Les primes sont-elles imposables en 2026 ? Guide fiscal et social complet
En 2026, toute prime versée par l'employeur est imposable par défaut, sauf exonération textuelle expresse. PPV, intéressement, participation, forfait mobilités durables, titres-restaurant : le régime exact diffère selon la nature de la prime, le profil du salarié et les plafonds en vigueur. Ce guide détaille les règles, les seuils 2026, le traitement CSG/CRDS et les obligations DSN pour sécuriser chaque versement.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : les primes sont-elles imposables en 2026 ?#
À jour au 18 juillet 2026. Oui : par principe, une prime salariale est imposable et soumise aux cotisations et à la CSG/CRDS (article 79 du CGI). Seuls certains dispositifs encadrés y échappent, en tout ou partie : PPV, intéressement, participation, forfait mobilités durables, titres-restaurant, heures supplémentaires et pourboires, dans des plafonds et conditions précis pour 2026.
Mis à jour le 18 juillet 2026. Rédigé par Samuel HAYOT, expert-comptable.
Au sommaire : la liste des primes toujours imposables, celle des primes exonérées en tout ou partie, le tableau de synthèse 2026 avec les plafonds, le traitement de la CSG/CRDS et les obligations DSN.
Quel est le régime fiscal de droit commun d'une prime ?#
L'article 79 du CGI pose le principe : les traitements, salaires, indemnités et émoluments constituent des revenus imposables dans la catégorie des traitements et salaires. Une prime versée par l'employeur entre dans cette catégorie sans distinction de dénomination. Qu'elle s'appelle prime de résultat, prime de 13e mois, prime d'ancienneté ou prime exceptionnelle, elle suit le même régime que le salaire de base.
Du côté social, l'article L242-1 du Code de la sécurité sociale précise que les cotisations patronales et salariales sont assises sur toutes les sommes versées aux travailleurs en contrepartie ou à l'occasion du travail. La prime entre donc aussi dans l'assiette des cotisations de sécurité sociale, d'assurance chômage et de retraite complémentaire, sauf dérogation légale.
Ce que cela signifie concrètement : toute prime dont vous ne pouvez pas citer le texte d'exonération applicable est imposable : et cette charge ne disparaît pas parce que vous l'appelez « gratification » ou « bonus exceptionnel ».
Pourquoi confond-on exonération de cotisations et exonération d'impôt ?#
C'est l'erreur la plus fréquente dans les dossiers paie que nous examinons. Les deux régimes sont administrés par des autorités différentes, suivent des règles différentes et n'ont pas les mêmes plafonds.
| Dimension | Exonération de cotisations sociales | Exonération d'impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Cadre légal | Art. L242-1 CSS, textes URSSAF | Art. 79 et 81 CGI, BOFiP |
| Autorité | URSSAF | Direction générale des finances publiques |
| Conséquence d'un dépassement | Redressement URSSAF | Rehaussement IR / amende paie |
| Exemple : PPV ≤ 3 000 € | Exonérée | Exonérée seulement si salarié < 3 SMIC |
Une prime peut être exonérée de cotisations sociales mais rester soumise à l'impôt sur le revenu. L'inverse est théoriquement possible mais rare. Ne jamais présumer que l'une entraîne l'autre.
Quelles primes sont pleinement imposables en 2026 ?#
Les primes ci-dessous sont soumises aux cotisations sociales, à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu via le prélèvement à la source, sans plafond ni condition particulière :
- Prime sur objectifs ou de performance (individuelle ou collective)
- Prime de 13e mois : contractuelle ou conventionnelle
- Prime d'ancienneté
- Prime exceptionnelle volontaire (prime de vacances, prime de fin d'année, prime de résultats)
- Prime conventionnelle prévue par la convention collective mais sans régime fiscal spécifique
- Bonus de recrutement ou prime de fidélisation non couverts par un accord
Pour ces primes, la DSN doit les déclarer avec le code nature de rémunération habituel. Le bulletin de paie doit les faire apparaître dans l'assiette brute soumise aux cotisations.
Primes partiellement ou totalement exonérées : les règles 2026#
Prime de partage de la valeur (PPV)#
Successeur de la « prime Macron », la PPV est le dispositif d'exonération le plus sollicité en 2026. Son régime complet, ses plafonds par situation et son calendrier 2026-2027 font l'objet d'une page dédiée : Prime Macron 2026. Ce qui suit se limite à la place de la PPV parmi les autres primes. Son régime, pérennisé par la loi du 29 novembre 2023, prévoit deux niveaux d'exonération de cotisations sociales :
- 3 000 € par an en l'absence d'accord d'intéressement ou de participation
- 6 000 € par an si l'entreprise applique un dispositif d'intéressement (lorsqu'elle est soumise à l'obligation de mettre en place la participation) ou un dispositif d'intéressement ou de participation volontaire (lorsqu'elle n'y est pas soumise), en vigueur à la date de versement ou conclu au titre du même exercice. Les associations et fondations reconnues d'utilité publique ou d'intérêt général et les ESAT sont dispensés de cette condition
L'exonération de cotisations s'applique à tous les salariés dans ces limites. Le sort de l'impôt sur le revenu et de la CSG/CRDS dépend, lui, de la taille de l'entreprise et du niveau de rémunération. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, pour un salarié dont la rémunération annuelle brute est inférieure à 3 SMIC sur les 12 mois précédant le versement, la PPV versée jusqu'au 31 décembre 2026 est totalement exonérée : cotisations, CSG/CRDS et impôt sur le revenu. En dehors de ce cas (salarié au-delà de 3 SMIC, ou entreprise d'au moins 50 salariés), la prime reste exonérée de cotisations dans les plafonds, mais la CSG/CRDS (taux global de 9,70 % sur une assiette réduite à 98,25 %) est due et le montant intègre le revenu imposable soumis au prélèvement à la source.
À compter du 1er janvier 2027, ce régime renforcé prend fin : la PPV redevient soumise à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu pour l'ensemble des salariés (elle reste exonérée de cotisations dans les limites de 3 000 € ou 6 000 €), sauf affectation à un plan d'épargne salariale. Dans les entreprises d'au moins 250 salariés, un forfait social de 20 % est par ailleurs dû par l'employeur sur la fraction exonérée de cotisations mais soumise à CSG. Le versement peut être fractionné jusqu'à quatre fois par année civile.
Intéressement et participation#
Ces deux dispositifs collectifs bénéficient d'un régime fiscal et social favorable, mais sous conditions strictes de mise en place.
Pour l'intéressement, l'exonération d'impôt sur le revenu suppose que le salarié affecte les sommes à un plan d'épargne salariale ou retraite (PEE, PEG, PEI, Pereco ou Pero) dans les 15 jours suivant leur versement, dans la limite de 36 045 € en 2026 (75 % du plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 €). Perçu immédiatement en numéraire, l'intéressement reste soumis à l'impôt sur le revenu.
| Dispositif | Cotisations sociales | CSG/CRDS | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|---|
| Intéressement (versé sur PEE) | Exonéré | Dû | Exonéré |
| Intéressement (versé en numéraire) | Exonéré | Dû | Imposable |
| Participation (bloquée 5 ans ou PEE) | Exonérée | Due | Exonérée |
| Participation (débloquée) | Exonérée | Due | Imposable |
| Abondement employeur PEE | Exonéré | Dû | Exonéré |
L'intéressement et la participation nécessitent un accord formel déposé auprès de la DREETS. En l'absence d'accord valide, les sommes versées perdent leur régime préférentiel et redeviennent des primes imposables ordinaires : source de redressements URSSAF significatifs.
Pour une analyse complète des mécanismes d'intéressement et participation, consultez notre guide Intéressement et participation en PME 2026.
Prime de transport et forfait mobilités durables#
Deux dispositifs coexistent pour la prise en charge des trajets domicile-travail :
- Remboursement des abonnements de transports publics : obligation légale à hauteur de 50 % minimum, exonération totale de cotisations et d'IR sur ce remboursement obligatoire (le seuil de 50 % n'est pas un plafond d'exonération, c'est un plancher légal)
- Forfait mobilités durables (FMD) : prise en charge facultative des trajets à vélo, covoiturage ou trottinette. Le plafond d'exonération sociale et fiscale 2026 est de 600 € par an et par salarié, porté à 900 € par an en cas de cumul avec la prise en charge des abonnements de transport public
Une prime carburant versée sans rattachement à un dispositif légal précis n'est pas exonérée. Elle suit le régime général de la rémunération.
Titres-restaurant#
La contribution patronale est exonérée de cotisations et d'IR si elle respecte trois conditions cumulatives :
- Part patronale comprise entre 50 % et 60 % de la valeur faciale
- Valeur faciale n'excédant pas le double du plafond d'exonération
- Plafond d'exonération fixé à 7,32 € par titre en 2026 (contre 7,26 € en 2025)
La fraction dépassant ce seuil est réintégrée dans l'assiette des cotisations et de l'IR.
Chèques vacances#
La participation de l'employeur aux chèques vacances bénéficie d'une exonération de cotisations patronales dans la limite de 30 % du SMIC mensuel brut par an et par salarié, soit 560,11 € en 2026 (SMIC mensuel de 1 867,02 € au 1er juin 2026, multiplié par 30 %). Cette exonération est réservée aux entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de CSE. S'y ajoutent deux conditions : l'attribution doit bénéficier en priorité aux rémunérations les plus faibles et ne pas se substituer à un élément de salaire existant. La contribution reste par ailleurs soumise à la CSG/CRDS et au versement mobilité.
Trois dispositifs complètent le panorama des primes à régime particulier en 2026.
Heures supplémentaires : exonération d'impôt jusqu'à 7 500 € par an+
La rémunération des heures supplémentaires et complémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an et par salarié. S'y ajoute une réduction de cotisations salariales sur ces heures. Au-delà de ce plafond annuel, la fraction excédentaire redevient imposable dans la catégorie des traitements et salaires.
Pourboires : exonération prolongée jusqu'au 31 décembre 2028+
Les pourboires remis aux salariés en contact avec la clientèle sont exonérés d'impôt sur le revenu comme de cotisations et contributions sociales (CSG/CRDS comprises). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103) a prolongé ce régime jusqu'au 31 décembre 2028. Condition : une rémunération mensuelle inférieure à 1,6 SMIC, appréciée mois par mois, soit 2 987,23 € brut depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (2 916,85 € pour les mois antérieurs, SMIC du 1er janvier 2026).
Prime carburant hors dispositif : aucune exonération+
Une prime carburant versée sans rattachement au forfait mobilités durables ou à la prise en charge encadrée des transports est un complément de rémunération : elle est soumise aux cotisations, à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu. Les véhicules thermiques personnels ne sont d'ailleurs pas éligibles au FMD.
Tableau de synthèse : primes et avantages 2026#
Liste des primes imposables en 2026 :
- Prime sur objectifs ou de performance : aucun texte d'exonération
- Prime de 13e mois : même régime que le salaire de base
- Prime d'ancienneté : cotisations, CSG/CRDS et impôt sur le revenu
- Prime exceptionnelle volontaire (vacances, fin d'année, résultats) : imposable en totalité
- Bonus de recrutement ou prime de fidélisation hors accord : régime de droit commun
- Prime carburant versée hors dispositif légal : complément de rémunération classique
- PPV versée à un salarié d'au moins 3 SMIC ou dans une entreprise d'au moins 50 salariés : imposable à l'IR (exonérée de cotisations dans les plafonds)
Liste des primes non imposables ou partiellement exonérées en 2026 :
- PPV : exonération totale (cotisations, CSG/CRDS, IR) si entreprise de moins de 50 salariés et salarié sous 3 SMIC, jusqu'au 31 décembre 2026
- Intéressement placé sur un plan d'épargne sous 15 jours : exonéré d'IR jusqu'à 36 045 €
- Participation bloquée 5 ans ou placée sur un plan d'épargne : exonérée d'IR jusqu'à 36 045 € (CSG/CRDS dues)
- Heures supplémentaires : exonérées d'IR jusqu'à 7 500 € par an
- Pourboires : exonérés jusqu'au 31 décembre 2028 si rémunération inférieure à 1,6 SMIC
- Titres-restaurant : part patronale exonérée jusqu'à 7,32 € par titre
- Forfait mobilités durables : jusqu'à 600 € par an (900 € en cumul avec un abonnement de transport public)
- Chèques vacances : exonération de cotisations patronales jusqu'à 560,11 €, dans les entreprises de moins de 50 salariés sans CSE
| Prime ou avantage | Cotisations sociales | CSG/CRDS | Impôt sur le revenu | Plafond 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Prime sur objectifs, 13e mois, ancienneté | Soumise | Due | Imposable | Aucun |
| Prime exceptionnelle volontaire | Soumise | Due | Imposable | Aucun |
| PPV, entreprise < 50 salariés et salarié < 3 SMIC (jusqu'au 31/12/2026) | Exonérée | Exonérée | Exonérée | 3 000 € / 6 000 € |
| PPV, autres cas (3 SMIC ou plus, ou entreprise d'au moins 50 salariés) | Exonérée | Due | Imposable | 3 000 € / 6 000 € |
| Intéressement versé sur PEE | Exonéré | Dû | Exonéré | 36 045 € (2026) |
| Participation bloquée / PEE | Exonérée | Due | Exonérée | 36 045 € (2026) |
| Titres-restaurant (dans la limite) | Exonérée | Exonérée | Exonérée | 7,32 € / titre |
| Forfait mobilités durables | Exonérée | Exonérée | Exonérée | 600 € (900 € en cumul) / an |
| Chèques vacances (part patronale, moins de 50 salariés sans CSE) | Exonérée (patronale) | Due | Exonérée | 560,11 € / an |
| Prime carburant non encadrée | Soumise | Due | Imposable | Aucun |
Comment la CSG/CRDS s'applique-t-elle aux primes exonérées ?#
La CSG et la CRDS constituent un prélèvement distinct des cotisations de sécurité sociale. Elles sont dues sur la quasi-totalité des primes, y compris celles exonérées de cotisations : c'est le cas de la PPV, de l'intéressement et de la participation. Le taux global est de 9,7 % sur une assiette réduite à 98,25 % de la somme versée.
Certaines sommes échappent à la CSG/CRDS : le forfait mobilités durables et les titres-restaurant dans leurs limites légales, les cadeaux et bons d'achat du CSE dans les tolérances Urssaf, ou encore le remboursement de frais professionnels justifiés. Cette liste n'est pas exhaustive et chaque dispositif obéit à ses propres conditions.
Point de vigilance : la CSG non déductible (2,4 %) pèse sur le salarié et réduit l'avantage net d'une prime exonérée d'IR. Ne pas l'omettre dans le calcul de l'avantage réel.
Obligations DSN : comment déclarer les primes exonérées ?#
La DSN (déclaration sociale nominative) est le canal de déclaration mensuel de toutes les rémunérations. Chaque type de prime requiert une rubrique et un code spécifiques :
- Primes imposables ordinaires : code nature de rémunération habituel (01 ou selon convention DSIJ)
- PPV : code dédié : la fraction exonérée de cotisations doit être isolée sur une rubrique distincte
- Intéressement et participation : déclarés avec leurs propres codes régime et nature, distincts du salaire ordinaire
- Titres-restaurant et FMD : en général exclus de la DSN si dans les limites légales, mais à vérifier selon le logiciel de paie
Une erreur de codification DSN peut entraîner un recalcul des droits du salarié (retraite, indemnités chômage, maladie) et un rappel de cotisations lors d'un contrôle.
Notre lecture : le risque sous-estimé en matière de primes#
Dans les dossiers paie que nous reprenons, deux situations créent la majorité des difficultés lors des contrôles URSSAF.
La première est le versement d'une PPV sans vérification préalable du niveau de rémunération du salarié. Un DRH verse la prime à tous les collaborateurs en présumant que tous sont sous le seuil de 3 SMIC. Il oublie les cadres supérieurs ou les salariés en temps partiel dont le taux horaire dépasse le seuil une fois annualisé. Résultat : une partie de la prime devait être intégrée au revenu imposable, et le net fiscal déclaré est incorrect.
La seconde est la confusion entre prime carburant et forfait mobilités durables. Une prime carburant versée sans être rattachée au dispositif légal FMD n'est pas exonérée. Nous avons vu plusieurs entreprises cotiser insuffisamment sur des primes carburant annoncées comme « exonérées » parce que le label FMD avait été appliqué sans que les conditions de fond soient réunies (notamment : les modes de transport éligibles ne comprennent pas les véhicules thermiques personnels).
Arbitrage. Pour un salarié dont la rémunération dépasse 3 SMIC, la PPV reste intéressante (exonération de cotisations) mais son avantage fiscal net est moindre qu'annoncé. L'intéressement versé sur PEE reste alors souvent plus efficace sur le plan fiscal global, au prix d'une indisponibilité temporaire des fonds.
Le tableau ci-dessous résume la bascule de régime de la PPV à surveiller de près.
| Situation | Cotisations sociales | CSG/CRDS | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|---|
| Jusqu'au 31/12/2026, entreprise < 50 salariés, salarié < 3 SMIC | Exonérée | Exonérée | Exonérée |
| Jusqu'au 31/12/2026, autres cas (3 SMIC ou plus, ou entreprise d'au moins 50 salariés) | Exonérée | Due | Imposable |
| À compter du 01/01/2027, tous les salariés | Exonérée | Due | Imposable |
Dans les entreprises d'au moins 250 salariés, un forfait social de 20 % reste dû par l'employeur sur la fraction exonérée de cotisations mais soumise à CSG. Les plafonds d'exonération de cotisations demeurent 3 000 € ou 6 000 € par an.
Exemple chiffré : quel net pour une prime de 2 000 € ?#
Prenons un salarié cadre dont le salaire brut mensuel est de 4 500 €. Son employeur lui verse une prime de 2 000 €.
Cas 1 : Prime de performance ordinaire (soumise à tout) :
- Cotisations salariales (environ 22 %) : -440 €
- CSG/CRDS (9,7 % sur 98,25 %) : -191 €
- Net avant IR : 1 369 €
- Prélèvement à la source (taux supposé 11 %) : -151 €
- Net encaissé estimé : 1 218 €
Cas 2 : PPV pour ce même salarié (rémunération > 3 SMIC) :
- Cotisations salariales : 0 €
- CSG/CRDS : -191 €
- Net avant IR : 1 809 €
- Prélèvement à la source (11 %, car imposable à l'IR) : -199 €
- Net encaissé estimé : 1 610 €
Cas 3 : PPV pour un salarié < 3 SMIC dans une entreprise de moins de 50 salariés (versement jusqu'au 31/12/2026) :
- Cotisations salariales : 0 €
- CSG/CRDS : 0 € (exonérée)
- Impôt sur le revenu : 0 € (exonéré)
- Net encaissé : 2 000 € (net égal au brut, exonération totale)
Ces estimations sont indicatives et dépendent du taux de prélèvement à la source individuel, de la situation personnelle du salarié et des conventions collectives applicables. Elles illustrent l'ordre de grandeur des écarts, non un résultat garanti.
Ce que l'employeur doit conserver#
Pour sécuriser un régime d'exonération lors d'un contrôle URSSAF ou d'une vérification fiscale :
- Accord d'entreprise ou décision unilatérale de l'employeur formalisée par écrit
- Registre du personnel permettant de vérifier le niveau de rémunération des bénéficiaires pour la PPV
- Bulletin de paie avec rubrique dédiée et régime d'exonération identifié
- DSN avec les codes corrects
- Pour le FMD : attestation du salarié sur les modes de transport utilisés
- Pour les chèques vacances et cadeaux : justificatif d'événement et bordereau d'attribution
Primes et politique de rémunération : les liens à connaître#
Le choix du type de prime s'intègre dans une politique de rémunération plus large. Selon la taille de l'entreprise et sa situation, il peut être utile de comparer :
- la PPV pour un versement rapide et ponctuel : voir notre guide PPV 2026 pour l'employeur
- l'intéressement et la participation pour un dispositif collectif durable : voir Intéressement et participation en PME 2026
- la rupture conventionnelle et ses indemnités, qui obéissent à un régime fiscal encore différent : voir Procédure de rupture conventionnelle
Pour tout ce qui concerne la prime Macron dans sa version 2025-2026, consultez notre analyse Prime Macron 2026.
Vous souhaitez sécuriser le traitement d'une prime ?#
Avant tout versement, la qualification précise de la prime et la vérification des conditions d'exonération sont indispensables. Un libellé sur le bulletin ne suffit pas : c'est le fondement juridique, le niveau de rémunération du salarié et la conformité des accords internes qui déterminent le régime applicable.
Cet article est rédigé à titre d'information générale. Il ne se substitue pas à une analyse de votre situation spécifique, de vos accords d'entreprise et de la réglementation en vigueur à la date du versement. Consultez votre expert-comptable ou un gestionnaire de paie avant tout versement.
Questions fréquentes
Une prime de 13e mois est-elle imposable en 2026 ?
Oui, une prime de 13e mois est soumise aux cotisations sociales, à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu au même titre que le salaire ordinaire. Elle entre dans la catégorie des traitements et salaires au sens de l'article 79 du CGI. Aucun texte n'en prévoit l'exonération. Elle doit figurer dans l'assiette brute soumise aux cotisations et dans le net fiscal déclaré via la DSN.
La prime de partage de la valeur (PPV) est-elle exonérée d'impôt sur le revenu pour tous les salariés ?
Non. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, la PPV versée jusqu'au 31 décembre 2026 à un salarié dont la rémunération annuelle brute reste inférieure à 3 SMIC est totalement exonérée : cotisations, CSG/CRDS et impôt sur le revenu. En dehors de ce cas (salarié atteignant ou dépassant 3 SMIC, ou entreprise d'au moins 50 salariés), la PPV reste exonérée de cotisations dans la limite de 3 000 € ou 6 000 €, mais la CSG/CRDS (9,70 % sur 98,25 %) est due et le montant est soumis à l'impôt sur le revenu. À compter du 1er janvier 2027, la CSG/CRDS et l'impôt redeviennent dus pour l'ensemble des salariés.
L'intéressement est-il exonéré d'impôt si le salarié le perçoit en numéraire ?
Non. L'intéressement bénéficie de l'exonération d'impôt sur le revenu uniquement s'il est affecté à un plan d'épargne entreprise (PEE) ou un PERCO. S'il est versé directement en numéraire, il est exonéré de cotisations sociales mais intégré dans le revenu imposable du salarié. Dans tous les cas, la CSG et la CRDS restent dues sur 98,25 % du montant. Un accord formel déposé auprès de la DREETS est indispensable pour bénéficier du régime social favorable.
Comment une prime exonérée doit-elle être déclarée dans la DSN ?
Une prime exonérée doit être déclarée avec un code nature de rémunération spécifique dans la DSN. La PPV dispose de son propre code permettant d'isoler la fraction exonérée de cotisations. L'intéressement et la participation sont déclarés avec leurs codes régime dédiés, distincts du salaire ordinaire. Une erreur de codification peut entraîner un calcul erroné des droits du salarié (retraite, chômage) et un rappel de cotisations lors d'un contrôle URSSAF. Le paramétrage doit être validé par le gestionnaire de paie ou l'expert-comptable avant le premier versement.
La CSG/CRDS est-elle due sur les primes exonérées de cotisations sociales ?
Oui, dans la quasi-totalité des cas. La CSG et la CRDS sont dues même sur les primes exonérées de cotisations sociales ordinaires, comme la PPV ou l'intéressement. Le taux global est de 9,7 % sur une assiette réduite à 98,25 % du montant brut. Seuls quelques avantages très encadrés : titres-restaurant dans les limites légales, remboursements de frais professionnels justifiés, forfait mobilités durables dans ses limites : échappent intégralement à la CSG/CRDS.
Les heures supplémentaires sont-elles imposables en 2026 ?
La rémunération des heures supplémentaires et complémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an et par salarié, avec en outre une réduction de cotisations salariales. Au-delà de ce plafond annuel, la fraction excédentaire redevient imposable dans la catégorie des traitements et salaires. Le dispositif ne concerne que les heures effectuées au-delà de la durée légale ou contractuelle.
Les pourboires sont-ils imposables en 2026 ?
Non, sous conditions. Les pourboires remis aux salariés en contact avec la clientèle sont exonérés d'impôt sur le revenu ainsi que de cotisations et contributions sociales, CSG/CRDS comprises. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103) a prolongé ce régime jusqu'au 31 décembre 2028. La rémunération mensuelle du salarié doit rester inférieure à 1,6 SMIC, soit 2 987,23 € brut depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (2 916,85 € pour les mois antérieurs).
Une prime sur objectifs est-elle imposable ?
Oui, intégralement. Une prime sur objectifs, de performance ou de rendement est un complément de rémunération versé en contrepartie du travail : elle entre dans l'assiette des cotisations sociales (article L242-1 du Code de la sécurité sociale), supporte la CSG/CRDS et s'ajoute au revenu imposable dans la catégorie des traitements et salaires (article 79 du CGI). Aucun texte ne lui accorde d'exonération, qu'elle soit individuelle ou collective, contractuelle ou décidée unilatéralement. Elle est soumise au prélèvement à la source au taux du salarié, le mois de son versement.
Quelle est la liste des primes non imposables en 2026 ?
Aucune prime n'échappe à l'impôt par nature : l'exonération suppose toujours un texte. Sont exonérées d'impôt sur le revenu en 2026, dans leurs limites propres : la prime de partage de la valeur, dans une entreprise de moins de 50 salariés et pour un salarié dont la rémunération reste inférieure à 3 SMIC, jusqu'au 31 décembre 2026 ; l'intéressement et la participation affectés à un plan d'épargne salariale ou retraite dans les 15 jours, jusqu'à 36 045 € en 2026 ; l'abondement de l'employeur ; le forfait mobilités durables, jusqu'à 600 € par an et 900 € en cumul avec un abonnement de transport public ; la part patronale des titres-restaurant, jusqu'à 7,32 € par titre ; les chèques vacances, dans les entreprises de moins de 50 salariés sans CSE ; les heures supplémentaires, jusqu'à 7 500 € par an ; et les pourboires, jusqu'au 31 décembre 2028, pour les salariés en contact avec la clientèle rémunérés sous 1,6 SMIC. Attention : plusieurs de ces sommes restent soumises à la CSG/CRDS.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance, CGI article 79 (traitements et salaires)
- Légifrance, CSS article L242-1 (assiette des cotisations)
- Urssaf, la prime de partage de la valeur : plafonds de 3 000 et 6 000 euros, exonération d'impôt et de CSG-CRDS pour une entreprise de moins de 50 salariés et une rémunération inférieure à 3 Smic annuels
- BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-30-10-10 : indemnités, primes et gratifications des salariés du secteur privé
- Service-Public, fiche « Intéressement » : exonération d'impôt en cas de placement sous 15 jours, dans la limite de 36 045 euros en 2026
- Service-Public Entreprendre, titres-restaurant 2026 : part patronale exonérée jusqu'à 7,32 euros par titre, participation de 50 à 60 %, valeur du titre de 12,20 à 14,64 euros
- Légifrance, CGI article 81 quater : exonération des heures supplémentaires dans une limite annuelle de 7 500 euros
- BOFiP, ACTU-2026-00064 : prorogation jusqu'au 31 décembre 2028 de l'exonération des pourboires (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 5)
- Service-Public Entreprendre, fiche F33808 : forfait mobilités durables, exonération de 600 euros par an et par salarié (900 euros en cumul avec un abonnement de transport public)
- Urssaf, les pourboires exonérés : exonération de cotisations et contributions jusqu'au 31 décembre 2028, rémunération mensuelle inférieure à 1,6 Smic
- Service-Public : régime fiscal de la participation, exonération d'impôt en cas d'affectation à un plan d'épargne, plafond 36 045 € en 2026 (fiche F2141, vérifiée le 21 juillet 2026)
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