle. Cette prudence est souvent excessive : la demande de remboursement via le formulaire 3519 est un acte normal de gestion fiscale, et l'administration ne le traite pas comme un signal de risque systématique.
Nous recommandons à nos clients de mettre en place un tableau de bord TVA mensuel : récapitulatif des bases par taux, des autoliquidations, des crédits cumulés et des échéances à venir. C'est le moyen le plus simple de détecter une anomalie avant qu'elle ne devienne un redressement.
Pour sécuriser votre cycle déclaratif TVA — externalisation de la tenue comptable, revue préventive des déclarations, demandes de remboursement, accompagnement en cas de contrôle — contactez le cabinet Hayot Expertise à Paris.
Points de vigilance 2026#
- Facturation électronique : les grandes entreprises entrent dans le périmètre obligatoire à partir de septembre 2026 (à confirmer publication officielle). Les flux de TVA collectée seront remontés automatiquement par les PDP ; anticiper la cohérence avec les déclarations CA3 est indispensable dès maintenant.
- Taux de TVA : aucune modification des taux standard (20 %), intermédiaire (10 %) et réduit (5,5 %) n'est prévue pour 2026 à ce jour. La loi de finances 2025 a étendu l'application du taux de 10 % à certaines prestations de rénovation énergétique (à vérifier publication BOFiP 2026).
- Remboursements crédit TVA : la DGFiP a renforcé ses contrôles automatisés sur les demandes de remboursement au-delà de 15 000 €. Documenter les investissements sous-jacents avant le dépôt du 3519 limite les délais de traitement.
- Autoliquidations e-commerce : les plateformes numériques (marketplaces) sont redevables de la TVA sur les ventes de vendeurs tiers sous certaines conditions (CGI art. 256 V). Les vendeurs sur ces plateformes doivent vérifier leur statut et leurs obligations résiduelles.
Action checklist — déclaration de TVA#
- Vérifier le régime applicable (réel normal ou simplifié) et l'absence de dépassement de seuils
- Mettre à jour le calendrier fiscal personnel (dates dépôt CA3 selon catégorie sur impots.gouv.fr)
- Rapprocher chaque mois les bases TVA déclarées avec le grand livre comptable
- Tracer et déclarer systématiquement les autoliquidations (acquisitions intracommunautaires, prestations de services étrangères, sous-traitance BTP)
- Vérifier la conformité des factures fournisseurs avant d'exercer la déduction (mentions obligatoires CGI art. 289)
- Calculer mensuellement le montant du crédit cumulé et décider report vs remboursement
- Conserver les justificatifs de chaque demande de remboursement (3519) pendant le délai de prescription applicable (3 ans délai de reprise général, 6 ans en cas de fraude)
- Maintenir le FEC en format conforme article A 47 A-1 LPF pour toute vérification de comptabilité
Sources : CGI art. 286, 287, 271 IV, 1727, 1728, 1729 ; BOFiP BOI-TVA-DECLA ; impots.gouv.fr — téléprocédures professionnelles ; Loi ESSOC n° 2018-727 du 10 août 2018.
Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. La situation de votre entreprise — régimes applicables, taux spécifiques, délais — doit être vérifiée au regard des textes en vigueur et de votre dossier individuel. Prenez contact avec le cabinet Hayot Expertise pour un accompagnement adapté à votre situation.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la CA3 et la CA12 ?
La CA3 est la déclaration mensuelle de TVA utilisée par les entreprises au régime réel normal. Elle récapitule, mois par mois, la TVA collectée et la TVA déductible. La CA12 est la déclaration annuelle de régularisation utilisée par les entreprises au régime réel simplifié : elles versent deux acomptes semestriels en cours d'année (55 % en juillet, 40 % en décembre) puis régularisent le solde sur la CA12 déposée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année N+1.
À quelle date déposer la CA3 pour le mois de juin 2026 ?
La date limite varie selon la catégorie d'entreprise. Pour les entreprises relevant du régime général (dépôt entre le 15 et le 19 du mois suivant), la CA3 de juin 2026 est à déposer avant le 19 juillet 2026. Certaines grandes entreprises dont le chiffre d'affaires excède un seuil (à vérifier BOFiP BOI-TVA-DECLA) disposent jusqu'au 24 du mois suivant. Votre calendrier fiscal personnalisé est disponible sur impots.gouv.fr.
Comment demander le remboursement d'un crédit de TVA ?
Le remboursement d'un crédit de TVA est ouvert dès lors que le crédit reporté atteint 760 € (CGI art. 271 IV). La demande se fait via le formulaire 3519 déposé en ligne sur impots.gouv.fr, en même temps que la déclaration CA3 du mois. Le délai de traitement standard est de 30 jours ; il peut être réduit à 15 jours pour les entreprises bénéficiant du statut d'opérateur économique agréé (OEA). Pour les entreprises en investissement intense ou en démarrage, le remboursement mensuel est une ressource de trésorerie à ne pas négliger.
Quelle majoration s'applique en cas de retard de dépôt d'une CA3 ?
Un retard de dépôt sans mise en demeure entraîne une majoration de 10 % (CGI art. 1728). Si l'administration a adressé une mise en demeure et que la déclaration n'est toujours pas déposée dans les 30 jours, la majoration passe à 40 %. En cas de découverte de manœuvres frauduleuses, la majoration peut atteindre 80 %. À ces majorations s'ajoute l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (CGI art. 1727), soit 2,40 % par an.
Peut-on corriger une déclaration de TVA déjà déposée ?
Oui. La loi ESSOC n° 2018-727 du 10 août 2018 (art. 2) consacre le droit à l'erreur : un assujetti de bonne foi peut régulariser spontanément une déclaration inexacte en déposant une déclaration rectificative via son espace professionnel impots.gouv.fr. Si la régularisation intervient avant toute mise en demeure ou contrôle, les pénalités sont réduites voire supprimées selon les cas. En pratique, au cabinet Hayot Expertise à Paris, nous conseillons de corriger dès la détection de l'anomalie, sans attendre.
Les téléprocédures TVA sont-elles obligatoires pour toutes les entreprises ?
Oui. Depuis 2020, l'ensemble des assujettis à la TVA est tenu de télédéclarer et de télépayer la TVA via l'espace professionnel d'impots.gouv.fr ou par voie EDI (échange de données informatisé via un prestataire agréé). Il n'existe plus de dérogation au dépôt papier pour les entreprises soumises à TVA, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique. La violation de cette obligation est sanctionnée par une majoration de 0,2 % du montant des sommes dont la télédéclaration ou le télépaiement n'a pas été effectué.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGI art. 286 (obligations déclaratives TVA)
- Légifrance — CGI art. 287 (dépôt des déclarations)
- Légifrance — CGI art. 271 IV (remboursement crédit TVA)
- Légifrance — CGI art. 1727 (intérêt de retard 0,20 %/mois)
- Légifrance — CGI art. 1728 (majoration 10 % / 40 % / 80 %)
- BOFiP — BOI-TVA-DECLA (déclarations et paiement de la TVA)
- impots.gouv.fr — Téléprocédures TVA (EDI/EFI)
- Légifrance — Loi n° 2018-727 art. 2 (droit à l'erreur ESSOC)
Ce sujet relève de notre mission Tenue comptable à Paris | Révision, clôture, liasse
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