Déclaration 2035 BNC 2026 : Guide Complet pour les Professions Libérales en Régime Réel
Formulaire 2035-SD BNC 2026 : qui est concerné, cases à remplir, charges déductibles, dates limites et erreurs à éviter. Le guide expert complet pour les professions libérales en déclaration contrôlée.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Déclaration 2035 BNC 2026 : Guide Complet pour les Professions Libérales en Régime Réel
Chaque printemps, des milliers de professionnels libéraux doivent produire leur déclaration fiscale professionnelle à l'aide du formulaire 2035-SD (accompagné des annexes 2035-A et 2035-B). Contrairement au régime micro-BNC, où l'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes, le régime de la déclaration contrôlée exige de déclarer l'intégralité des recettes encaissées et des charges réelles supportées durant l'exercice.
Ce régime est souvent redouté par les professionnels qui le découvrent pour la première fois, car il implique une comptabilité plus rigoureuse. Pourtant, lorsqu'il est bien géré, il permet des économies fiscales considérables, en particulier pour les praticiens dont les charges réelles dépassent largement 34 % des honoraires (cotisations SSI, loyer de cabinet, personnel, contrats Madelin, etc.).
Ce guide pratique et exhaustif vous explique : qui est obligatoirement soumis à la 2035 en 2026, comment est structuré le formulaire, quelles charges sont déductibles (et lesquelles ne le sont pas), comment calculer votre bénéfice imposable, quelles sont les dates limites à respecter, et comment éviter les erreurs les plus fréquentes. Nous illustrons le tout par un exemple chiffré concret et proposons des pistes d'optimisation fiscale légales.
Qui doit déposer une déclaration 2035 ?
Les professionnels en régime de déclaration contrôlée
Le régime de la déclaration contrôlée s'applique à tous les titulaires de Bénéfices Non Commerciaux (BNC) dont les recettes annuelles hors taxes dépassent le seuil du micro-BNC. Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, ce seuil est fixé à 77 700 € HT (ou 83 600 € pour les activités mixtes). Au-delà de ce montant, le passage en déclaration contrôlée est automatique et obligatoire.
Mais le dépassement de seuil n'est pas la seule porte d'entrée. Les professionnels dont les recettes restent sous le plafond peuvent également opter volontairement pour ce régime s'ils estiment que leurs charges réelles excèdent 34 % de leurs honoraires. C'est souvent le cas dès lors qu'un professionnel verse des cotisations SSI significatives, loue un cabinet, emploie un secrétaire ou collaborateur, ou souscrit des contrats Madelin.
Les professions concernées sont nombreuses et variées :
- Professions de santé : médecins (secteur 1, 2 ou 3), dentistes, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues, infirmiers libéraux, sages-femmes, ostéopathes, etc.
- Professions juridiques : avocats, notaires (pour leur quote-part BNC), huissiers, mandataires judiciaires
- Professions du chiffre : experts-comptables en exercice libéral, commissaires aux comptes, conseillers fiscaux
- Professions techniques et créatives : architectes, géomètres-experts, ingénieurs conseils, designers indépendants
- Professions du conseil et de la formation : consultants, formateurs indépendants, coaches professionnels, traducteurs, rédacteurs
Ne sont pas concernés : les micro-entrepreneurs restés sous le seuil micro-BNC, qui remplissent uniquement la case dédiée de leur déclaration personnelle (formulaire 2042-C-PRO).
Les sociétés de personnes (SCP, SEL à l'IR, SNC)
Certaines structures sociétaires relèvent également de la déclaration 2035 :
- Les Sociétés Civiles Professionnelles (SCP) déposent une 2035 au nom de la société. Chaque associé reporte ensuite sa quote-part de bénéfice ou de déficit dans sa propre déclaration personnelle (2042).
- Les Sociétés d'Exercice Libéral (SEL) soumises à l'impôt sur le revenu (sur option ou de plein droit pour les SELURL par exemple) obéissent aux mêmes règles.
- Les Sociétés en Nom Collectif (SNC) à l'IR dont l'activité relève des BNC sont également concernées.
Première année d'activité : quand opter pour la déclaration contrôlée ?
Pour un professionnel qui démarre son activité, le régime micro-BNC s'applique automatiquement si les recettes de la première année restent en dessous du seuil. L'option pour la déclaration contrôlée doit être exercée avant le 1er février de l'année suivant le début d'activité pour s'appliquer rétroactivement à l'année de démarrage.
Par exemple, un médecin qui s'installe en libéral en mars 2025 peut opter pour la déclaration contrôlée pour l'exercice 2025 en envoyant sa demande au centre des impôts avant le 1er février 2026. Une fois l'option exercée, elle est valable pour une durée minimale de deux ans et se renouvelle par tacite reconduction. Elle peut être dénoncée avant le 1er février de l'année suivant la période de deux ans.
Architecture du formulaire 2035-SD
Structure générale
Le formulaire 2035-SD est la liasse fiscale BNC centrale. Il se compose de plusieurs cadres distincts :
- Page d'identification : SIRET, nature de l'activité, adresse du cabinet, régime fiscal (déclaration contrôlée), coordonnées de l'expert-comptable le cas échéant
- Cadre A — Recettes professionnelles : total des encaissements de l'exercice
- Cadre B — Dépenses professionnelles : total des charges déductibles
- Cadre C — Résultat fiscal : calcul du bénéfice ou du déficit (A − B − amortissements)
- Annexe 2035-A : détail des recettes par nature et des dépenses courantes
- Annexe 2035-B : immobilisations, amortissements, plus-values et moins-values, renseignements divers
Les recettes à déclarer (Cadre A)
Le régime BNC repose sur une comptabilité de caisse (recettes-dépenses) et non sur la comptabilité d'engagement. Concrètement, vous déclarez uniquement les honoraires et autres recettes effectivement encaissés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, quelle que soit la date de facturation.
Les recettes à inclure sont notamment :
- Honoraires encaissés : consultations, actes, prestations intellectuelles
- Rétrocessions reçues : si vous avez sous-traité du travail à des confrères qui vous rétrocèdent
- Remboursements de frais refacturés : si vous re-facturez des débours à vos clients
- Revenus accessoires : conférences, publications, enseignements universitaires rémunérés, expertise judiciaire, etc.
- Subventions et indemnités : CPAM, rémunérations versées par des organismes tiers dans le cadre de l'activité
Traitement de la TVA : si votre activité est soumise à la TVA (rare pour les médecins, fréquent pour les avocats ou consultants), vous déclarez les recettes hors taxe (HT). Si vous êtes exonéré de TVA (médecins, professions de santé réglementées), vous déclarez le montant toutes taxes comprises (TTC), qui est aussi le montant net encaissé.
Les charges déductibles en déclaration contrôlée
C'est ici que réside l'essentiel de l'intérêt du régime réel pour les professionnels libéraux bien chargés. Chaque euro de charge déductible réduit directement la base imposable, et donc l'impôt sur le revenu à payer.
Loyer et charges locatives du cabinet
Le loyer du local professionnel est intégralement déductible si le local est utilisé exclusivement à des fins professionnelles. Si vous exercez depuis votre domicile personnel, la déduction est possible mais calculée au prorata :
- Prorata de surface : surface dédiée au bureau / surface totale du logement
- Prorata de temps : si la pièce est utilisée à des fins mixtes, un abattement supplémentaire s'applique
Exemple concret : vous disposez d'un appartement de 100 m² dont une pièce de 25 m² est dédiée exclusivement à votre cabinet. Vous pouvez déduire 25 % du loyer, de l'électricité, de l'abonnement internet, et des autres charges de copropriété. Si la pièce est également utilisée à des fins personnelles le soir et le week-end, un second prorata d'usage professionnel dans le temps doit être appliqué.
Les charges locatives déductibles incluent : loyer, charges de copropriété, taxe foncière si vous êtes propriétaire et inscrivez le bien à l'actif, électricité, eau, abonnement internet et téléphone (fraction professionnelle), assurance multi-risques professionnelle.
Frais de personnel et sous-traitance
- Salaires et charges sociales patronales des salariés (secrétaire, assistante, infirmière salariée) : intégralement déductibles
- Rétrocessions d'honoraires versées à des confrères ou remplaçants : déductibles en tant que charges de sous-traitance
- Obligation DAS2 : si vous versez plus de 1 200 € dans l'année à un même bénéficiaire (confrère, prestataire de services), vous devez déclarer ces montants via la déclaration DAS2 (n° 2561), transmise à l'administration fiscale. L'absence de DAS2 peut entraîner la réintégration des charges concernées.
Cotisations sociales et contrats Madelin
Ce poste est souvent le plus important pour les professions libérales :
- Cotisations obligatoires SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) : cotisation maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales — intégralement déductibles
- CSG déductible : sur la CSG totale de 9,2 %, la fraction de 6,8 % est déductible du résultat professionnel (les 2,4 % restants ne sont pas déductibles sur la 2035, mais peuvent s'imputer sur le revenu global sous certaines conditions)
- CRDS (0,5 %) : non déductible en aucun cas
- Cotisations Madelin (santé complémentaire, prévoyance, retraite supplémentaire) : déductibles dans les limites légales. Pour la retraite Madelin par exemple, le plafond de déduction en 2026 est le plus élevé de 10 % du bénéfice imposable ou 10 % de 1 PASS (soit environ 4 638 €), dans la limite de 10 % de 8 PASS.
Il est fortement conseillé de vérifier précisément ces plafonds avec votre expert-comptable avant la clôture de l'exercice, car des versements Madelin excessifs par rapport aux plafonds ne sont pas déductibles.
Frais de déplacement
Les déplacements professionnels sont déductibles selon deux méthodes :
1. Barème kilométrique fiscal (si le véhicule reste dans le patrimoine personnel) : vous multipliez le nombre de kilomètres professionnels parcourus par le coefficient du barème fiscal publié annuellement. Ce barème 2026 prend en compte la puissance fiscale du véhicule et intègre les frais de carburant, d'entretien et de dépréciation. Les véhicules électriques bénéficient d'une majoration de 20 % du barème.
2. Frais réels (si le véhicule est inscrit à l'actif professionnel) : déduction du carburant, de l'entretien, de l'assurance, des réparations et de l'amortissement du véhicule.
À noter : le trajet domicile-cabinet n'est pas déductible pour les professionnels libéraux en BNC, contrairement aux salariés qui peuvent déduire leurs frais de transport. Seuls les déplacements d'un lieu de travail à un autre (visites à domicile, consultations en établissement, déplacements chez des clients) sont admis.
Les frais de transport en commun strictement professionnels, les billets de train ou d'avion pour déplacements professionnels, ainsi que les frais d'hôtel et de repas en déplacement sont également déductibles (frais réels justifiés).
Matériel, mobilier et amortissements
- Petit matériel et outillage < 500 € HT : déductible immédiatement et intégralement l'année d'achat
- Équipements > 500 € HT : doivent être amortis sur leur durée normale d'utilisation :
- Matériel informatique (ordinateur, imprimante) : 3 ans
- Mobilier de bureau : 5 à 10 ans
- Matériel médico-technique : selon nature (2 à 10 ans)
- Véhicule inscrit à l'actif : 4 à 5 ans (avec plafond de déduction)
- Logiciels : déductibles immédiatement ou amortis sur 3 ans selon le choix (les deux méthodes sont acceptées)
- Travaux d'aménagement du cabinet : amortissables sur la durée du bail ou 10 ans
Les amortissements sont détaillés dans l'annexe 2035-B (tableau des immobilisations).
Formation, documentation et cotisations professionnelles
- Frais de formation professionnelle (colloques, DPC, formations continues) : intégralement déductibles
- Abonnements et documentation : revues spécialisées, bases de données professionnelles, livres techniques : déductibles
- Cotisations ordinales : cotisation au Conseil de l'Ordre (Ordre des Médecins, Barreau, Ordre des Architectes...) : déductible
- Cotisations syndicales professionnelles : déductibles sur la 2035 (contrairement aux syndicats de salariés qui donnent droit à réduction d'impôt)
- Cotisation à une association de gestion agréée (AGA) : déductible — et rappelons que les adhérents d'une AGA bénéficient d'une non-majoration de 25 % sur leur bénéfice BNC, avantage majeur
Frais bancaires et intérêts d'emprunt
- Frais de tenue de compte professionnel : agios, commissions, frais de virement : déductibles
- Intérêts d'emprunts professionnels : si vous avez contracté un emprunt pour financer votre cabinet (achat de matériel, aménagement de locaux, rachat de clientèle), les intérêts sont intégralement déductibles
- Primes d'assurance professionnelle (responsabilité civile professionnelle, assurance cabinet) : déductibles
Charges non déductibles (à ne pas inclure dans la 2035)
Certaines dépenses, même payées depuis le compte professionnel, ne sont jamais déductibles :
- Amendes et pénalités fiscales (article 39-2 du CGI)
- Impôt sur le revenu lui-même
- CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)
- Dépenses personnelles (repas familiaux, vacances, vêtements non liés à la profession)
- Cotisations d'épargne retraite personnelle au-delà des plafonds Madelin
- Intérêts d'un emprunt personnel (crédit immobilier de résidence principale notamment)
Le calcul du bénéfice imposable
Formule de base
Le bénéfice BNC imposable se calcule ainsi :
Bénéfice = Total Recettes − Total Charges déductibles − Dotations aux amortissements ± Plus-values/Moins-values
Plus-values et moins-values professionnelles : lors de la cession d'un bien professionnel inscrit à l'actif, la plus-value ou moins-value dégagée est traitée selon la durée de détention :
- Moins de 2 ans → court terme : intégrée au bénéfice ordinaire
- Plus de 2 ans → long terme : imposée au taux de 12,8 % (+ prélèvements sociaux), sauf exonération (article 151 septies du CGI pour les petites entreprises)
Déficit reportable
Lorsque les charges professionnelles dépassent les recettes de l'exercice, le déficit BNC peut être :
- Imputé sur le revenu global du foyer fiscal la même année (article 156 du CGI), ce qui peut effacer d'autres impôts du foyer
- Si le revenu global est insuffisant, le solde de déficit est reportable sur les bénéfices BNC des 6 années suivantes
C'est un avantage non négligeable lors des premières années d'installation ou des périodes d'investissement intense.
Exemple chiffré complet : Dr. Martin, médecin libéral secteur 2
Prenons l'exemple du Dr. Martin, médecin spécialiste en secteur 2, exercant en cabinet individuel à Paris. Voici sa situation pour l'exercice 2025 :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Recettes encaissées 2025 | 180 000 € HT |
| Loyer et charges cabinet | 18 000 € |
| Cotisations SSI obligatoires | 35 000 € |
| Cotisations Madelin (prévoyance + retraite) | 5 000 € |
| Matériel et amortissements | 8 000 € |
| Salaire secrétaire (charges comprises) | 22 000 € |
| Frais divers (formation, documentation, DPC) | 4 000 € |
| Frais de déplacement (barème kilométrique) | 2 000 € |
| Frais bancaires et assurances pro | 1 500 € |
| Total charges | 95 500 € |
| Bénéfice imposable | 84 500 € |
Comparaison avec le micro-BNC :
- En micro-BNC : abattement 34 % → base imposable = 180 000 × 66 % = 118 800 €
- En déclaration contrôlée : base imposable = 84 500 €
- Économie de base imposable : 34 300 €
- À 41 % de TMI : économie fiscale = 34 300 × 41 % ≈ 14 063 €
Le régime réel représente ici un avantage fiscal annuel de plus de 14 000 €, sans compter l'économie sur les prélèvements sociaux sur revenus d'activité.
Dates limites et modalités de dépôt en 2026
Calendrier déclaratif 2026
Le dépôt de la déclaration 2035 est obligatoirement électronique depuis 2020 pour tous les professionnels (sauf dérogation exceptionnelle pour les zones blanches). Deux modalités existent :
- EDI (Échange de Données Informatisé) : votre expert-comptable transmet la liasse via son logiciel professionnel agréé. Délai supplémentaire souvent accordé jusqu'au 20 mai 2026 selon les conventions EDI.
- EFI (Échange de Formulaires Informatisé) : vous déposez vous-même via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Délai de droit commun : deuxième jour ouvré suivant le 1er mai 2026, soit le 5 mai 2026.
Important : la 2035 doit toujours être déposée avant ou simultanément à votre déclaration personnelle de revenus (formulaire 2042), puisque le bénéfice calculé dans la 2035 est reporté sur la 2042.
Modalités de paiement
Le bénéfice BNC est soumis :
- À l'impôt sur le revenu (barème progressif)
- Aux prélèvements sociaux sur revenus d'activité (17,2 % dont CSG/CRDS)
- Aux cotisations SSI (calculées a posteriori sur le bénéfice réel de N-2, avec régularisation)
Le système des acomptes provisionnels (mensualisation ou tiers provisionnels) permet d'échelonner les paiements. Pour l'exercice 2025 :
- Des acomptes ont été versés en cours d'année 2025 sur la base du bénéfice 2023
- Le solde d'impôt sur le revenu calculé après dépôt de la 2042 est exigible au 15 septembre 2026
- Les régularisations de cotisations SSI suivent le calendrier SSI (appel définitif reçu courant 2026)
Erreurs fréquentes sur la déclaration 2035
Voici les erreurs les plus courantes, qui peuvent entraîner des redressements fiscaux ou des pertes d'optimisation :
-
Confondre droits constatés et encaissements : le BNC est une comptabilité de caisse. Une facture émise le 28 décembre 2025 et encaissée le 5 janvier 2026 doit être déclarée en 2026, pas en 2025.
-
Omettre les rétrocessions d'honoraires versées : si vous avez fait appel à un remplaçant ou sous-traité à un confrère, ces montants réduisent votre résultat imposable — ils ne doivent pas être omis.
-
Ne pas distinguer charges déductibles et non déductibles : inclure la CRDS ou une amende fiscale dans les charges est une erreur redressée en contrôle.
-
Oublier les amortissements sur les biens > 500 € HT achetés dans l'année : un ordinateur à 1 200 € n'est pas entièrement déductible l'année d'achat, il doit être amorti.
-
Inclure des charges personnelles payées depuis le compte professionnel (abonnements streaming, courses alimentaires...).
-
Ne pas déclarer les recettes accessoires : conférences rémunérées, expertises, publications — ces revenus BNC doivent tous figurer dans la liasse.
-
Omettre la DAS2 pour les rétrocessions ou honoraires versés > 1 200 €/an : l'administration peut réintégrer les charges correspondantes.
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Confondre CSG déductible et CSG non déductible : seule la fraction de 6,8 % est déductible sur la 2035. La fraction non déductible (2,4 %) relève d'un traitement différent sur la 2042.
-
Dépasser les plafonds Madelin sans vérification préalable : les cotisations excédentaires ne sont pas déductibles et alourdissent le résultat.
-
Retard de dépôt : les pénalités de retard (10 % majorés) et l'intérêt de retard (0,20 % par mois) peuvent se cumuler. En cas d'absence totale de dépôt, l'administration peut taxer d'office.
Optimisations fiscales légales pour la déclaration contrôlée
Dans le cadre légal, plusieurs leviers permettent de réduire le bénéfice BNC imposable :
- Anticiper les achats de matériel avant le 31 décembre : un équipement < 500 € acheté le 30 décembre est intégralement déductible sur l'exercice en cours. Au-delà, un amortissement commence dès l'année d'acquisition.
- Maximiser les cotisations Madelin en décembre : les cotisations Madelin versées avant le 31/12 sont déductibles sur l'exercice. Un rattrapage de cotisations en fin d'année est fiscalement très efficace.
- Vérifier le plafond Madelin retraite : selon votre bénéfice prévisionnel, calculez précisément le plafond de déductibilité pour éviter les excédents et maximiser l'enveloppe.
- Adhérer à une Association de Gestion Agréée (AGA) : l'adhésion à une AGA évite la majoration de 25 % du bénéfice BNC (applicable aux non-adhérents). Le coût de la cotisation AGA (environ 200-400 €/an) est largement amorti par l'économie fiscale.
- Utiliser l'amortissement dégressif sur certains équipements éligibles (matériel industriel, informatique) pour accélérer la déduction.
- Réfléchir à la constitution d'une SELARL si le bénéfice BNC récurrent dépasse 100 000 à 120 000 € : à ce niveau, l'impôt sur les sociétés (IS) combiné à une rémunération optimisée peut être plus avantageux que l'IR sur la totalité du bénéfice. Cette décision nécessite une analyse patrimoniale complète.
Quand faire appel à un expert-comptable pour la 2035 ?
La déclaration 2035 est techniquement accessible, mais elle présente des pièges significatifs qui peuvent coûter cher. Il est particulièrement conseillé de s'appuyer sur un expert-comptable :
- La première année en déclaration contrôlée : pour mettre en place la comptabilité de caisse, identifier toutes les charges déductibles et structurer correctement la liasse
- Dès que les recettes dépassent 100 000 € : les enjeux fiscaux deviennent significatifs, une erreur de déclaration peut coûter plusieurs milliers d'euros
- En cas de création ou de restructuration : passage en SELARL, SELAS, SCP, association entre confrères — les implications fiscales et sociales sont complexes
- Si l'activité est mixte : BNC + revenus salariaux, BNC + revenus fonciers, activité partielle à l'étranger — les interactions entre régimes fiscaux nécessitent une expertise spécifique
- Pour optimiser les arbitrages Madelin / rémunération / amortissements en fin d'exercice
- En cas de contrôle fiscal : la présence d'un expert-comptable est indispensable pour défendre les positions retenues et répondre aux demandes de l'administration
Questions fréquentes
Q1 : Quelle est la différence entre la 2035 et la 2042-C-PRO ?+
La 2035-SD est la liasse fiscale professionnelle BNC : elle détaille l'intégralité de vos recettes et dépenses réelles, et aboutit à votre bénéfice ou déficit professionnel. La 2042-C-PRO est la case de votre déclaration personnelle de revenus (formulaire 2042) où vous reportez le montant calculé dans la 2035. En micro-BNC, vous n'avez que la 2042-C-PRO à remplir (le montant brut des recettes, l'administration applique ensuite l'abattement de 34 %). En déclaration contrôlée, vous produisez d'abord la 2035, puis reportez le bénéfice net sur la 2042-C-PRO.
Q2 : Peut-on passer du micro-BNC à la déclaration contrôlée en cours d'année ?+
Non. Le changement de régime fiscal ne peut prendre effet qu'au 1er janvier. Pour adopter la déclaration contrôlée pour l'exercice 2025, il fallait exercer l'option avant le 1er février 2026. Pour l'exercice 2026, l'option doit être exercée avant le 1er février 2027. L'option est ensuite valable pour une durée minimale de deux ans et se renouvelle par tacite reconduction, sauf dénonciation expresse.
Q3 : Les cotisations SSI sont-elles entièrement déductibles sur la 2035 ?+
Les cotisations obligatoires SSI (maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales) sont entièrement déductibles sur la 2035. S'agissant de la CSG-CRDS, seule la fraction CSG déductible à 6,8 % est déductible sur la liasse professionnelle. La fraction non déductible de la CSG (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) ne sont pas déductibles sur la 2035. Les cotisations Madelin (santé, prévoyance, retraite supplémentaire) sont déductibles dans les limites légales annuelles.
Q4 : Peut-on déduire les frais de voiture sur la 2035 ?+
Oui, selon deux méthodes exclusives l'une de l'autre. Si le véhicule reste dans votre patrimoine personnel, vous déduisez un montant forfaitaire calculé à partir du barème kilométrique fiscal 2026 (publié chaque printemps au Journal Officiel) multiplié par le nombre de kilomètres professionnels parcourus. Si le véhicule est inscrit à l'actif professionnel, vous déduisez les frais réels (carburant, entretien, assurance, amortissement). Attention, le trajet domicile-cabinet n'est pas déductible en BNC. Le barème kilométrique est souvent la méthode la plus simple et la plus avantageuse pour les véhicules récents, électriques ou hybrides.
Q5 : La déclaration 2035 est-elle obligatoire même si je suis en déficit ?+
Oui, absolument. La 2035 est obligatoire dès que vous relevez du régime de la déclaration contrôlée, qu'il y ait bénéfice ou déficit. Le déficit doit être déclaré et documenté, car il constitue un droit fiscal précieux : il peut être imputé sur le revenu global du foyer fiscal la même année, ou reporté sur vos bénéfices BNC des six exercices suivants. Ne pas déclarer un déficit, c'est abandonner un avantage fiscal réel.
Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
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