Rémunération du fondateur 2026 : salaire, dividendes ou mix selon la phase de croissance
Pré-seed, post-Série A, scale-up rentable : la bonne combinaison salaire/dividendes change radicalement selon la phase. Matrice de décision, impact cap table, cotisations 2026 et arbitrages que les fondateurs SaaS et tech doivent maîtriser.
Ce sujet relève de notre mission
Optimisation rémunération dirigeant | Salaire vs dividendesNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : un fondateur doit-il se verser un salaire, des dividendes ou les deux ?#
La rémunération du fondateur suit la phase de l'entreprise : salaire minimal avant rentabilité, salaire plafonné par le pacte après la levée, mix salaire et dividendes une fois rentable. Les dividendes supportent le PFU à 31,4 % ; en SARL, EURL ou SEL, la fraction excédant 10 % du capital relève des cotisations TNS.
La question revient à chaque board, à chaque clôture et à chaque tour de table : un fondateur doit-il se verser un salaire, des dividendes, ou combiner les deux ? Les réponses génériques (« le PFU à 31,4 % bat les charges salariales », « il faut se payer normalement ») passent à côté de l'essentiel. Ce qui détermine la bonne structure de rémunération d'un fondateur, ce n'est pas un calcul d'optimisation isolé, mais la phase de vie de l'entreprise, la trésorerie disponible, la cap table, l'horizon de sortie et la situation patrimoniale personnelle.
Cet article s'adresse aux fondateurs de startups, de SaaS, de PME en croissance et aux dirigeants qui s'interrogent sur leur arbitrage 2026. Pour un comparatif générique salaire vs dividendes hors phase de croissance, nous renvoyons à notre article de référence dividendes vs salaire. Ici, nous traitons spécifiquement la dynamique fondateur : ce qui change entre le pré-seed et la Série C, et pourquoi un mauvais arbitrage à un mauvais moment peut coûter plusieurs centaines de milliers d'euros, ou pire, fragiliser le runway de la société.
L'essentiel#
- Pré-seed / amorçage : salaire minimal voire nul, pas de dividendes, priorité absolue au runway.
- Seed → Série A : salaire de marché plafonné par les investisseurs, dividendes prohibés tant que la société brûle du cash.
- Croissance rentable (post-Série B) : salaire normalisé + premiers dividendes possibles si la société est cash-flow positive.
- Scale-up rentable / pré-exit : intérêt marqué pour la holding personnelle (régime mère-fille, apport-cession 150-0 B ter).
- PFU à 31,4 % sur dividendes reste compétitif, mais oublier les cotisations TNS sur dividendes excédant 10 % du capital est une erreur classique en SARL, EURL et SEL.
- L'arbitrage n'est jamais figé : il se révise à chaque levée, chaque clôture, chaque évènement personnel.
Pourquoi la phase de l'entreprise change tout#
Un fondateur n'est pas un dirigeant de PME mature. Sa rémunération obéit à trois contraintes que les comparateurs en ligne ignorent :
- Le runway : chaque euro versé en salaire ou en dividendes réduit le nombre de mois de trésorerie disponibles. Avant rentabilité, c'est la métrique la plus surveillée par les investisseurs.
- La cap table : un fondateur dilué à 35 % qui se verse 80 k€ de dividendes reverse mécaniquement 65 % aux autres associés. Cela peut être politiquement intenable dans une scale-up VC-backed.
- L'alignement avec les investisseurs : les pactes d'associés post-levée encadrent généralement la rémunération du fondateur (clause de founder salary cap, validation board ou comité de rémunération).
Une stratégie de rémunération fondateur cohérente intègre donc trois horizons : liquidité personnelle immédiate, optimisation fiscale moyen terme, valorisation à la sortie. C'est cette triple lecture que nous proposons ici.
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Les quatre régimes sociaux à connaître#
Le statut social du fondateur dépend de sa forme juridique et de sa part au capital.
| Statut | Forme | Cotisations sur salaire | Cotisations sur dividendes |
|---|---|---|---|
| Assimilé salarié | Président de SAS ou SASU, DG de SA, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL | Cotisations du régime général, celles d'un cadre du privé, sans assurance chômage | Aucune cotisation sociale (PFU 31,4 % uniquement) |
| TNS : gérant majoritaire de SARL ou EURL | Plus de la moitié des parts (à 50 % exactement, le gérant est égalitaire, donc assimilé salarié) | Cotisations de travailleur indépendant, assises sur la rémunération nette | Cotisations TNS sur la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant |
| TNS : entreprise individuelle | Activité libérale ou commerciale | Cotisations de travailleur indépendant | Sans objet (pas de capital) |
| Auto-entrepreneur | Micro-entreprise | Forfait sur le chiffre d'affaires : 12,3 % en vente de marchandises et hébergement, 21,2 % en prestations de services BIC, plus de 25 % en libéral non réglementé | Sans objet |
Point critique souvent négligé : depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 (article 11), applicable au 1er janvier 2013, en SARL avec gérance majoritaire, la fraction des dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes du compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS (article L.131-6 du Code de la sécurité sociale). C'est l'une des différences structurantes entre SAS et SARL pour un fondateur.
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Idées reçues et règles réellement applicables#
| Idée reçue | Règle réelle en 2026 |
|---|---|
| « La règle des 10 % s'applique à toutes les sociétés » | Elle ne vise que les travailleurs indépendants non agricoles : gérant majoritaire de SARL ou d'EURL, associé de SEL. Le président de SAS ou de SASU est hors champ (article L.131-6 du code de la sécurité sociale). |
| « À 50 % des parts, le gérant est majoritaire » | À 50 % exactement, le gérant est égalitaire : il relève du régime général comme assimilé salarié. La gérance majoritaire suppose plus de la moitié des parts. |
| « Le PFU est à 30 % » | Le PFU est à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après le passage de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital. |
| « Un président de SAS ou de SASU non rémunéré doit quand même cotiser au minimum » | Aucune cotisation minimale n'est due par un président de SAS ou de SASU non rémunéré : le régime général l'assoit sur sa rémunération réelle. |
| « L'option pour le barème se coche en case 2DC » | L'option globale pour le barème progressif se coche en case 2OP de la déclaration 2042. La case 2DC sert à déclarer les dividendes ouvrant droit à l'abattement de 40 %. |
Matrice de décision par phase de croissance#
Phase 1 : pré-seed et amorçage (0 à 18 mois)#
Réalité : la société brûle 100 % du capital propre des fondateurs ou d'une love money limitée. La trésorerie est inférieure à 12 mois. La rentabilité est lointaine.
Reco :
- Salaire : zéro à 1 500 € net/mois maximum (juste pour valider des trimestres de retraite et conserver une couverture santé).
- Dividendes : aucun (la société n'a généralement pas de bénéfice distribuable).
- Forme privilégiée : SASU/SAS pour préserver l'entrée future d'investisseurs (pas de transformation lourde plus tard).
- Couverture personnelle : assurance privée santé/prévoyance plutôt que cotiser massivement à l'URSSAF.
Erreur fréquente : verser un salaire « normal » de 4 000 € net en SAS au démarrage. Le coût chargé supporté par la société est très supérieur au net perçu, et il se retranche du runway mois après mois. Avant le premier tour de table, cette ligne est souvent le premier poste de dépense de l'entreprise : elle se chiffre avant d'être décidée, pas après.
Phase 2 : seed puis Série A (mois 18 à 36)#
Réalité : un premier tour de table a apporté 500 k€ à 3 M€. Les investisseurs imposent un founder salary cap dans le pacte (le plafond se négocie au cas par cas, selon la taille du tour, la localisation et la composition du board).
Reco :
- Salaire : à hauteur du cap fixé par les investisseurs, pas plus.
- Dividendes : prohibés. La société est déficitaire et toute distribution serait un signal négatif vers le board.
- Compléments éventuels : remboursement de frais professionnels rigoureux, mise à disposition d'un véhicule d'entreprise si justifié, BSPCE au-delà de la part fondateur initiale.
Vigilance : ne pas confondre rémunération du fondateur et rémunération de l'opérationnel. Si le fondateur cumule un rôle de CEO et un rôle de CTO, un seul salaire est légitime, pas deux.
Phase 3 : Série B et croissance rentable (mois 36 à 72)#
Réalité : la société atteint l'EBITDA positif ou neutre. La trésorerie est confortable (> 24 mois). Les investisseurs commencent à raisonner exit à 4-6 ans.
Reco :
- Salaire : aligné sur le marché, à documenter par une étude de rémunération sectorielle plutôt que par une fourchette générique.
- Dividendes : possibles, mais modérés. Une distribution représente un signal sur la maturité financière, pas une optimisation court-terme.
- Mix optimal : salaire alignement marché + premier dividende limité (10 à 30 k€) pour structurer un patrimoine personnel.
- Outil : simulateur de rémunération du dirigeant pour modéliser le mix optimal.
Phase 4 : scale-up rentable et pré-exit (au-delà de 72 mois)#
Réalité : EBITDA > 15 % du CA, croissance ≥ 30 %/an, exit envisageable à 18-36 mois.
Reco :
- Salaire : toujours conforme au marché, mais ne devient plus la priorité fiscale.
- Dividendes : remontés vers une holding personnelle (régime mère-fille, exonération à 95 %).
- Préparation cession : structurer dès maintenant un apport-cession 150-0 B ter pour neutraliser la plus-value future en cas de réinvestissement.
- Voir aussi : stratégie de rémunération via holding personnelle.
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Créer sa société en conservant ses droits France Travail#
Peut-on cumuler l'ARE avec les revenus de sa société ?+
Oui, mais depuis le 1er avril 2025 le cumul de l'ARE avec les revenus tirés de la création est plafonné à 60 % du reliquat des droits apprécié à la date de création. Le créateur doit rester inscrit à France Travail et déclarer ses revenus à chaque actualisation mensuelle. Les deux mécanismes se combinent : le revenu déclaré chaque mois réduit l'allocation versée pour ce mois, et le cumul total ne peut pas dépasser ce plafond de 60 % du reliquat.
Faut-il préférer l'ARCE au maintien de l'ARE ?+
L'ARCE verse en capital 60 % du reliquat des droits à l'ARE, en deux fois : la moitié à la création, la moitié six mois plus tard sous condition de poursuite de l'activité. Elle est imposable dans la catégorie des salaires. Le maintien de l'ARE, lui, se perçoit mois par mois. Le choix se tranche sur le besoin de trésorerie immédiat du fondateur et sur la durée prévisible avant la première rémunération réelle.
Quelles sont les conditions de l'ACRE en 2026 ?+
Le taux d'exonération est ramené de 50 % à 25 %, en application de l'article 23 de la LFSS 2026 et du décret n° 2026-69 du 6 février 2026 : depuis le 1er janvier 2026 pour les entreprises individuelles, SASU, SA et assimilées, et depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entreprises. Depuis le 1er janvier 2026, la demande n'est plus automatique pour les micro-entrepreneurs : elle doit être déposée à l'URSSAF au plus tard le 60e jour suivant la date d'ouverture de l'activité.
Le rôle structurant de la holding personnelle#
À partir de la phase 3, la holding personnelle (SAS ou SARL à l'IS) devient l'outil central de la rémunération long terme du fondateur :
- Régime mère-fille (article 145 CGI) : les dividendes remontés de la fille à la mère sont exonérés à 95 % (quote-part de frais et charges de 5 %).
- Apport-cession (article 150-0 B ter CGI) : apport des titres opérationnels à la holding avant cession, report d'imposition de la plus-value sous condition de réinvestissement d'au moins 70 % du produit de cession dans un délai de trois ans, les biens ou titres réinvestis devant être conservés au moins cinq ans (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026).
- Optimisation succession : structuration du capital en démembrement, pacte Dutreil en amont d'une transmission familiale.
Attention : une holding doit avoir une substance économique réelle (animation du groupe, conseil, refacturation de services effectivement rendus). Un montage dépourvu de substance, ou dont la seule motivation est d'atténuer l'impôt ou les cotisations, s'expose à une remise en cause.
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Régime mère-fille : ce qu'il faut vérifier avant de remonter le premier dividende#
| Point à vérifier | Règle applicable |
|---|---|
| Détention minimale | Au moins 5 % du capital de la fille, conservés pendant deux ans. Variante prévue par le texte : 2,5 % du capital et 5 % des droits de vote, conservés cinq ans. |
| Portée de l'exonération | 95 % du dividende remonté, une quote-part de frais et charges de 5 % du produit total des participations restant imposable à l'impôt sur les sociétés. |
| Quote-part réduite à 1 % | L'article 216 du CGI ramène la quote-part à 1 % pour les produits perçus d'une société membre du même groupe intégré et pour certaines participations dans des sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. |
| Substance de la holding | Activité réelle et documentée : animation du groupe, conseil, refacturation de services effectivement rendus. C'est la condition de solidité du montage. |
Notre analyse d'expert-comptable#
Trois constats issus de notre pratique :
1. La rémunération sous-optimale est plus fréquente que la sur-rémunération. Beaucoup de fondateurs s'appliquent une rigueur fiscale qui finit par les pénaliser : pas de salaire pendant 4 ans, pas de cotisations retraite, pas de droits Assedic, pas de prévoyance. Au moment du retournement personnel (divorce, maladie, échec entrepreneurial), l'absence de filets sociaux coûte plus cher que l'optimisation initiale ne rapportait.
2. Le PFU n'est pas universellement gagnant. Pour un fondateur dont le foyer fiscal est dans la tranche à 11 % ou en dessous, l'option pour le barème progressif IR (case 2OP de la déclaration 2042 ; la case 2DC sert, elle, à déclarer les dividendes ouvrant droit à l'abattement) avec abattement de 40 % sur dividendes peut être plus avantageuse que les 12,8 % d'IR du PFU. Le calcul doit être refait chaque année.
3. Le « salaire 0 + tout en dividendes » est rarement une bonne stratégie. L'absence de cotisations retraite a un effet cumulatif : cinq années sans validation de trimestres se paient au moment de la liquidation des droits, et le manque à gagner dépend entièrement du profil de carrière, donc il se chiffre au cas par cas.
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Le risque sous-estimé#
La requalification URSSAF des dividendes en salaire, notamment en SAS lorsque le fondateur ne se verse aucune rémunération opérationnelle. Contrairement à une idée répandue, aucune cotisation minimale n'est due par un président de SAS ou de SASU non rémunéré, et aucune doctrine URSSAF n'impose de rémunération plancher au dirigeant : le mandat social n'est pas obligatoirement rémunéré. Le risque réel se situe sur le terrain de l'abus de droit social (article L.243-7-2 du code de la sécurité sociale), qui vise les actes fictifs et ceux qui recherchent le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs de leurs auteurs, dans le seul but d'éluder ou d'atténuer les cotisations. En cas de contrôle, le risque est une requalification rétroactive sur 3 ans des dividendes perçus, avec rappel de cotisations sociales et, sur ce fondement, une pénalité de 20 % des cotisations dues, la charge de la preuve pesant sur l'organisme de recouvrement.
La parade : verser un salaire minimal cohérent avec l'activité réelle (généralement 1 SMIC pour un dirigeant à temps plein), même symbolique, et documenter la convention de rémunération par un PV d'assemblée ou décision du président motivé.
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Ce que le dirigeant doit décider#
- Identifier votre phase actuelle (pré-seed, seed, croissance, scale-up).
- Vérifier si un founder salary cap s'applique (lecture du pacte d'associés).
- Calculer votre point d'équilibre entre PFU 31,4 % et barème progressif (option globale annuelle).
- Vérifier votre statut social : assimilé salarié ou TNS, et la règle des 10 % du capital en SARL.
- Évaluer l'opportunité d'une holding personnelle (seuil de bascule retenu en pratique par notre cabinet, à valider dossier par dossier selon le montant distribué et l'horizon de cession).
- Prévoir une couverture prévoyance privée si rémunération faible.
- Documenter toute décision par PV d'AG ou décision du président.
- Réviser l'arbitrage chaque année à la clôture et à chaque levée.
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Points de vigilance 2026#
- PFU porté de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) ayant remplacé le taux de CSG de 9,2 % par 10,6 % sur les revenus du capital. Attention à ne pas généraliser : assurance-vie, livrets réglementés, PEL et CEL, revenus fonciers et plus-values immobilières restent à 17,2 %.
- Cotisations URSSAF assimilé salarié : pas de plafonnement spécifique au dirigeant, l'assiette suit le salaire réel.
- Plafond mère-fille : maintien de l'exonération à 95 %, sous condition de détention d'au moins 5 % du capital pendant 2 ans.
- Apport-cession 150-0 B ter : pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026, réinvestissement d'au moins 70 % du produit de cession dans un délai de trois ans et conservation des biens ou titres réinvestis pendant au moins cinq ans (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Le périmètre éligible exclut le marchand de biens, la promotion et la gestion immobilière ; l'hôtellerie reste éligible. Le couple 60 % sur 24 mois ne vaut plus que pour les cessions antérieures au 21 février 2026.
- Suite du calendrier législatif : le durcissement de l'apport-cession est acquis depuis février 2026 ; le régime mère-fille reste, lui, à surveiller, à confirmer auprès de votre conseil avant arbitrage.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence concrète entre président de SAS et gérant majoritaire de SARL pour la rémunération du fondateur ?
Le président de SAS est assimilé salarié : il cotise au régime général comme un cadre du privé, sans assurance chômage, mais ses dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, uniquement le PFU à 31,4 %. Le gérant majoritaire de SARL est TNS : la fraction de ses dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations de travailleur indépendant (article L.131-6 du code de la sécurité sociale). Attention au seuil : à 50 % exactement des parts, le gérant est égalitaire et relève du régime général, comme le gérant minoritaire. Pour un fondateur qui anticipe des distributions importantes, la SAS est généralement plus efficace.
Faut-il préférer le PFU ou l'option pour le barème progressif sur les dividendes ?
Le PFU à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) est avantageux dès lors que la tranche marginale d'imposition du foyer dépasse 12,8 %. Pour un foyer à 0 % ou 11 %, l'option pour le barème progressif avec abattement de 40 % sur dividendes, à cocher en case 2OP de la déclaration 2042, ramène la part d'impôt sur le revenu à 6,6 % effectifs, soit 6,2 points de moins sur cette seule part : les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas, et l'option ouvre en outre la déductibilité d'une fraction de la CSG. Elle est globale (elle s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers) et se renouvelle chaque année.
À partir de quel niveau de dividendes une holding personnelle devient-elle pertinente ?
Dans notre pratique, la holding devient économiquement justifiée lorsque les distributions deviennent substantielles, ou en anticipation d'une cession de titres à deux ou trois ans. En dessous, les coûts (création, comptabilité dédiée, déclarations) absorbent l'essentiel du gain mère-fille. Au-dessus, l'exonération à 95 % des dividendes (article 145 du CGI) produit un effet cumulatif, d'autant plus si un apport-cession 150-0 B ter est envisagé pour reporter la plus-value à la sortie. Ce seuil de bascule reste une heuristique de cabinet : il se vérifie dossier par dossier, il ne s'applique pas comme une règle.
Un fondateur peut-il se verser zéro salaire en SAS sans risque URSSAF ?
Juridiquement, oui : le mandat social n'est pas obligatoirement rémunéré, et aucune cotisation minimale n'est due par un président de SAS ou de SASU non rémunéré. En pratique, la situation devient sensible dès lors que la société verse des dividendes substantiels : l'URSSAF peut tenter une requalification en salaire déguisé sur les trois dernières années, et l'abus de droit social est assorti d'une pénalité de 20 % des cotisations dues (article L.243-7-2 du code de la sécurité sociale), la charge de la preuve pesant sur l'organisme de recouvrement. Les précautions utiles : verser au minimum un salaire modeste pour un dirigeant à temps plein, documenter la convention de rémunération par décision du président ou PV d'assemblée, et conserver les preuves de l'activité opérationnelle réelle.
Comment articuler salaire fondateur, BSPCE et dividendes dans une scale-up VC-backed ?
L'architecture courante est : salaire plafonné par le pacte (founder salary cap) au niveau du marché, BSPCE ou actions gratuites pour aligner l'upside avec la valorisation à la sortie, dividendes quasi nuls jusqu'à l'exit (le pacte les interdit ou les conditionne au consentement des investisseurs). À la sortie, la plus-value sur titres et BSPCE se cristallise : c'est là que la holding personnelle et le mécanisme d'apport-cession deviennent décisifs. Voir notre comparatif BSPCE / AGA / stock-options.
Peut-on cumuler l'ARE de France Travail avec la création de sa société en 2026 ?
Oui. Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l'ARE avec les revenus tirés de la création est plafonné à 60 % du reliquat des droits apprécié à la date de création, à condition de rester inscrit à France Travail et de déclarer ses revenus à chaque actualisation mensuelle. L'alternative est l'ARCE : 60 % du reliquat versés en capital, en deux fois, la moitié à la création puis la moitié six mois plus tard sous condition de poursuite de l'activité, cette aide étant imposable dans la catégorie des salaires. S'y ajoute l'ACRE, dont le taux d'exonération est ramené de 50 % à 25 % (article 23 de la LFSS 2026 et décret n° 2026-69 du 6 février 2026), et dont la demande n'est plus automatique pour les micro-entrepreneurs depuis le 1er janvier 2026.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance — Article 117 quater du CGI (PFU sur dividendes)
- BOFiP — RPPM-RCM-30-20-10 — Prélèvement forfaitaire unique
- URSSAF — Cotisations du dirigeant assimilé salarié
- URSSAF — Dividendes du gérant majoritaire (article L.131-6 CSS)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, régime fiscal des rémunérations des dirigeants
- Service-public.fr — Statuts du dirigeant : assimilé salarié ou TNS
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