Réforme SELARL BNC : ce qu'il faut retenir en 2026
SELARL et BNC en 2026 : quels revenus relèvent du BNC, quels revenus relèvent du mandat social et quels impacts pratiques ?
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Juridique d'entreprise à Paris | AG, statuts, cessionsNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Mise à jour du 29 mars 2026 - La question dite de la réforme SELARL BNC continue de produire des effets très concrets en 2026. Le sujet n'est pas de savoir si le débat existe encore, mais de bien qualifier les revenus des associés de SELARL exerçant une profession libérale : qu'est-ce qui relève du mandat social, qu'est-ce qui relève d'une activité technique et comment cela se traduit fiscalement ?
Pourquoi ce sujet reste central en 2026#
La doctrine BOFiP actualisée fin 2023 a clarifié la lecture fiscale de certains revenus perçus par les associés de SELARL. En pratique, beaucoup de structures doivent encore :
- revoir leur qualification de revenus ;
- ajuster leur mode déclaratif ;
- vérifier la cohérence entre juridique, comptable et fiscal.
Pour compléter, voyez Rémunération de gérant de SELARL en 2026, Vérification d'impôt et Fiscalité 2026.
La distinction decisive#
Revenus lies au mandat social#
Ils relèvent du mandat de gérance ou de direction. Leur traitement ne se confond pas automatiquement avec celui de l'activité professionnelle technique exercée dans la structure.
Revenus lies a l'activité libérale#
Lorsque l'associé exerce une activité professionnelle distincte du seul mandat social, la lecture fiscale peut conduire à une imposition dans la catégorie des BNC, selon la situation précise.
Les erreurs fréquentes#
- tout faire entrer dans une seule catégorie de revenu ;
- raisonner sans documentation sur la nature des fonctions exercées ;
- ne pas aligner les décisions juridiques et les déclarations ;
- ne pas anticiper les effets sur cotisations, trésorerie et preuve en cas de contrôle.
Ce qu'il faut faire en pratique#
- cartographier les fonctions réelles de chaque associé ;
- distinguer mandat social et exercice technique ;
- revoir les flux de rémunération ;
- fiabiliser la documentation de la structure.
Conseil Hayot Expertise : sur les SELARL, la vraie sécurité ne vient pas d'une formule générale. Elle vient d'une qualification précise et documentée des fonctions et des flux.
Ce que la clarification change concrètement#
Le changement n'est pas seulement technique. Il modifie la manière de lire le dossier au quotidien. Avant, beaucoup de structures laissaient coexister plusieurs flux sans les nommer clairement. En 2026, cette approximation devient beaucoup plus risquée.
Le bon réflexe consiste à séparer les revenus en trois blocs distincts :
- la rémunération technique, qui relève du BNC ;
- le mandat social, qui relève des traitements et salaires ;
- les dividendes, qui relèvent des revenus de capitaux mobiliers.
Cette séparation a des effets très concrets sur la trésorerie personnelle, la déclaration annuelle, le paramétrage comptable et la communication avec le cabinet.
Exemple 1 : le médecin associé#
Un médecin exerce dans une SELARL, est gérant et perçoit chaque mois une rémunération fixe puis un complément en fin d'exercice. Si tout est traité comme un salaire, la lecture fiscale est fausse. Il faut isoler ce qui correspond à l'activité médicale exercée au sein de la SEL et ce qui correspond au mandat de gérance.
Exemple 2 : le professionnel qui paie des frais en son nom#
Un associé règle une cotisation professionnelle, un abonnement technique ou une dépense de formation en son nom et pour le compte de la SEL. Si le traitement n'est pas documenté, l'écriture peut être mal classée. Dans ce cas, l'enjeu n'est pas seulement de rembourser la dépense. Il faut savoir si elle entre dans la lecture BNC ou si elle doit être remontée autrement.
Exemple 3 : la SELARL avec dividendes#
Une SELARL qui distribue des bénéfices en fin d'année crée un troisième niveau de lecture. Les dividendes ne sont pas une rémunération technique, et ils ne sont pas non plus un salaire. Ils doivent donc être regardés à part, avec leur régime propre.
La méthode simple pour sécuriser le dossier#
Quand nous reprenons un dossier SELARL, nous commençons toujours par la même grille.
1. Identifier chaque fonction#
Qui est gérant ? Qui exerce l'activité libérale ? Qui perçoit quoi ? Tant que ces trois questions ne sont pas claires, les bonnes catégories fiscales ne peuvent pas être posées proprement.
2. Nommer chaque flux#
Chaque flux doit avoir un intitulé et une logique :
- rémunération technique ;
- mandat social ;
- remboursement de frais ;
- dividende ;
- charge payée pour le compte de l'associé.
3. Vérifier le traitement BNC#
Si la rémunération est technique, il faut vérifier le régime applicable :
- micro-BNC si le seuil est respecté ;
- déclaration controlee sinon.
4. Harmoniser le juridique et le comptable#
Les procès-verbaux, la paie, les écritures et la déclaration personnelle doivent raconter la même histoire. Si chaque document dit une chose différente, le risque de contrôle augmente.
5. Documenter les justificatifs#
Le meilleur bouclier en cas de vérification, ce n'est pas une phrase générale. C'est un dossier propre :
- décision des associés ;
- grille de rémunération ;
- notes explicatives ;
- justificatifs des frais ;
- cohérence avec le SIE et le guichet des formalités.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent#
Les erreurs reviennent presque toujours sous la même forme :
- confondre mandat social et activité libérale ;
- traiter la rémunération technique comme un salaire classique ;
- oublier les charges ou frais payés pour le compte de l'associé ;
- ne pas déclarer les dividendes dans la bonne case ;
- laisser le cabinet comptable sans consigne claire ;
- attendre le contrôle pour faire le tri.
Le problème n'est pas seulement fiscal. C'est aussi un problème de pilotage. Une mauvaise catégorie dans un dossier SELARL peut fausser la lecture de la rentabilité, de la trésorerie et du revenu réel du professionnel.
Ce qu'il faut vérifier avant la prochaine déclaration#
- Quels montants correspondent au mandat social ?
- Quels montants correspondent à l'activité technique ?
- Y a-t-il des remboursements de frais à reclasser ?
- Les dividendes ont-ils été isolés ?
- Le questionnaire SIE a-t-il été rempli ?
- Le dossier associé de SEL a-t-il bien son Siren ?
Si une de ces réponses est floue, il faut reprendre le dossier avant la prochaine émission ou la prochaine déclaration.
Notre accompagnement#
Nous aidons les professions libérales en SELARL à relire leur schéma de rémunération, leur traitement fiscal et leurs obligations déclaratives.
Quick link: Faire auditer votre organisation SELARL
Conclusion#
En 2026, la réforme SELARL BNC est surtout un sujet de mise en conformité intelligente. Les structures qui n'ont pas encore arbitré proprement leur schéma prennent un risque fiscal et social inutile.
(Sources officielles : BOFiP - actualité SELARL du 27 décembre 2023, Entreprendre.Service-Public.fr - SELARL)
Questions fréquentes
La rémunération technique d'un associé de SELARL est-elle encore un salaire ?
Non. Depuis le 1er janvier 2024, la rémunération technique versée à l'associé personne physique pour l'exercice libéral relève des BNC. Le mandat social du gérant reste, lui, dans la catégorie des traitements et salaires.
Faut-il encore distinguer dividendes et rémunération technique ?
Oui. Les dividendes relèvent des revenus de capitaux mobiliers, alors que la rémunération technique est du BNC. Les deux n'ont ni le même traitement, ni les mêmes conséquences sociales ou fiscales.
Un associé de SELARL doit-il remplir un questionnaire ?
Oui. Le Service-Public indique qu'un questionnaire doit être adressé au SIE dont dépend la SEL. C'est une étape importante pour la bonne identification du dossier fiscal.
L'associé de SEL est-il assujetti à la TVA ou à la CFE ?
Non, pour son activité exercée au nom et pour le compte de la société, l'associé n'est pas soumis à la TVA et n'est pas redevable de la CFE. C'est la société qui supporte ces obligations.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
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