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Immobilier 18 min

TVA immobilière : quand et comment la récupérer en 2026 ?

Expert-comptable certifié Revu par Samuel HAYOT Mis à jour :

Réponse rapide#

La TVA immobilière n'est récupérable que si trois conditions sont réunies en même temps : vous êtes assujetti agissant en tant que tel, la dépense immobilière est affectée à des opérations elles-mêmes soumises à TVA ou ouvrant droit à déduction, et la documentation fiscale et contractuelle est propre dès le départ. En pratique, cela signifie qu'un local commercial loué avec option à la TVA, un immeuble affecté à une activité taxée ou un immeuble destiné à une revente taxable peuvent ouvrir un droit à déduction. À l'inverse, une location nue à usage d'habitation, une activité exonérée sans droit à déduction ou une option mal formalisée ferment le sujet.

Le vrai danger n'est pas seulement de rater une déduction. C'est aussi de déduire trop tôt ou sur une mauvaise base, puis de subir une régularisation sur plusieurs exercices, parfois au moment de la revente ou d'un changement d'affectation. En immobilier, la TVA ne se pilote pas au seul niveau de la facture : elle se pilote au niveau du montage, du bail, de la destination de l'immeuble, du secteur d'activité et de la stratégie de sortie.

Ce guide vous donne la méthode 2026 pour répondre à la bonne question : dans votre situation précise, la TVA est-elle récupérable, partiellement récupérable, ou totalement perdue ?

Ce qu'on appelle exactement TVA immobilière#

Le terme "TVA immobilière" recouvre en réalité plusieurs situations très différentes :

  • la TVA sur l'acquisition d'un immeuble ou d'un local ;
  • la TVA sur les travaux, honoraires, diagnostics, architecte, maîtrise d'œuvre et frais techniques ;
  • la TVA sur des loyers si le bailleur a opté pour la taxation ou si la location est taxable de plein droit ;
  • la TVA sur une cession d'immeuble ;
  • la TVA grevant des frais liés à une revente, à une opération de marchand de biens ou à un changement d'affectation.

Le mot clé n'est donc pas "immobilier". Le mot clé est affectation. Deux immeubles voisins achetés le même jour peuvent avoir un traitement radicalement différent :

SituationTVA sur achat/travauxCommentaire
Appartement loué nu à usage d'habitationNon récupérableActivité exonérée de TVA, sans option possible sur l'habitation nue
Local commercial loué nu avec option régulière à la TVARécupérable sous conditionsIl faut une option valide et une affectation réelle à l'activité visée
Local professionnel meublé ou équipé de façon assimilable à une location aménagéeSouvent taxable de plein droitÀ vérifier selon la réalité du mobilier et des prestations
Immeuble utilisé pour une activité de marchand de biensRécupérable selon le régime de l'opérationAttention au lien direct avec l'opération taxée et à la date d'achèvement
Immeuble utilisé par une activité médicale exonéréeSouvent non récupérableLa présence d'une activité économique ne suffit pas, il faut un droit à déduction

Autrement dit, le bien ne fait pas le droit à déduction à lui seul. Ce sont la nature des opérations réalisées grâce à lui et la qualité de votre structuration fiscale qui décident.

Les 4 questions à se poser avant toute déduction#

1. Qui supporte juridiquement la TVA ?#

La facture doit être établie au nom de la bonne entité. Ce point semble basique, mais il crée des erreurs fréquentes :

  • travaux facturés au nom du dirigeant alors que l'immeuble est exploité par une SCI ;
  • frais de notaire ou d'intermédiaire pris en charge par une holding qui n'est pas partie à l'acte ;
  • travaux financés par un associé alors que la déduction est attendue dans une autre structure.

Si la facture n'est pas émise au bon nom, avec une affectation cohérente et documentée, la déduction devient fragile. En immobilier, la fluidité pratique entre compte personnel, SCI, holding et société d'exploitation est souvent l'ennemi numéro un du dossier.

2. Quelle est la destination exacte du bien ?#

La question n'est pas "est-ce un bien immobilier ?". La vraie question est :

  • habitation ou usage professionnel ;
  • location nue ou location aménagée / taxable ;
  • immobilisation ou stock ;
  • conservation ou revente ;
  • usage exclusivement taxable, exclusivement exonéré ou mixte.

Un local de bureaux donné à bail à une entreprise n'est pas traité comme un appartement loué à un particulier. Un immeuble conservé pour percevoir des loyers n'est pas piloté comme un immeuble acquis pour être revendu. Une clinique, une pharmacie, une société de coworking ou un marchand de biens n'ont pas la même exposition TVA, même si tous parlent d'immobilier.

3. L'opération finale ouvre-t-elle droit à déduction ?#

Le principe de l'article 271 du CGI est simple dans sa logique : la TVA grevant une dépense est déductible si cette dépense est utilisée pour des opérations taxées ou ouvrant droit à déduction.

En pratique :

  • si vous encaissez des loyers exonérés sans option valide, la déduction est en principe bloquée ;
  • si vous facturez des loyers soumis à TVA ou vendez un immeuble dans un schéma taxable, la déduction peut exister ;
  • si vous exercez des activités mixtes, il faut raisonner en secteurs distincts, en affectation et parfois en déduction partielle.

4. Quelle est votre stratégie de sortie ?#

La TVA immobilière se juge sur la durée. Une déduction apparemment logique aujourd'hui peut devenir coûteuse demain si :

  • vous revendez l'immeuble en exonération ;
  • vous basculez d'un usage professionnel à un usage d'habitation ;
  • vous arrêtez une option TVA sur les loyers ;
  • vous transférez le bien à une structure qui n'a pas le même droit à déduction.

C'est la raison pour laquelle la période de régularisation de vingt ans sur les immeubles doit être pensée dès l'acquisition.

Les cas dans lesquels la TVA immobilière est en principe récupérable#

Achat ou construction d'un local affecté à une activité soumise à TVA#

Le cas le plus lisible est celui d'une société qui acquiert ou fait construire un local pour y exercer une activité elle-même taxable : commerce, bureaux, entrepôt logistique, activité de coworking, location équipée taxable, etc.

Dans ce schéma :

  • la TVA sur le prix ou sur les travaux peut être déductible si le local sert à l'activité taxée ;
  • les honoraires directement liés à l'opération suivent le même régime ;
  • l'entreprise doit être en mesure de prouver l'affectation réelle du bien à cette activité.

Exemple concret : une SAS achète un plateau de bureaux neuf 600 000 euros HT, TVA 120 000 euros, pour son activité de conseil taxable. Si le local est intégralement affecté à cette activité, la TVA est en principe récupérable. En revanche, si une partie est transformée en logement du dirigeant ou utilisée pour une activité exonérée, la déduction doit être corrigée.

Location nue de locaux professionnels avec option régulière à la TVA#

C'est le cas qui revient le plus souvent chez les investisseurs et les SCI.

Par principe, la location de locaux nus est exonérée. Mais le 2 du 2° de l'article 260 du CGI permet d'opter pour la TVA sur les loyers sous conditions. La doctrine BOFiP rappelle plusieurs points clefs :

  • l'option doit être expresse ;
  • elle se raisonne immeuble par immeuble ou ensemble d'immeubles ;
  • elle ne résulte pas du seul fait d'avoir facturé de la TVA ;
  • elle n'est pas possible pour les locaux destinés à l'habitation.

L'intérêt concret de cette option est majeur : elle permet souvent de récupérer la TVA sur les travaux, voire sur l'acquisition ou certains frais, à condition que le local soit réellement affecté à une location professionnelle entrant dans le champ.

Exemple concret : une SCI achète un local commercial ancien, engage 180 000 euros HT de travaux avec 36 000 euros de TVA, puis donne à bail le local à une société de restauration. Si l'option à la TVA est correctement exercée et que les loyers sont soumis à TVA, la TVA sur les travaux devient en principe récupérable. Si la SCI omet l'option ou si le bail est rédigé de façon incohérente, la TVA peut être perdue.

Cession d'immeuble taxable ou opération de marchand de biens#

Pour un marchand de biens ou un opérateur immobilier, la question est plus technique, mais le principe reste le même : il faut que les dépenses entretiennent un lien direct et immédiat avec une opération taxable.

Le rescrit BOFiP du 10 décembre 2025 est particulièrement utile pour les immeubles achevés depuis plus de cinq ans, inscrits en stock, puis utilisés temporairement dans une activité de location taxable avant revente. Il confirme notamment :

  • que l'assimilation à une immobilisation peut jouer dans certaines conditions ;
  • que la TVA sur des dépenses directement liées à la cession peut être déductible si la cession est elle-même soumise à TVA ;
  • qu'à défaut d'option, une vente exonérée ferme en principe le droit à déduction sur ces frais.

Pour les groupes immobiliers actifs, c'est un point très important : la TVA ne se perd pas seulement sur le gros œuvre. Elle peut se jouer aussi sur les frais de commercialisation, d'intermédiation, de travaux préalables à la vente et sur la transmission des droits à déduction.

Les cas dans lesquels la TVA n'est pas récupérable ou seulement partiellement#

Location nue à usage d'habitation#

C'est le cas le plus classique d'absence de déduction. Un appartement loué nu à usage d'habitation relève d'une activité exonérée sans droit à déduction. L'option de l'article 260 ne permet pas de contourner ce principe pour l'habitation nue.

Conséquence pratique :

  • TVA sur travaux : non récupérable ;
  • TVA sur honoraires : non récupérable ;
  • TVA sur acquisition : non récupérable quand elle existe.

Beaucoup d'investisseurs essaient de raisonner à partir de la forme sociale, par exemple "ma SCI est à l'IS donc je récupérerai la TVA". C'est faux. L'IS et la TVA sont deux sujets différents. Une SCI à l'IS peut amortir comptablement un immeuble sans avoir aucun droit à déduction de TVA.

Activités exonérées sans droit à déduction#

Certaines professions ou activités économiques sont exonérées de TVA sans ouvrir droit à déduction sur leurs dépenses immobilières. C'est un sujet fréquent pour :

  • certaines activités médicales ou paramédicales ;
  • certaines opérations financières ou d'assurance ;
  • certaines activités d'enseignement ou d'intérêt général.

L'erreur classique consiste à croire que le simple fait d'être "entreprise" suffit. Or, en TVA, il faut distinguer :

  • l'existence d'une activité économique ;
  • et l'existence d'un droit à déduction.

Une clinique, un médecin, une structure de santé ou une activité partiellement exonérée peuvent donc devoir sectoriser ou renoncer à tout ou partie de la déduction.

Affectation mixte ou immeuble partiellement couvert par l'option#

Le BOFiP sur l'option TVA des locations immobilières rappelle qu'en cas d'immeuble comprenant à la fois des locaux couverts par l'option et d'autres qui ne le sont pas, la déduction ne suit pas automatiquement 100 % du prix. Elle peut devoir être limitée à la surface effectivement couverte par l'option ou à la partie réellement affectée à l'activité taxée.

Exemple : un immeuble mixte comprend :

  • un rez-de-chaussée commercial loué avec option TVA ;
  • deux étages d'habitation loués nus ;
  • une partie vacante non encore louée.

Dans un tel dossier, déduire toute la TVA comme si l'ensemble était taxable serait une erreur majeure. Il faut raisonner par immeuble, par affectation et, si besoin, par secteur distinct d'activité.

Comment exercer correctement l'option à la TVA sur les loyers#

L'option doit être explicite#

Le BOFiP est clair : l'option doit faire l'objet d'une déclaration expresse à l'administration. Une simple facturation avec TVA ne suffit pas. Le Conseil d'État a déjà jugé que le fait d'avoir facturé et reversé la TVA ne suffit pas à créer le droit à déduction espéré si l'option n'a pas été valablement exercée.

En pratique, il faut :

  • identifier précisément l'immeuble ou l'ensemble d'immeubles concerné ;
  • adresser l'option au service des impôts compétent ;
  • veiller à la cohérence entre courrier d'option, bail, factures et déclarations de TVA.

L'option se pilote immeuble par immeuble#

Ce point est souvent mal compris. L'option ne vaut pas "pour toute la SCI" de façon abstraite. Elle se pilote immeuble par immeuble. Si vous détenez plusieurs actifs, il faut vérifier pour chacun :

  • le type de locataire ;
  • l'usage effectif ;
  • la part professionnelle ;
  • la date de prise d'effet ;
  • l'impact sur le droit à déduction.

Il faut penser au bail dès l'origine#

Lorsque le preneur n'est pas assujetti, le bail doit faire mention expresse de l'option du bailleur. Même lorsque le preneur est assujetti, un bail mal rédigé fragilise le dossier en cas de contrôle, surtout si l'activité du locataire évolue.

Notre recommandation pratique : avant la signature d'un bail important, valider ensemble :

Travaux, honoraires et frais annexes : ce qui se déduit vraiment#

Travaux lourds sur un local professionnel#

Si le local est affecté à une opération taxable, la TVA sur les travaux peut en principe être déductible. C'est souvent le principal enjeu financier.

Exemple chiffré : une SCI engage 300 000 euros HT de travaux de restructuration sur un local professionnel, soit 60 000 euros de TVA. Si le bien est ensuite loué avec option TVA régulière, l'enjeu de trésorerie n'est pas marginal : 60 000 euros de TVA récupérée peuvent financer une partie du fonds de roulement, du mobilier ou du coût des premiers mois d'exploitation.

Honoraires d'architecte, avocat, agent, AMO, bureau de contrôle#

Le raisonnement est le même, mais avec une vigilance supplémentaire sur le lien direct et immédiat avec l'opération taxable. Les honoraires de conception, de suivi de chantier, de commercialisation, de conseil sur une vente taxable ou d'intermédiation peuvent ouvrir droit à déduction s'ils se rattachent réellement à l'opération imposable.

En revanche, quand la sortie est exonérée ou quand l'affectation du bien devient non taxable, ces frais deviennent sensibles. Le rescrit du 10 décembre 2025 confirme d'ailleurs qu'en cas de cession d'un immeuble achevé depuis plus de cinq ans :

  • si la vente est taxable sur option, certains frais attachés à la cession peuvent ouvrir droit à déduction ;
  • si la vente reste exonérée, cette déduction n'est pas ouverte.

Crédit-bail immobilier et sous-location#

Le crédit-bail ajoute une couche technique, notamment sur l'exercice de l'option et sur le droit à déduction du crédit-preneur qui sous-loue. Le BOFiP rappelle qu'une sous-location assimilée à une location nue doit elle aussi être correctement traitée et ne peut pas faire naître un droit à déduction par simple réflexe comptable.

Ici, la bonne pratique n'est pas de "deviner". C'est de faire une note de position TVA avant de lancer les flux.

La régularisation sur vingt ans : le point que trop d'investisseurs ignorent#

Pourquoi la déduction n'est pas acquise une fois pour toutes#

Pour les immeubles immobilisés, la TVA initialement déduite peut être régularisée pendant vingt ans. La doctrine BOFiP rappelle que la régularisation annuelle se calcule par vingtièmes lorsque la différence de coefficient de déduction dépasse un dixième.

Cela signifie qu'un changement d'utilisation du bien peut obliger à rendre une partie de la TVA initialement déduite.

Les cas typiques de régularisation#

Vous êtes exposé à une régularisation si, pendant la période :

  • vous passez d'une location taxable à une location exonérée ;
  • vous affectez une partie du bien à l'habitation ;
  • vous cédez l'immeuble dans un régime exonéré alors que vous aviez déduit la TVA ;
  • vous changez d'activité ou de secteur de façon significative.

Exemple chiffré : une société a déduit 100 000 euros de TVA sur un immeuble en N. En N+6, elle cesse la location taxable et bascule le bien en activité exonérée. Il reste 14 années de période de régularisation. Selon les faits exacts, le reversement potentiel peut devenir très significatif. Ce n'est pas un simple détail déclaratif : c'est un sujet de prix de revient réel.

Le transfert du droit à déduction#

Dans certains cas, notamment lors de cessions entre assujettis, un mécanisme d'attestation permet au bénéficiaire de déduire une fraction de la TVA initialement grevant le bien. Le rescrit du 10 décembre 2025 le rappelle clairement pour certains immeubles achevés depuis plus de cinq ans.

Ce sujet est technique mais stratégique. Il peut faire varier :

  • la valorisation nette du bien ;
  • la structure du prix de cession ;
  • l'opportunité d'opter ou non à la TVA ;
  • le partage du risque fiscal entre vendeur et acheteur.

Trois cas pratiques que nous rencontrons souvent#

Cas 1 : SCI patrimoniale avec local commercial et appartement#

Une SCI détient un immeuble comprenant :

  • un local commercial loué à un boulanger ;
  • un appartement loué nu à un particulier ;
  • 120 000 euros de travaux HT, TVA 24 000 euros.

Si l'option TVA est exercée sur la partie commerciale seulement, la SCI ne peut pas récupérer automatiquement 24 000 euros. Il faut ventiler les travaux :

  • travaux spécifiquement liés au local commercial : déduction possible ;
  • travaux liés à l'appartement : pas de déduction ;
  • travaux communs : ventilation raisonnable et documentée.

Le bon dossier n'est pas celui qui déduit "au doigt mouillé". C'est celui qui peut expliquer sa clé de répartition le jour du contrôle.

Cas 2 : Marchand de biens sur immeuble ancien#

Un marchand de biens acquiert en 2026 un immeuble achevé depuis plus de cinq ans, le place temporairement en location taxable, puis le revend. Ici, tout se joue sur :

  • l'inscription en stock ou en immobilisation ;
  • la réalité de l'affectation locative ;
  • la durée d'utilisation ;
  • le régime TVA de la vente finale ;
  • l'opportunité d'une option sur la cession.

Le rescrit BOFiP 2025 a justement apporté des précisions importantes pour ce type de situation. C'est un dossier à sécuriser avant la vente, pas après.

Cas 3 : Profession libérale dans un immeuble mixte#

Un professionnel libéral achète un local avec :

  • une partie cabinet ;
  • une partie usage personnel ;
  • une activité elle-même en partie exonérée.

Ici, le risque n'est pas seulement de déduire trop. Le risque est de cumuler plusieurs causes de non-déduction : usage privé, activité exonérée, documentation insuffisante. Dans ce type de dossier, la bonne question n'est pas "puis-je récupérer la TVA ?". La bonne question est "quelle part est défendable et selon quelle méthode ?"

Les erreurs à éviter absolument#

1. Confondre IS et TVA#

Une SCI à l'IS n'a pas, par nature, un meilleur droit à déduction de TVA qu'une SCI à l'IR. L'IS joue sur le résultat imposable. La TVA joue sur la nature des opérations taxées.

2. Facturer de la TVA sans option valide#

C'est probablement l'erreur la plus coûteuse. Facturer la TVA ne remplace pas l'option. Vous pouvez vous retrouver à devoir reverser la TVA encaissée sans obtenir le droit à déduction espéré.

3. Oublier la logique d'ensemble du montage#

Holding, SCI, société d'exploitation, crédit-bail, bail commercial, revente à court terme : la TVA se pilote à l'échelle du montage global. Une décision isolée, prise au niveau de la SCI uniquement, peut être incohérente avec la stratégie de sortie.

4. Ne pas documenter les surfaces et les affectations#

Des plans, baux, clés de ventilation, factures affectées, tableaux de régularisation et notes internes sont indispensables. En immobilier, la charge de la preuve compte presque autant que la règle de fond.

5. Sous-estimer la revente#

Certaines déductions paraissent évidentes au moment de l'acquisition, puis se retournent au moment de la cession. Avant de déduire, il faut déjà savoir comment vous pensez revendre.

Quand consulter un expert-comptable ou un fiscaliste#

Vous avez intérêt à faire valider le dossier avant engagement des flux si :

  • l'immeuble est mixte (professionnel + habitation) ;
  • vous hésitez entre location exonérée, location taxable ou revente ;
  • vous êtes marchand de biens ou promoteur ;
  • vous êtes en secteur médical, patrimonial ou en activité partiellement exonérée ;
  • vous envisagez une cession d'immeuble achevé depuis plus de cinq ans ;
  • vous avez déjà déduit de la TVA sans être certain de la validité de l'option.

Une heure de revue du montage en amont coûte souvent beaucoup moins cher qu'une régularisation sur 14 ou 18 vingtièmes plus tard.

Checklist de sécurisation avant déduction#

Avant de récupérer la TVA immobilière, vérifiez systématiquement :

  1. L'entité qui porte l'actif est-elle la bonne ?
  2. Les factures sont-elles toutes établies au bon nom ?
  3. L'usage du bien est-il taxable, exonéré ou mixte ?
  4. Une option à la TVA est-elle nécessaire ?
  5. Cette option a-t-elle été exercée correctement ?
  6. Le bail est-il cohérent avec la position TVA retenue ?
  7. Le dossier prévoit-il une ventilation des surfaces ou des dépenses ?
  8. Avez-vous modélisé l'impact d'une revente ou d'un changement d'affectation ?
  9. Avez-vous ouvert un tableau de régularisation sur vingt ans ?
  10. Les flux entre SCI, holding et exploitation sont-ils documentés ?

Conclusion#

La TVA immobilière n'est pas un bonus automatique attaché à la pierre. C'est un droit conditionnel, souvent puissant, parfois partiel, et régulièrement mal sécurisé. Le levier peut être énorme sur un local commercial, des travaux lourds, une opération de marchand de biens ou une structuration avec loyers soumis à TVA. Mais il devient vite dangereux si l'option n'est pas formelle, si l'usage du bien change, ou si la sortie n'a pas été anticipée.

La bonne approche en 2026 consiste à raisonner dans cet ordre :

  1. usage réel du bien ;
  2. régime TVA de l'opération finale ;
  3. forme du bail et de l'option ;
  4. ventilation des dépenses ;
  5. scénario de revente et de régularisation.

Si vous faites cet exercice avant l'acquisition, la TVA devient un levier de cash et non une source de contentieux. Si vous le faites après coup, vous passez souvent du pilotage à la réparation.

Questions frequentes

Peut-on récupérer la TVA sur un appartement loué nu ?+

La location nue à usage d'habitation est exonérée de TVA et n'ouvre pas droit à déduction.

Une SCI à l'IS récupère-t-elle automatiquement la TVA ?+

Non. Le régime IS n'ouvre pas, à lui seul, un droit à déduction de TVA. Il faut des opérations taxées ou ouvrant droit à déduction.

Peut-on opter à la TVA sur un local commercial loué nu ?+

Oui, sous conditions. L'option doit être expresse, correctement formalisée, et ne vaut pas pour les locaux d'habitation.

Peut-on déduire la TVA sur des travaux avant la mise en location ?+

Souvent oui si l'affectation future à une activité taxable est suffisamment étayée. Mais il faut un dossier cohérent, surtout si le bien n'est pas encore intégralement loué.

Que se passe-t-il si je revends l'immeuble sans TVA après avoir déduit ?+

Une régularisation peut être due. Sur les immeubles immobilisés, la logique de régularisation sur vingt ans doit être analysée avant la cession.

La TVA sur les honoraires d'agence et d'avocat est-elle déductible ?+

Oui, si ces frais entretiennent un lien direct et immédiat avec une opération taxable ou ouvrant droit à déduction. Sinon, non.

Marchand de biens : la TVA est-elle toujours récupérable ?+

Non. Tout dépend du régime de la vente, de la qualification du bien, de son affectation, de la date d'achèvement et, dans certains cas, de l'option sur la cession.

Faut-il tenir un suivi séparé par immeuble ?+

Très souvent oui. Le BOFiP insiste sur les options et suivis par immeuble ou ensemble d'immeubles, ce qui est essentiel pour justifier les déductions et régularisations.

Une activité médicale peut-elle récupérer la TVA immobilière ?+

Cela dépend. Beaucoup d'activités de santé sont exonérées sans droit à déduction. Il faut analyser la nature exacte des recettes et, si besoin, la sectorisation.

Samuel HAYOT, expert-comptable inscrit à l'Ordre (OEC Paris-IDF)

Article rédigé par Samuel HAYOT

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.

Cabinet reglementeMis a jour 18 avril 20267 sources citees

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