Régime fiscal des impatriés en France 2026 : exonérations, conditions et optimisation
Le régime de l'impatrié (art. 155 B CGI) permet aux cadres recrutés depuis l'étranger d'exonérer jusqu'à 50 % de leur rémunération et 50 % de leurs revenus passifs étrangers pendant 8 ans. Guide complet 2026.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
La France dispose d'un régime fiscal conçu pour attirer les talents internationaux : le régime de l'impatrié, codifié à l'article 155 B du Code général des impôts (CGI). Ce dispositif permet aux cadres, dirigeants et experts recrutés depuis l'étranger de bénéficier d'exonérations substantielles d'impôt sur le revenu, mais aussi d'avantages sur les revenus passifs et le patrimoine, pendant une durée pouvant aller jusqu'à 8 ans.
En 2026, ce régime reste l'un des atouts compétitifs de la France pour les secteurs financier, tech, industriel et conseil. Mais son application soulève des questions précises : qui peut en bénéficier, quelle est la base exonérée, comment articuler avec les conventions fiscales internationales et les règles de sécurité sociale ?
Réponse rapide : que permet le régime de l'impatrié ?#
L'article 155 B du CGI exonère d'impôt sur le revenu la prime d'impatriation (au réel ou, sur option, par forfait de 30 % de la rémunération nette) et la fraction de salaire correspondant à l'activité exercée hors de France, ces deux exonérations étant plafonnées ensemble à 50 % de la rémunération totale. S'y ajoute, sans entrer dans ce plafond, une exonération de 50 % sur certains revenus passifs de source étrangère. Le régime court jusqu'au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions.
Qui peut bénéficier du régime de l'impatrié ?#
Conditions liées à la personne#
Trois conditions cumulatives doivent être réunies.
Premièrement, le bénéficiaire ne doit pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des 5 années civiles précédant la prise de fonctions. Cette condition s'apprécie au sens de l'article 4 B du CGI : foyer principal, centre des intérêts économiques, séjour principal. Un ressortissant français ayant vécu à l'étranger pendant 5 ans peut donc en bénéficier — la nationalité n'est pas un critère d'exclusion.
Deuxièmement, il doit être recruté depuis l'étranger : soit directement par une entreprise française, soit mis à disposition par une entreprise étrangère auprès d'une entité du même groupe établie en France.
Troisièmement, il doit exercer son activité professionnelle en France à compter de la date de prise de fonctions. L'article 155 B ne pose aucun seuil chiffré de temps de travail : il vise le fait d'être appelé de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France pendant une période limitée.
Qui est concerné ?#
Le régime vise les salariés et les dirigeants assimilés salariés mentionnés aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter du CGI (présidents de SAS, gérants minoritaires de SARL rémunérés), appelés de l'étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France. Les professionnels exerçant en libéral n'y entrent pas : le texte ne le permet pas.
Changer d'entreprise sans perdre le régime. Le troisième alinéa du I-1 conserve le bénéfice du régime en cas de changement de fonctions au sein de l'entreprise établie en France, ou au sein d'une autre entreprise établie en France appartenant au même groupe, au sens de l'article L. 233-3 du Code de commerce. C'est un point utile aux cadres recrutés depuis le siège d'un groupe international et à ceux qui passent d'un détachement à un contrat local.
Les profils les plus fréquents dans les dossiers que nous traitons : directeurs financiers ou DG recrutés au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ingénieurs en provenance d'Asie ou d'Allemagne, fondateurs de start-ups revenant de Singapour ou du Canada, et cadres bancaires postés à Paris après un détachement dans l'UE.
Quand l'impatriation accompagne l'implantation d'une société (filiale ou succursale qui recrute son dirigeant à l'étranger), les deux volets se traitent ensemble : c'est l'objet de notre page sur l'accompagnement comptable des dossiers internationaux.
Point de vigilance : un salarié initialement détaché en France (avec certificat A1) qui se voit proposer un contrat local en cours de mission doit faire analyser soigneusement sa situation. La date de prise de fonctions du contrat local peut faire courir un nouveau délai de 5 ans si la domiciliation fiscale antérieure est contestée. Pour sécuriser cette transition, consultez notre page détacher un salarié étranger en France.
Quelle est la durée du régime ?#
Le régime s'applique jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions. Pour une prise de fonctions en 2025, l'exonération court jusqu'au 31 décembre 2033.
Ce délai a été porté de cinq à huit ans par la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 (article 71) : la version de l'article 155 B en vigueur au 1er janvier 2017 porte déjà la mention « huitième année civile ». L'attribution courante de cette durée à la loi de finances pour 2021 est inexacte de quatre ans. La durée est un maximum : l'exonération ne joue qu'au titre des années à raison desquelles le bénéficiaire est fiscalement domicilié en France.
| Année de prise de fonctions | Fin du régime |
|---|---|
| 2022 | 31 décembre 2030 |
| 2023 | 31 décembre 2031 |
| 2024 | 31 décembre 2032 |
| 2025 | 31 décembre 2033 |
| 2026 | 31 décembre 2034 |
Quels avantages fiscaux sur le revenu d'activité ?#
La prime d'impatriation exonérée#
Les avantages liés à l'impatriation — suppléments de rémunération versés en raison du séjour en France (logement, frais de scolarité, déménagement, prime d'installation) — sont exonérés d'impôt sur le revenu.
Option forfaitaire : à défaut de détermination précise, la prime d'impatriation est réputée égale à 30 % de la rémunération nette totale (article 155 B, I-1 du CGI ; le II vise, lui, les revenus passifs). La base est la rémunération nette de cotisations sociales et de la part déductible de la CSG, avant application de la déduction forfaitaire de 10 % (BOI-RSA-GEO-40-10-20).
Option frais réels : si les frais réels sont documentés et supérieurs à 30 % de la rémunération, il est possible de retenir leur montant exact. La charge documentaire est plus lourde et le risque de redressement en contrôle plus élevé. Le forfait de 30 % offre une sécurité pratique dans la grande majorité des cas.
La fraction de rémunération afférente à l'activité exercée à l'étranger#
Lorsque l'impatrié effectue une partie de son activité hors de France (missions, déplacements professionnels internationaux), la fraction de la rémunération correspondant à ces jours travaillés à l'étranger est exonérée d'IR, mais à une condition que le texte pose expressément : les séjours réalisés à l'étranger doivent l'être dans l'intérêt direct et exclusif de l'employeur. L'exonération n'est donc pas acquise du seul fait qu'il existe des jours travaillés hors de France. Elle se calcule ensuite au prorata du nombre de jours travaillés hors de France sur le total de jours travaillés dans l'année.
Plafond cumulé : sur option du contribuable, soit le total des deux exonérations (prime d'impatriation et fraction étrangère) est limité à 50 % de la rémunération totale, soit la seule fraction étrangère est limitée à 20 % de la rémunération imposable résultant du 1, c'est-à-dire après application de l'exonération de la prime. Les deux branches sont alternatives et le choix appartient au bénéficiaire.
Un plancher, souvent oublié. Si la part de rémunération soumise à l'impôt après application du régime est inférieure à la rémunération versée au titre de fonctions analogues dans l'entreprise ou, à défaut, dans des entreprises similaires établies en France, la différence est réintégrée dans les bases imposables. Le régime ne peut donc pas ramener l'imposable sous le salaire de marché du poste. Le I-4 interdit par ailleurs de se prévaloir de l'article 81 A, qui exonère les salariés détachés à l'étranger : les deux régimes ne se cumulent pas.
Tableau récapitulatif des exonérations sur revenus d'activité#
| Composante | Exonération | Modalité | Plafond |
|---|---|---|---|
| Prime d'impatriation | Oui | 30 % forfait ou frais réels | — |
| Fraction activité étrangère | Oui | Prorata jours étrangers / jours totaux | — |
| Exonération cumulée maximale | — | — | 50 % de la rémunération totale |
| Fraction étrangère seule (option) | Oui | — | 20 % de la rémunération imposable |
| Revenus d'activité de source française | Non exonérés | Droit commun | — |
Quels avantages sur les revenus passifs et le patrimoine ?#
Exonération de 50 % sur certains revenus passifs étrangers#
Les impatriés bénéficient également d'une exonération de 50 % sur les revenus de capitaux mobiliers, les produits de la propriété intellectuelle ou industrielle et les gains de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux de source étrangère (article 155 B, II, du CGI). Cette exonération est conditionnelle : le payeur des revenus, ou pour les plus-values le dépositaire des titres, ou à défaut la société dont les titres sont cédés, doit être établi hors de France dans un État ou territoire ayant conclu avec la France une convention fiscale contenant une clause d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l'évasion fiscale. Sans cette clause, l'exonération ne joue pas. Symétriquement, les moins-values ne sont constatées qu'à hauteur de 50 %.
Cette exonération s'applique indépendamment du plafond de 50 % prévu sur les revenus d'activité. Elle représente un avantage significatif pour les dirigeants qui détiennent des participations dans des sociétés étrangères ou perçoivent des dividendes de source étrangère.
Ce que l'administration regarde : les dividendes versés par une société étrangère contrôlée par l'impatrié peuvent faire l'objet d'une requalification si les distributions semblent artificiellement programmées pour bénéficier de l'exonération. Une revue préalable avec votre conseil est indispensable.
IFI : une assiette limitée aux biens français, jusqu'à six années d'imposition#
Cette règle ne vient pas de l'article 155 B mais de l'article 964 du CGI, et elle n'est pas réservée aux impatriés : elle vise toute personne physique qui n'a pas été fiscalement domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédentes. Celle-ci n'est imposable qu'à raison de ses biens immobiliers situés en France, au titre de chaque année où elle conserve son domicile fiscal en France, jusqu'au 31 décembre de la cinquième année qui suit celle au cours de laquelle le domicile fiscal a été établi en France.
La nuance compte : « jusqu'à la cinquième année qui suit » n'est pas « les cinq premières années ». Une personne qui établit son domicile en 2026 reste sur cette assiette limitée jusqu'au 31 décembre 2031, soit six années d'imposition. La règle est souvent méconnue et peut représenter une économie substantielle pour les détenteurs d'un patrimoine immobilier à l'étranger.
Exemple chiffré : cadre financier recruté depuis Londres#
Marc est directeur financier, recruté en janvier 2026 par une société parisienne après 6 ans passés au Royaume-Uni. Sa rémunération brute annuelle en France est de 200 000 €, dont une prime d'impatriation de 40 000 € (20 % du total). Il effectue par ailleurs 60 jours de missions à l'étranger sur 220 jours travaillés.
Calcul de la base exonérée :
- Prime d'impatriation : 40 000 €, montant contractuel retenu pour l'exemple. Deux réserves de méthode : le forfait de 30 % se calcule sur la rémunération nette, pas sur les 200 000 € bruts, et l'option pour le forfait se compare chiffre en main. Lorsqu'elle est plus favorable, c'est elle qu'on retient
- Fraction étrangère : 60 / 220 × (200 000 − 40 000) = 60 / 220 × 160 000 € ≈ 43 636 €
- Total exonéré : 40 000 + 43 636 = 83 636 €
- Vérification du plafond : 50 % × 200 000 € = 100 000 € → le plafond n'est pas atteint
- Base imposable résiduelle : 200 000 − 83 636 = 116 364 €
Sans le régime, Marc aurait été imposé sur 200 000 €. Le régime lui permet d'exonérer 41,8 % de sa rémunération, ce qui représente plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie d'IR annuelle. De plus, Marc détient des participations dans une société britannique : les dividendes perçus de source étrangère bénéficient d'une exonération de 50 %.
Cas type illustratif : un fondateur revenu s'installer à Paris après plusieurs années aux États-Unis signe son contrat de président de SAS sans avoir fait examiner sa situation, et le régime impatrié n'est mentionné nulle part. Tout n'est pas perdu : les conditions s'apprécient à la prise de fonctions, et la première déclaration de revenus reste le moment de faire valoir les exonérations. L'ordre naturel serait néanmoins l'inverse, l'analyse avant la signature.
Articulation avec les cotisations sociales#
Le régime fiscal de l'impatrié est distinct du régime de sécurité sociale. Les exonérations d'IR n'emportent pas automatiquement d'exonérations de cotisations sociales.
Un impatrié peut, sous certaines conditions, maintenir son affiliation à un régime étranger de sécurité sociale :
- dans le cadre d'un détachement couvert par une convention bilatérale de sécurité sociale ;
- via le règlement CE n° 883/2004 pour les ressortissants d'États membres de l'UE et de l'EEE ;
- par accord spécial avec l'administration.
Lorsque l'impatrié maintient son affiliation étrangère, le sort des cotisations patronales versées à ce régime au regard de l'assiette française se vérifie au cas par cas, au vu de l'instrument qui couvre effectivement la situation : convention bilatérale, règlement CE n° 883/2004, accord particulier. L'enjeu peut être significatif pour l'employeur, mais il ne se présume pas.
Articulation avec les conventions fiscales internationales#
Les exonérations de l'article 155 B du CGI sont des règles de droit interne français. Elles s'appliquent dans la mesure où une convention fiscale bilatérale ne remet pas en cause leur application.
Les situations les plus délicates concernent :
- Les ressortissants américains : les États-Unis taxent leurs citoyens sur leur revenu mondial, indépendamment du lieu de résidence. Le régime impatrié réduit l'impôt français, mais ne dispense pas de l'obligation déclarative US (formulaires FBAR, FATCA). Voir notre guide FATCA/FBAR pour binationaux en France.
- Les ressortissants britanniques : la convention franco-britannique comporte des dispositions spécifiques sur les revenus d'emploi exercés partiellement hors de France.
- Les ressortissants des Émirats arabes unis : l'absence d'impôt sur le revenu aux EAU génère des questions sur la résidence fiscale effective avant l'arrivée en France.
Une analyse préalable de la situation fiscale internationale est systématiquement recommandée, en particulier pour les dirigeants souhaitant optimiser leur domicile fiscal.
Formalités pratiques : comment activer le régime ?#
Les seules options que l'article 155 B prévoit portent sur le forfait de 30 % (I-1) et sur la branche de plafonnement retenue (I-3) : c'est à ce titre que le régime se manifeste dans la déclaration. En pratique, les revenus exonérés se reportent dès la première déclaration de revenus en France, dans les cases prévues à cet effet ; la notice de la déclaration de l'année indique lesquelles.
Documents à constituer dès la prise de fonctions#
- Contrat de travail ou lettre de mission précisant la date d'entrée en fonctions et la condition de recrutement depuis l'étranger ;
- Justificatifs de résidence fiscale à l'étranger pour chacune des 5 années civiles précédentes (avis d'imposition étrangers, attestations de résidence fiscale, relevés de domicile) ;
- Calcul détaillé de la prime d'impatriation ou justificatifs des frais réels si l'option frais réels est retenue ;
- Tableau des jours travaillés en France et à l'étranger si la fraction étrangère est invoquée (à tenir à jour au fil de l'année).
Ne pas constituer ce dossier dès l'arrivée est l'une des erreurs les plus fréquentes. En cas de contrôle fiscal, l'absence de justificatifs de résidence fiscale étrangère peut conduire à une remise en cause totale du régime, avec rappel d'IR, pénalités et intérêts de retard.
Notre analyse : les arbitrages à ne pas négliger#
Arbitrage prime forfaitaire vs frais réels. Pour un cadre dont les frais réels d'impatriation (logement expatrié, scolarité internationale, double foyer) dépassent 30 % de la rémunération, l'option frais réels est mathématiquement plus favorable. Mais elle expose à un risque documentaire plus élevé. Dans la majorité des dossiers, le forfait de 30 % est retenu pour sa simplicité et sa sécurité juridique.
Articulation avec le PER. L'impatrié peut cumuler les exonérations de l'article 155 B avec les déductions accordées au titre des versements sur un Plan d'Épargne Retraite (PER), dans la limite des plafonds de droit commun. Le cumul des deux mécanismes abaisse le taux effectif d'imposition des premières années, dans une proportion qui dépend entièrement de la structure de la rémunération : elle se calcule au cas par cas.
Anticipation de la sortie du régime. À l'approche de la fin des 8 ans, une revue complète de la structure de rémunération s'impose : salaire vs dividendes (voir notre comparatif dividendes vs salaire), actifs étrangers à rapatrier, assurances-vie étrangères, stock-options ou BSPCE dont la fenêtre de liquidité coïncide avec la fin du régime. Ce travail de planification relève d'une mission de gestion du patrimoine du dirigeant.
Le risque sous-estimé : le dossier de preuve. Ce qu'un contrôle regarde n'est pas une case cochée mais la démonstration que les conditions étaient réunies : absence de domiciliation fiscale française sur les cinq années civiles précédentes, recrutement depuis l'étranger, réalité des séjours à l'étranger effectués dans l'intérêt direct et exclusif de l'employeur. Un dossier reconstitué après coup se défend beaucoup moins bien qu'un dossier tenu au fil de l'eau. Ce point mérite une attention particulière lors de l'accompagnement à l'arrivée en France.
Checklist d'entrée dans le régime#
- Vérifier l'absence de domiciliation fiscale française pendant les 5 années civiles précédentes — rassembler les preuves.
- Formaliser la date de prise de fonctions dans le contrat.
- Identifier et chiffrer les composantes de la prime d'impatriation (logement, scolarité, déménagement, installation).
- Choisir entre forfait 30 % et frais réels après comparaison chiffrée.
- Mettre en place un tableau de suivi des jours travaillés à l'étranger (utile aussi pour la fraction étrangère et les conventions fiscales).
- Déclarer les revenus exonérés dès la première déclaration de revenus, dans les cases indiquées par la notice de l'année.
- Analyser les revenus passifs de source étrangère (dividendes, plus-values de titres) et vérifier que l'État du payeur ou du dépositaire a conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative, condition de l'exonération de 50 %.
- Vérifier la situation IFI (art. 964 du CGI) si le patrimoine immobilier étranger est significatif, en retenant la bonne échéance : le 31 décembre de la cinquième année suivant l'établissement du domicile.
- Analyser la convention fiscale applicable selon l'État d'origine.
- Planifier la sortie du régime bien avant l'échéance des 8 ans.
À jour au 2026-08-28. Cet article informe et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, contactez un expert-comptable inscrit à l'Ordre.
Questions fréquentes
Un ressortissant français peut-il bénéficier du régime impatrié ?
Oui. La nationalité n'est pas un critère d'exclusion. Un ressortissant français ayant vécu et été fiscalement domicilié à l'étranger pendant au moins 5 années civiles consécutives avant sa prise de fonctions en France peut bénéficier du régime de l'article 155 B CGI, sous réserve de remplir l'ensemble des conditions : être appelé de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France, et n'avoir pas été fiscalement domicilié en France au cours des 5 années civiles précédentes.
Comment est calculée la prime d'impatriation forfaitaire à 30 % ?
À défaut de détermination précise des frais réels liés à l'impatriation, la prime est réputée égale à 30 % de la rémunération nette totale perçue (article 155 B, I-1 du CGI ; le II vise les revenus passifs, pas la prime). La base est la rémunération nette de cotisations sociales et de la part déductible de la CSG, avant la déduction forfaitaire de 10 % (BOI-RSA-GEO-40-10-20). Ce forfait est une option, ouverte que les frais réels soient ou non documentés. Il peut être plus avantageux de retenir les frais réels (logement, scolarité, double résidence, déménagement) si ceux-ci dépassent 30 % de la rémunération et sont correctement documentés.
L'exonération de 50 % sur les revenus passifs étrangers s'applique-t-elle aux dividendes d'une société que je contrôle ?
Le II de l'article 155 B prévoit une exonération de 50 % sur les revenus de capitaux mobiliers, les produits de la propriété intellectuelle et les gains de cession de valeurs mobilières de source étrangère. Le texte ne distingue pas selon que la société est contrôlée ou non, ni selon que les titres sont cotés, mais il pose une condition décisive : le payeur des revenus, ou pour les plus-values le dépositaire des titres, doit être établi dans un État ayant conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. Sans cette clause, l'exonération ne joue pas. L'administration peut par ailleurs requalifier des distributions manifestement programmées pour bénéficier de l'exonération. Une analyse préalable avec votre expert-comptable ou fiscaliste est indispensable avant tout versement significatif.
Que se passe-t-il à la fin des 8 ans du régime impatrié ?
À l'expiration du régime, le bénéficiaire bascule dans le régime de droit commun : toute sa rémunération devient imposable sans exonération spécifique. Il convient d'anticiper ce basculement en révisant la structure de rémunération (arbitrage salaire/dividendes, versements PER, liquidation de stock-options ou BSPCE à exercer avant l'échéance). Une mission de planification patrimoniale menée 12 à 18 mois avant la fin du régime permet d'éviter un choc fiscal brutal.
Le régime impatrié s'applique-t-il aux présidents de SAS recrutés depuis l'étranger ?
Oui. Le régime s'applique aux présidents de SAS assimilés salariés au sens du régime général de la sécurité sociale, dès lors qu'ils ont été recrutés depuis l'étranger et n'étaient pas fiscalement domiciliés en France au cours des 5 années civiles précédant leur prise de fonctions. C'est un cas fréquent pour les fondateurs ou co-fondateurs de start-ups qui reviennent en France après une période à l'étranger, ou pour les dirigeants recrutés depuis le siège d'un groupe international.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance – CGI art. 155 B
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-20 : prime d'impatriation, base nette du forfait de 30 %
- impots.gouv.fr – Le régime fiscal de l'impatrié
- Légifrance, CGI art. 964 : assiette IFI limitée aux biens français des nouveaux domiciliés
- BOFiP, BOI-RSA-GEO-40-10-10 : champ d'application du régime des impatriés
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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