Micro-entreprise 2026 : plafonds, cotisations et règles à connaître
Plafonds CA 203 100 et 83 600 euros, cotisations URSSAF, abattements micro-fiscal, versement libératoire, franchise TVA, sortie vers le réel : règles essentielles du régime micro-entreprise en 2026 expliquées par Cabinet Hayot Expertise à Paris.
Ce sujet relève de notre mission
Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 14 mai 2026. Le régime de la micro-entreprise est le statut d'indépendant le plus répandu en France, avec plus de quatre millions de micro-entrepreneurs actifs. Sa simplicité apparente masque un cadre légal précis, fait de plafonds de chiffre d'affaires, de taux de cotisations forfaitaires, de conditions d'accès à la franchise de TVA et de règles de basculement vers le régime réel. En 2026, les seuils applicables sont ceux issus de l'actualisation triennale de 2023 et restent inchangés — une nouvelle revalorisation était attendue en 2026 (à confirmer par décret). Cabinet Hayot Expertise, expert-comptable à Paris, fait le point sur les règles à maîtriser avant de choisir ou de conserver ce statut.
En bref. Le micro-BIC ventes plafonne à 203 100 euros de CA annuel, le micro-BIC services et le micro-BNC à 83 600 euros. Les cotisations URSSAF sont calculées à un taux forfaitaire appliqué au CA encaissé. La franchise de TVA est automatique jusqu'à 91 900 euros pour les ventes et 36 800 euros pour les services. Le dépassement de ces seuils TVA intervient souvent avant l'abandon du régime micro — c'est le premier point de vigilance pour un indépendant parisien en croissance.
Cadre légal : l'entrepreneur individuel à patrimoine professionnel séparé#
Depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, tout entrepreneur individuel bénéficie de la séparation automatique de son patrimoine professionnel et de son patrimoine personnel, codifiée à l'article L526-22 du Code de commerce. Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel (EI) : il n'est pas une société, ne dispose pas d'une personnalité morale distincte, mais son patrimoine professionnel est de plein droit protégé contre la saisie par les créanciers professionnels au-delà des actifs professionnels. Cette protection s'applique sans démarche supplémentaire.
Les textes fiscaux du régime micro sont répartis entre :
- CGI art. 50-0 : régime micro-BIC (ventes de biens, hébergement, prestations de services commerciales)
- CGI art. 102 ter : régime micro-BNC (professions libérales, activités non commerciales)
- CGI art. 64 bis : régime micro-BA (bénéfices agricoles)
- CGI art. 293 B : franchise en base de TVA
- CGI art. 151-0 : versement libératoire de l'impôt sur le revenu
- CSS art. L613-1 : micro-social (taux forfaitaires de cotisations)
Plafonds de chiffre d'affaires 2026#
Tableau récapitulatif des seuils#
| Catégorie d'activité | Plafond annuel | Seuil majoré (sursis 1re année) |
|---|---|---|
| Ventes de biens + hébergement (BIC) | 203 100 euros | 223 410 euros |
| Prestations de services BIC | 83 600 euros | 91 960 euros |
| Professions libérales BNC (CIPAV ou SSI) | 83 600 euros | 91 960 euros |
| Bénéfices agricoles (BA) | 91 900 euros | régime spécifique |
| Franchise TVA biens / hébergement | 91 900 euros | 101 000 euros |
| Franchise TVA services | 36 800 euros | 39 100 euros |
Seuils issus de la revalorisation triennale en vigueur depuis le 1er janvier 2026 (période 2026-2028).
Logique du seuil majoré : le mécanisme de sursis#
Lorsque le chiffre d'affaires dépasse le plafond de droit commun (203 100 ou 83 600 euros) pour la première fois au cours d'une année civile, le micro-entrepreneur conserve son régime pour cette année si son CA reste en dessous du seuil majoré. Le basculement vers le régime réel n'est effectif que si le dépassement persiste deux années consécutives.
Ce mécanisme évite une sortie précipitée pour un pic d'activité ponctuel. Mais il ne protège pas de la sortie de la franchise TVA, qui s'applique dès le premier mois suivant le franchissement du seuil TVA.
Activités mixtes : ventes et services#
Un micro-entrepreneur qui exerce à la fois une activité de vente et une activité de prestations de services doit respecter les deux plafonds cumulativement : CA global inférieur à 203 100 euros ET CA services inférieur à 83 600 euros. Le non-respect de l'une ou l'autre condition entraîne la sortie du régime.
Régime micro-fiscal : abattement forfaitaire et base imposable#
Le régime micro-fiscal remplace la déduction réelle des charges par un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d'affaires annuel. La base imposable est intégrée dans les revenus du foyer fiscal et soumise au barème progressif de l'IR, sauf option pour le versement libératoire.
| Catégorie | Abattement forfaitaire | Base imposable |
|---|---|---|
| BIC ventes / hébergement | 71 % | 29 % du CA |
| BIC services | 50 % | 50 % du CA |
| BNC | 34 % | 66 % du CA |
| BA | 87 % | 13 % du CA |
Notre lecture. L'abattement forfaitaire est avantageux si les charges réelles de l'activité sont inférieures au taux d'abattement. Un freelance en BNC avec peu de charges bénéficie d'une base imposable de seulement 66 % de son CA — ce qui correspond à une charge fiscale inférieure à celle d'une déduction réelle sur faibles charges. En revanche, un artisan dont les achats de matières premières représentent 60 % du CA sera toujours perdant sous le micro-BIC ventes (abattement 71 %, mais charges réelles plus élevées pouvant justifier le réel). Cabinet Hayot Expertise recommande de simuler les deux scénarios avant de fixer le régime.
Versement libératoire de l'impôt sur le revenu#
Prévu à l'article 151-0 du CGI, le versement libératoire permet au micro-entrepreneur d'acquitter l'IR et les cotisations sociales en une seule déclaration, par application de taux forfaitaires cumulés sur le CA encaissé.
Conditions d'accès#
L'option est réservée aux micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer fiscal de l'année N-2 ne dépasse pas le plafond de la troisième tranche du barème de l'IR multiplié par le nombre de parts de quotient familial (à vérifier pour le plafond définitif 2026). En pratique, l'option est pertinente pour des foyers dont le taux marginal d'imposition est élevé.
Taux forfaitaires IR libératoire#
| Activité | Taux IR libératoire | Total cotisations + IR (indicatif) |
|---|---|---|
| BIC ventes | 1 % | environ 13,3 % |
| BIC services | 1,7 % | environ 22,9 % |
| BNC libéraux (CIPAV) | 2,2 % | environ 23,3 % |
Arbitrage. Le versement libératoire est mécaniquement avantageux pour un foyer dont le taux marginal d'imposition est de 30 % ou plus. Pour un micro-entrepreneur en démarrage dont le foyer est faiblement imposé, l'option n'apporte pas de bénéfice fiscal et peut même être défavorable si les revenus sont proches du plafond de la troisième tranche. Cabinet Hayot Expertise recommande de simuler les deux options avant toute décision.
Cotisations sociales URSSAF : le régime micro-social#
Taux forfaitaires 2026#
Le régime micro-social (CSS art. L613-1) soumet le micro-entrepreneur au paiement de cotisations sociales calculées par application d'un taux forfaitaire sur le chiffre d'affaires encaissé, sans prise en compte des charges.
| Activité | Taux de cotisations |
|---|---|
| Ventes de biens (BIC) | 12,3 % (à confirmer) |
| Prestations de services BIC | 21,2 % (à confirmer) |
| Prestations de services BNC — régime SSI | 21,1 % (à confirmer) |
| Professions libérales CIPAV | taux spécifique CIPAV (à confirmer) |
Ces taux incluent les cotisations maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS. La contribution à la formation professionnelle (CFP) s'ajoute en sus : 0,1 % pour les commerçants, 0,2 % pour les artisans et professions libérales.
Le risque sous-estimé. Les taux micro-social s'appliquent au CA brut, y compris les mois sans bénéfice réel. Un micro-entrepreneur dont les charges augmentent — sous-traitance, matériaux, équipements — continue de payer des cotisations sur un CA qui ne reflète plus la rentabilité. En régime réel, les cotisations sont calculées sur le bénéfice effectif — ce changement de logique est souvent la première raison opérationnelle de sortir du micro.
Déclaration et paiement#
Les cotisations sont déclarées et payées mensuellement ou trimestriellement sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr. Aucune régularisation annuelle n'est possible : une absence de déclaration entraîne une cotisation forfaitaire de pénalité. La régularité des déclarations est également un critère pour la validation des trimestres de retraite.
ACRE : exonération partielle la première année#
L'aide à la création et à la reprise d'entreprise (ACRE, CSS art. L131-6-4, décret n° 2019-1215 du 20 novembre 2019) permet au micro-entrepreneur remplissant les conditions d'éligibilité de bénéficier d'un taux réduit de cotisations pendant les douze premiers mois d'activité. L'exonération porte sur les cotisations de droit commun (hors CSG-CRDS). L'ACRE est attribuée sur demande auprès de l'URSSAF lors de l'immatriculation. Condition principale : ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des trois années précédentes, et satisfaire l'un des critères d'éligibilité (demandeur d'emploi, bénéficiaire RSA, etc.).
Franchise en base de TVA et micro-entreprise#
La franchise en base de TVA (CGI art. 293 B) s'applique automatiquement aux micro-entrepreneurs dont le CA ne dépasse pas :
- 91 900 euros pour les ventes de biens et prestations d'hébergement (à confirmer)
- 36 800 euros pour les prestations de services et les BNC (à confirmer)
Tant que ces seuils ne sont pas franchis, le micro-entrepreneur ne collecte pas de TVA et ne peut pas la déduire. La mention "TVA non applicable — art. 293 B du CGI" est obligatoire sur chaque facture.
En pratique. Le franchissement du seuil TVA peut arriver bien avant d'atteindre le plafond du régime micro. Un freelance parisien facturant 4 000 euros par mois bascule dans la TVA services (36 800 euros) après moins de dix mois d'activité — sans nécessairement sortir du régime micro-fiscal (plafond 83 600 euros). Cette dissociation est fréquemment omise lors de la création, avec des conséquences concrètes : rappel de TVA, pénalités, devoir de régularisation auprès des clients. Pour une analyse approfondie du mécanisme de la franchise, consultez notre article sur la franchise en base de TVA : seuils et conditions.
Cumul du régime micro avec d'autres situations#
Salarié, étudiant ou fonctionnaire#
Un salarié peut cumuler son activité salariée avec un statut de micro-entrepreneur, sous réserve de respecter les clauses d'exclusivité de son contrat de travail et l'obligation de loyauté. Il n'y a pas de plafond de CA spécifique au titre de ce cumul — les règles micro de droit commun s'appliquent. Les revenus de la micro-entreprise s'ajoutent aux salaires pour le calcul de l'IR.
Retraité actif#
Un retraité peut exercer une activité de micro-entrepreneur. Depuis la réforme de la retraite cumul-emploi, les cotisations retraite versées au titre de la micro-entreprise ouvrent de nouveaux droits supplémentaires, selon les conditions propres à chaque caisse.
Demandeur d'emploi : cumul ARE et micro#
Un demandeur d'emploi indemnisé peut cumuler son allocation ARE avec les revenus de la micro-entreprise selon les règles de France Travail. Le montant de l'ARE est recalculé en fonction du CA déclaré chaque mois. Le détail du calcul est fourni par France Travail et dépend de la durée d'indemnisation restante.
Restrictions sectorielles et exclusions du régime#
Certains secteurs sont expressément exclus du régime micro :
- Professions libérales réglementées non affiliées à la CIPAV : médecins, pharmaciens, avocats, notaires, architectes, experts-comptables — leur protection sociale obligatoire est gérée par des caisses spécifiques (CARMF, CNBF, etc.) incompatibles avec le micro-social SSI
- Agents immobiliers et administrateurs de biens : soumis à la loi Hoguet, ils doivent détenir une carte professionnelle et exercer selon un cadre réglementaire spécifique
- Débitants de tabac : statut réglementé incompatible avec le micro
- Loueurs en meublé : accessibles au micro-BIC pour la location non professionnelle si le CA reste dans les plafonds, mais les règles de qualification LMNP/LMP et les seuils applicables doivent être vérifiés selon la situation exacte
- Sociétés : le régime micro est strictement réservé aux entrepreneurs individuels — toute constitution en SARL, SAS, EURL ou SASU implique la sortie du micro
La vérification de l'éligibilité sectorielle avant immatriculation est systématique dans les dossiers traités par Cabinet Hayot Expertise à Paris. Une immatriculation en micro sur une activité exclue entraîne des rappels URSSAF et des redressements fiscaux.
Obligations comptables allégées#
L'un des avantages concrets du micro est la simplicité des obligations comptables (CGI art. 50-0) :
- Livre des recettes : tenu chronologiquement, mentionnant pour chaque encaissement la date, le montant, l'origine et la nature de la recette. Un tableur tenu de façon régulière est juridiquement suffisant, sous réserve de conservation pendant six ans.
- Registre des achats : uniquement pour les activités de vente de marchandises et fourniture de logement.
- Aucun bilan ni compte de résultat n'est exigé — c'est la principale différence pratique avec le réel simplifié.
Ce qu'il faut surveiller. L'absence de comptabilité formelle ne signifie pas l'absence de risque fiscal. Un contrôle URSSAF ou une vérification fiscale portera sur la cohérence entre les encaissements déclarés et les mouvements bancaires. Tenir un compte bancaire dédié à l'activité professionnelle (obligatoire si le CA dépasse 10 000 euros deux années consécutives) et conserver toutes les factures d'achat sont des réflexes essentiels dans les dossiers que Cabinet Hayot Expertise accompagne.
Comparaison micro vs régime réel simplifié#
| Critère | Micro-entreprise | Régime réel simplifié (EI) |
|---|---|---|
| Plafond CA | 203 100 / 83 600 euros | Aucun plafond |
| Base imposable | CA brut moins abattement forfaitaire | Bénéfice réel (produits moins charges) |
| Cotisations sociales | Taux forfaitaire sur CA | Assiette = bénéfice réel |
| TVA | Franchise jusqu'à 91 900 / 36 800 euros | Collecte et déduction de la TVA |
| Comptabilité | Livre des recettes uniquement | Comptabilité complète |
| Déficit | Non imputable (abattement plancher 305 euros) | Imputable sur le revenu global |
| Charges réelles supérieures à l'abattement | Désavantageux | Avantageux |
| Accès crédit bancaire | Parfois limité (pas de bilan) | Plus facile (états financiers disponibles) |
Cas pratique 1 : freelance services numériques à Paris, 65 000 euros de CA#
Situation : consultant en systèmes d'information indépendant à Paris, CA annuel de 65 000 euros encaissé, charges légères (abonnements SaaS, déplacements).
Régime applicable : micro-BNC (CGI art. 102 ter), plafond 83 600 euros respecté. Mais le seuil TVA services (36 800 euros) est dépassé — la TVA est due depuis la première moitié de l'année.
Calcul indicatif :
- Base imposable IR : 65 000 euros x 34 % (abattement BNC) = 22 100 euros
- Cotisations URSSAF : 65 000 euros x 21,1 % = environ 13 715 euros (à confirmer)
- IR calculé sur la base de 22 100 euros, ajouté aux autres revenus du foyer
Conseil Hayot Expertise : à ce niveau de CA et avec des clients professionnels qui récupèrent la TVA, le passage au réel simplifié doit être simulé. Si les charges réelles (formation, matériel, sous-traitance) dépassent 34 % du CA — ce qui est fréquent en phase de croissance — le réel devient plus favorable. La TVA étant déjà due, la complexité supplémentaire du réel est limitée.
Cas pratique 2 : artisan peintre, 175 000 euros de CA, Paris#
Situation : artisan-peintre à Paris, CA de 175 000 euros (prestations et matériaux fournis), activité mixte.
Régime micro : CA inférieur à 203 100 euros — micro-BIC ventes possible en théorie. Mais le seuil TVA (91 900 euros pour les ventes) est largement dépassé — la TVA est due. De plus, les achats de matériaux représentent environ 55 % du CA (96 250 euros).
Notre lecture : l'abattement micro-BIC de 71 % correspond à déduire forfaitairement 124 250 euros de charges sur un CA de 175 000 euros, alors que les charges réelles de matériaux ne s'élèvent qu'à 96 250 euros. L'abattement est dans ce cas plus favorable que la déduction réelle des seuls matériaux. Mais en régime réel, l'artisan pourrait en plus déduire ses cotisations sociales effectives, ses frais de véhicule, ses charges de locaux et ses amortissements d'outillage — ce qui peut réduire la base en dessous de 29 % du CA. Cabinet Hayot Expertise recommande de chiffrer les deux scénarios avant toute décision : la TVA étant déjà due, le régime réel ne complique que la partie IR/cotisations.
Sortie du régime micro : quand et comment basculer au réel#
Franchissement des plafonds : deux années consécutives#
La sortie est automatique lorsque le CA dépasse le plafond de droit commun deux années civiles consécutives. Le basculement au régime réel simplifié est effectif au 1er janvier de l'année suivante.
La première année de dépassement, si le CA reste en dessous du seuil majoré, le régime micro est maintenu. Si le CA dépasse le seuil majoré dès la première année, la sortie est immédiate à compter du premier jour du mois de dépassement.
Option volontaire pour le réel#
Tout micro-entrepreneur peut opter volontairement pour le régime réel, sans attendre le franchissement des seuils. L'option doit être exercée avant le 1er février de l'année d'imposition, ou dans le délai de dépôt de la première déclaration professionnelle. Elle est irrévocable pour deux ans.
Ce que l'administration regarde. Lors du passage au réel, l'administration fiscale peut vérifier la cohérence entre les encaissements déclarés sous le micro et les premiers bilans du régime réel. Un écart significatif — recettes non déclarées, factures antérieures non comptabilisées — peut déclencher un redressement. La préparation comptable de la transition est un point que Cabinet Hayot Expertise sécurise systématiquement pour ses clients à Paris.
Ce que recommande Cabinet Hayot Expertise#
Le régime micro-entreprise est un outil adapté au démarrage ou aux activités complémentaires à faible charge. Il devient inadapté — et fiscalement défavorable — dans plusieurs situations courantes :
- Charges réelles supérieures aux abattements : un abattement de 50 % ou 34 % peut être insuffisant pour les activités avec sous-traitance, frais de déplacement importants ou équipements.
- CA dépassant les seuils TVA : la franchise de TVA disparaît bien avant les plafonds micro — la gestion de la TVA ajoute une complexité que le régime micro ne simplifie plus.
- Besoin d'un bilan pour financement : les banques et bailleurs commerciaux demandent des états financiers que le micro ne produit pas.
- Projet d'association ou de croissance : toute constitution en société implique la sortie du micro.
Pour les créateurs d'entreprise à Paris, la comparaison systématique entre micro, EI au réel, EURL et SASU est la première mission de Cabinet Hayot Expertise lors d'un bilan de création. Contactez-nous via notre page création d'entreprise Paris — Cabinet Hayot Expertise pour un premier échange sur votre situation.
Pour les questions fiscales connexes, notre équipe d'expert-comptable fiscaliste Paris et notre offre d'expertise comptable Paris 8 complètent le dispositif.
Voir aussi : obligations légales à la création | franchise en base de TVA : seuils et conditions | SARL de famille ou SCI : quel choix patrimonial
Cet article est fourni à titre d'information générale. Il ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation par un expert-comptable. Contactez Cabinet Hayot Expertise pour tout dossier spécifique.
Questions fréquentes
Quels sont les plafonds de chiffre d'affaires du régime micro-entreprise en 2026 ?
Les seuils ont été revalorisés au 1er janvier 2026 pour la période 2026-2028 : 203 100 euros pour les activités de ventes de biens et fourniture de logement (BIC ventes), et 83 600 euros pour les prestations de services relevant des BIC et des BNC. Cabinet Hayot Expertise suit ces publications pour ses clients parisiens.
Comment fonctionne le versement libératoire de l'impôt sur le revenu pour un micro-entrepreneur ?
Le versement libératoire (CGI art. 151-0) permet de payer l'IR en même temps que les cotisations sociales, par application d'un taux forfaitaire sur le chiffre d'affaires encaissé : 1 % pour les ventes (BIC), 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC. L'option est ouverte si le revenu fiscal de référence du foyer de l'année N-2 ne dépasse pas le seuil de la troisième tranche du barème de l'IR (à vérifier pour 2026). Elle est avantageuse pour les foyers à taux marginal élevé mais peut être pénalisante si le CA est faible ou si des charges importantes sont supportées.
À quel moment un micro-entrepreneur perd-il son régime et bascule-t-il au réel ?
Le régime micro cesse si le chiffre d'affaires dépasse les plafonds (203 100 ou 83 600 euros) pendant deux années civiles consécutives. Le basculement est effectif au 1er janvier de l'année suivant ce dépassement double. En cas de franchissement la première année, le régime est maintenu pour la deuxième année si le CA reste en dessous des seuils majorés (223 410 euros et 91 960 euros) — c'est ce que la doctrine appelle le mécanisme de sursis.
Un micro-entrepreneur est-il soumis à la TVA ?
Non, tant qu'il reste sous les seuils de la franchise en base de TVA prévus à l'article 293 B du CGI : 91 900 euros pour les ventes et 36 800 euros pour les services (seuils 2023, à confirmer pour 2026). Dès que le CA dépasse ces seuils, la TVA est due à compter du premier euro facturé au-delà, le mois suivant le franchissement. Cette obligation de TVA peut arriver bien avant l'abandon du régime micro-fiscal, ce qui est une erreur fréquente de gestion chez les micro-entrepreneurs en croissance.
Quels secteurs d'activité sont exclus du régime micro-entreprise ?
Plusieurs catégories sont exclues : les professions libérales réglementées n'ayant pas accès à la CIPAV (médecins, avocats, notaires, géomètres-experts, etc.), les opérations soumises à la loi Hoguet (agents immobiliers, administrateurs de biens), les débitants de tabac, les sociétés (le régime micro est réservé aux entrepreneurs individuels), et les loueurs en meublé dont les recettes dépassent les plafonds applicables. La vérification de l'éligibilité sectorielle est indispensable avant toute immatriculation.
Quelle différence y a-t-il entre le régime micro-fiscal et le régime micro-social ?
Ce sont deux composantes distinctes du statut micro-entrepreneur. Le régime micro-fiscal (CGI art. 50-0 et 102 ter) détermine la base imposable à l'IR par application d'un abattement forfaitaire sur le CA. Le régime micro-social (CSS art. L613-1) détermine le mode de calcul des cotisations sociales URSSAF : un taux forfaitaire appliqué au CA encaissé, avec déclaration et paiement mensuel ou trimestriel. Les deux régimes sont liés mais peuvent théoriquement se dissocier dans certains cas, par exemple lors de l'option pour le versement libératoire. Cabinet Hayot Expertise, à Paris, accompagne les créateurs dans ce choix initial.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Legifrance - CGI article 50-0 (micro-BIC)
- Legifrance - CGI article 102 ter (micro-BNC)
- Legifrance - CGI article 64 bis (micro-BA)
- Legifrance - CGI article 151-0 (versement liberatoire IR)
- Legifrance - CGI article 293 B (franchise en base de TVA)
- Legifrance - Code de commerce article L526-22 (EI patrimoine professionnel)
- Legifrance - CSS article L613-1 (micro-social)
- URSSAF - Cotisations micro-entrepreneur
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalité
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