Barème du démembrement 2026 : article 669 CGI, calcul et arbitrages
Barème fiscal du démembrement 2026 : tranches d'âge, valeur usufruit et nue-propriété selon l'art. 669 CGI, comparaison avec le barème économique, droits de mutation, IFI et démembrement temporaire. Analyse cabinet.
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Gestion de patrimoine du dirigeant | Holding & transmissionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Le barème fiscal du démembrement est l'un des outils les plus concrets de la planification patrimoniale. Pourtant, il est souvent lu de façon incomplète : la table des pourcentages est connue, mais ses conséquences sur les droits de mutation à titre gratuit (DMTG), l'IFI, la cession et le démembrement temporaire sont moins bien maîtrisées. Chez Hayot Expertise, nous accompagnons régulièrement des dirigeants et des familles qui découvrent en cours d'opération que le barème légal et la réalité économique peuvent fortement diverger.
Mise à jour : 25 mai 2026 — Les valeurs ci-dessous sont celles de l'article 669 CGI en vigueur, sans modification depuis sa dernière révision.
Réponse directe. Le barème du démembrement (art. 669 CGI) répartit la valeur fiscale d'un bien entre usufruit et nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier, par tranches décennales de 10 % à 90 %. Il s'applique obligatoirement aux DMTG, aux droits d'enregistrement et à l'IFI. Pour un démembrement temporaire, un barème économique distinct (calcul actuariel) peut s'appliquer en vertu de l'article 13-5 CGI.
Pourquoi le barème légal est-il imposé par l'administration fiscale ?#
L'article 669 du Code général des impôts (CGI) fixe une valeur forfaitaire de l'usufruit viager, c'est-à-dire un usufruit dont la durée dépend de la vie de l'usufruitier. Ce barème s'impose aussi bien au contribuable qu'à l'administration fiscale : ni l'un ni l'autre ne peut substituer une valeur de marché à ces pourcentages pour le calcul des DMTG et des droits d'enregistrement.
Son caractère obligatoire vise à neutraliser l'arbitrage entre les parties sur la valeur respective de chaque droit, à garantir la prévisibilité des droits à payer et à limiter les montages à visée exclusivement fiscale.
Ce que l'administration regarde : lorsqu'une cession de bien démembré intervient peu après une donation, l'administration vérifie que la répartition du prix entre usufruitier et nu-propriétaire respecte strictement les proportions du barème en vigueur au jour de la cession. Tout écart non justifié peut être requalifié.
La table complète du barème art. 669 CGI 2026#
Le tableau ci-dessous reprend l'intégralité des tranches prévues par l'article 669 CGI. L'âge retenu est celui de l'usufruitier au jour de l'acte (donation, cession, déclaration de succession).
| Âge de l'usufruitier | Valeur de l'usufruit (US) | Valeur de la nue-propriété (NP) |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans révolus | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans révolus | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans révolus | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans révolus | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans révolus | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans révolus | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans révolus | 20 % | 80 % |
| Plus de 90 ans révolus | 10 % | 90 % |
Note de lecture : les tranches 81-90 ans et plus de 90 ans sont prévues par le texte de l'article 669 CGI mais sont fréquemment omises dans les tableaux simplifiés. Elles ont une importance pratique pour les donations tardives ou les successions avec réserve d'usufruit au profit du conjoint survivant âgé.
Source : Article 669 du Code général des impôts – Légifrance
Exemple chiffré : donation avec réserve d'usufruit, parent de 65 ans#
Un parent âgé de 65 ans au jour de l'acte donne la nue-propriété d'un appartement évalué à 400 000 euros à son enfant unique, en conservant l'usufruit.
Application du barème :
- Tranche applicable : 61 à 70 ans révolus
- Valeur de l'usufruit : 400 000 × 40 % = 160 000 euros
- Valeur de la nue-propriété : 400 000 × 60 % = 240 000 euros
Calcul des droits de donation :
- Assiette taxable : 240 000 euros (nue-propriété uniquement)
- Abattement en ligne directe (en 2026 : 100 000 euros — à vérifier, abattement susceptible de revalorisation législative)
- Base nette imposable : 140 000 euros
- Droits estimatifs selon le barème progressif des DMTG : de l'ordre de 18 194 à 26 000 euros selon la tranche applicable
Ce que cet exemple montre : sans démembrement, les droits auraient été calculés sur 400 000 euros (moins l'abattement), soit une base nette d'environ 300 000 euros. Le démembrement réduit ici l'assiette taxable de 25 %, ce qui représente un écart significatif sur les droits effectifs.
Barème légal versus barème économique : quelle différence ?#
Le barème de l'article 669 CGI ne s'applique qu'à l'usufruit viager, c'est-à-dire dont la durée est indexée sur la vie de l'usufruitier. Lorsque le démembrement est temporaire (durée fixe, indépendante de la vie de l'usufruitier), c'est un barème économique dit actuariel qui s'applique, sur la base de l'article 13-5 CGI.
| Critère | Barème légal (art. 669 CGI) | Barème économique (démembrement temporaire) |
|---|---|---|
| Type d'usufruit | Viager (durée liée à la vie) | Temporaire (durée fixe, ex. 5 ou 10 ans) |
| Base de calcul | Âge de l'usufruitier (tranches décennales) | Durée du démembrement + taux d'actualisation |
| Taux d'actualisation | Non applicable | Taux légal ou taux de marché selon doctrine |
| Contrainte fiscale | Obligatoire pour DMTG et droits d'enregistrement | Applicable pour le calcul fiscal des revenus (art. 13-5 CGI) |
| Écart possible avec la valeur réelle | Significatif (barème forfaitaire) | Plus proche de la réalité économique |
| Cas d'usage typique | Donation avec réserve d'usufruit, succession | Cession temporaire de l'usufruit de parts sociales, revenus de capitaux |
L'article 13-5 CGI encadre spécifiquement le régime fiscal des revenus issus d'un démembrement temporaire, notamment lorsque l'usufruitier perçoit des dividendes ou loyers sur une durée déterminée. Ce régime est distinct du barème de l'article 669 CGI et peut générer des conséquences fiscales que le barème légal seul ne permet pas d'anticiper.
Source : BOFiP – ENR - Mutations à titre gratuit - Valeur fiscale de l'usufruit et de la nue-propriété (à vérifier selon mise à jour BOFiP)
Comment le barème s'applique-t-il à l'IFI ?#
Dans le cadre de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), le démembrement produit un effet particulier : l'usufruitier est en principe imposé sur la valeur en pleine propriété du bien, non sur la seule valeur de l'usufruit. Le nu-propriétaire n'est donc en principe pas redevable de l'IFI sur les biens démembrés qu'il détient, sauf exceptions prévues par la loi.
Points de vigilance IFI :
- L'usufruitier déclare la valeur totale du bien démembré à l'IFI (article 968 CGI — à vérifier)
- Certaines exceptions (notamment le quasi-usufruit légal au profit du conjoint survivant) modifient cette règle
- En cas de démembrement de parts de SCI, la valeur à déclarer doit intégrer le passif déductible selon les règles propres à l'IFI
Voir également notre analyse : Démembrement de propriété — fonctionnement et stratégie et Nue-propriété et usufruit : comment optimiser l'immobilier.
Le barème s'applique-t-il à la cession d'un bien démembré ?#
Lorsqu'un bien démembré est cédé, le prix de cession doit être réparti entre l'usufruitier et le nu-propriétaire. L'administration fiscale attend que cette répartition respecte les proportions du barème de l'article 669 CGI calculées à la date de la cession.
En pratique :
- Si l'usufruitier a 68 ans au jour de la cession, l'usufruit vaut 40 % et la nue-propriété 60 %
- Chaque partie calcule sa plus-value sur sa fraction respective du prix
- L'usufruitier et le nu-propriétaire ont chacun leur propre assiette et leur propre régime de plus-value
Cas terrain : dans les dossiers de cession de parts de SCI avec démembrement, nous observons régulièrement des erreurs dans la répartition du prix entre les parties. Une répartition amiable divergeant du barème légal, sans justification économique documentée, expose à un risque de redressement sur la quote-part non déclarée.
Démembrement temporaire et article 13-5 CGI : les risques sous-estimés#
Le démembrement temporaire consiste à céder l'usufruit pour une durée déterminée (par exemple 5 ans) à une société ou à un tiers, qui perçoit les revenus pendant cette période. Ce montage est utilisé, notamment en matière de parts de sociétés ou d'immeubles, pour transférer temporairement les revenus.
Risque sous-estimé : l'article 13-5 CGI prévoit que lorsqu'un démembrement temporaire est constitué à titre onéreux par une personne physique au profit d'une personne morale soumise à l'IS, les produits versés à l'usufruitier sont imposés à l'IR dans la catégorie de revenus correspondante. L'administration est particulièrement attentive aux montages où le démembrement temporaire vise principalement à déplacer la fiscalité des revenus.
Avant toute mise en place, une analyse préalable est indispensable. Consultez notre article : Quasi-usufruit : avantages et inconvénients.
Quand le barème légal diverge-t-il de la valeur économique réelle ?#
Le barème de l'article 669 CGI est forfaitaire. Il ne tient compte ni du rendement effectif du bien, ni des taux d'intérêt du moment, ni de l'espérance de vie statistique réelle de l'usufruitier. Cette rigidité crée des écarts parfois significatifs.
Exemple d'écart : pour un usufruitier de 65 ans, le barème légal valorise l'usufruit à 40 %. Selon un calcul actuariel basé sur l'espérance de vie à 65 ans (environ 22 ans selon les tables INSEE) et un taux d'actualisation de 3 %, la valeur économique de l'usufruit peut être supérieure ou inférieure à cette valeur fiscale selon le rendement du bien. Pour un immeuble peu rentable, la valeur économique de l'usufruit peut être bien inférieure à 40 %.
Cette divergence n'a pas d'incidence sur les DMTG (le barème légal s'impose), mais elle doit être analysée dans les cessions, les évaluations d'entreprise et les arbitrages patrimoniaux.
Notre lecture cabinet : ce qui change vraiment selon l'âge de l'usufruitier#
Le barème crée des effets de seuil réels entre tranches. Passer de 70 à 71 ans fait basculer la valeur de la nue-propriété de 60 % à 70 %, soit une augmentation de 10 points de la base taxable. Sur un bien de 500 000 euros, cela représente 50 000 euros d'assiette supplémentaire avant application des abattements.
Notre recommandation : ne pas attendre une date d'anniversaire pour finaliser une donation. Dans les dossiers que nous accompagnons, le timing précis de l'acte notarié, calé sur l'âge de l'usufruitier, fait partie intégrante de la stratégie. Une différence de quelques semaines peut modifier la tranche applicable et l'économie de droits associée.
Checklist avant de mettre en place un démembrement#
- Âge précis de l'usufruitier au jour de l'acte et tranche applicable
- Type d'usufruit : viager (art. 669 CGI) ou temporaire (art. 13-5 CGI)
- Nature du bien : immobilier, parts de SCI, parts de société opérationnelle, portefeuille financier
- Abattements disponibles en ligne directe et délai depuis la dernière donation
- Incidence IFI : l'usufruitier sera-t-il redevable de l'IFI sur la valeur totale ?
- En cas de cession future : accord des deux parties et répartition du prix selon le barème
- Acte notarié obligatoire pour les donations immobilières
- Conseil juridique et fiscal préalable indispensable
Pour aller plus loin sur la stratégie patrimoniale globale : Comment optimiser son patrimoine.
Ce que cet article ne remplace pas#
Les règles présentées ici décrivent le cadre légal général applicable au barème de l'article 669 CGI et aux dispositions connexes. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé. Chaque situation patrimoniale (âge, régime matrimonial, composition du patrimoine, fiscalité du foyer, objectifs familiaux) appelle une analyse spécifique conduite par un professionnel.
Les taux, seuils et régimes fiscaux peuvent être modifiés par la loi de finances ou par instruction administrative. Vérifiez toujours les textes en vigueur à la date de votre opération.
Questions fréquentes
Quelles sont les tranches complètes du barème de l'article 669 CGI en 2026 ?
Le barème art. 669 CGI comporte 9 tranches : moins de 21 ans (US 90 %, NP 10 %), 21-30 ans (80/20), 31-40 ans (70/30), 41-50 ans (60/40), 51-60 ans (50/50), 61-70 ans (40/60), 71-80 ans (30/70), 81-90 ans (20/80), plus de 90 ans (10/90). L'âge retenu est celui de l'usufruitier au jour de l'acte.
Quelle est la différence entre le barème légal et le barème économique pour un démembrement temporaire ?
Le barème légal (art. 669 CGI) s'applique aux usufruits viagers et est obligatoire pour les DMTG. Le barème économique, fondé sur un calcul actuariel (durée fixe + taux d'actualisation), s'applique aux démembrements temporaires, notamment dans le cadre de l'article 13-5 CGI. Les deux barèmes peuvent donner des résultats sensiblement différents.
Comment le barème du démembrement s'applique-t-il à l'IFI ?
En matière d'IFI, l'usufruitier est en principe imposé sur la valeur en pleine propriété du bien démembré (art. 968 CGI — à vérifier). Le nu-propriétaire n'est donc en principe pas redevable de l'IFI sur ces biens, sauf exceptions légales. Cette règle est différente de celle applicable aux DMTG.
Peut-on choisir librement la répartition du prix de cession d'un bien démembré ?
Non. L'administration fiscale impose que le prix de cession soit réparti selon les proportions du barème de l'article 669 CGI à la date de la cession. Une répartition différente, sans justification économique documentée, peut être requalifiée et entraîner un redressement fiscal.
Quels risques présente le démembrement temporaire au regard de l'article 13-5 CGI ?
L'article 13-5 CGI prévoit une imposition spécifique des revenus issus d'un démembrement temporaire constitué à titre onéreux par une personne physique au profit d'une personne morale soumise à l'IS. Ce régime peut entraîner une imposition des produits à l'IR sans bénéficier du régime des dividendes. Une analyse préalable est indispensable avant toute mise en place.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance – Article 669 du Code général des impôts
- BOFiP – ENR-DMTG – Valeur fiscale de l'usufruit et de la nue-propriété
- Légifrance – Article 13-5 du Code général des impôts (démembrement temporaire)
- Service-Public.fr – Simulateur barème fiscal usufruit / nue-propriété
- impots.gouv.fr – Droits de mutation à titre gratuit
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