Versement mobilité 2026 : seuil, taux, télétravail et calcul pour l'employeur
Versement mobilité 2026 : seuil 11 salariés (5 ans consécutifs), taux 3,20 % Paris petite couronne, télétravail et lieu de travail contractuel, VMRR régional, calcul pas à pas et articulation FMD.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 2026-05-26 — relu par le cabinet Hayot Expertise, expert-comptable inscrit à l'Ordre (Paris 16e).
Vous atteignez 11 salariés cette année, ou vous gérez déjà une paie au-dessus du seuil. Le versement mobilité — cotisation patronale codifiée aux articles L. 2333-64 et suivants du Code général des collectivités territoriales — peut représenter jusqu'à 3,20 % de votre masse salariale brute en région parisienne. C'est souvent le poste de cotisations sociales le moins bien surveillé dans les PME en croissance.
Ce guide 2026 aborde les quatre questions qui reviennent dans les dossiers paie : qui est vraiment assujetti, quel taux s'applique, comment le télétravail est traité administrativement, et comment calculer sa cotisation sans erreur de zone.
Qui paie le versement mobilité en 2026 ?#
Le versement mobilité est dû par tout employeur privé ou public dont l'effectif atteint au moins 11 salariés et dont des salariés exercent leur activité dans le ressort d'une autorité organisatrice de la mobilité (AOM) ayant institué cette cotisation.
Depuis la loi Pacte (2019), le franchissement du seuil de 11 salariés ne déclenche l'obligation qu'après 5 années civiles consécutives de dépassement. Si votre entreprise passe à 11 salariés pour la première fois en 2021 et maintient ce niveau jusqu'en 2025, vous devenez redevable à compter du 1er janvier 2026. Si l'effectif redescend sous le seuil durant ces 5 ans, le compteur repart à zéro.
| Condition | Conséquence |
|---|---|
| Effectif < 11 salariés | Pas de versement mobilité |
| Effectif >= 11 depuis moins de 5 ans consécutifs | Neutralisation — cotisation non due |
| Effectif >= 11 depuis 5 années civiles consécutives | Redevable à 100 % du taux à compter du 1er janvier de l'année N+1 |
| Effectif repasse < 11 une année | Fin de l'obligation ; nouveau décompte de 5 ans si remontée |
Un point souvent mal compris : la neutralisation n'est pas un lissage progressif (25 %, 50 %...). La cotisation passe directement de 0 % à 100 % du taux applicable à la 6e année. Il n'existe pas de période d'entrée en vigueur graduelle pour ce seuil.
Quelles entreprises paient le versement mobilité ?#
Toute entreprise d'au moins 11 salariés implantée dans une commune adhérant à une AOM ayant voté l'institution du versement. En pratique, cela couvre la quasi-totalité des agglomérations urbaines de France.
Deux cas d'exclusion existent : les associations à but non lucratif dont l'activité est de caractère social (sous conditions) et les employeurs situés hors ressort de toute AOM — ce qui concerne essentiellement des zones rurales sans autorité organisatrice. Depuis le 1er janvier 2026, un versement mobilité régional et rural (VMRR) a été introduit dans plusieurs régions (Bretagne, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, PACA), avec un taux plafonné à 0,15 % pour les employeurs situés hors ressort d'une AOM classique. Ce dispositif mérite d'être surveillé pour les entreprises rurales qui s'estimaient jusqu'ici exonérées.
Quel est le taux du versement mobilité en 2026 ?#
Le taux est fixé par chaque AOM dans les limites légales. Il peut évoluer le 1er janvier et le 1er juillet de chaque année. Pour connaître le taux exact applicable à votre adresse, utilisez le moteur de recherche URSSAF (urssaf.fr, rubrique « versement mobilité », recherche par code postal ou code INSEE).
| Zone AOM | Taux 2026 (indicatif — à vérifier urssaf.fr) |
|---|---|
| Île-de-France Mobilités — Paris + petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) | 3,20 % (depuis février 2024) |
| Île-de-France Mobilités — grande couronne | ~2,01 % (à vérifier) |
| SYTRAL Métropole (Lyon) | ~2,00 % (à vérifier) |
| RTM Marseille | ~1,80 % (à vérifier) |
| Toulouse Métropole | ~1,90 % (à vérifier) |
| Bordeaux Métropole | ~1,80 % (à vérifier) |
| Nantes Métropole | ~1,80 % (à vérifier) |
| Strasbourg Eurométropole | ~1,80 % (à vérifier) |
| Métropole Européenne de Lille (MEL) | ~1,80 % (à vérifier) |
| Communes < 100 000 hab. avec AOM | 0,55 % à 1,00 % (à vérifier) |
| VMRR (zones rurales, régions participantes) | max 0,15 % |
Notre lecture. Le taux parisien a été porté de 2,95 % à 3,20 % en février 2024, sur la base de l'article 139 de la loi de finances pour 2024. C'est un écart de 0,25 point sur toute la masse salariale : pour une PME de 20 personnes à Paris avec 1,5 M€ de masse salariale annuelle, cela représente 3 750 € de cotisation supplémentaire par rapport à l'ancien taux. Les cabinets qui ont tardé à mettre à jour le paramètre DSN se sont exposés à des rappels de cotisations.
Comment calculer le versement mobilité ?#
Le calcul est linéaire. L'assiette est la rémunération soumise aux cotisations d'assurance maladie patronale — soit en pratique la totalité du salaire brut, sans plafond de Sécurité sociale. Les avantages en nature et remboursements de frais professionnels régulièrement exclus de l'assiette SS sont également exclus ici.
Étapes de calcul#
- Identifier l'établissement de rattachement de chaque salarié (ville, code postal).
- Vérifier que cet établissement est dans le ressort d'une AOM ayant institué le versement.
- Récupérer le taux applicable via le moteur de recherche URSSAF (ou la lettre circulaire novembre 2025 pour les taux au 1er janvier 2026).
- Appliquer : assiette brute du mois x taux = cotisation du mois.
- Déclarer en DSN (bloc cotisation, code type versement mobilité de l'établissement).
- Vérifier le paramètre dans le logiciel de paie : chaque établissement doit avoir son propre code AOM et taux.
Exemple chiffré — PME Île-de-France 18 salariés#
Une PME de services basée dans le 92 (Hauts-de-Seine), 18 salariés, masse salariale mensuelle 90 000 euros bruts.
| Poste | Calcul |
|---|---|
| Assiette mensuelle | 90 000 euros |
| Taux petite couronne Île-de-France | 3,20 % |
| Cotisation mensuelle | 90 000 x 3,20 % = 2 880 euros |
| Cotisation annuelle | 34 560 euros |
Sur nos dossiers paie, les PME qui ont franchi le seuil il y a quelques années et dont le taux Île-de-France n'a pas été actualisé en février 2024 (2,95 % au lieu de 3,20 %) ont accumulé une insuffisance de cotisation. Le rattrapage lors d'un contrôle URSSAF se cumule avec des majorations de retard (taux légal + pénalité). Un audit du paramètre DSN prend moins d'une heure et évite ce risque.
Le télétravail change-t-il le versement mobilité ?#
C'est la question la plus fréquente depuis la généralisation du travail hybride. La réponse courte : le télétravail partiel ne réduit pas le versement mobilité.
La cotisation est assise sur les salariés dont le lieu de travail contractuel est dans le ressort de l'AOM. C'est le site d'affectation inscrit au contrat (ou à l'avenant) qui compte, pas l'adresse où le salarié est physiquement présent chaque jour. Un salarié en télétravail deux ou trois jours par semaine depuis son domicile en grande banlieue ou en province reste rattaché à l'établissement parisien pour le versement mobilité.
Ce que dit l'administration#
La position constante des services URSSAF est la suivante : l'assujettissement au versement mobilité est déterminé par le lieu habituel de travail (site d'affectation contractuel), non par le lieu de présence effective. Un simple accord de télétravail ne modifie pas ce rattachement. Pour changer de zone, il faut un avenant au contrat de travail fixant le nouveau lieu de travail principal hors zone AOM — avec une réalité opérationnelle crédible (badges, connexions, présences physiques cohérentes).
Les deux seuls cas où le télétravail impacte l'assiette#
| Situation | Conséquence sur le versement mobilité |
|---|---|
| Salarié en télétravail partiel (1 à 4 jours/sem.), siège en zone AOM | Cotisation due sur 100 % de la rémunération — aucun prorata |
| Salarié en télétravail permanent, lieu de travail contractuel transféré hors zone AOM (avenant signé) | Cotisation due à zéro pour ce salarié (hors assiette de la zone) |
Le risque sous-estimé. Des employeurs déclarent en DSN certains salariés comme travaillant hors zone en s'appuyant sur un accord de télétravail informel, sans avenant contractuel, et sans cohérence avec les pointages ou badgeages. L'AOM ou l'URSSAF peut remettre en cause cette affectation lors d'un contrôle — avec redressement, majorations et, dans les cas les plus graves, requalification en travail dissimulé partiel. La documentation à conserver : avenant signé, plan de télétravail formel, preuves de l'adresse habituelle de travail.
Multi-établissements : comment ventiler la DSN ?#
Chaque établissement d'une entreprise a son propre numéro SIRET et son propre taux de versement mobilité. La DSN doit être paramétrée établissement par établissement.
Pour les salariés itinérants (commerciaux, techniciens de maintenance) sans lieu de travail fixe, le rattachement est celui du siège d'affectation contractuel — généralement le siège social ou l'établissement d'embauche. Ce rattachement doit être cohérent avec la réalité des déplacements et est susceptible d'être réexaminé si le salarié passe plus de trois mois de façon continue dans une autre zone.
Une PME siège Paris (3,20 %) + antenne Lyon (taux à vérifier) avec 30 salariés (20 Paris, 10 Lyon) et une masse salariale totale de 1,8 M€ ventilée 2/3 — 1/3 :
| Établissement | Assiette annuelle | Taux | Cotisation |
|---|---|---|---|
| Paris (petite couronne) | 1 200 000 euros | 3,20 % | 38 400 euros |
| Lyon (à vérifier urssaf.fr) | 600 000 euros | ~2,00 % | ~12 000 euros |
| Total | 1 800 000 euros | — | ~50 400 euros |
Appliquer un taux unique de 3,20 % sur 1,8 M€ aurait conduit à payer 57 600 euros — soit 7 200 euros de surpaiement. La ventilation correcte est un enjeu financier concret, pas un détail administratif.
Articulation avec le forfait mobilités durables et la prime transport#
Ces trois dispositifs sont indépendants et cumulables.
| Dispositif | Nature | Bénéficiaire | Plafond 2026 |
|---|---|---|---|
| Versement mobilité | Cotisation patronale obligatoire | AOM (financement transport public) | Pas de plafond — taux sur masse salariale |
| Prise en charge abonnement transport | Remboursement obligatoire | Salarié | 50 % du coût de l'abonnement (aucun plafond légal) |
| Forfait mobilités durables (FMD) | Aide patronale facultative | Salarié (vélo, covoiturage, etc.) | 600 euros/an (900 euros en cumul avec transport public) |
Le plafond FMD est de 600 euros par salarié et par an en 2026, exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans cette limite. En cumul avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement transport, le plafond global d'exonération est porté à 900 euros par an.
Notre analyse. Le FMD est sous-utilisé dans les PME parisiennes, au motif que "tous les salariés utilisent le métro". Or, une part croissante des équipes est en vélo électrique ou covoiturage, et 600 euros exonérés représentent environ 1 200 euros de salaire brut chargé — soit un rapport coût/valeur perçue particulièrement favorable pour l'employeur.
Ce que le dirigeant doit arbitrer#
- Diagnostic d'assujettissement : mon effectif a-t-il atteint 11 salariés pendant 5 années civiles consécutives ? Si oui depuis quand ?
- Vérification du taux DSN : chaque établissement a-t-il bien le bon taux dans le logiciel de paie ? Le taux parisien a-t-il été mis à jour à 3,20 % en 2024 ?
- Salariés itinérants ou en télétravail : le rattachement contractuel est-il documenté et cohérent avec la réalité ?
- VMRR : si l'entreprise a des établissements en zone rurale dans les régions concernées, la cotisation régionale a-t-elle été prise en compte depuis janvier 2026 ?
- FMD : une politique de forfait mobilités durables est-elle en place ? Les plafonds 2026 sont-ils correctement paramétrés (600 / 900 euros) ?
Points de vigilance 2026#
Les taux peuvent évoluer au 1er juillet 2026 — une lettre circulaire URSSAF est publiée en juin. Abonnez-vous aux alertes URSSAF ou confiez cette veille à votre gestionnaire de paie.
Le VMRR est un dispositif récent (entrée en vigueur 1er juillet 2025 pour les premières régions, janvier 2026 pour les suivantes). Les logiciels de paie n'ont pas tous intégré les codes de cotisation correspondants en temps réel : vérifiez la configuration avec votre éditeur ou votre cabinet de paie.
L'assiette du versement mobilité est identique à celle du VMRR — toute erreur d'assiette SS se répercute mécaniquement sur les deux cotisations.
Consultez notre guide sur la déclaration sociale nominative (DSN) 2026 pour le détail des blocs de déclaration, et notre article sur les cotisations sociales employeur pour le cadre général des charges patronales.
À jour au 2026-05-26. Cet article informe et ne se substitue pas à un conseil personnalisé. Pour votre situation, contactez un expert-comptable inscrit à l'Ordre.
Questions fréquentes
À partir de combien de salariés mon entreprise paie-t-elle le versement mobilité ?
Le seuil d'assujettissement est de 11 salariés (effectif moyen annuel). Mais attention : depuis la loi Pacte de 2019, ce seuil ne déclenche l'obligation qu'après 5 années civiles consécutives de dépassement. Si votre effectif atteint ou dépasse 11 salariés pour la première fois en 2021 et reste au-dessus jusqu'en 2025, vous devenez redevable à compter du 1er janvier 2026. Si l'effectif repasse en dessous du seuil pendant ces 5 ans, le compteur est remis à zéro. Il n'y a pas de lissage progressif (25 %, 50 %...) : la cotisation passe directement à 100 % du taux à la 6e année. Cette règle est distincte du régime de lissage applicable à d'autres seuils sociaux.
Le télétravail réduit-il automatiquement ma cotisation versement mobilité ?
Non, pas automatiquement. Pour le versement mobilité, c'est le lieu de travail habituel (site d'affectation selon le contrat ou l'avenant) qui détermine l'assujettissement, et non le lieu où le salarié se trouve physiquement chaque jour. Un salarié en télétravail partiel (2 ou 3 jours par semaine depuis son domicile) reste dans l'assiette si son établissement de rattachement est dans une zone AOM. L'exonération n'intervient que si le lieu de travail contractuel est fixé hors zone AOM — ce qui suppose un avenant de mutation, pas un simple accord de télétravail. Toute déclaration de salariés hors zone doit être étayée par des documents solides (avenant, plan de télétravail formel) sous peine de redressement.
Les CDD et alternants sont-ils dans l'effectif décompté ?
Oui. L'effectif décompté pour le seuil de 11 salariés inclut les CDI (pour l'année entière), les CDD (au prorata de la durée du contrat sur l'année civile), les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation. Sont exclus : les intérimaires (décomptés dans l'effectif de la société de travail temporaire), les stagiaires conventionnés, et les salariés mis à disposition d'une autre entreprise. La formule est l'effectif moyen annuel (somme des effectifs mensuels divisée par 12).
Quel taux pour une PME multi-établissements (siège Paris + dépôt Lyon) ?
Chaque salarié relève du taux de son lieu de travail principal. Pour un siège à Paris (taux Île-de-France 3,20 % sur Paris et petite couronne depuis février 2024) et un dépôt à Lyon (taux SYTRAL Lyon à vérifier sur urssaf.fr), la DSN doit distinguer les deux zones par établissement. Pour un commercial itinérant sans lieu de travail fixe, le rattachement est celui du siège d'affectation contractuel. L'erreur classique consiste à appliquer un taux unique à toute la masse salariale — c'est un motif fréquent de redressement lors des contrôles URSSAF.
Versement mobilité ou prime transport — sont-ils cumulables ?
Ce sont deux mécanismes entièrement distincts. Le versement mobilité est une cotisation patronale obligatoire qui finance les autorités organisatrices de mobilité (AOM). La prime transport (prise en charge de 50 % de l'abonnement transport en commun, obligatoire) et le forfait mobilités durables (FMD, facultatif, plafond 600 euros par an en 2026 — 900 euros en cumul avec la prise en charge transport public) sont des aides versées directement au salarié. Les deux mécanismes sont entièrement cumulables : l'employeur acquitte la cotisation patronale ET peut verser les indemnités au salarié de façon indépendante.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGCT art. L. 2333-64 et suivants (versement mobilité)
- URSSAF — Versement mobilité et versement mobilité additionnel
- URSSAF — Nouveaux taux de versement mobilité au 1er janvier 2026
- Service-public.fr — Versement mobilité employeur (F31031)
- Service-public.fr — Taux versement mobilité nouveaux taux 1er janvier 2026
- Ile-de-France Mobilites — Versement Mobilite financement des transports
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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