Régime spécial BNC : comment ça marche en 2026 ?
Seuils 2026, abattement de 34 %, option pour la déclaration contrôlée et obligations pratiques : le guide complet du régime spécial BNC.
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Création d'entreprise à Paris : statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : qu'est-ce que le régime spécial BNC et quels seuils s'appliquent en 2026 ?#
Le régime spécial BNC (micro-BNC) s'applique de plein droit si vos recettes hors taxes de 2025 ou de 2024 n'excèdent pas 83 600 euros. Un abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 euros, tient lieu de charges. En 2026, la franchise de TVA reste fixée à 37 500 et 41 250 euros, et la réception des factures électroniques devient obligatoire au 1er septembre.
Le régime spécial BNC, aussi appelé micro-BNC ou régime déclaratif spécial, reste le point d'entrée naturel de nombreux indépendants en France. En pratique, la vraie question n'est pas seulement de savoir si vous pouvez y entrer, mais s'il reste pertinent une fois vos charges, votre TVA et vos obligations déclaratives prises en compte. Ce guide détaille chaque mécanisme pour que vous puissiez choisir en connaissance de cause.
À retenir : l'article 102 ter du CGI vise l'ensemble des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux, et pas seulement les professions libérales : artistes-auteurs, agents commerciaux, sportifs et activités non commerciales diverses entrent dans le champ. Second point de vigilance, le seuil ne s'apprécie jamais sur l'année en cours, mais sur les recettes hors taxes de l'année civile précédente ou de la pénultième année.
Qu'est-ce que le régime spécial BNC ?#
Le régime spécial BNC permet de déclarer ses recettes avec un formalisme administratif léger. L'administration applique ensuite un abattement forfaitaire de 34 % pour déterminer la base imposable, avec un minimum de 305 euros par an.
Ce régime est défini à l'article 102 ter du Code général des impôts. Il s'applique de plein droit tant que vos recettes annuelles restent sous le plafond légal. Aucune option n'est nécessaire pour y entrer : vous y êtes automatiquement si vous remplissez les conditions.
En 2026, le seuil du micro-BNC est fixé à 83 600 euros de recettes hors taxes. Ce plafond s'apprécie sur l'année civile précédente (2025) ou sur la pénultième année (2024), jamais sur l'année en cours, et il est ajusté au prorata du temps d'activité la première année. Un dépassement isolé ne vous fait donc pas sortir du régime : la perte du micro-BNC intervient au 1er janvier de l'année qui suit deux années consécutives de dépassement, avec bascule vers la déclaration contrôlée. Ce seuil est actualisé tous les trois ans, dans la même proportion que la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu, et arrondi à la centaine d'euros la plus proche : 83 600 euros reste donc la valeur applicable jusqu'à la prochaine actualisation triennale.
Pour compléter cette lecture, voyez aussi notre guide sur la fiche BNC, notre dossier sur la comptabilité des professions libérales et notre article sur la comptabilité micro-entreprise 2026.
Ce qui change en 2026 pour un professionnel en BNC#
Voici les repères 2026 et ce qui bouge réellement cette année pour un indépendant au micro-BNC. Rien ne touche à l'abattement de 34 %, mais deux points appellent une action concrète de votre part.
| Sujet | Ce qui s'applique en 2026 |
|---|---|
| Seuil du micro-BNC | 83 600 € de recettes hors taxes de 2025 ou de 2024, actualisé tous les trois ans |
| Franchise en base de TVA | 37 500 € (seuil de base) et 41 250 € (seuil majoré) pour les prestations de services ; le seuil unique de 25 000 € un temps annoncé n'est pas applicable |
| Cotisations du régime micro-social | 25,6 % des recettes pour une activité libérale non réglementée relevant des BNC, 23,2 % pour une profession libérale réglementée relevant de la Cipav |
| ACRE | L'aide n'est plus automatique : la demande doit être déposée dans les 60 jours qui suivent la date d'ouverture de l'activité, et son bénéfice reste soumis à des conditions d'éligibilité |
| Facturation électronique | Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises, micro-BNC et franchise en base comprises, doivent être en mesure de recevoir une facture électronique |
Sur l'ACRE, la rupture est nette : jusqu'au 31 décembre 2025, aucune formalité n'était à accomplir. Depuis, la demande conditionne l'aide, et l'éligibilité se vérifie auprès de l'Urssaf avant d'intégrer la moindre exonération dans un plan de trésorerie.
Sur la facture électronique, seule la réception est exigée de vous. L'obligation d'émettre au format électronique s'applique au 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, et seulement au 1er septembre 2027 aux PME, TPE et micro-entreprises. C'est le seul changement de l'année qui suppose de choisir un outil avant l'échéance : nous détaillons le calendrier dans notre article sur l'obligation de réception au 1er septembre 2026.
Un mot enfin sur les taux du régime micro-social rappelés ci-dessus : ils incluent déjà la CSG-CRDS, et il ne faut donc jamais y ajouter 9,7 % en sus.
Qui peut bénéficier du régime spécial BNC ?#
Le régime spécial BNC vise les activités imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Concrètement, cela couvre :
- les professions libérales non commerciales (consultants, formations, conseil) ;
- les prestations intellectuelles indépendantes ;
- certaines professions libérales réglementées (architectes, experts-comptables, avocats sous conditions) ;
- les auto-entrepreneurs relevant du micro-BNC ;
- les auteurs et artistes-auteurs dans certains cas.
Les professions commerciales relèvent du régime micro-BIC, pas du régime spécial BNC. La distinction est importante car les seuils et les abattements ne sont pas les mêmes.
Qui ne peut pas relever du micro-BNC, même sous le seuil#
C'est le point le moins souvent traité, et il concerne pourtant beaucoup de professionnels libéraux. Relèvent obligatoirement de la déclaration contrôlée, quel que soit le montant de leurs recettes :
- les membres de sociétés de personnes et de sociétés civiles professionnelles (article 103 du CGI) et les associés de SCM dont les droits servent l'activité professionnelle ;
- les officiers publics et ministériels pour les bénéfices de leur charge (article 100 du CGI) ;
- les auteurs, scientifiques, artistes et sportifs ayant opté pour l'imposition du revenu moyen ;
- les personnes réalisant à titre habituel des opérations sur instruments financiers à terme (article 96 A du CGI) ;
- les agents généraux d'assurance ayant opté pour le régime des traitements et salaires.
L'article 102 ter, 6 du CGI ajoute trois exclusions : la pluralité d'activités dont le total excède la limite, les biens affectés à l'exploitation compris dans un patrimoine fiduciaire, et l'activité occulte au sens de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales.
Avant de retenir le micro-BNC, commencez donc par votre mode d'exercice : la structure dans laquelle vous exercez peut à elle seule vous en écarter, quel que soit le niveau de vos recettes.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : comment choisir ?#
Le micro-BNC est souvent adapté si :
- vos charges professionnelles sont limitées (moins de 34 % de votre chiffre d'affaires) ;
- vous démarrez votre activité et souhaitez limiter les formalités ;
- vous n'avez pas de locaux professionnels onéreux ni de matériel à amortir ;
- vous préférez une gestion administrative légère.
La déclaration contrôlée BNC (formulaire 2035) devient souvent plus intéressante si :
- vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes ;
- vous amortissez du matériel informatique, du mobilier ou des véhicules professionnels ;
- vous supportez des loyers professionnels importants ;
- vous souhaitez une vision comptable fine de votre rentabilité ;
- vous envisagez de créer une société à moyen terme.
Conseil Hayot Expertise : le bon arbitrage ne se fait pas seulement sur le seuil. Il faut comparer l'abattement de 34 % avec vos charges réelles, puis mesurer l'impact cumulé sur l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales et votre trésorerie. Un simple tableau comparatif suffit souvent à trancher.
Le comparatif micro-BNC et déclaration contrôlée, poste par poste#
| Poste | Micro-BNC | Déclaration contrôlée |
|---|---|---|
| Charges déduites | Abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 € (610 € en activité mixte), amortissements réputés compris | Charges réelles justifiées et amortissements effectivement pratiqués |
| Assiette des cotisations | Recettes encaissées, à 25,6 % (BNC non réglementé) ou 23,2 % (Cipav) | Bénéfice réel |
| Comptabilité | Document donnant le détail journalier des recettes | Livre-journal et registre des immobilisations |
| Déclaration | 2042-C-PRO | Liasse 2035-SD et ses annexes |
La bascule est arithmétique. Tant que vos charges réelles restent inférieures à 34 % de vos recettes, le micro-BNC vous fait payer moins d'impôt qu'un régime réel. Au-delà, vous êtes imposé sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé. Le point de bascule n'est donc pas un montant de chiffre d'affaires, mais un ratio de charges.
Comment se calcule l'impôt sous le régime spécial BNC ?#
Le mécanisme est simple en apparence. Vous déclarez vos recettes encaissées au cours de l'année civile. L'administration applique ensuite l'abattement de 34 %. Le solde constitue votre bénéfice imposable, soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Cas type (exemple représentatif), pour un consultant indépendant au micro-BNC, non affilié à la Cipav :
| Élément | Montant |
|---|---|
| Recettes annuelles encaissées | 50 000 € |
| Cotisations sociales (micro-social, 25,6 %) | 12 800 € |
| Abattement forfaitaire fiscal (34 %) | 17 000 € |
| Bénéfice imposable à l'impôt sur le revenu | 33 000 € |
Deux enseignements se lisent dans ce tableau. L'abattement de 34 % est purement fiscal : il ne réduit pas l'assiette des cotisations sociales, qui restent calculées sur les recettes encaissées. Et sur 50 000 euros encaissés, le premier poste de coût n'est pas l'impôt, mais le social. Le taux serait de 23,2 % pour une profession libérale réglementée relevant de la Cipav, soit 11 600 euros. Ces taux incluent déjà la CSG-CRDS : il ne faut jamais y ajouter 9,7 % en sus. Le bénéfice imposable de 33 000 euros est ensuite soumis au barème de l'impôt sur le revenu, après application du quotient familial.
Le point sur le versement libératoire#
Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, le taux applicable aux recettes BNC est de 2,2 %. Ce versement s'effectue mensuellement ou trimestriellement en même temps que vos cotisations sociales URSSAF.
Attention : le versement libératoire suppose trois conditions cumulatives. Relever du micro-BIC ou du micro-BNC, relever du régime micro-social, et disposer d'un revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur ou égal à 29 315 euros par part de quotient familial pour une option applicable en 2026, soit le RFR de 2024 (58 630 euros pour 2 parts, 87 945 euros pour 3 parts). Ce montant change chaque année : pour une option applicable en 2027, il passe à 29 579 euros par part. L'option se demande à l'Urssaf au plus tard le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant, ou au plus tard le dernier jour du troisième mois suivant la création. Un titulaire de BNC au micro-fiscal qui ne relève pas du micro-social n'y a pas droit.
Et si vos charges réelles dépassent 34 % ?#
C'est le piège classique du régime spécial BNC. Si vos frais professionnels (loyer, assurances, formations, déplacements, fournitures) représentent plus de 34 % de votre chiffre d'affaires, vous payez l'impôt sur une base supérieure à votre bénéfice réel. La déclaration contrôlée devient alors mathématiquement plus avantageuse.
Franchise en base de TVA : un avantage cumulé#
Le régime spécial BNC et la franchise en base de TVA sont deux dispositifs distincts mais souvent cumulés. La franchise en base de TVA vous dispense de facturer et de déclarer la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous le seuil.
En 2026, le seuil de base de la franchise en TVA pour les prestations de services est de 37 500 euros, et le seuil majoré de 41 250 euros (85 000 euros et 93 500 euros pour les ventes et l'hébergement). Ce sont bien les valeurs en vigueur : la réforme qui devait ramener la franchise à un seuil unique de 25 000 euros n'est pas applicable.
Concrètement, qu'est-ce que cela change ?#
Tant que vous restez sous 37 500 euros de recettes :
- vous ne facturez pas la TVA à vos clients ;
- vous ne déclarez pas de TVA à l'administration ;
- vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels.
Ce régime est particulièrement avantageux si votre clientèle est composée de particuliers, qui ne récupèrent pas la TVA. En revanche, si vous travaillez principalement avec des entreprises assujetties, la facturation de TVA n'est pas un handicap : vos clients la récupèrent intégralement.
Attention au dépassement de seuil TVA#
Deux règles de sortie doivent être distinguées, et elles ont changé depuis le 1er janvier 2025. Si vos recettes dépassent 37 500 euros sans franchir 41 250 euros, la franchise reste acquise sur l'ensemble de l'année : la TVA ne s'applique qu'à compter du 1er janvier suivant. Si vous franchissez 41 250 euros, la franchise cesse à la date même du dépassement, et l'opération qui fait franchir le seuil est elle-même soumise à la TVA. Vous devez alors :
- facturer la TVA sur vos prestations ;
- déclarer la TVA mensuellement ou trimestriellement ;
- tenir une comptabilité TVA distincte.
Déclaration contrôlée : quand et comment quitter le micro-BNC ?#
Il est possible de quitter volontairement le régime spécial BNC pour opter pour la déclaration contrôlée. Cette option s'exerce auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE).
La procédure d'option#
L'option pour la déclaration contrôlée doit être adressée à votre SIE :
- dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration de résultats n° 2035-SD (article 102 ter, 5 du CGI). Le délai du 1er février que l'on lit encore est une ancienne règle, disparue de l'article 102 ter : si vous envisagez cette option, faites confirmer par votre SIE la date limite applicable à votre situation ;
- sous la forme d'un écrit daté et signé adressé au SIE, par simple envoi postal ou via la messagerie de votre espace professionnel sur impôts.gouv.fr : aucun recommandé avec accusé de réception n'est exigé.
Une fois exercée, l'option est valable un an et reconduite tacitement chaque année civile pour un an (article 102 ter, 5 du CGI). Vous pouvez y renoncer et revenir au régime micro dès lors que vous en respectez les seuils : l'irrévocabilité de deux ans que l'on lit encore souvent est une règle abrogée. Tant qu'elle produit ses effets, l'option vous engage en revanche à produire une déclaration 2035 complète.
Quelles obligations avec la déclaration contrôlée ?#
Sous le régime de la déclaration contrôlée, vous devez :
- tenir une comptabilité complète (livre des recettes, livre des dépenses, tableau des immobilisations) ;
- produire chaque année la déclaration de résultats n° 2035-SD et ses annexes, qui forment la liasse BNC (2035-A-SD, 2035-B-SD, et 2035-AS-SD pour les associés) ;
- respecter les règles de déductibilité des charges (justificatifs, lien avec l'activité, année de rattachement).
Cette comptabilité est plus lourde, mais elle permet de déduire l'intégralité de vos charges professionnelles et d'amortir vos investissements.
Et en micro-BNC, quelles obligations comptables ?#
La contrepartie du micro-BNC n'est pas l'absence de comptabilité. L'article 102 ter, 4 du CGI impose de tenir et, sur demande du service des impôts, de présenter un document donnant le détail journalier des recettes professionnelles.
Ce document comporte, quelle que soit la profession exercée, trois mentions :
- l'identité déclarée par le client ;
- le montant des honoraires ;
- la date et la forme du versement (virement, carte, chèque, espèces).
C'est ce dernier point qui piège. Un simple relevé bancaire ne satisfait pas à l'obligation, faute de porter l'identité du client et la forme du versement. Un tableur tenu au fil de l'eau, ou l'export d'un outil de facturation qui reprend ces trois mentions, suffit en revanche parfaitement.
CFE et autres obligations fiscales à ne pas oublier#
Même sous le régime spécial BNC, certaines obligations fiscales subsistent. Les ignorer peut coûter cher lors d'un contrôle.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)#
La CFE est due par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée, y compris en micro-BNC. Le montant varie selon votre commune d'imposition et votre chiffre d'affaires.
Un micro-BNC qui exerce à domicile, sans local dédié, relève presque toujours de la base minimum de CFE. Cette base est fixée par le conseil municipal à l'intérieur d'une fourchette légale, qui dépend des recettes de la période de référence (article 1647 D du CGI) :
| Recettes de la période de référence | Base minimum 2026 |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | 250 à 597 € |
| De 10 001 à 32 600 € | 250 à 1 194 € |
| De 32 601 à 100 000 € | 250 à 2 509 € |
| De 100 001 à 250 000 € | 250 à 4 183 € |
| De 250 001 à 500 000 € | 250 à 5 974 € |
| Au-delà de 500 000 € | 250 à 7 769 € |
Ne confondez pas cette base avec la cotisation : la CFE due est égale à cette base multipliée par le taux voté par votre commune. Les redevables dont le chiffre d'affaires ou les recettes n'excèdent pas 5 000 euros sont par ailleurs exonérés de la cotisation minimum.
Points importants :
- vous êtes exonéré de CFE l'année de création de votre activité, puis votre base d'imposition est réduite de moitié la deuxième année (les recettes retenues pour déterminer la tranche sont alors celles de l'année de création, ramenées à douze mois) ;
- la CFE de droit commun est assise sur la valeur locative des biens passibles de taxe foncière utilisés pour l'activité pendant la période de référence (N-2) : ce n'est pas un impôt sur le chiffre d'affaires. Les recettes de N-2 ne servent qu'à déterminer la tranche de la base minimum ;
- la CFE se paie annuellement, avec un échéancier possible en mensualités.
Autres obligations à connaître#
- Aucune taxe pour frais de chambre consulaire : les redevables qui exercent exclusivement une activité non commerciale au sens du 1 de l'article 92 du CGI sont exonérés de la taxe additionnelle à la CFE pour frais de chambres de commerce et d'industrie (article 1600, I, 1° du CGI). C'est une différence concrète avec un micro-entrepreneur commerçant ou artisan, qui acquitte pour sa part la taxe pour frais de chambre de commerce ou de chambre de métiers. La Cipav, parfois citée à ce propos, est une caisse de retraite et non une chambre consulaire ;
- Déclaration de TVA : obligatoire dès que vous sortez de la franchise en base ;
- Facturation conforme : vos factures doivent respecter les mentions obligatoires, quel que soit votre régime.
Les erreurs fréquentes à éviter en régime spécial BNC#
Voici les pièges les plus courants en régime spécial BNC :
1. Ne pas tenir le document journalier des recettes C'est une obligation légale, même en micro-BNC : l'article 102 ter, 4 du CGI impose de le tenir et de le présenter sur demande du service des impôts. En revanche, contrairement à ce que l'on lit souvent, aucune pénalité de 5 % du chiffre d'affaires n'existe. L'article 1729 B du CGI fixe, lui, les amendes applicables aux documents qui doivent être remis à l'administration fiscale : 150 euros lorsqu'un tel document n'est pas produit dans les délais prescrits, et 15 euros par omission ou inexactitude relevée dans ce document, sans que le total puisse être inférieur à 60 euros ni supérieur à 10 000 euros. Ces amendes ne s'appliquent pas en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes, si vous réparez l'infraction spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l'administration.
2. Confondre recettes encaissées et factures émises Le micro-BNC fonctionne en comptabilité de trésorerie. Vous devez déclarer les sommes effectivement encaissées au cours de l'année, pas les factures que vous avez émises.
3. Oublier de vérifier ses seuils chaque année Un dépassement non anticipé peut entraîner un redressement fiscal. Vérifiez votre chiffre d'affaires régulièrement, pas seulement en fin d'année.
4. Confondre le seuil de base et le seuil majoré de TVA Franchir 37 500 euros sans dépasser 41 250 euros ne rend pas la TVA immédiatement exigible : la franchise reste acquise sur l'ensemble de l'année, et la TVA ne s'applique qu'à compter du 1er janvier suivant. C'est le franchissement de 41 250 euros qui fait cesser la franchise à la date même du dépassement. Dans les deux cas, le retard de mise en conformité génère des pénalités et des intérêts de retard.
5. Rester en micro-BNC alors que la déclaration contrôlée serait plus avantageuse Si vos charges dépassent 34 % de vos recettes, vous payez plus d'impôt que nécessaire. Faites le calcul avant chaque campagne déclarative.
Faire le bon choix dès le départ#
Le régime spécial BNC n'est ni bon ni mauvais en soi. Il est optimal dans certaines situations et contre-productif dans d'autres. La seule façon de trancher est de comparer concrètement vos deux options avec vos propres chiffres.
Si vous créez votre activité libérale ou que vous vous interrogez sur la pertinence de votre régime actuel, nous pouvons établir une simulation précise :
- comparaison micro-BNC vs déclaration contrôlée sur votre situation ;
- estimation de votre charge fiscale et sociale ;
- analyse de votre situation TVA et de son évolution prévisible ;
- recommandation personnalisée avec chiffrage à l'appui.
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Conclusion#
Le régime spécial BNC reste très efficace en 2026 pour démarrer une activité libérale rapidement et alléger les formalités administratives. Son abattement forfaitaire de 34 % et sa simplicité déclarative en font un choix pertinent pour de nombreux indépendants. Mais il n'est optimal que si vos charges réelles restent inférieures à l'abattement de 34 % et si votre organisation fiscale est suivie avec rigueur.
N'oubliez pas que le choix du régime fiscal n'est pas définitif. Vous pouvez toujours opter pour la déclaration contrôlée si votre situation évolue. L'essentiel est de faire ce choix en connaissance de cause, avec une vision claire de l'impact sur votre impôt, vos cotisations sociales et votre trésorerie.
(Sources officielles : articles 102 ter, 1647 D et 1729 B du CGI sur Légifrance, Entreprendre.Service-Public sur le régime fiscal de la micro-entreprise, les cotisations sociales du micro-entrepreneur, l'ACRE et la cotisation foncière des entreprises, impots.gouv.fr sur le versement libératoire, les conséquences du dépassement des seuils, le formulaire 2035-SD et la facturation électronique, BOFiP BOI-TVA-DECLA-40-10-10 sur la franchise en base, BOI-BNC-DECLA-10-10 sur le champ de la déclaration contrôlée et BOI-IF-AUT-10 sur la taxe pour frais de chambres)
Questions fréquentes
Quel est le seuil du régime spécial BNC en 2026 ?
Le seuil du régime spécial BNC est de 83 600 euros de recettes hors taxes. Il s'apprécie sur l'année civile précédente (2025) ou sur la pénultième année (2024), jamais sur l'année en cours, et il est ajusté au prorata du temps d'activité la première année. Un dépassement isolé n'entraîne pas de sortie immédiate : la perte du micro-BNC intervient au 1er janvier suivant deux années consécutives de dépassement, avec bascule en déclaration contrôlée.
Comment calculer l'abattement de 34 % en micro-BNC ?
L'abattement de 34 % s'applique directement sur vos recettes annuelles encaissées. Par exemple, pour 60 000 euros de recettes, l'abattement est de 20 400 euros (60 000 x 34 %). Votre bénéfice imposable s'élève alors à 39 600 euros. Cet abattement est forfaitaire : il ne dépend pas de vos dépenses réelles, même si elles sont inférieures ou supérieures à 34 %. Il ne peut jamais être inférieur à 305 euros (610 euros en cas d'activité mixte) et il est réputé couvrir les amortissements, si bien qu'aucune charge réelle ne se déduit en plus.
Peut-on cumuler micro-BNC et franchise en base de TVA ?
Oui, les deux dispositifs sont indépendants et cumulables. Le micro-BNC concerne l'impôt sur le revenu (seuil de 83 600 euros), tandis que la franchise en base de TVA concerne la TVA (seuil de base de 37 500 euros pour les prestations de services en 2026, seuil majoré de 41 250 euros). Vous pouvez donc être en micro-BNC tout en étant assujetti à la TVA si vos recettes dépassent 37 500 euros mais restent sous 83 600 euros.
Comment quitter le régime spécial BNC pour passer en déclaration contrôlée ?
Vous adressez à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) un écrit daté et signé, par simple courrier ou via la messagerie de votre espace professionnel impots.gouv.fr : le recommandé avec accusé de réception n'est pas exigé. L'option s'exerce dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration de résultats n° 2035-SD, et non avant le 1er février, délai issu d'une ancienne règle disparue de l'article 102 ter du CGI : faites confirmer par votre SIE la date limite applicable à votre situation. L'option est valable un an, reconduite tacitement chaque année civile, et vous pouvez y renoncer. Vous devrez alors tenir une comptabilité complète et produire la déclaration 2035 chaque année.
La CFE est-elle due en régime spécial BNC ?
Oui, la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est due par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée, y compris en micro-BNC. Vous êtes exonéré l'année de création, puis votre base d'imposition est réduite de moitié la deuxième année. Sans local dédié, vous relevez de la base minimum : de 250 à 1 194 euros pour des recettes allant jusqu'à 32 600 euros, montant fixé par le conseil municipal et à multiplier par le taux voté par votre commune. En deçà de 5 000 euros de recettes, la cotisation minimum n'est pas due.
Peut-on revenir au micro-BNC après avoir opté pour la déclaration contrôlée ?
Oui. L'option pour la déclaration contrôlée est valable un an et reconduite tacitement chaque année civile pour un an (article 102 ter, 5 du CGI). Vous pouvez donc y renoncer et revenir au régime micro-BNC, à condition d'en respecter les seuils, c'est-à-dire des recettes hors taxes de l'année civile précédente ou de la pénultième année n'excédant pas 83 600 euros. L'irrévocabilité de deux ans que l'on lit encore souvent est une règle abrogée. Tant que l'option produit ses effets, vous restez en revanche tenu de déposer la déclaration de résultats n° 2035-SD et ses annexes.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Service-Public - Régime fiscal de la micro-entreprise (F23267)
- Service-Public - Professions libérales réglementées et non réglementées (F23458)
- Impots.gouv - Formulaire 2035-SD BNC
- Légifrance - Article 102 ter du CGI
- Service-Public - Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur (taux 2026)
- Service-Public - Cotisation foncière des entreprises (CFE)
- Service-Public - Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (ACRE)
- Légifrance - Article 1647 D du CGI (base minimum de CFE)
- Légifrance - Article 1729 B du CGI (amendes pour documents non produits)
- BOFiP BOI-TVA-DECLA-40-10-10 - Franchise en base de TVA, seuils et sortie
- BOFiP BOI-BNC-DECLA-10-10 - Champ d'application de la déclaration contrôlée
- BOFiP BOI-IF-AUT-10 - Taxe pour frais de chambres de commerce et d'industrie
- Impots.gouv - Conditions du versement libératoire de l'impôt sur le revenu
- Impots.gouv - Conséquences du dépassement des seuils du régime micro
- Impots.gouv - Je passe à la facturation électronique
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris : statut, INPI, fiscalité
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