Fiscalité et impôts de l'entreprise : guide 2026
TVA, IS, CFE, retenues, obligations déclaratives : comment piloter la fiscalité et les impôts de l'entreprise en 2026 ?
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Mise à jour mars 2026 - La fiscalité et impôts de l'entreprise forment un écosystème complexe qui dépasse largement le seul impôt sur les sociétés. TVA, IS, CFE, acomptes, retenues à la source, fiscalité des distributions : chaque dirigeant doit comprendre comment ces pièces s'emboîtent pour éviter les surprises en fin d'exercice.
En résumé : une entreprise domiciliée en France relève au minimum de la TVA (collectée et déductible selon les taux en vigueur : 20 %, 10 %, 5,5 % ou 2,1 %), de l'impôt sur les sociétés au taux de droit commun de 25 % (ou de l'IR pour les micro-entreprises et sociétés de personnes), de la cotisation foncière des entreprises (CFE) due chaque décembre, et d'obligations déclaratives échelonnées tout au long de l'année. Le pilotage de ces impôts exige un calendrier rigoureux et une lecture croisée des résultats.
Quels sont les impôts auxquels votre entreprise est soumise en 2026 ?#
Chaque structure juridique déclenche un périmètre fiscal différent. Voici les principaux impôts que vous rencontrerez :
- TVA — taxe sur la valeur ajoutée collectée auprès de vos clients et reversée à l'État, après déduction de la TVA supportée sur vos achats. Le régime d'imposition (réel normal, simplifié ou franchise en base) dépend de votre chiffre d'affaires annuel.
- Impôt sur les sociétés (IS) — taux de droit commun fixé à 25 % sur le bénéfice imposable en 2026. Les PME bénéficient toujours du taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfice n'excédant pas 42 500 € (sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital).
- Impôt sur le revenu (IR) — s'applique aux micro-entreprises, EURL non optionnaires, SCI transparentes et certaines sociétés de personnes. Le bénéfice est imposé directement au nom de l'exploitant ou des associés.
- Cotisation foncière des entreprises (CFE) — impôt local annuel basé sur la valeur locative de vos locaux professionnels. Le montant varie selon votre commune et votre chiffre d'affaires de référence.
- Contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) — due par les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 500 000 €. Son barème a été profondément réformé ces dernières années.
- Taxes annexes — taxe sur les salaires, contribution économique territoriale, taxes sectorielles (boissons sucrées, déchets, etc.) selon votre activité.
Comment fonctionne l'impôt sur les sociétés en 2026 ?#
L'IS reste l'impôt central pour les sociétés de capitaux (SARL, SAS, SA). Voici les points clés à retenir pour 2026 :
- Taux normal : 25 % sur l'ensemble du bénéfice imposable.
- Taux réduit : 15 % sur la fraction de bénéfice ≤ 42 500 €, réservée aux PME dont le CA est inférieur à 10 millions d'€ et dont le capital est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.
- Contribution sociale de 3,3 % — ajoutée à l'IS lorsque le montant de l'impôt dépasse 763 000 €.
Le résultat fiscal ne correspond pas toujours au résultat comptable. Des réintégrations (amendes, dépenses non déductibles, amortissements excédentaires) et des déductions (report de déficits, crédits d'impôt) viennent modifier la base imposable. C'est précisément sur ces ajustements que se joue l'optimisation légale de votre charge fiscale.
Quels sont les taux de TVA applicables en 2026 ?#
La TVA représente la principale ressource fiscale de l'État français. En 2026, quatre taux coexistent :
| Taux | Champ d'application |
|---|---|
| 20 % | Taux normal — biens et services courants |
| 10 % | Taux intermédiaire — restauration, travaux d'amélioration énergétique, transports de voyageurs |
| 5,5 % | Taux réduit — produits alimentaires, livres, énergie, spectacles vivants |
| 2,1 % | Taux super-réduit — médicaments remboursables, presse, redevance audiovisuelle |
Le régime de déclaration dépend de votre chiffre d'affaires :
- Franchise en base de TVA — pas de TVA à facturer ni à déclarer si votre CA reste sous les seuils (91 900 € pour les activités de vente, 36 800 € pour les prestations de services en 2026).
- Régime simplifié (RSI) — une déclaration annuelle (CA12) avec deux acomptes semestriels.
- Régime réel normal — déclaration mensuelle ou trimestrielle (CA3) avec paiement en ligne obligatoire.
Attention au seuil de franchise : le dépassement des seuils entraîne l'assujettissement à la TVA à compter du 1er jour du mois de dépassement. Une vigilance mensuelle sur votre CA est indispensable.
Quand et comment payer les acomptes d'IS ?#
Les entreprises soumises à l'IS dont le montant de l'impôt de l'exercice précédent excède 3 000 € doivent verser quatre acomptes trimestriels. Chaque acompte représente 25 % de l'IS de l'exercice précédent, calculé sur la base du résultat du dernier exercice clos.
Les échéances pour 2026 :
- 1er acompte — 15 mars 2026
- 2e acompte — 15 juin 2026
- 3e acompte — 15 septembre 2026
- 4e acompte — 15 décembre 2026
Si votre résultat de l'année en cours est en baisse, vous pouvez moduler ou supprimer vos acomptes sans pénalités, à condition de justifier d'une baisse suffisante du bénéfice. À l'inverse, un sous-paiement entraîne une majoration de 5 % sur la différence.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre article dédié aux Acomptes IS.
Qu'est-ce que la CFE et comment la réduire ?#
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû chaque année par toute personne physique ou morale exerçant une activité professionnelle non salariée de manière habituelle. Son montant dépend de deux éléments :
- la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour votre activité (base communale) ;
- le talet voté par votre commune et votre intercommunalité.
Les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à 5 000 € en sont exonérées. Une exonération temporaire peut également s'appliquer lors de la création d'une entreprise ou dans certaines zones (ZRR, QPV).
Pistes de réduction :
- vérifier la valeur locative cadastrale auprès du service foncier — des erreurs sont fréquentes ;
- demander l'exonération si vous exercez à domicile sans surface dédiée ;
- anticiper les changements de localisation qui modifient le taux communal.
Quelles sont les obligations déclaratives à respecter ?#
Le calendrier fiscal d'une entreprise ne se limite pas aux échéances d'IS et de TVA. Voici les déclarations que vous devez surveiller :
- Déclaration de résultat (liasse fiscale n°2065) — à déposer dans les trois mois suivant la clôture de l'exercice (ou dans les deux mois pour les exercices clos après le 31 décembre 2025, selon les évolutions en cours).
- Déclarations de TVA (CA3 ou CA12) — mensuelles ou annuelles selon votre régime.
- Déclaration de CFE — incluse dans la déclaration des résultats pour les entreprises au réel ; déclaration spécifique n°1447-C pour les autres.
- Déclaration des honoraires (n°2460) — avant le 1er mai de chaque année, pour les sommes versées à des tiers (avocats, consultants, etc.).
- Déclaration de TVA intracommunautaire (DEB/DES) — supprimée pour les échanges de biens depuis 2022, mais la déclaration récapitulative de services (n°3514) subsiste pour les prestations intracommunautaires.
Le non-respect de ces obligations entraîne des pénalités automatiques : majoration de 10 % pour retard de déclaration, intérêts de retard de 0,20 % par mois, et dans certains cas des amendes forfaitaires.
Pour un aperçu complet des échéances, consultez Fiscalité 2026 et Fiscalité et déclarations : TVA, IS, acomptes.
Comment structurer la fiscalité de son entreprise pour 2026 ?#
Une fiscalité maîtrisée repose sur trois piliers :
- Un calendrier fiable — chaque échéance doit être inscrite dans votre outil de gestion, avec des rappels anticipés. Le retard est la première source de pénalités évitables.
- Un rapprochement comptable régulier — le résultat fiscal se construit mois par mois. Attendre la clôture pour découvrir un écart de TVA ou une réintégration oubliée coûte cher.
- Une documentation rigoureuse — conventions de trésorerie intragroupe, procès-verbaux de décisions, justificatifs de charges : chaque élément doit être archivé et traçable en cas de contrôle.
Conseil Hayot Expertise : Une entreprise bien gérée fiscalement n'est pas seulement celle qui paie ses impôts à temps. C'est celle qui sait expliquer chaque solde, chaque écart et chaque arbitrage.
Nous organisons la fiscalité de l'entreprise comme un système de pilotage : calendrier, contrôle, structuration et sécurisation des flux.
Structurer la fiscalité de votre entreprise
Conclusion#
En 2026, la fiscalité et les impôts de l'entreprise doivent être lus ensemble. C'est cette vision globale qui réduit les erreurs, améliore la trésorerie et sécurise la conformité. Chaque impôt interagit avec les autres : un choix de régime de TVA impacte votre trésorerie, une réintégration fiscale modifie votre IS, et une CFE mal anticipée vient grever votre budget de fin d'année.
(Sources officielles : impôts.gouv.fr - imposition des résultats, impôts.gouv.fr - déclaration et paiement de la TVA, Service-Public.fr - fiscalité des entreprises)
Questions fréquentes
Quel est le taux d'imposition des sociétés en 2026 ?
Le taux normal de l'impôt sur les sociétés (IS) est de 25 % en 2026. Les PME éligibles bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfice n'excédant pas 42 500 €. Les micro-entreprises et sociétés de personnes relèvent de l'impôt sur le revenu (IR) selon le barème progressif.
Quand faut-il commencer à facturer la TVA ?
Vous devez facturer la TVA dès que votre chiffre d'affaires dépasse les seuils de franchise en base : 91 900 € pour les activités de vente de marchandises et 36 800 € pour les prestations de services (seuils 2026). Le dépassement entraîne l'assujettissement à compter du 1er jour du mois de dépassement.
Comment sont calculés les acomptes d'IS ?
Chaque acompte représente 25 % de l'IS de l'exercice précédent. Ils sont dus si l'impôt de l'exercice clos excède 3 000 €. Les échéances sont le 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. En cas de baisse du résultat, vous pouvez moduler vos acomptes sans pénalité.
Qui est exonéré de CFE ?
Sont exonérés de CFE les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 5 000 €, les nouvelles entreprises pendant leur première année d'activité, et celles situées dans certaines zones (ZRR, QPV). Les professions libérales exerçant à domicile sans local dédié peuvent également bénéficier d'une exonération.
Quelles sont les pénalités en cas de retard de déclaration fiscale ?
Le retard de déclaration entraîne une majoration de 10 % sur le montant de l'impôt dû, ainsi que des intérêts de retard de 0,20 % par mois. En cas d'absence de déclaration dans les 30 jours suivant une mise en demeure, la majoration passe à 40 %. Un manquement délibéré peut porter la majoration à 80 %.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôle
Besoin d'un devis ou d'un conseil personnalisé ?
Notre cabinet d'expertise comptable vous accompagne dans toutes vos démarches. Obtenez un devis gratuit pour analyser votre situation et vous proposer une offre tarifaire sur-mesure ou contactez-nous directement.