Barometre entreprendre : comment lire les signaux en 2026
Créer, investir, lancer un projet : un baromètre d'entrepreneuriat n'est utile que si l'on sait lire les bons signaux. Voici comment.
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Évaluation d'entreprise & M&A | Stratégie de croissanceNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Mise a jour du 4 avril 2026 - Un baromètre entreprendre n'a de valeur que s'il aide à lire les bons signaux : créations d'entreprises, dynamiques sectorielles, profil des porteurs et climat de confiance. Les données Insee, les publications de l'Observatoire Bpifrance Création et le baromètre de la Direction générale des Entreprises permettent d'éclairer le contexte. Mais encore faut-il savoir les interpréter sans s'enfermer dans une lecture purement chiffrée.
Pour completer, consultez aussi Créer et structurer son entreprise, Secteurs d'activité et metiers et Investir dans une PME.
Le volume des créations d'entreprises en 2026#
Le premier indicateur que tout le monde regarde est le nombre de créations. Et les chiffres de 2025-2026 confirment une dynamique qui ne se dément pas.
Selon les données publiées par l'Insee, la France a enregistré 1 165 800 créations d'entreprises en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024 (1 111 200). Cette progression s'inscrit dans une tendance de fond : le niveau des créations est désormais proche du double de la moyenne observée sur la période 2010-2017.
Le début d'année 2026 confirme cette trajectoire. En janvier 2026, plus de 115 000 nouvelles entreprises ont été immatriculées, un chiffre en hausse de 10 % par rapport au même mois de 2025, selon l'Observatoire Bpifrance Création. Février 2026 poursuit sur une hausse modérée, confirmant que le mouvement ne s'essouffle pas (Insee, Informations Rapides n° 64, mars 2026).
Cette croissance repose sur deux piliers. Les microentreprises dominent largement le paysage avec 717 200 immatriculations en 2024 (+7,3 %), représentant environ 65 % du total. Les sociétés (SAS, SARL, EURL) progressent également, avec 284 600 créations (+5,4 %). Cette dualité est importante : elle montre que l'envie d'entreprendre ne se limite pas à l'auto-entrepreneuriat. Les porteurs de projets structurés, qui créent des sociétés avec des associés et des plans de financement, restent nombreux.
L'indice entrepreneurial et l'intention de se lancer#
Au-delà des créations effectives, le baromètre entreprendre mesure aussi l'intention d'entreprendre. Et sur ce plan, les signaux sont clairs.
L'indice entrepreneurial publié dans l'édition 2026 du baromètre s'établit à 350 points, un niveau historiquement élevé qui traduit une envie persistante de se lancer malgré un contexte économique incertain. Près de 27 % des Français envisagent de créer ou de reprendre une entreprise, une proportion stable depuis plusieurs années.
Parmi les jeunes, l'appétence est encore plus marquée : 59 % des 25-34 ans et 49 % des 18-24 ans déclarent envisager un projet entrepreneurial. Un actif sur trois est déjà impliqué dans un projet en cours de maturation, ce qui signifie que le réservoir de projets susceptibles d'aboutir à court terme est considérable.
Ces chiffres d'intention ne doivent pas être lus comme de simples curiosités statistiques. Ils renseignent sur la concurrence future que rencontrera tout nouveau projet et sur la profondeur du vivier dans lequel les investisseurs et les partenaires peuvent puiser.
Les secteurs porteurs : où va l'énergie entrepreneuriale ?#
Un baromètre entreprendre qui se limiterait au volume total manquerait l'essentiel : la répartition sectorielle. Car toutes les créations ne se valent pas, et certaines zones du marché sont nettement plus dynamiques que d'autres.
En 2026, quatre secteurs concentrent l'essentiel de la croissance :
- Numérique et services technologiques (+18 % de créations)
- Transition écologique et économie verte (+22 % de créations)
- Santé, bien-être et silver économie (+15 % de croissance)
- Services aux entreprises et externalisation
Le numérique et les services technologiques — Le marché du numérique français a atteint 69,4 milliards d'euros en 2024. Les créations d'entreprises dans ce secteur progressent de +18 %, portées par les logiciels métiers (SaaS), la cybersécurité, l'automatisation des processus et les applications spécialisées pour les TPE-PME. C'est le secteur qui attire le plus de jeunes créateurs et de profils issus de la reconversion technologique.
La transition écologique et l'économie verte — C'est le secteur qui affiche la croissance la plus forte, avec +22 % de créations. La rénovation énergétique des logements, les énergies renouvelables, l'économie circulaire et la mobilité douce bénéficient d'un cadre réglementaire et incitatif favorable. Les aides publiques (MaPrimeRénov', CEE) structurent une demande durable.
La santé, le bien-être et la silver économie — Avec +15 % de croissance, ce secteur répond à un besoin structurel : la France comptera environ 30 millions de personnes de 60 ans ou plus d'ici 2030. La télémédecine, les services à la personne, le coaching préventif et les solutions dédiées aux seniors constituent des niches en plein développement.
Les services aux entreprises et l'externalisation — Les TPE-PME externalisent de plus en plus leurs fonctions support : gestion administrative, RH, outils numériques, comptabilité. Cette tendance ouvre des opportunités récurrentes pour des structures spécialisées et de proximité.
À l'inverse, certains secteurs traditionnels comme le commerce de détail physique stagnent ou reculent, illustrant la nécessité d'adapter son positionnement au marché réel.
Le profil des créateurs : une diversification en marche#
La composition des porteurs de projet évolue rapidement, et cette transformation est l'un des enseignements les plus riches du baromètre entreprendre.
La féminisation de l'entrepreneuriat progresse de manière significative. Selon la 3e édition du baromètre de la Direction générale des Entreprises et de Bpifrance, les femmes représentent désormais près de 40 % des créateurs d'entreprise. Elles s'orientent majoritairement vers des projets à impact social et environnemental, et leur présence dans la chaîne entrepreneuriale globale atteint 28 %. Le baromètre femmes 2026 met en lumière des progrès réels mais aussi des obstacles persistants, notamment l'accès au financement et la mise en réseau.
Les reconversions professionnelles constituent un autre phénomène marquant. 18 % des créateurs ont 55 ans ou plus, témoignant d'une dynamique d'expérience et de capitalisation des compétences acquises au fil d'une carrière. Parallèlement, 41 % des Français mènent ou envisagent une activité entrepreneuriale en parallèle d'un emploi salarié, signe d'un entrepreneuriat de plus en plus hybride et progressif.
Les motivations sont elles aussi révélatrices : 72 % des porteurs citent la recherche d'indépendance comme moteur principal, tandis que 65 % accordent une grande importance au sens de leur projet. L'entrepreneuriat n'est plus seulement une réponse à une nécessité économique ; il est de plus en plus un choix de vie.
Les freins : ce qui bloque encore le passage à l'acte#
Malgré un climat globalement favorable, les obstacles restent nombreux et bien identifiés.
L'insécurité financière est le frein numéro un : 68 % des aspirants entrepreneurs la citent comme principal obstacle. Cette crainte porte sur l'accès au revenu, la protection sociale et la capacité à financer les étapes initiales du projet. 37 % estiment que l'accès au crédit conditionne directement le lancement de leur projet.
La complexité administrative arrive en deuxième position. 55 % des Français souhaitent une simplification des démarches, et 39 % des porteurs de projet jugent la gestion administrative comme un frein déterminant. Malgré les efforts de dématérialisation (guichet unique, formalités en ligne), la charge mentale liée aux obligations déclaratives reste un sujet majeur.
La concurrence accrue est un troisième facteur de vigilance. Avec plus d'un million de créations par an, se différencier devient une nécessité absolue. Près de sept entreprises sur dix deviennent économiquement actives dans les deux ans suivant leur création, mais ce taux varie considérablement selon le secteur et le statut juridique : 87 % des sociétés contre 64 % des micro-entrepreneurs.
Le taux de pérennité à 3 ans s'établit à 64 %, en légère hausse, ce qui signifie que plus d'une entreprise créée sur trois ne survit pas au-delà de cette période. Ce chiffre souligne l'importance d'un accompagnement structuré dès les premières étapes.
Régions : des dynamiques territoriales contrastées#
La géographie de l'entrepreneuriat en France reste marquée par de fortes disparités.
L'Île-de-France demeure la région la plus dynamique en volume, concentrant une part importante des immatriculations. Ce leadership s'explique par la densité du tissu économique, la présence d'investisseurs et un écosystème d'accompagnement mature.
Cependant, d'autres territoires progressent rapidement. Provence-Alpes-Côte d'Azur affiche une croissance soutenue, tandis que les départements d'outre-mer enregistrent une hausse de +10,9 % des créations. Ces évolutions traduisent des poches de croissance où l'initiative locale s'intensifie, souvent portée par des politiques régionales actives et des secteurs spécifiques.
Pour un porteur de projet, la question du choix géographique ne se réduit pas au volume de créations. Elle doit intégrer le coût de la vie locale, la présence de réseaux d'accompagnement, l'accès aux marchés cibles et, le cas échéant, les dispositifs d'aide régionaux.
Comment utiliser un baromètre pour son propre projet#
Un baromètre entreprendre est un outil de contexte, pas un outil de décision. Il ne remplace ni l'étude de marché, ni le business plan, ni l'analyse financière de votre projet. Mais il peut enrichir votre réflexion de plusieurs manières.
Valider la dynamique de votre secteur — Si votre secteur est en croissance dans le baromètre, c'est un signal positif. Mais attention : une forte croissance signifie aussi une concurrence accrue. Il faut vérifier que votre proposition de valeur se distingue suffisamment.
Anticiper les évolutions réglementaires — Les secteurs en forte croissance (transition énergétique, numérique, santé) sont souvent ceux où la réglementation évolue le plus vite. Le baromètre peut vous aider à identifier ces zones de turbulence et à vous y préparer.
Évaluer la maturité de votre écosystème local — Si votre région affiche une croissance faible, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'opportunités. Cela peut au contraire indiquer un marché moins saturé, à condition de vérifier la présence d'une demande réelle.
Structurer votre financement — Si l'insécurité financière est le frein principal cité par 68 % des créateurs, la réponse est de sécuriser au moins 6 à 12 mois de revenus avant le lancement, ou de structurer un plan de trésorerie réaliste avec un expert-comptable.
Conseil Hayot Expertise : un baromètre est utile pour poser le décor. Il ne remplace jamais l'analyse de votre projet, de votre marché et de votre modèle économique. Les données macro doivent toujours être confrontées à la réalité de votre dossier.
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Conclusion#
Au 4 avril 2026, les signaux de création d'entreprises restent à un niveau historiquement élevé. Avec plus de 1,16 million de créations en 2025, un indice entrepreneurial à 350 points et une intention d'entreprendre stable à 27 %, la France confirme sa dynamique entrepreneuriale. Mais cette vitalité masque des réalités contrastées : insécurité financière, complexité administrative, concurrence accrue et taux de pérennité à 3 ans qui reste perfectible à 64 %.
Le bon usage d'un baromètre entreprendre est de contextualiser une décision, pas de la prendre à votre place. Les données macroéconomiques éclairent le terrain ; c'est à vous, avec vos compétences, votre marché et votre modèle, de jouer la partition.
(Sources officielles : Insee — Créations d'entreprises février 2026 et données annuelles 2024, Bpifrance Création — Observatoire janvier 2026, Direction générale des Entreprises — Baromètre femmes 2026)
Questions fréquentes
Combien d'entreprises sont créées en France en 2026 ?+
En 2025, la France a enregistré 1 165 800 créations d'entreprises, selon l'Insee, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024. Le début 2026 confirme cette dynamique avec plus de 115 000 immatriculations en janvier (+10 % vs janvier 2025, source Bpifrance Création). Les microentreprises représentent environ 65 % du total, tandis que les sociétés (SAS, SARL) progressent de 5,4 %.
Quels sont les secteurs les plus porteurs en 2026 ?+
Quatre secteurs se distinguent : le numérique et les services technologiques (+18 % de créations, marché de 69,4 Md€ en 2024), la transition écologique (+22 %, portée par la rénovation énergétique et les énergies renouvelables), la santé et la silver économie (+15 %, avec 30 millions de 60 ans et plus attendus d'ici 2030), et les services aux entreprises (externalisation croissante des fonctions support des TPE-PME).
Quel est le taux de survie des entreprises créées en France ?+
Le taux de pérennité à 3 ans s'établit à 64 % (Insee), en légère hausse. Ce taux varie selon le statut : 87 % des sociétés sont encore actives après deux ans, contre 64 % des micro-entrepreneurs. Ces écarts soulignent l'importance du choix du statut juridique et de la structuration du projet dès le départ.
Les femmes sont-elles de plus en plus nombreuses à créer une entreprise ?+
Oui. Les femmes représentent désormais près de 40 % des créateurs d'entreprise selon le baromètre 2026 de la Direction générale des Entreprises et Bpifrance. Leur présence dans la chaîne entrepreneuriale globale atteint 28 %. Elles s'orientent majoritairement vers des projets à impact social et environnemental, mais rencontrent encore des obstacles spécifiques en matière d'accès au financement et de mise en réseau.
Quel est le principal frein à la création d'entreprise en France ?+
L'insécurité financière est citée par 68 % des aspirants entrepreneurs comme le premier obstacle. Viennent ensuite la complexité administrative (55 % souhaitent une simplification des démarches) et l'accès au crédit (37 % estiment que le financement conditionne le lancement). La concurrence accrue dans un contexte de plus d'un million de créations annuelles est également un facteur de vigilance majeur.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Insee - Creations d'entreprises, données mensuelles février 2026
- Insee - Creations d'entreprises, données annuelles 2024
- Bpifrance Creation - Observatoire de la creation d'entreprise, janvier 2026
- Bpifrance Creation - Baromètre femmes et creation d'entreprise
- Direction general des Entreprises - Baromètre entrepreneuriat des femmes, 3e édition
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