Indemnité rupture conventionnelle 2026 : calcul, exonérations
Minimum légal, salaire de référence, exonérations IR et cotisations 2026, contribution patronale de 30 % : guide complet avec exemple chiffré, tableaux des plafonds PASS et checklist de préparation.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
L'indemnité de rupture conventionnelle est souvent la première question posée lors d'une négociation de départ. Côté salarié, l'enjeu est de sécuriser un montant juste et net. Côté employeur, le vrai sujet est de chiffrer le coût complet, contribution patronale de 30 % incluse, avant d'ouvrir la moindre discussion. Dans nos missions de paie sortie de salarié, nous voyons régulièrement des montants négociés sans que l'un ou l'autre des aspects — minimum légal, plafond d'exonération, contribution patronale — ait été réellement calculé. Cet article pose le calcul dans l'ordre.
Réponse directe. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. En 2026, la contribution patronale spécifique de 30 % s'applique sur la fraction exonérée de cotisations sociales. L'exonération d'impôt sur le revenu est plafonnée en fonction du PASS.
Comment calculer l'indemnité minimum légale de rupture conventionnelle ?#
Le plancher à ne pas franchir à la baisse est défini par l'article L.1237-13 du Code du travail : l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement calculée selon les règles de l'article R.1234-2.
La formule est la suivante :
- Pour les années d'ancienneté de 1 à 10 ans : 1/4 de mois de salaire brut de référence par année complète d'ancienneté.
- Pour les années au-delà de 10 ans : 1/3 de mois de salaire brut de référence par année complète au-delà de 10 ans.
Les mois incomplets sont calculés au prorata. Un salarié ayant 7 ans et 4 mois d'ancienneté voit ainsi les 4 mois pris en compte proportionnellement.
Notre lecture : ce plancher est souvent bien connu. Ce qui l'est moins, c'est que la convention collective applicable peut prévoir un calcul plus favorable pour le salarié — dans ce cas, c'est ce calcul qui s'impose. Vérifier la convention avant de chiffrer n'est pas une précaution accessoire, c'est une étape obligatoire.
Quel salaire de référence retenir pour le calcul ?#
Le salaire de référence est le plus élevé entre :
- la moyenne mensuelle brute des 12 derniers mois précédant la notification de la rupture ;
- le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois, primes et accessoires inclus au prorata.
En pratique, si le salarié a perçu une prime annuelle ou un variable significatif dans l'année, la moyenne sur 12 mois sera souvent plus favorable. Si, au contraire, sa rémunération a progressé ces derniers mois, les 3 mois récents peuvent l'emporter.
Points de vigilance 2026 :
- Les primes versées sur les 12 ou 3 mois entrent dans la base, à hauteur du prorata temporis si elles sont annuelles.
- Les périodes de maladie ou de chômage partiel peuvent créer des écarts : il faut reconstruire la base sur les mois réellement travaillés ou sur la rémunération qui aurait été perçue.
- Un salarié à temps partiel : on retient sa rémunération réelle, pas un équivalent temps plein.
Si la convention collective prévoit une indemnité conventionnelle supérieure, c'est ce montant plus favorable qui constitue le plancher de la rupture conventionnelle (art. L.1237-19). Plancher final = max (minimum légal, minimum conventionnel).
Un exemple chiffré complet : 5 ans d'ancienneté, 3 500 € brut/mois#
Prenons un salarié dont l'ancienneté est de 5 ans exactement et dont le salaire moyen brut des 12 derniers mois est de 3 500 €/mois. La moyenne des 3 derniers mois donne 3 600 €/mois (prime de bilan versée en mars). Le salaire de référence retenu est donc 3 600 € (le plus favorable).
Calcul du minimum légal : 5 ans × 1/4 × 3 600 € = 5 × 900 € = 4 500 € brut
La convention collective applicable ne prévoit pas de règle plus favorable.
Régime social : L'indemnité de 4 500 € est largement inférieure aux plafonds (2 PASS ou 2 × rémunération annuelle). Elle est entièrement exonérée de cotisations sociales et de CSG-CRDS dans la limite du montant minimal légal ou conventionnel.
La contribution patronale spécifique de 30 % s'applique sur la part exonérée de cotisations sociales.
Calcul de la contribution patronale de 30 % : 30 % × 4 500 € = 1 350 € dus par l'employeur à l'URSSAF.
Régime IR : L'indemnité de 4 500 € est exonérée d'impôt sur le revenu (inférieure au plafond d'exonération IR et inférieure à 6 PASS).
Tableau de synthèse — coût employeur vs net salarié :
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Indemnité brute versée au salarié | 4 500 € |
| Contribution patronale 30 % (URSSAF) | 1 350 € |
| Coût employeur total | 5 850 € |
| Net perçu par le salarié (exonéré IR et cotisations) | environ 4 500 € |
| Écart coût/net | 1 350 € |
Dans nos missions paie, c'est cet écart de 1 350 € que l'employeur oublie régulièrement de budgéter. Le montant versé sur le bulletin et le coût réel en trésorerie ne sont pas les mêmes.
Quelle exonération d'impôt sur le revenu en 2026 ?#
L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants (Code général des impôts, art. 80 duodecies) :
- Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (plancher légal) ;
- Le double de la rémunération annuelle brute de l'année civile précédant la rupture ;
- 50 % du montant total de l'indemnité versée.
Ce plafond est plafonné à 6 PASS dans tous les cas.
En pratique, pour la plupart des salariés non-cadres ou ayant une ancienneté courte, c'est le critère n°2 (double de la rémunération annuelle) qui s'applique et qui permet de couvrir l'indemnité négociée.
Le risque sous-estimé : pour un salarié dont la rémunération annuelle est de 42 000 € brut, le plafond IR est de 84 000 € (2 × 42 000 €), plafonné à 6 PASS. Si l'indemnité négociée dépasse ce seuil, la fraction au-delà est imposable à l'IR comme un revenu ordinaire. Ce point est rarement anticipé dans la négociation.
Plafonds d'exonération en 2026 — repères PASS#
| Seuil | Valeur indicative 2026 (à confirmer URSSAF) | Effet |
|---|---|---|
| 1 PASS (2026, à vérifier sur urssaf.fr) | environ 46 900 € | Seuil de référence |
| 2 PASS | environ 93 800 € | Plafond exonération cotisations sociales et CSG-CRDS (sous conditions) |
| 6 PASS | environ 281 400 € | Plafond absolu exonération IR |
| 10 PASS | environ 469 000 € | Au-delà : soumis à cotisations sociales sur la totalité |
Le PASS 2026 doit être confirmé sur urssaf.fr ; les valeurs ci-dessus sont des estimations basées sur le PASS 2025 (46 368 €) revalorisé. Vérifier la valeur définitive avant tout calcul opérationnel.
Quelle exonération de cotisations sociales et de CSG-CRDS en 2026 ?#
L'indemnité est exonérée de cotisations de Sécurité sociale dans la limite du plus élevé entre :
- 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente ;
- 50 % du montant total de l'indemnité versée.
Ce plafond est lui aussi limité à 10 PASS.
La CSG-CRDS suit le même régime : la fraction exonérée de cotisations est également exonérée de CSG et de CRDS.
Attention : si le salarié peut liquider sa retraite à taux plein à la date de la rupture conventionnelle, l'intégralité de l'indemnité est soumise à cotisations sociales et à CSG-CRDS. La rupture conventionnelle n'est pas utilisable sans conséquence sociale pour faire partir un salarié en âge de retraite.
Quel est le coût réel pour l'employeur avec la contribution de 30 % ?#
La contribution patronale spécifique (art. L.137-15 du Code de la Sécurité sociale) est due par l'employeur sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Son taux est de 30 %.
Elle est déclarée et versée à l'URSSAF via la DSN, au moment du versement de l'indemnité.
Concrètement :
- Pour une indemnité de 10 000 € exonérée en totalité : contribution = 3 000 €, coût employeur = 13 000 €.
- Pour une indemnité de 50 000 € dont 40 000 € sont exonérés de cotisations : contribution = 12 000 €, coût employeur = 62 000 €.
En pratique : dans nos dossiers de rupture conventionnelle, nous construisons systématiquement un tableau à trois colonnes — montant brut versé / contribution URSSAF / net perçu — avant que l'employeur ouvre la moindre négociation. Ce tableau change souvent la discussion. Un employeur qui pense verser 20 000 € verse en réalité 26 000 € (coût complet).
Que se passe-t-il au-delà de 10 PASS ?#
Au-delà de 10 PASS, la totalité de l'indemnité est soumise à cotisations sociales et à CSG-CRDS, sans aucune exonération. Ce seuil concerne essentiellement les cadres dirigeants de grandes entreprises, mais il est utile de le connaître pour les dossiers sensibles.
Au-delà de 6 PASS, la fraction excédentaire est imposable à l'IR. Le montant déclaré par l'employeur à l'administration fiscale doit refléter la fraction taxable.
Y a-t-il un cas particulier pour les salariés seniors (50 ans et plus) ?#
Le régime fiscal et social de l'indemnité est identique quel que soit l'âge du salarié, sous réserve du cas mentionné plus haut (salarié pouvant liquider sa retraite à taux plein). Ce point mérite d'être vérifié systématiquement pour tout salarié de 60 ans ou plus.
Par ailleurs, un salarié senior peut bénéficier d'un différé d'indemnisation plus long à France Travail si le montant de l'indemnité dépasse le minimum légal (différé spécifique pour les indemnités supra-légales). Ce délai peut aller jusqu'à 150 jours. Ce paramètre entre dans la négociation lorsque le salarié cherche à minimiser la période non indemnisée.
Pour aller plus loin : chômage après rupture conventionnelle.
Comment négocier au-dessus du minimum sans surcoût excessif ?#
Plusieurs leviers permettent d'enrichir le package de départ sans alourdir inutilement le coût employeur.
| Levier | Soumis à contribution 30 % ? | Observations |
|---|---|---|
| Indemnité supra-légale en espèces | Oui, sur la fraction exonérée cotisations | Coût employeur majoré de 30 % |
| Outplacement / reclassement externe | Non (sous conditions) | À vérifier selon le montant et le prestataire |
| Maintien de la mutuelle post-départ (portabilité) | Non | Obligation légale dans tous les cas |
| Formation ou bilan de compétences | Non | Valeur perçue par le salarié, coût moindre pour l'employeur |
Un employeur qui veut être généreux sans augmenter excessivement le coût a souvent intérêt à combiner un supplément limité en espèces avec des avantages non soumis à la contribution.
Cas terrain : l'employeur qui a sous-estimé la contribution de 30 %#
Dans un dossier traité récemment, un dirigeant de PME avait négocié une indemnité de 18 000 € avec son salarié (ancienneté 8 ans, salaire 2 800 € brut/mois, minimum légal à 5 600 €). L'accord était signé, la convention homologuée.
Au moment de la paye de sortie, le gestionnaire de paie a calculé la contribution patronale : 30 % × 18 000 € = 5 400 €. Le dirigeant pensait avoir dépensé 18 000 €. Il a découvert en bulletin un coût total de 23 400 €, sans avoir été informé en amont.
La trésorerie n'avait pas été provisionnée en conséquence. L'entreprise a dû décaler d'autres paiements pour absorber le surcoût.
Ce que ce dossier enseigne : la contribution de 30 % doit être intégrée dans la simulation avant la signature, pas après. Une rupture conventionnelle se budgétise comme un projet, pas comme une ligne de bulletin.
Checklist préparation signature rupture conventionnelle#
- Ancienneté exacte calculée (date d'entrée officielle, y compris reprise éventuelle d'ancienneté)
- Salaire de référence reconstruit sur les 12 mois ET sur les 3 mois (retenir le plus favorable)
- Primes et variables intégrés dans la base de calcul
- Convention collective vérifiée (plancher conventionnel parfois plus favorable)
- Minimum légal ou conventionnel calculé et documenté
- Montant négocié supérieur ou égal au plancher
- Contribution patronale 30 % simulée et provisionnée
- Plafond d'exonération IR vérifié par rapport au montant négocié
- Salarié en âge de retraite : vérification que la retraite à taux plein n'est pas liquidable
- Congés payés restants soldés et intégrés dans le bulletin de sortie
- Date de rupture respectant le délai légal de rétractation (15 jours calendaires minimum)
- DSN de sortie et déclaration URSSAF de la contribution planifiées
Ce que l'administration regarde#
L'URSSAF et l'administration fiscale peuvent contrôler le traitement de l'indemnité lors d'un contrôle de paie ou d'un redressement. Les points les plus souvent scrutés :
- La base de calcul du salaire de référence (bulletins à l'appui).
- La cohérence entre le montant versé et la convention homologuée par la DREETS.
- Le versement et la déclaration de la contribution patronale de 30 % dans la DSN.
- La fraction imposable éventuellement non déclarée si l'indemnité dépasse les plafonds IR.
Un dossier bien documenté — calcul détaillé, bulletins sources, convention signée, enregistrement DSN — résiste beaucoup mieux à un contrôle qu'une note de calcul approximative.
Liens utiles pour approfondir#
- Rupture conventionnelle CDI 2026 : procédure et conditions
- Procédure de rupture conventionnelle : étapes et délais
- Chômage après rupture conventionnelle : délai de carence et ARE
- Notre service social et paie à Paris
Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas une consultation juridique ou sociale personnalisée. Les seuils et plafonds (PASS 2026) mentionnés sont des estimations en attente de confirmation officielle. Toute situation concrète nécessite une analyse des bulletins, de la convention collective et des conditions particulières du dossier. À jour au 24 mai 2026.
Questions fréquentes
Quel est le montant minimum d'une indemnité de rupture conventionnelle en 2026 ?
Le minimum légal est égal à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire brut de référence par année d'ancienneté pour les dix premières années, et 1/3 de mois au-delà. Si la convention collective applicable prévoit un plancher plus élevé, c'est ce dernier qui s'impose. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Pour un salarié ayant 5 ans d'ancienneté et un salaire mensuel moyen de 3 500 €, le minimum légal est de 4 375 €.
L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable en 2026 ?
Non, dans la limite du plafond d'exonération IR. L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé entre : le double de la rémunération annuelle brute de l'année précédente, 50 % du montant de l'indemnité, ou le plancher légal ou conventionnel. Ce plafond est limité à 6 PASS (environ 281 000 € en 2026, valeur à confirmer). La fraction éventuelle au-delà est imposable comme un revenu ordinaire.
Comment fonctionne la contribution patronale de 30 % sur la rupture conventionnelle ?
L'employeur doit verser à l'URSSAF une contribution de 30 % calculée sur la fraction de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Pour une indemnité de 15 000 € entièrement exonérée de cotisations, la contribution est de 4 500 €. Le coût employeur total est donc de 19 500 €, et non de 15 000 €. Cette contribution est déclarée en DSN lors du versement de l'indemnité.
Quand l'indemnité de rupture conventionnelle est-elle soumise à cotisations sociales ?
Elle reste exonérée de cotisations sociales et de CSG-CRDS dans la limite de 2 PASS ou du double de la rémunération annuelle si ce montant est supérieur. Deux exceptions importantes : si l'indemnité dépasse 10 PASS, la totalité est soumise à cotisations ; et si le salarié peut liquider sa retraite à taux plein à la date de rupture, l'intégralité est soumise dès le premier euro.
Peut-on négocier une indemnité de rupture conventionnelle sans augmenter le coût employeur ?
Oui, dans une certaine mesure. Des alternatives à l'indemnité en espèces — comme la prise en charge d'un outplacement ou d'une formation — peuvent enrichir le package sans générer de contribution patronale de 30 %. En revanche, toute somme versée en espèces au-delà du minimum légal reste soumise à la contribution sur la fraction exonérée de cotisations. La négociation gagne à être simulée en coût complet avant signature.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Service-Public — Calcul de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle (F31539)
- Service-Public — Impôt sur le revenu des indemnités de rupture (F408)
- Entreprendre.Service-Public — Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé (F19030)
- Code du travail — Article L.1237-13 (montant de l'indemnité)
- BOSS — Rupture du contrat de travail (rubrique rupture conventionnelle)
- URSSAF — Contributions patronales spécifiques
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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