Logiciel de facturation obligatoire en 2026 : ce que toutes les entreprises doivent savoir
E-invoicing, plateforme agréée, Factur-X : la facturation électronique devient obligatoire en France. Réception pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026, émission des PME et TPE au 1er septembre 2027. Calendrier, formats, choix de solution et erreurs à éviter.
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Transformation digitale finance PME, méthode et coûts 2026Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : Sage 100, Cegid ou Pennylane, lequel est le plus conforme pour la facturation électronique 2026 ?#
Pour la facturation électronique 2026, les trois se valent : Pennylane, Cegid et Sage figurent sur la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFiP, immatriculations délivrées les 11, 18 et 22 décembre 2025. L'agrément ne les départage pas. Le choix se joue sur l'intégration comptable, la couverture de l'e-reporting, le profil Factur-X EN16931 et le coût.
Au 1er septembre 2026, la France franchit un cap décisif : toute entreprise assujettie à la TVA devra être capable de recevoir des factures électroniques structurées. Les grandes entreprises et les ETI basculent exactement à la même date, avec en plus l'obligation d'émettre leurs factures par l'intermédiaire d'une plateforme agréée : rien n'est en vigueur avant le 1er septembre 2026. Pour les TPE, PME, SASU et artisans, le compte à rebours est lancé.
La réforme de la facturation électronique, inscrite à l'article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 (loi de finances pour 2024) et pilotée par la DGFiP, redessine en profondeur les pratiques de facturation interentreprises en France. Voici tout ce que vous devez savoir pour choisir votre logiciel, intégrer le bon format et éviter les erreurs les plus courantes.
Pourquoi un logiciel de facturation devient obligatoire en 2026 ?#
La France s'aligne sur le mouvement européen de l'e-invoicing, engagé avant elle en Italie et en Allemagne. L'objectif de la DGFiP est triple : lutter contre la fraude à la TVA, simplifier les obligations déclaratives des entreprises, et moderniser les échanges commerciaux B2B.
La réforme repose sur deux piliers complémentaires :
- L'e-invoicing : l'obligation d'émettre et de recevoir des factures dans un format électronique structuré (pas un simple PDF) pour toutes les transactions B2B domestiques en France.
- L'e-reporting : la transmission automatique à l'administration fiscale de données de transaction pour les opérations non couvertes par l'e-invoicing, notamment les ventes B2C et les transactions internationales.
Ces deux obligations transitent par une plateforme agréée (PA, anciennement plateforme de dématérialisation partenaire ou PDP), c'est-à-dire un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État. La DGFiP le rappelle sans ambiguïté : l'article 289 bis du CGI prévoit que l'émission, la transmission et la réception des factures électroniques s'effectuent en recourant à une plateforme agréée. Le portail public de facturation, lui, n'achemine aucune facture : ce que l'État met à disposition, c'est l'annuaire, qui a pour objet de permettre l'adressage des factures électroniques vers la plateforme de réception du destinataire. Et il ne faut pas le confondre avec Chorus Pro, qui existe toujours et reste la plateforme de la sphère publique.
Cadre légal : le calendrier est fixé par l'article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024. Les textes de référence sont l'article 289 bis du CGI, qui pose le principe du recours à une plateforme agréée, les articles 290 et 290 A pour l'e-reporting, et les articles 242 nonies M à 242 nonies P de l'annexe II au CGI. Le mot officiel est immatriculation : une plateforme agréée est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État.
Le calendrier de déploiement : qui est concerné et quand ?#
Le déploiement se fait par vagues selon la taille des entreprises. Voici le calendrier officiel arrêté par la DGFiP :
1er septembre 2026 : obligation de réception pour toutes les entreprises
Toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception (y compris les TPE, les SASU unipersonnelles et les artisans), doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques structurées. La réception passe obligatoirement par une plateforme agréée : il faut donc en avoir désigné une avant cette date. La règle est si large qu'elle attrape même les assujettis qui ne réalisent que des opérations hors du champ du dispositif. La DGFiP prend l'exemple du médecin généraliste ou de l'ostéopathe : il devra avoir choisi une plateforme agréée dès le 1er septembre 2026, ne serait-ce que pour recevoir les factures de ses fournisseurs d'énergie ou d'accès internet.
1er septembre 2026 : obligation d'émission pour les grandes entreprises et ETI
Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent également commencer à émettre leurs factures au format électronique structuré dès cette échéance, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. La taille s'apprécie selon les critères définis à l'article 51 de la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie et dans son décret d'application n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 : une ETI est une entreprise qui n'appartient pas à la catégorie des PME, dont l'effectif est inférieur à 5 000 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 1 500 millions d'euros ou le total de bilan 2 000 millions d'euros ; une grande entreprise est celle qui ne peut être classée dans aucune des catégories précédentes, c'est-à-dire dont l'effectif dépasse 5 000 personnes, ou dont l'effectif reste inférieur à ce seuil mais dont le chiffre d'affaires annuel excède 1 500 millions d'euros et le total de bilan 2 000 millions d'euros. Le seul critère du chiffre d'affaires ne suffit donc jamais à classer une entreprise.
1er septembre 2027 : obligation d'émission pour les PME et TPE
Les petites et moyennes entreprises ainsi que les très petites entreprises ont une année supplémentaire pour se mettre en conformité côté émission. À partir du 1er septembre 2027, toute facture B2B émise devra transiter par une plateforme agréée, dans un format structuré. Le portail public de facturation n'est pas une voie d'acheminement.
Ce que cela signifie concrètement : une SASU de conseil, un artisan du bâtiment ou une PME industrielle doit dès maintenant anticiper le changement. Leur échéance n'est pas 2027 : sans plateforme agréée désignée pour la réception au 1er septembre 2026, elles sont en défaut, quelle que soit leur taille. 2027 ne repousse que l'émission et l'e-reporting des PME, TPE et microentreprises.
Que faire concrètement avant le 1er septembre 2026 ?#
Une seule action est réellement bloquante : désigner une plateforme agréée pour la réception de vos factures. La DGFiP est directive sur ce point : « L'entreprise qui n'a pas encore désigné de plateforme doit donc engager cette démarche sans attendre, directement auprès d'une plateforme agréée ou par l'intermédiaire de sa solution habituelle : logiciel de gestion, logiciel de comptabilité, expert-comptable, banque ou autre prestataire. » Tout le reste, le choix de l'outil d'émission, le paramétrage, la formation, se règle après.
Que risque une entreprise qui n'a désigné aucune plateforme agréée ?+
L'obligation de recourir à une plateforme agréée en réception est assortie d'une mise en demeure préalable : le texte prévoit un délai de trois mois pour se conformer avant toute application de l'amende. Une amende de 500 € est prévue trois mois après l'envoi d'une mise en demeure restée sans effet et, en cas de persistance, le montant est porté à 1 000 € après chaque nouvelle période de trois mois (CGI art. 1737, IV bis).
Y a-t-il une tolérance au démarrage ?+
Oui, et elle est écrite : « pendant la phase de démarrage, il n'y aura pas d'application des sanctions aux entreprises rencontrant des difficultés dans la mise en œuvre de la réforme mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité ». L'administration précise aussitôt que « cette approche ne constitue ni un report ni une suspension de l'obligation », et qu'elle distingue ces situations de celles relevant « d'une inertie, d'un évitement ou d'un refus durable d'entrer dans le dispositif ». Autrement dit, être en cours de raccordement protège ; ne rien faire ne protège pas.
Une facture reçue par mail ou en papier après le 1er septembre 2026 est-elle encore payable et déductible ?+
Oui. « Une facture reçue par mail, PDF ou papier ne doit pas être écartée au seul motif qu'elle n'a pas été transmise par le circuit électronique attendu, lorsqu'elle correspond à une opération réelle et comporte les éléments nécessaires à son traitement », indique la DGFiP, qui ajoute que « le seul fait qu'une facture ne soit pas transmise par le circuit électronique attendu ne prive pas automatiquement l'entreprise de son droit à déduction ». Le réflexe correct est donc de payer et de comptabiliser normalement, puis d'inviter le fournisseur soumis à l'obligation d'émission à régulariser la même facture par le circuit électronique. Attention : cette continuité n'est pas une dispense d'appliquer la réforme.
Un mot enfin sur l'annuaire, absent de la plupart des articles alors qu'il commande tout l'adressage : il a pour objet de permettre l'adressage des factures électroniques vers la plateforme de réception du destinataire, il est mis à disposition des plateformes agréées et recense les informations nécessaires à cet adressage. C'est lui qui explique pourquoi la désignation d'une plateforme est le geste bloquant : sans elle, vos fournisseurs ne savent tout simplement pas où adresser leurs factures.
Les formats requis : Factur-X, UBL, CII#
La réforme n'accepte pas n'importe quel fichier numérique. Les plateformes agréées proposent un socle minimal de formats commun à l'ensemble d'entre elles, qui garantit l'interopérabilité des échanges. Trois familles composent ce socle :
Factur-X (hybride PDF/XML)#
Factur-X est le format franco-allemand de référence. Il combine un fichier PDF lisible par l'humain et un fichier XML lisible par la machine, embarqué dans le PDF. C'est le format privilégié pour les PME françaises car il concilie lisibilité et conformité réglementaire.
Attention au profil, car deux fichiers Factur-X ne portent pas les mêmes données. La spécification en compte cinq, du plus pauvre au plus riche : Minimum, Basic WL, Basic, EN16931 et Extended. EN16931 est le profil européen de référence, celui qui porte les données attendues par la norme européenne. Un éditeur qui promet « du Factur-X » sans nommer le profil qu'il émet ne vous dit donc pas grand-chose : demandez-lui le profil, pas seulement le format.
UBL (Universal Business Language)#
Le format UBL est un standard XML international, développé par OASIS. Il est largement utilisé en Europe du Nord et dans les échanges internationaux. Certains éditeurs de logiciels de gestion, notamment dans le secteur du négoce ou pour les marchés publics, le proposent nativement.
CII (Cross Industry Invoice)#
Le format CII (UN/CEFACT Cross Industry Invoice) est un autre standard XML utilisé principalement dans les contextes industriels et les flux EDI existants. Il est techniquement interopérable avec Factur-X.
Conseil pratique : pour une TPE ou une PME qui part de zéro, Factur-X au profil EN16931 est le point d'entrée le plus adapté : il porte les données de la norme européenne de référence et sa couche PDF reste lisible à l'œil nu. Exigez de votre éditeur qu'il nomme le profil, pas seulement le format.
Comment choisir sa plateforme agréée (PA, anciennement PDP) ?#
La plateforme agréée est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l'État. Elle émet, transmet et reçoit les factures au format électronique, en extrait les données utiles à l'administration, et achemine les données de transaction et de paiement de l'e-reporting. C'est le seul canal légal : il n'existe plus d'alternative publique d'échange de factures entre entreprises privées. Choisir sa plateforme agréée est donc une décision structurante, et non un simple achat de logiciel.
Les critères essentiels de sélection#
Immatriculation DGFiP confirmée
C'est le critère non négociable. Seules les plateformes immatriculées par l'État peuvent légalement acheminer vos factures. L'objet à consulter s'appelle la liste des plateformes agréées, publiée sur impots.gouv.fr en deux volets : les opérateurs qui satisfont à l'ensemble des conditions, tests d'interopérabilité en conditions réelles compris, et ceux qui ont déposé un dossier complet et attendent leur immatriculation définitive. La liste dépasse la centaine d'opérateurs et bouge encore : c'est elle qui fait foi, pas la page commerciale de l'éditeur.
Compatibilité avec votre logiciel existant
Votre plateforme doit s'intégrer nativement ou via API avec votre outil de facturation actuel. Une intégration mal conçue génère des doubles saisies et des risques d'erreur. Deux qualifications coexistent, et il faut savoir laquelle porte votre prestataire : plateforme agréée (opérateur immatriculé par l'État) ou solution compatible, qui suppose deux conditions cumulées, des fonctionnalités compatibles avec les attendus de la réforme et une connexion à au moins une plateforme agréée. Un logiciel de facturation peut parfaitement être une solution compatible sans être lui-même agréé.
Gestion de l'e-reporting
Certaines entreprises oublient que l'obligation ne se limite pas aux factures B2B. Si vous avez des clients particuliers (B2C) ou des transactions internationales, votre plateforme doit aussi porter l'e-reporting, qui couvre des données de transaction et, dans certains cas, des données de paiement (CGI art. 290 et 290 A, annexe II art. 242 nonies M à 242 nonies P). Son calendrier est le même que celui de la facturation électronique : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, 1er septembre 2027 pour les PME et les microentreprises.
Support et accompagnement
La transition génère inévitablement des questions opérationnelles. Privilégiez une plateforme qui offre un support réactif, une documentation claire et un accompagnement au raccordement. Bon à savoir : le choix est totalement libre et il se découple. Une entreprise peut retenir une plateforme pour l'émission, une autre pour la réception, une troisième pour l'e-reporting, et un fournisseur ne peut pas lui imposer un format d'échange.
Existe-t-il encore une option publique gratuite ?#
Non, et c'est le point sur lequel la plupart des articles sont en retard. Il n'existe plus d'option publique d'échange de factures entre entreprises privées, gratuite ou non. Ce que l'État met à disposition, c'est l'annuaire : il a pour objet de permettre l'adressage des factures électroniques vers la plateforme de réception du destinataire, il est mis à disposition des plateformes agréées et recense les informations nécessaires à cet adressage. L'acheminement des factures, lui, passe par une plateforme agréée, et par elle seule.
La DGFiP le dit sans détour : une entreprise qui n'a pas encore désigné de plateforme doit engager cette démarche sans attendre, directement auprès d'une plateforme agréée ou par l'intermédiaire de sa solution habituelle, c'est-à-dire son logiciel de gestion, son logiciel de comptabilité, son expert-comptable, sa banque ou un autre prestataire. Les plateformes agréées sont des opérateurs privés, immatriculés par l'État après examen de leur conformité fiscale, de la sécurité de leurs infrastructures et de leur interopérabilité technique. La vraie question n'est donc plus « public ou privé », elle est « laquelle ».
Comparatif 2026 : le statut réglementaire de Pennylane, Sage et Cegid#
Première chose à savoir avant de comparer les fonctionnalités : Pennylane, Cegid et Sage figurent toutes les trois sur la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFiP. Sur le critère réglementaire, aucune n'est « plus conforme » qu'une autre. Chorus Pro figure dans le tableau ci-dessous pour lever la confusion la plus fréquente, mais ce n'est pas une solution de conformité entre entreprises : c'est le portail de la sphère publique, traité à part plus bas.
| Solution | Statut réglementaire | Immatriculation délivrée | Profil type |
|---|---|---|---|
| Pennylane | Plateforme agréée | 11/12/2025 | Startups, SASU et PME suivies par un cabinet |
| Cegid | Plateforme agréée | 18/12/2025 | Clients de cabinets d'expertise comptable |
| Sage | Plateforme agréée | 22/12/2025 | Base installée TPE et PME |
| Qonto | Plateforme agréée | 18/12/2025 | Indépendants et petites structures |
| Axonaut | Plateforme agréée | 08/01/2026 | TPE et PME polyvalentes |
| Indy | Plateforme agréée | 09/01/2026 | Indépendants et professions libérales |
| Chorus Pro | Portail de la sphère publique | Sans objet en B2B | Fournisseurs du secteur public |
Les dates ci-dessus sont celles de délivrance du numéro d'immatriculation, telles qu'elles figurent sur la liste officielle. Elles se vérifient en une minute sur impots.gouv.fr, et cette vérification prime sur toute promesse commerciale.
Pennylane#
Pennylane est la solution française de référence pour les startups, SASU et PME en croissance. Elle intègre nativement la comptabilité, la facturation et le pilotage financier. Pennylane n'est pas partenaire d'une plateforme agréée : elle en est une, avec une immatriculation délivrée le 11 décembre 2025, et elle prend en charge le format Factur-X. Son point fort : la collaboration en temps réel avec l'expert-comptable. Son point de vigilance : le coût mensuel, qui peut dépasser les besoins d'une micro-entreprise.
Sage#
Sage (notamment Sage 50cloud et Sage 100) est un acteur historique avec une forte base installée chez les TPE et PME françaises. Sage est inscrite sur la liste des plateformes agréées, immatriculation délivrée le 22 décembre 2025. Une réserve utile : l'immatriculation vise l'éditeur en tant que plateforme, pas chaque version installée chez le client. Vérifier la version utilisée et son raccordement reste donc indispensable avant le 1er septembre 2026.
Cegid#
Cegid (Cegid Loop, Cegid Quadra) s'adresse principalement aux cabinets d'expertise comptable et à leurs clients. Cegid est inscrite sur la liste des plateformes agréées, immatriculation délivrée le 18 décembre 2025. Adapté aux structures qui travaillent en lien étroit avec leur expert-comptable.
Chorus Pro : le cas particulier du secteur public#
Chorus Pro n'est pas une solution de conformité entre entreprises et ne remplace pas une plateforme agréée. C'est le portail de facturation de la sphère publique : il reste la plateforme de réception des factures adressées aux entités publiques et devient la plateforme d'émission des factures des entités publiques assujetties. Si vous facturez des collectivités ou des hôpitaux, deux modalités coexistent : passer par une plateforme agréée raccordée à Chorus Pro, ou continuer d'utiliser les formats actuels de Chorus Pro pour vos seules opérations à destination de la sphère publique. Cette seconde modalité a vocation à être provisoire, le 1er septembre 2027 au plus tard. Dans tous les cas, elle ne dispense pas de désigner une plateforme agréée pour les factures entre entreprises.
Autres solutions à considérer#
Qonto (immatriculation délivrée le 18 décembre 2025), Axonaut (8 janvier 2026) et Indy (9 janvier 2026) sont elles aussi des plateformes agréées, aux côtés de solutions sectorielles pour le BTP, la santé ou le commerce. La bonne question à poser à un éditeur n'est plus « quand serez-vous prêt ? » mais « êtes-vous plateforme agréée, ou solution compatible raccordée à au moins une plateforme agréée, et laquelle ? ».
Les erreurs à éviter lors de la transition#
La réforme de la facturation électronique est techniquement accessible, mais les erreurs de préparation peuvent coûter cher. Voici les erreurs de préparation les plus courantes.
Erreur 1 : attendre la dernière minute#
La migration vers un nouveau logiciel ou l'activation des modules e-invoicing prend du temps : paramétrage, formation des équipes, tests avec les premiers clients ou fournisseurs. L'erreur, à ce stade, est de continuer à comparer dix solutions au lieu de désigner d'abord une plateforme agréée pour la réception, quitte à affiner l'outillage ensuite.
Erreur 2 : confondre PDF et facture électronique#
« Il est rappelé qu'un PDF simple envoyé par voie électronique n'est pas une facture électronique au sens du dispositif », écrit la DGFiP. La facture doit être dans un format structuré et lisible par machine (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une plateforme agréée, jamais par le portail public. Cette confusion est extrêmement fréquente, y compris chez des dirigeants bien informés.
Erreur 3 : négliger l'e-reporting#
Beaucoup d'entreprises se concentrent sur l'e-invoicing B2B et oublient l'e-reporting. Si votre activité inclut des ventes à des particuliers ou à des clients étrangers, vous avez aussi une obligation de transmission de données à la DGFiP. Un logiciel qui gère l'e-invoicing mais pas l'e-reporting ne couvre qu'une partie de vos obligations.
Erreur 4 : choisir une solution qui n'est raccordée à aucune plateforme agréée#
Certains éditeurs communiquent sur leur "conformité" sans être ni plateforme agréée, ni solution compatible raccordée à une plateforme agréée. Vérifiez le nom exact de votre prestataire sur la liste officielle des plateformes agréées publiée sur impots.gouv.fr, et demandez-lui par écrit à quelle plateforme agréée il est raccordé.
Erreur 5 : isoler la décision du service comptable#
Le choix du logiciel de facturation impacte directement la comptabilité, la TVA et le pilotage financier. Impliquer l'expert-comptable dès le début du processus de sélection permet d'éviter des incompatibilités coûteuses à corriger après coup.
L'échéance qui engage toutes les entreprises est le 1er septembre 2026#
La réforme de la facturation électronique obligatoire en France n'est pas une contrainte administrative de plus. C'est une opportunité de moderniser vos processus de facturation, de réduire les délais de paiement et de fiabiliser vos données comptables.
Mais elle impose une préparation sérieuse. Entre le choix du logiciel, la désignation d'une plateforme agréée, la formation des équipes et les tests en conditions réelles, il faut compter plusieurs mois. Et l'échéance qui engage toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, est le 1er septembre 2026 : réception généralisée, émission des grandes entreprises et des ETI, e-reporting des mêmes. 2027 ne concerne que l'émission et l'e-reporting des PME, TPE et microentreprises.
Vous êtes TPE, PME, SASU ou artisan et vous ne savez pas par où commencer ?
Questions fréquentes
Quand la facturation électronique devient-elle obligatoire pour les PME ?+
Les PME doivent pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, ce qui suppose d'avoir désigné une plateforme agréée avant cette date. L'obligation d'émettre au format électronique structuré, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée, s'applique à partir du 1er septembre 2027 pour les PME, les TPE et les microentreprises.
Quel logiciel de facturation choisir pour être conforme en 2026 ?+
Choisissez un logiciel qui produit un format structuré du socle (Factur-X, CII ou UBL), idéalement au profil EN16931, et qui est soit lui-même plateforme agréée, soit une solution compatible raccordée à au moins une plateforme agréée. Pennylane, Cegid et Sage figurent toutes les trois sur la liste officielle des plateformes agréées, avec une immatriculation délivrée respectivement les 11, 18 et 22 décembre 2025 : sur le plan réglementaire, elles se valent. Chorus Pro n'est pas une option de conformité entre entreprises, c'est le portail de la sphère publique. Impliquez votre expert-comptable dans la décision.
Qu'est-ce que l'e-reporting et est-ce différent de l'e-invoicing ?+
L'e-invoicing concerne l'émission et la réception de factures électroniques structurées entre entreprises assujetties à la TVA. L'e-reporting est la transmission à l'administration de données de transaction et, dans certains cas, de données de paiement, pour les opérations non couvertes : ventes B2C, opérations internationales. Les deux obligations passent par une plateforme agréée et suivent le même calendrier.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
Ce sujet relève de notre mission Transformation digitale finance PME, méthode et coûts 2026
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