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Fiscalité 18 min

DAC7 : déclaration des plateformes numériques en 2026

Expert-comptable certifié Revu par Samuel HAYOT Mis à jour :

DAC7 : déclaration des plateformes numériques en 2026#

DAC7 oblige les opérateurs de plateformes numériques à collecter et transmettre à l'administration fiscale des informations sur certains vendeurs ou prestataires actifs sur leur plateforme. Le sujet concerne les marketplaces, plateformes de location, services à la personne, locations de moyens de transport et plateformes de biens immobiliers. Pour un dirigeant, l'enjeu dépasse la déclaration : DAC7 rend les écarts entre chiffre d'affaires plateforme, TVA, comptabilité et déclarations fiscales beaucoup plus visibles.

Ce guide s'adresse aux fondateurs de plateformes, marketplaces e-commerce, SaaS transactionnels, plateformes de services, opérateurs de location courte durée, groupes digitaux et directions financières. Il complète nos contenus sur Amazon FBA et TVA, TikTok Shop, TVA intracommunautaire 2026, facturation électronique et TVA IOSS e-commerce.

Résumé exécutif#

DAC7 n'est pas un impôt supplémentaire. C'est une obligation déclarative qui organise la remontée d'informations par les plateformes numériques. La DGFiP précise que le dispositif concerne l'économie collaborative : ventes de biens, services personnels, locations de moyens de transport ou locations de biens immobiliers réalisées via une plateforme de mise en relation, par des vendeurs ou prestataires résidents d'Etats ou territoires participants, y compris la France.

Question dirigeantRéponse opérationnelle
Qui est visé ?L'opérateur qui facilite les transactions via une plateforme numérique, selon le champ DAC7.
Quelles données ?Identité, résidence fiscale, contreparties, nombre d'opérations et informations nécessaires à la déclaration.
Quand agir ?Collecte et diligence pendant l'année, dépôt au plus tard le 31 janvier N+1 selon le BOFiP.
Quel risque ?Incohérence entre données déclarées par la plateforme, comptabilité vendeur, TVA et impôt.
Quel outil ?Exports fiables, rapprochements dans Pennylane ou Dext, piste d'audit et revue fiscale.

Note de fraîcheur : à jour au 3 mai 2026. Les règles applicables doivent être vérifiées au regard des commentaires BOFiP et des cahiers des charges DGFiP du millésime concerné.

Qu'est-ce que DAC7 ?#

DAC7 est le nom courant de la directive européenne 2021/514 relative à la coopération administrative fiscale. En France, elle est mise en oeuvre dans le dispositif DPI-DAC7. L'objectif est de permettre aux administrations fiscales d'échanger automatiquement les données transmises par les opérateurs de plateformes, afin de mieux identifier les revenus générés via l'économie collaborative et les marketplaces.

La DGFiP indique que les obligations s'appliquent aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2023, avec une première déclaration en 2024. En pratique, pour les revenus 2025 et 2026, l'enjeu est devenu récurrent : il faut industrialiser la collecte, la validation et la restitution aux vendeurs.

Plateformes et opérations concernées#

Activité facilitée par la plateformeExemple de situation
Vente de biensMarketplace de produits physiques, seconde main, créateurs, boutiques tierces
Service personnelMise en relation de prestataires et clients pour des services rendus
Location de moyens de transportLocation de véhicules, deux-roues, matériels de mobilité
Location de biens immobiliersLocation meublée, courte durée, hébergement via plateforme

Un site vitrine ou un simple annuaire sans facilitation effective du paiement ou de la transaction ne se raisonne pas de la même manière qu'une marketplace. Le point clé est donc la réalité économique du rôle de la plateforme : mise en relation, contractualisation, paiement, commission, collecte des données, suivi des transactions.

Calendrier DAC7 2026 : ce que la direction doit verrouiller#

Selon le BOFiP, l'obligation déclarative et l'obligation d'information des vendeurs ou prestataires doivent être remplies au plus tard le 31 janvier de l'année suivant celle au titre de laquelle les opérations déclarées ont été réalisées. Les informations échangées entre administrations fiscales le sont ensuite au plus tard le dernier jour du mois de février.

PériodeTravail à réaliser
Janvier à décembre NCollecte, diligence, mise à jour des données vendeurs
Avant clôture NContrôle des vendeurs actifs, seuils internes, anomalies d'identité
Janvier N+1Déclaration DPI-DAC7 et information des vendeurs déclarés
Février N+1Anticipation des contrôles croisés avec TVA, IS, IR et comptabilité

Pour les plateformes étrangères sans établissement stable en France qui choisissent la France comme administration fiscale de référence, la DGFiP prévoit également une procédure d'enregistrement. Le sujet doit être traité avant la période déclarative, car l'absence d'identifiant opérationnel bloque la production du flux.

Les données à sécuriser#

DAC7 est d'abord un problème de donnée. Un opérateur doit être capable d'identifier correctement le vendeur, sa résidence fiscale, les montants perçus, le nombre de transactions et les informations propres à l'activité déclarée. Dans l'immobilier, par exemple, les informations liées au bien loué peuvent devenir centrales.

Checklist de collecte#

  • nom, dénomination sociale et coordonnées du vendeur ou prestataire ;
  • résidence fiscale et numéro d'identification fiscale lorsque requis ;
  • identifiants d'entreprise lorsque le vendeur est une entité ;
  • IBAN ou compte de paiement lorsque l'information est collectée ;
  • montant des contreparties, commissions et retenues par période ;
  • nombre d'opérations et ventilation par type d'activité ;
  • statut professionnel ou non professionnel lorsque la plateforme le connaît.

Notre analyse d'expert-comptable : une plateforme qui attend janvier pour nettoyer ses données crée elle-même son risque. Les rejets techniques, doublons, incohérences de TVA et contestations vendeurs se règlent pendant l'année, pas la semaine du dépôt.

DAC7, TVA et comptabilité : le rapprochement indispensable#

Le risque sous-estimé est la divergence entre trois lectures d'un même flux : le rapport plateforme, la comptabilité et la déclaration fiscale. Une marketplace peut déclarer un montant brut vendeur tandis que la comptabilité interne suit le net encaissé après commission. Sans table de correspondance, le chiffre DAC7 peut sembler incompatible avec la TVA ou le chiffre d'affaires comptable.

FluxTraitement comptable attendu
Prix payé par le client finalIdentifier le brut, la TVA éventuelle et le vendeur économique
Commission plateformeComptabiliser le produit ou la charge selon le rôle d'agent ou de principal
Remboursements et avoirsCorriger le chiffre d'affaires et les données déclarables
Retenues, frais de paiementIsoler les frais pour éviter de réduire artificiellement les ventes
Données multi-devisesDocumenter la méthode de conversion utilisée

Les dirigeants e-commerce doivent relier DAC7 à leur organisation de facturation électronique 2026, à leur TVA intracommunautaire et à leurs outils de pré-comptabilité comme Dext. Pour les vendeurs, la donnée DAC7 ne remplace pas la comptabilité, mais elle devient un miroir fiscal.

Ce que le dirigeant doit décider#

Le dirigeant ne doit pas seulement demander si la plateforme est dans le champ. Il doit décider qui porte le dispositif : fiscalité, finance, produit, data ou juridique. Dans une startup, l'équipe finance arrive souvent trop tard alors que le modèle de données a déjà été figé par le produit.

Décisions structurantes#

  1. Déterminer si la plateforme est opérateur déclarant, vendeur, prestataire technique ou simple intermédiaire.
  2. Nommer un responsable DAC7 capable de dialoguer avec produit, paiement, juridique et comptabilité.
  3. Créer un dictionnaire des données DAC7 dans l'outil interne.
  4. Mettre en place une revue trimestrielle des anomalies vendeurs.
  5. Préparer une restitution claire aux vendeurs ou prestataires déclarés.

Pour une marketplace en croissance, Hayot Expertise peut intervenir via l'expertise comptable Paris 8, le pôle fiscalité des entreprises et l'accompagnement facturation électronique. Les modèles e-commerce doivent aussi être reliés à la page secteur expert-comptable e-commerce.

Points de vigilance 2026#

  • Les cahiers des charges DGFiP évoluent par millésime : le fichier technique doit être aligné avec l'année de revenus déclarée.
  • Les plateformes non françaises doivent vérifier leur Etat membre d'enregistrement et éviter les déclarations multiples.
  • Les vendeurs exclus ou non déclarables doivent être documentés, pas simplement ignorés.
  • Les corrections après dépôt doivent être traçables.
  • Les données DAC7 peuvent déclencher des demandes d'explication chez les vendeurs lorsque leurs propres déclarations ne concordent pas.

Questions frequentes

DAC7 oblige-t-il les vendeurs à payer un nouvel impôt ?+

Non. DAC7 organise la transmission d'informations par les plateformes. L'impôt reste déterminé selon le régime fiscal du vendeur ou prestataire. En revanche, une incohérence entre les données DAC7 et les déclarations du vendeur peut attirer l'attention de l'administration.</details>

Une petite plateforme française est-elle concernée ?+

Oui, potentiellement, si elle entre dans le champ des opérateurs de plateforme au sens des textes. La taille seule ne suffit pas à exclure le dispositif. Il faut analyser les activités facilitées, les vendeurs concernés et le rôle réel de la plateforme.</details>

La déclaration DAC7 remplace-t-elle la facturation ou la TVA ?+

Non. DAC7 est une déclaration d'informations. Elle ne remplace ni les factures, ni les déclarations de TVA, ni la comptabilité du vendeur ou de la plateforme.</details>

Que doit faire une marketplace avant janvier ?+

Elle doit tester les exports, contrôler les identités vendeurs, rapprocher les montants avec les paiements et les commissions, documenter les exclusions et préparer l'information des vendeurs déclarés.</details>

Pourquoi faire intervenir un expert-comptable ?+

Parce que le sujet devient fiscal dès que les montants transmis doivent être rapprochés des déclarations de TVA, de la liasse fiscale, des comptes de tiers et du chiffre d'affaires reconnu. Un regard comptable évite les écarts structurels.</details>

Samuel HAYOT, expert-comptable inscrit à l'Ordre (OEC Paris-IDF)

Article rédigé par Samuel HAYOT

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.

Cabinet reglementeMis a jour 03 mai 20264 sources citees

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Le contenu éducatif sert à qualifier le besoin, répondre à la première besoin concret puis orienter vers la bonne mission comptable, fiscale ou de structuration.

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Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.

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