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Secteur d'activité 17 min

Comptabilité dentiste : SELARL, SPFPL et contrat de collaboration

Expert-comptable certifié Revu par Samuel HAYOT Mis à jour :

Un cabinet dentaire concentre des enjeux comptables particuliers : honoraires de soins, investissements lourds, prothèses, consommables, assistants, collaboration libérale, CARCDSF, choix BNC ou SELARL, éventuelle SPFPL et préparation de transmission. Le dirigeant doit sécuriser la conformité sans perdre la lecture opérationnelle du cabinet.

Ce guide s'adresse aux chirurgiens-dentistes libéraux, jeunes installés, cabinets associés, repreneurs, praticiens en SELARL et dirigeants qui envisagent une SPFPL. Il complète notre page expert-comptable dentiste, notre article sur la réforme SELARL BNC, notre page gestion de patrimoine du dirigeant et le guide profession libérale.

Résumé exécutif#

La comptabilité d'un dentiste doit relier le mode d'exercice, les actes, les achats techniques, la paie, les investissements et la rémunération du praticien. Le risque n'est pas seulement fiscal. Il est aussi économique : un cabinet très équipé peut manquer de trésorerie si les remboursements, impayés, charges et financements ne sont pas pilotés.

SujetDécisionPoint de vigilance
StatutBNC, SELARL, associationNe pas surcomplexifier l'installation
SPFPLAcquisition ou transmissionRespect des règles professionnelles
CollaborationLibérale ou salariée selon réalitéÉviter la subordination déguisée
InvestissementsFauteuil, imagerie, logicielsFinancement, amortissements, cash
PilotageCA, prothèses, paie, impayésLire la marge par activité

Note de fraîcheur : à jour au 3 mai 2026. Les règles professionnelles, sociales et fiscales doivent être vérifiées auprès des sources ordinales, fiscales et sociales à la date de l'opération.

BNC, SELARL ou association : partir du projet médical#

Le BNC peut convenir à un praticien installé seul avec une organisation simple. La SELARL devient pertinente lorsque le cabinet s'associe, investit lourdement, prépare une transmission ou souhaite structurer une rémunération. L'association de moyens ou d'exercice doit être analysée selon la gouvernance réelle.

ProjetStructure à étudierPourquoi
Installation individuelleBNC ou société selon projectionSimplicité et trésorerie
Cabinet avec plusieurs fauteuilsSELARL possibleOrganisation et paie
Acquisition de patientèleSELARL et financementDette, amortissement, cash
Transmission progressiveSELARL ou SPFPL à étudierEntrée d'associé et parts
Groupe de cabinetsStructuration dédiéeGouvernance, dette, risques

Notre analyse d'expert-comptable : le statut doit servir le projet de soins et d'investissement. La SELARL n'est pas un objectif en soi. Elle devient utile si elle simplifie la gouvernance et la transmission.

SPFPL : levier de détention, pas montage automatique#

Une SPFPL peut aider à détenir des participations dans une SELARL, organiser une acquisition, préparer une transmission ou structurer un groupe professionnel. Elle doit respecter les règles propres aux professions de santé. Elle implique aussi des coûts, une dette éventuelle, une comptabilité et des conventions à suivre.

Ce que le dirigeant doit décider#

  1. Identifier l'objectif : achat, association, transmission ou groupe.
  2. Valider la compatibilité professionnelle et juridique.
  3. Construire un plan de financement prudent.
  4. Simuler la remontée de dividendes et le service de la dette.
  5. Documenter les conventions entre structures.

Le risque sous-estimé : créer une holding professionnelle sans capacité de remboursement. Une SPFPL utile doit reposer sur des flux réels et une trésorerie suffisante.

Contrat de collaboration : libéral ou salarié ?#

Le contrat de collaboration est fréquent dans les cabinets dentaires. Il doit refléter la réalité : autonomie du collaborateur, organisation, patientèle, rétrocession, responsabilités et moyens. Si les conditions ressemblent à un lien de subordination, le risque social et fiscal augmente.

Checklist de revue :

  • contrat écrit et à jour ;
  • conditions d'exercice et planning ;
  • modalités de rétrocession ;
  • accès au matériel et au personnel ;
  • responsabilité professionnelle ;
  • traitement des congés, absences et remplacements ;
  • cohérence entre contrat et facturation.

Voir notre article sur l'arrêt de travail du dentiste pour les impacts sociaux et prévoyance.

Investissements, prothèses et marge du cabinet#

Le cabinet dentaire supporte souvent des investissements significatifs : fauteuils, imagerie, stérilisation, logiciels, travaux, équipements numériques, stocks et achats de prothèses. La comptabilité doit distinguer charges, immobilisations, amortissements et financements.

PosteQuestion de gestion
ProthèsesCoût par acte et délai fournisseur
ConsommablesStock, pertes et prix d'achat
ImagerieFinancement et amortissement
PersonnelProductivité, planning, charges sociales
ImpayésRelances et reste à charge patient

Un outil comme Pennylane peut aider à rapprocher banque, factures et tableaux de bord, à condition de paramétrer les catégories métier.

TVA et activités accessoires#

Les soins médicaux et dentaires bénéficient de règles spécifiques. Cela ne dispense pas d'analyser les ventes ou prestations accessoires, les refacturations, certains produits et les relations avec fournisseurs. La TVA doit être traitée au cas par cas plutôt que par automatisme.

Le cabinet doit conserver une documentation claire pour les opérations qui ne relèvent pas du soin classique. C'est particulièrement vrai lorsque l'activité se diversifie ou que le cabinet vend des produits.

Rémunération, CARCDSF et protection du praticien#

Le revenu du praticien doit être piloté avec les cotisations, la retraite, la prévoyance, la dette professionnelle et la trésorerie personnelle. En SELARL, la rémunération doit distinguer l'activité professionnelle, le mandat social et les distributions. Les règles applicables doivent être relues chaque année.

La page rémunération de gérant de SELARL donne les grands arbitrages, mais le cas du dentiste doit intégrer CARCDSF, prévoyance et stratégie patrimoniale.

Notre analyse d'expert-comptable#

Hayot Expertise recommande aux dentistes d'avoir un tableau mensuel simple : chiffre d'affaires, rétrocessions, prothèses, masse salariale, dette, investissements, impayés et trésorerie. Ce tableau doit être lisible avant la décision d'investir dans un fauteuil, d'embaucher ou de faire entrer un associé.

Le risque sous-estimé#

Le risque principal est la confusion entre résultat fiscal et trésorerie disponible. Un cabinet peut être rentable et manquer de cash si les investissements, charges sociales, échéances d'emprunt et délais de règlement ne sont pas anticipés.

Points de vigilance 2026#

  • Relire les règles SELARL et SPFPL avant toute restructuration.
  • Vérifier chaque contrat de collaboration avec la réalité d'exercice.
  • Suivre les investissements et leur financement.
  • Anticiper les charges sociales et CARCDSF.
  • Préparer la facturation électronique pour les flux concernés selon le calendrier national.

Questions frequentes

Un dentiste doit-il passer en SELARL ?+

Non. La SELARL doit être étudiée lorsque le cabinet se développe, s'associe, investit ou prépare sa transmission. Elle n'est pas automatique pour un praticien installé seul.

À quoi sert une SPFPL pour un chirurgien-dentiste ?+

Elle peut organiser la détention de parts, une acquisition, une transmission ou un groupe professionnel. Elle doit respecter les règles professionnelles et reposer sur une capacité financière réelle.

Un collaborateur dentiste est-il salarié ?+

Pas nécessairement. Le contrat de collaboration libérale doit refléter une vraie indépendance. Si les conditions ressemblent à un lien de subordination, le risque social augmente.

Quels indicateurs suivre dans un cabinet dentaire ?+

Le chiffre d'affaires par fauteuil, les achats de prothèses, les charges de personnel, le taux d'occupation, les impayés, la dette et la trésorerie sont prioritaires.

La TVA concerne-t-elle un cabinet dentaire ?+

Les soins médicaux bénéficient généralement d'un régime spécifique, mais certaines ventes, refacturations ou prestations accessoires doivent être analysées au cas par cas.

Sources officielles utilisées#

  • Ordre national des chirurgiens-dentistes : contrats et exercice professionnel.
  • Légifrance : Code de la santé publique.
  • BOFiP : sociétés d'exercice libéral.
  • CARCDSF : informations de retraite et prévoyance.
  • economie.gouv.fr : facturation électronique.
Samuel HAYOT, expert-comptable inscrit à l'Ordre (OEC Paris-IDF)

Article rédigé par Samuel HAYOT

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.

Cabinet reglementeMis a jour 03 mai 20265 sources citees

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Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.

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