Déclarations fiscales obligatoires en 2026 : calendrier complet pour les entreprises
En 2026, une entreprise française cumule TVA, impôt sur les sociétés, CFE, liasse fiscale, DSN et parfois CVAE selon sa taille. Ce guide pratique détaille les échéances, les seuils et les erreurs à éviter pour piloter sereinement vos obligations déclaratives.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Mise à jour : 2026-05-25 — Diriger une entreprise en France, c'est gérer un agenda déclaratif qui se renouvelle chaque année. TVA, impôt sur les sociétés, cotisation foncière des entreprises, liasse fiscale, déclaration sociale nominative : chaque flux a ses propres règles, ses propres seuils et ses propres délais. Dans nos missions d'accompagnement de PME et de dirigeants, nous constatons que les retards coûteux naissent rarement d'une méconnaissance du principe général. Ils naissent d'un défaut de cartographie précise appliquée à la structure réelle.
Cet article dresse un panorama structuré des déclarations fiscales obligatoires pour les entreprises en 2026, avec les seuils, les calendriers et les points de vigilance que nous observons le plus fréquemment.
Réponse directe : En 2026, les déclarations fiscales obligatoires d'une entreprise française couvrent au minimum la TVA (mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon le régime), la liasse fiscale, les acomptes d'IS, la CFE et la DSN si elle emploie des salariés. Le périmètre exact dépend du régime fiscal, de la forme juridique, du chiffre d'affaires et de la présence de personnel.
Quelles sont les principales déclarations fiscales obligatoires pour une entreprise en 2026 ?#
Toute entreprise soumise à un régime réel d'imposition cumule plusieurs obligations déclaratives distinctes. Elles se regroupent en cinq catégories.
TVA. C'est l'obligation la plus fréquente. Selon l'article 287 du CGI, toute personne assujettie à la TVA doit déposer des déclarations périodiques. La fréquence dépend du régime : mensuelle au régime réel normal, semestrielle ou annuelle au régime simplifié (avec deux acomptes en juillet et décembre), ou inexistante sous franchise en base si le seuil de chiffre d'affaires n'est pas atteint.
Impôt sur les sociétés (IS). Les sociétés soumises à l'IS déposent une liasse fiscale annuelle et versent quatre acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre), calculés sur la base du dernier exercice clos.
Cotisation foncière des entreprises (CFE). Toute entreprise disposant d'une surface professionnelle est redevable de la CFE. La déclaration initiale se fait via le formulaire 1447-C (première année d'activité) ; les modifications via le 1447-M. Le solde est payable en décembre.
Liasse fiscale. Elle regroupe le bilan, le compte de résultat et les tableaux de détermination du résultat fiscal. Elle est à déposer par voie électronique dans les trois mois et demi suivant la clôture de l'exercice pour les sociétés à l'IS (délai supplémentaire accordé pour les clôtures au 31 décembre, en pratique autour de mi-mai).
DSN. Toute entreprise employant au moins un salarié transmet une Déclaration Sociale Nominative mensuelle à net-entreprises.fr, au plus tard le 5 ou le 15 du mois suivant selon l'effectif.
Quel est le calendrier mensuel des échéances fiscales en 2026 ?#
Le tableau suivant synthétise les principales dates à surveiller pour une société à l'IS clôturant au 31 décembre. Les dates précises peuvent être décalées si elles tombent un week-end ou un jour férié.
| Mois | Obligation principale | Nature |
|---|---|---|
| Janvier | DSN de décembre | Social |
| Février | TVA de janvier (régime réel normal) | Fiscal |
| Mars | Acompte IS (1er) — 15 mars | Fiscal |
| Avril | TVA de mars / Liasse fiscale IS (clôture 31/12) | Fiscal |
| Mai | Liasse fiscale (délai final, date à vérifier SIE) | Fiscal |
| Juin | Acompte IS (2e) — 15 juin | Fiscal |
| Juillet | Acompte TVA simplifié (55 % de la TVA N-1) | Fiscal |
| Septembre | Acompte IS (3e) — 15 septembre | Fiscal |
| Novembre | CFE — solde à payer (date à confirmer pour 2026) | Fiscal |
| Décembre | Acompte IS (4e) — 15 décembre / Acompte TVA simplifié (40 %) | Fiscal |
Ce tableau est indicatif. Les dates exactes sont publiées chaque année par l'administration fiscale sur impots.gouv.fr et peuvent varier en fonction de la date de clôture de l'exercice.
Comment fonctionne la déclaration de TVA selon le régime ?#
La TVA est l'obligation la plus récurrente et celle qui génère le plus d'erreurs de périodicité.
Régime réel normal#
Au régime réel normal (CA HT supérieur à 840 000 € pour les activités de vente ou 254 000 € pour les prestations de services — seuils à vérifier pour 2026 sur impots.gouv.fr), la déclaration est mensuelle via le formulaire CA3. Elle porte sur les opérations du mois précédent.
Régime réel simplifié#
En dessous des seuils du réel normal, l'entreprise peut opter pour le régime simplifié. Elle ne dépose alors qu'une déclaration annuelle (formulaire CA12), accompagnée de deux acomptes semestriels : 55 % en juillet et 40 % en décembre.
Franchise en base#
En dessous des seuils de franchise (85 000 € pour les ventes, 37 500 € pour les services), l'entreprise ne collecte pas de TVA et ne dépose aucune déclaration TVA. Attention : le dépassement du seuil en cours d'année entraîne une entrée dans le régime réel dès le premier euro excédentaire.
Pour un traitement détaillé des taux applicables selon la nature des opérations, notre article sur les différents taux de TVA sur une facture précise les cas de taux réduit, intermédiaire et normal. Les opérations avec des clients européens sont soumises à des règles spécifiques détaillées dans notre dossier sur l'autoliquidation de la TVA.
Quels sont les seuils et acomptes de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?#
Taux de l'IS#
Le taux normal de l'IS est de 25 % en 2026. Un taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions de l'article 219 I du CGI (capital libéré, chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, détention à 75 % au moins par des personnes physiques).
Calcul des acomptes#
Chaque acompte représente 25 % de l'IS de référence (en général, l'IS dû au titre du dernier exercice clos). Pour une société ayant payé 40 000 € d'IS en N-1, chaque acompte en N est de 10 000 €. Si l'IS final en N est supérieur, un solde est dû dans les 3 mois et demi suivant la clôture.
Exemple chiffré#
Une SARL de conseil clôture au 31 décembre 2025 avec un résultat fiscal de 180 000 €. L'IS dû est de 25 % × 180 000 € = 45 000 € (hors taux réduit sur la première tranche). En 2026, elle verse quatre acomptes de 11 250 € chacun aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Si son résultat 2026 est identique, le solde à la liasse fiscale de mai 2027 est nul.
Qu'est-ce que la CFE et qui est concerné en 2026 ?#
La cotisation foncière des entreprises est due par toute personne physique ou morale exerçant une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l'année d'imposition. Elle est calculée sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l'activité.
Les cas d'exonération les plus courants sont la première année d'activité (exonération totale de CFE), certaines activités agricoles, certaines activités de location nue soumises à l'IR, et certaines zones géographiques prioritaires (ZFU-TE, ZRR — à vérifier selon la localisation).
Le montant est fixé par délibération des collectivités territoriales et varie donc selon la commune. Il est préférable de consulter l'avis en ligne sur le compte fiscal professionnel (impots.gouv.fr) plutôt que d'estimer le montant à partir de barèmes nationaux.
La CVAE est-elle encore due en 2026 ?#
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises a fait l'objet d'une suppression progressive. Elle a été réduite de moitié en 2023, puis une nouvelle réduction a été votée. En 2026, la CVAE est en cours de suppression définitive selon les dispositions de la loi de finances — à vérifier dans le texte final de la loi de finances 2026 sur legifrance.gouv.fr, car des amendements ont pu modifier la trajectoire.
Les entreprises ayant un chiffre d'affaires supérieur à 500 000 € HT devaient auparavant déclarer la CVAE via le formulaire 1330-CVAE. Si la suppression est confirmée pour 2026, aucun versement n'est dû. Sinon, les acomptes étaient à régler en juin et septembre.
Comment fonctionne la DSN pour les entreprises avec salariés ?#
La Déclaration Sociale Nominative remplace depuis 2017 l'ensemble des déclarations sociales périodiques. Elle est transmise chaque mois via net-entreprises.fr.
Calendrier DSN#
- Entreprises de plus de 50 salariés : transmission au plus tard le 5 du mois suivant la période de paie.
- Entreprises de moins de 50 salariés : transmission au plus tard le 15 du mois suivant.
Ce que la DSN couvre#
La DSN porte sur les cotisations URSSAF, la retraite complémentaire, la prévoyance, les données de maladie, accident du travail et maternité, et les déclarations AT/MP. Elle alimente également l'administration fiscale pour la transmission du prélèvement à la source.
Nous voyons régulièrement des dossiers où la DSN est déposée à temps mais avec des bases incohérentes avec le bulletin de paie. Ce type d'écart génère des régularisations URSSAF et peut entraîner des pénalités sur des périodes antérieures. La cohérence entre la paie, la comptabilité et la DSN est un point de contrôle essentiel.
Quels sont les pièges les plus fréquents en cabinet ?#
Sur les dossiers que nous accompagnons, trois situations génèrent la majorité des retards et des régularisations coûteuses.
1. L'entreprise qui sous-estime son périmètre déclaratif. Une SASU avec peu d'activité peut croire n'avoir qu'une liasse fiscale à déposer. Si elle a un bureau, elle doit la CFE. Si elle verse une rémunération au dirigeant, elle doit la DSN. Si elle facture à des clients européens, elle doit les déclarations d'échanges de biens ou les états récapitulatifs TVA.
2. Le passage de régime non anticipé. Un dépassement du seuil de franchise en cours d'exercice oblige l'entreprise à facturer la TVA dès le premier euro excédentaire. Les clients non assujettis voient leurs factures augmenter, et la comptabilité doit être mise à jour rétroactivement. C'est une situation que l'on peut éviter avec un suivi mensuel du chiffre d'affaires.
3. La liasse fiscale hors délai. Le dépôt tardif de la liasse fiscale entraîne des pénalités (majoration de 10 % à 40 % selon le contexte — à vérifier sur legifrance.gouv.fr) et peut déclencher un examen de la situation fiscale. La date limite est publiée chaque année ; en pratique, les cabinets organisent le dossier de clôture dès janvier pour les exercices clos en décembre.
Pour approfondir la stratégie déclarative annuelle, notre article sur la fiscalité et les déclarations TVA, IS, acomptes détaille les arbitrages possibles en cours d'exercice.
Quel est le rôle de la télédéclaration en 2026 ?#
Depuis plusieurs années, la quasi-totalité des déclarations professionnelles sont obligatoirement transmises par voie électronique. L'article 1649 quater B quater du CGI impose la télédéclaration et le télépaiement à tous les professionnels soumis à un régime réel d'imposition.
En pratique, cela signifie que les formulaires papier sont définitivement abandonnés. Les déclarations se font via l'espace professionnel d'impots.gouv.fr, souvent en délégation à l'expert-comptable via un mandat de télétransmission EFI/EDI.
Notre lecture : ce que l'administration regarde en priorité#
L'administration fiscale dispose depuis 2020 d'outils de recoupement automatique entre les déclarations TVA, la liasse fiscale, les relevés de compte et les données transmises par des tiers (clients, banques, plateformes). Un écart significatif entre le chiffre d'affaires déclaré en TVA et celui reporté dans la liasse fiscale est l'un des déclencheurs les plus courants d'un examen fiscal.
Les points de cohérence à vérifier avant tout dépôt :
- Concordance entre la TVA collectée déclarée et le chiffre d'affaires HT de la liasse.
- Concordance entre les bases de cotisations DSN et les charges de personnel de la comptabilité.
- Concordance entre les dividendes distribués, les comptes courants d'associés et les liasses des exercices concernés.
Pour une vision d'ensemble de la stratégie fiscale annuelle d'une PME, notre article sur l'optimisation fiscale entreprise et notre mémo fiscal complètent utilement ce panorama déclaratif.
Checklist pratique avant chaque échéance déclarative#
- Vérifier que la période concernée est correctement arrêtée en comptabilité.
- S'assurer que toutes les factures fournisseurs et clients de la période sont enregistrées.
- Rapprocher la base TVA de la comptabilité avec le brouillon de déclaration.
- Vérifier les éventuelles opérations intracommunautaires ou hors champ.
- Sauvegarder l'accusé de réception de chaque télédéclaration.
- Mettre à jour le tableau de suivi des acomptes restant à verser.
Quand faire appel à un expert-comptable pour sécuriser vos déclarations ?#
L'expert-comptable n'intervient pas uniquement au moment du bilan. Les situations qui justifient une consultation en amont sont :
- création d'entreprise ou changement de forme sociale ;
- premier exercice avec salariés ou premières opérations intracommunautaires ;
- dépassement d'un seuil de régime (franchise → réel simplifié, réel simplifié → réel normal) ;
- distribution de dividendes ou versement de rémunération au dirigeant pour la première fois ;
- réception d'un courrier de l'administration fiscale ou demande de justificatifs.
À jour au 2026-05-25. Cet article informe sur les obligations déclaratives 2026 mais ne se substitue pas à un conseil personnalisé adapté à votre situation, vos documents et le droit en vigueur. Consultez un expert-comptable ou le site impots.gouv.fr pour toute décision engageante.
Questions fréquentes
Quelles déclarations fiscales une SASU doit-elle obligatoirement déposer en 2026 ?
Une SASU soumise à l'IS doit déposer au minimum : des déclarations de TVA selon son régime (mensuelle, semestrielle ou annuelle), une liasse fiscale annuelle dans les 3,5 mois suivant la clôture, quatre acomptes d'IS (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre), et la CFE si elle dispose de locaux professionnels. Si elle verse une rémunération au président, une DSN mensuelle est également obligatoire. La taille de la structure ne réduit pas ces obligations de fond.
Comment calculer les acomptes d'impôt sur les sociétés en 2026 ?
Chaque acompte IS représente 25 % de l'IS payé au titre du dernier exercice clos. Pour une société ayant payé 60 000 € d'IS en 2025, chaque acompte en 2026 est de 15 000 €, versés aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Si l'IS définitif 2026 dépasse les acomptes versés, un solde est dû à la date de dépôt de la liasse fiscale. En cas d'estimation à la baisse, une demande de modulation est possible sous conditions (art. 1668 CGI).
Quand doit-on déposer la liasse fiscale pour un exercice clos au 31 décembre 2025 ?
Pour un exercice clos au 31 décembre 2025, la liasse fiscale doit être déposée par voie électronique dans les trois mois et demi suivant la clôture, soit en principe autour de la mi-avril. En pratique, l'administration accorde régulièrement un délai complémentaire aux cabinets mandataires jusqu'à mi-mai. La date limite exacte pour 2026 est à confirmer sur impots.gouv.fr ou auprès du Service des impôts des entreprises compétent.
Quel est le seuil pour être soumis au régime réel normal de TVA en 2026 ?
En 2026, le régime réel normal de TVA s'applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires HT dépasse les seuils du régime simplifié : environ 840 000 € pour les activités de vente de marchandises et 254 000 € pour les prestations de services. Ces seuils sont révisables ; ils sont à vérifier sur impots.gouv.fr pour l'exercice 2026. Au-delà, la déclaration mensuelle CA3 est obligatoire. En dessous, l'option pour le réel normal reste possible sur demande.
Que risque une entreprise qui dépose sa liasse fiscale en retard ?
Le dépôt tardif de la liasse fiscale expose l'entreprise à une majoration de 10 % des droits dus, pouvant être portée à 40 % en cas de mise en demeure restée sans réponse, voire à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses (art. 1728 CGI). Des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'ajoutent. Un retard ponctuel avec régularisation rapide est moins sévèrement sanctionné qu'un manquement répété. La première mesure est de déposer même tardivement plutôt que d'attendre.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Impôts.gouv.fr — Obligations déclaratives des professionnels
- Impôts.gouv.fr — Régimes d'imposition à la TVA
- Légifrance — Article 287 CGI (déclarations TVA)
- Légifrance — Article 1668 CGI (acomptes IS)
- Urssaf — Déclaration sociale nominative (DSN)
- Service-Public.fr — Cotisation foncière des entreprises (CFE)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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