Produits éligibles tickets restaurant 2026 : liste complète
Quels produits peut-on acheter avec un titre-restaurant en 2026 ? Liste, plafond 25 €, exonération URSSAF 7,32 €, cas du télétravail et du dirigeant.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 a prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 la dérogation permettant d'acheter avec un titre-restaurant tout produit alimentaire, même non immédiatement consommable (riz, pâtes, viande crue, légumes…). Le plafond journalier d'utilisation reste fixé à 25 € et le plafond d'exonération URSSAF passe à 7,32 € par titre au 1er janvier 2026.
Contexte 2026 : où en est la dérogation Macron ?#
La règle d'origine, codifiée à l'article R3262-7 du Code du travail, limitait l'usage du titre-restaurant aux préparations alimentaires directement consommables. La loi n° 2022-1158 du 16 août 2022, dite "loi pouvoir d'achat" portée par Bruno Le Maire, a élargi temporairement le périmètre à tout produit alimentaire jusqu'au 31 décembre 2023, puis prorogé jusqu'au 31 décembre 2024.
La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025, votée à l'unanimité au Sénat le 16 janvier 2025 après adoption à l'Assemblée le 21 novembre 2024, a prolongé cette dérogation jusqu'au 31 décembre 2026. Au 17 mai 2026, la mesure est donc toujours en vigueur. Une réforme structurelle est en cours d'arbitrage, mais aucun texte définitif n'a été publié à cette date.
Récemment, un dirigeant de PME industrielle nous a sollicités pour fiabiliser son barème titres-restaurant après le passage du plafond URSSAF à 7,32 €. La principale alerte n'était pas la valeur faciale mais l'écart entre la note interne RH (qui parlait encore de l'ancien périmètre 2022) et ce que les salariés constataient en caisse. Ce décalage entre règle juridique et communication interne reste, en 2026, l'erreur la plus fréquente.
Quels produits sont éligibles au titre-restaurant en 2026 ?#
Tant que la dérogation s'applique (jusqu'au 31/12/2026), un salarié peut payer avec son titre-restaurant tout produit alimentaire vendu dans un commerce assimilé, qu'il soit directement consommable ou non.
Sont notamment éligibles :
- les plats préparés (sandwichs, salades, quiches, plats cuisinés frais ou surgelés) ;
- les fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve ;
- les produits laitiers (yaourts, fromages, lait) ;
- la viande, le poisson et la volaille crus, sous vide ou surgelés ;
- les féculents non préparés (riz, pâtes, farine, légumes secs) ;
- le pain, les céréales, les conserves, les œufs ;
- les boissons non alcoolisées (eau, jus, café, thé).
Restent exclus quel que soit le commerçant :
- les boissons alcoolisées (vin, bière, spiritueux), y compris vendues au rayon caves ;
- la confiserie, biscuiterie sucrée et chocolat considérés comme non alimentaires de base ;
- les produits non alimentaires (entretien, hygiène, animalerie, croquettes, presse) ;
- le tabac.
Atome citable. Au 17 mai 2026, la dérogation "tout produit alimentaire" reste en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026 (loi n° 2025-56). Au 1er janvier 2027, sauf nouveau texte, l'usage retombera sur le seul périmètre "préparations directement consommables" de l'article R3262-7 CT.
Où peut-on utiliser un titre-restaurant ?#
L'enseigne doit être affiliée au dispositif. Les commerces autorisés sont :
- les restaurants (traditionnels, rapides, restauration collective) et brasseries ;
- les boulangeries, charcuteries, traiteurs, salons de thé ;
- les commerces de détail alimentaire (épiceries, supérettes, supermarchés, hypermarchés) ;
- les marchés alimentaires déclarés ;
- les détaillants en fruits et légumes.
La station-service avec rayon alimentaire est éligible pour la partie alimentaire uniquement, jamais pour le carburant.
Plafond, jours, géographie : les règles d'usage 2026#
| Règle | Plafond / cadre 2026 | Référence |
|---|---|---|
| Plafond journalier d'utilisation | 25 € par jour (depuis 01/10/2022) | Décret n° 2022-1266 |
| Exonération URSSAF / IR (part employeur) | 7,32 € par titre au 1er janvier 2026 | URSSAF, BOI-RSA-CHAMP-20-50-20 |
| Contribution patronale exonérée | 50 % à 60 % de la valeur faciale | Art. L3262-6 CT |
| Valeur faciale optimisée | 12,20 € à 14,64 € | Calcul direct du plafond exo |
| Validité géographique | Département d'activité + départements limitrophes | Art. R3262-9 CT |
| Jours d'utilisation | Jours ouvrables, hors dimanches et jours fériés sauf décision contraire de l'employeur pour les salariés y travaillant | Art. R3262-8 CT |
| Validité du titre papier | Année civile d'émission + 2 mois (jusqu'au 28/02 N+1) | Art. R3262-5 CT |
| Validité titre dématérialisé | Solde remis à zéro chaque 1er mars | Pratique émetteurs |
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Qui peut bénéficier des titres-restaurant en 2026 ?#
L'attribution suppose un lien de subordination et une journée de travail comportant une pause-repas. Les bénéficiaires sont :
- Tous les salariés en CDI, CDD, alternance, apprentissage (sous condition de pause repas dans la journée travaillée) ;
- Les stagiaires dès lors qu'ils sont présents au moment de la pause déjeuner ;
- Les télétravailleurs, sans distinction avec les salariés en présentiel (jurisprudence + URSSAF), tant qu'ils ne disposent pas d'une cantine ou d'un restaurant d'entreprise ;
- Les dirigeants assimilés salariés (président de SAS/SASU, gérant minoritaire de SARL) uniquement s'ils cumulent un contrat de travail réel avec lien de subordination, distinct du mandat social ;
- Les mandataires sociaux rémunérés au titre de leur mandat sont également éligibles dès lors que tous les salariés de l'entreprise en bénéficient (URSSAF, doctrine 2024).
Cas particuliers#
Dirigeant TNS (gérant majoritaire SARL, EI, EURL à l'IR). Non éligible au titre-restaurant en tant que tel. La déduction des frais de repas se fait alors par les frais de repas et fiscalité 2026 (BOI-BNC-BASE-40-60-60 pour les BNC), avec un seuil minimum et un plafond annuel d'exonération forfaitaire.
Président de SASU sans contrat de travail. Le mandat social seul ne donne pas droit aux titres-restaurant, sauf à étendre formellement le dispositif au mandataire dans les mêmes conditions que les salariés. Voir notre analyse charges sociales en SASU pour cadrer le package global.
Télétravailleur à temps plein. Droit identique à celui d'un salarié sur site. Le télétravail n'est pas un motif de retrait. Si l'entreprise ne distribue pas de titres aux télétravailleurs alors qu'elle en distribue aux présentiels, le risque de redressement URSSAF et de contentieux prud'homal est réel.
Apprenti et stagiaire. Éligibles dans les mêmes conditions que les salariés. Le coût employeur doit être anticipé dans l'enveloppe RH.
Salarié à temps partiel. Un titre par jour effectivement travaillé comportant une pause-repas. Pas de double titre sur une journée fractionnée.
Salarié en déplacement. Le titre-restaurant peut être cumulé avec une note de frais repas uniquement si le déplacement empêche objectivement le retour habituel sur le lieu de travail et si la convention collective ou la note de frais ne l'interdit pas. Sinon, c'est l'un ou l'autre.
Notre analyse d'expert-comptable#
Chez Hayot Expertise, nous voyons en 2026 deux écueils récurrents chez les employeurs.
Le premier est documentaire : la note RH n'a pas été actualisée depuis 2022. Les salariés continuent à croire que la liste élargie va expirer "bientôt", alors qu'elle court jusqu'au 31/12/2026. À l'inverse, certaines équipes appliquent encore la liste restrictive d'avant 2022. Une note de 10 lignes datée du jour, citant la loi du 21 janvier 2025, résout 80 % des questions.
Le second est paie : le passage du plafond d'exonération URSSAF à 7,32 € au 1er janvier 2026 a rendu obsolètes les barèmes qui ciblaient encore l'ancien plafond. Un employeur qui maintient une contribution patronale à 6,50 € avec une valeur faciale à 11 € laisse mécaniquement environ 0,80 € d'exonération sociale et fiscale sur la table chaque jour et par salarié — soit, sur 220 jours par an et 30 salariés, plus de 5 000 € d'exonération non capturée. Recalibrer la valeur faciale à 12,20 € (contribution patronale 60 % = 7,32 €) ou 14,64 € (50 % = 7,32 €) maximise l'avantage social sans surcoût net.
Sur la fraude, la CNTR rappelle que le titre est strictement personnel : il ne peut être ni cédé, ni utilisé par un tiers, ni utilisé pour autre chose qu'un repas. Le contrôle se fait principalement par les émetteurs (Edenred, Pluxee, Swile, Bimpli, Up) via la limite quotidienne carte et les MCC (Merchant Category Codes) bloqués.
Conseil Hayot Expertise. Datez votre note interne titres-restaurant du jour où vous la diffusez et mentionnez explicitement la loi du 21 janvier 2025. Calez la valeur faciale entre 12,20 € et 14,64 € selon votre taux de contribution patronale cible (60 % ou 50 %) pour capter l'intégralité du plafond d'exonération URSSAF 2026 (7,32 €). Ces deux gestes coûtent une heure de paramétrage et sécurisent à la fois la conformité et l'optimisation sociale.
Points de vigilance et erreurs courantes#
- Confondre la liste légale et la liste commerçant. L'enseigne peut paramétrer une liste plus restrictive à la caisse via les MCC : un produit légalement éligible peut être refusé localement, sans recours.
- Oublier le plafond de 25 €. Le dépassement bloque la carte sur la journée. Le solde non utilisé n'est jamais perdu, mais il est lissé sur les jours suivants.
- Distribuer des titres pour des jours non travaillés (congés, RTT, arrêt maladie) : redressement URSSAF certain, car le titre est conditionné à une journée travaillée avec pause-repas.
- Sous-financer la part patronale (<50 %). L'exonération est perdue intégralement.
- Sur-financer la part patronale (>60 %). La fraction excédentaire est réintégrée en salaire brut, avec cotisations.
- Oublier les télétravailleurs. Discrimination caractérisée.
- Servir des titres au dirigeant TNS. Non éligible par construction.
- Ne pas mentionner explicitement la dérogation dimanche/jours fériés pour les salariés du commerce, de la santé ou de l'HCR : le titre est inutilisable à défaut.
À retenir#
- La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 prolonge jusqu'au 31 décembre 2026 l'usage des titres-restaurant pour tout produit alimentaire, y compris non immédiatement consommable.
- Le plafond journalier d'utilisation reste à 25 €, le plafond d'exonération URSSAF passe à 7,32 € par titre au 1er janvier 2026.
- La valeur faciale optimale se situe entre 12,20 € (60 % patronal) et 14,64 € (50 % patronal) pour capter toute l'exonération.
- Les télétravailleurs sont éligibles à l'identique des salariés sur site ; les dirigeants TNS ne le sont pas.
- L'alcool, la confiserie sucrée, les produits non alimentaires et le tabac restent exclus, quel que soit le commerçant.
- Datez et actualisez la note interne RH au moins une fois par an pour aligner règle légale, paramétrage paie et perception salarié.
Sources officielles#
- LOI n° 2025-56 du 21 janvier 2025 prolongeant la dérogation d'usage des titres-restaurant (Légifrance)
- Code du travail, articles R3262-4 à R3262-11 (Légifrance)
- URSSAF - Les titres-restaurant (frais professionnels)
- CNTR - Prolongation jusqu'au 31 décembre 2026
- Service-Public - Comment obtenir et utiliser des titres-restaurant ?
- Economie.gouv.fr - Titres-restaurant : les 5 informations à connaître
Questions fréquentes
Puis-je acheter tous les produits alimentaires avec un ticket-resto ?
La règle 2026 est large jusqu'au 31 décembre 2026, mais elle n'est pas illimitée. Elle dépend du produit, du cadre public et du réglage du commerçant. En pratique, il faut donc vérifier à la fois l'éligibilité du produit et son acceptation réelle à la caisse.
Le commerçant peut-il refuser un produit pourtant éligible ?
Oui, dans la pratique, un commerçant peut conserver une configuration plus restrictive à la caisse. C'est souvent ce qui explique les différences entre enseignes ou entre points de vente, alors que le cadre général reste identique.
Pourquoi faut-il traiter ça côté paie ?
Parce que le ticket-resto est aussi un élément de rémunération accessoire et de traitement social. Si la participation patronale, le paramétrage ou l'information interne est mal géré, la paie peut devenir moins fiable et l'avantage moins lisible.
Faut-il mettre à jour les règles internes en 2026 ?
Oui. Si la documentation interne parle encore de l'ancien périmètre restrictif, les salariés vont continuer à raisonner avec une règle dépassée. Un support court, à jour et daté est souvent le meilleur moyen d'éviter les erreurs de compréhension.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - LOI n° 2025-56 du 21 janvier 2025 prolongeant la dérogation d'usage des titres-restaurant
- Légifrance - Code du travail, articles R3262-4 à R3262-11 (utilisation des titres-restaurant)
- Service-Public - Comment obtenir et utiliser des titres-restaurant ?
- URSSAF - Les titres-restaurant (frais professionnels)
- CNTR - Prolongation de la mesure sur les produits éligibles jusqu'au 31 décembre 2026
- Economie.gouv.fr - Titres-restaurant : les 5 informations à connaître
- Service-Public Entreprendre - Titres-restaurant : augmentation du plafond d'exonération
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