Inconvénients du démembrement de propriété en 2026 : 10 risques à arbitrer
Articles 578-624 CC, barème 669 CGI, IFI 968 CGI, abus de droit L64 LPF : les 10 inconvénients structurels du démembrement à arbitrer avant un montage patrimonial à Paris en 2026.
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Patrimoine du dirigeant | Rémunération, holding, transmissionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 12 mai 2026. Le démembrement de propriété — séparation de l'usufruit et de la nue-propriété — est régi par les articles 578 à 624 du Code civil. Présenté comme un outil patrimonial puissant pour transmettre, optimiser l'IFI et anticiper la succession, il occulte fréquemment 10 inconvénients structurels que l'administration fiscale, la Cour de cassation et la pratique notariale documentent abondamment. Avant d'engager une donation avec réserve d'usufruit, un démembrement croisé ou un investissement en nue-propriété de SCPI, vous devez intégrer cette lecture lucide. Chez Cabinet Hayot Expertise à Paris, nous arbitrons ces montages avec une grille systématique : utilité civile, sécurité fiscale, supportabilité familiale et liquidité dans la durée.
Le démembrement — rappel juridique et fiscal 2026#
Articles 578-624 du Code civil#
L'article 578 du Code civil définit l'usufruit comme le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à la charge d'en conserver la substance. La nue-propriété, miroir de l'usufruit, est le droit de disposer du bien à terme. Les articles 579 à 624 organisent la durée, les obligations réciproques, les charges et l'extinction. L'article 617 prévoit cinq causes d'extinction : décès de l'usufruitier, expiration du terme, consolidation, non-usage trentenaire, perte totale du bien.
Barème de l'article 669 CGI#
L'article 669 du Code général des impôts fixe la valeur fiscale de l'usufruit et de la nue-propriété. En usufruit viager, la valeur de l'usufruit diminue par tranches de 10 ans : 90 % avant 21 ans, 80 % de 21 à 30 ans, 70 % de 31 à 40 ans, 60 % de 41 à 50 ans, 50 % de 51 à 60 ans, 40 % de 61 à 70 ans, 30 % de 71 à 80 ans, 20 % de 81 à 90 ans, 10 % au-delà de 90 ans. La nue-propriété est l'écart à 100 %. Pour un usufruit temporaire, la valeur est de 23 % par période de 10 ans entamée, plafonnée à la valeur de l'usufruit viager qui serait calculée selon l'âge.
Pourquoi anticiper les inconvénients avant d'agir#
Une donation avec réserve d'usufruit consentie sur un bien immobilier de 800 000 € par un parent de 65 ans transmet juridiquement 60 % de la valeur (480 000 €) en nue-propriété. Pendant 15 à 25 ans, ce bien restera juridiquement bloqué entre l'usufruitier et le nu-propriétaire. Les 10 inconvénients qui suivent ne sont pas théoriques : ils se matérialisent quasi systématiquement dès lors que la durée dépasse 10 ans ou qu'un événement (revente, travaux lourds, divorce, conflit successoral) intervient.
Inconvénients liés à la perte de liberté#
Impossibilité de vendre seul (usufruitier ou nu-propriétaire)#
Le premier inconvénient structurel : ni l'usufruitier ni le nu-propriétaire ne peut vendre seul le bien démembré. La cession de la pleine propriété requiert l'accord conjoint des deux parties (article 621 du Code civil). L'usufruitier peut juridiquement céder son seul usufruit, et le nu-propriétaire sa seule nue-propriété, mais le marché secondaire de ces droits isolés est quasi inexistant à un prix correct. Une mère de 70 ans usufruitière qui souhaite vendre l'appartement parisien pour financer son EHPAD ne peut pas le faire si ses trois enfants nus-propriétaires refusent. Notre analyse de la fiscalité immobilière en ligne détaille les arbitrages de cession sur biens démembrés.
Procédure judiciaire en cas de désaccord#
En cas de blocage, la seule voie est le tribunal judiciaire. La procédure d'autorisation judiciaire de vente (articles 815-5 et 815-5-1 du Code civil pour l'indivision applicable au démembrement par analogie) dure en moyenne 12 à 24 mois en Île-de-France, avec des frais d'avocat de 5 000 à 15 000 € selon la complexité, plus une expertise judiciaire éventuelle de 3 000 à 8 000 €. Le juge peut autoriser la vente forcée s'il constate un péril ou un intérêt commun, mais la décision n'est pas automatique.
Indivision et article 815 CC#
Lorsque plusieurs nus-propriétaires sont en indivision sur la nue-propriété — typiquement, plusieurs enfants ayant reçu une donation conjointe — l'article 815 du Code civil ajoute une couche de blocage. La règle est "nul n'est tenu de rester dans l'indivision", mais sortir suppose l'accord à la majorité des deux tiers (article 815-3) pour les actes d'administration, et l'unanimité pour les actes de disposition. Un enfant minoritaire peut bloquer une décision pendant des années, jusqu'à l'extinction de l'usufruit.
Inconvénients liés aux conflits intra-familiaux#
Articles 605 et 606 — entretien et grosses réparations#
L'article 605 du Code civil impose à l'usufruitier les charges courantes : taxe foncière, entretien, petites réparations, charges de copropriété courantes. L'article 606 réserve les grosses réparations au nu-propriétaire : gros murs, voûtes, poutres, couvertures entières, digues, murs de soutènement. La jurisprudence de la Cour de cassation (notamment Civ. 3e, 18 décembre 2013, n° 12-18.537) a clarifié que la qualification de grosse réparation s'apprécie strictement, mais des zones grises persistent : remplacement d'une chaudière, ravalement, étanchéité de terrasse.
Zone grise sur la qualification des travaux#
En pratique, les litiges entre usufruitier et nu-propriétaire portent sur la qualification des travaux. Refection de toiture : article 606 (nu-propriétaire). Remplacement de tuiles ponctuelles : article 605 (usufruitier). Remplacement d'une chaudière individuelle : généralement entretien (usufruitier). Travaux d'amélioration ou de transformation : aucun remboursement dû à l'usufruitier en fin de démembrement, sauf accord exprès (article 599 alinéa 2 du Code civil). L'usufruitier qui finance 50 000 € de rénovation pour valoriser sa jouissance ne récupère rien à son décès.
Asymétrie financière jeune nu-propriétaire / usufruitier âgé#
Le scénario classique d'inconvénient : usufruitière de 80 ans avec une pension de 1 800 € net mensuel, nu-propriétaire de 45 ans cadre supérieur. La toiture nécessite 25 000 € de travaux (article 606). Le nu-propriétaire doit payer, mais pourquoi financer un bien dont il ne jouit pas ? L'usufruitière ne peut pas payer à sa place. Le bien se dégrade, perd 10 à 20 % de valeur à terme. La solution préventive : un avenant pré-écrit dans l'acte de donation, un fonds de réserve abondé annuellement, ou une convention d'indivision documentée. Lire aussi notre article sur racheter sa maison en SCI pour comparer.
Inconvénients fiscaux et risque de requalification#
IFI depuis 2018 — répartition usufruit/nue-propriété#
Avant le 1er janvier 2018, l'usufruitier supportait 100 % de l'ISF sur la valeur en pleine propriété — c'était un avantage pour le nu-propriétaire qui restait hors champ. Depuis la loi de finances 2018, l'article 968 du CGI a inversé la règle : l'IFI est désormais réparti entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème de l'article 669 CGI. Conséquences : un nu-propriétaire de 50 ans dont la nue-propriété de l'appartement parisien vaut 60 % de 1,5 M€ = 900 000 € entre dans le calcul IFI s'il dépasse 1,3 M€ d'actif net taxable global. Une bascule fiscale non anticipée.
Trois exceptions maintiennent l'imposition à 100 % chez l'usufruitier#
L'article 968 CGI conserve trois exceptions où l'usufruitier reste imposé sur 100 % de la valeur en pleine propriété : démembrement résultant de l'application des articles 757, 1094 ou 1098 du Code civil (succession du conjoint survivant) ; vente avec réserve d'usufruit consentie à l'État, un département, une commune, un établissement public ; démembrement résultant d'un don ou legs à l'État. Ces exceptions sont étroites et concernent surtout la succession entre époux.
Risque d'abus de droit et "mini-abus" L64 A LPF#
L'article L64 du Livre des procédures fiscales sanctionne l'abus de droit fiscal par une majoration de 80 % d'impôt lorsque le montage est purement fiscal (but exclusivement fiscal et opérations fictives). Depuis la loi de finances 2019, l'article L64 A LPF introduit le "mini-abus de droit" — majoration de 40 % — qui frappe les montages dont le but est principalement fiscal sans être exclusif. Les démembrements croisés père/mère sans motif patrimonial réel, ou les démembrements temporaires d'usufruit sur SCPI revendus peu après, sont régulièrement requalifiés. La sécurisation passe par la pluralité de motifs (transmission, gestion, protection du conjoint) et une documentation contemporaine.
Donation déguisée et valorisation erronée#
La valorisation de l'usufruit doit respecter strictement le barème 669 CGI au jour de la donation. Surévaluer l'usufruit pour réduire la base de donation aux enfants expose à un redressement pour donation déguisée — la nue-propriété valorisée trop bas est traitée comme un avantage non déclaré. Sous-évaluer l'usufruit expose à la qualification d'avantage caché au nu-propriétaire. Notre approche chez Cabinet Hayot Expertise impose une évaluation contradictoire et documentée, alignée sur les barèmes officiels et les évaluations notariales récentes.
Inconvénients liés à la cession et à la liquidation#
Plus-value immobilière éclatée#
La cession d'un bien démembré déclenche le calcul de deux plus-values distinctes : celle de l'usufruitier sur sa quote-part de prix, et celle du nu-propriétaire sur sa quote-part. La date d'acquisition retenue est celle du démembrement (donation, succession, achat). L'abattement pour durée de détention (6 % par an de la 6e à la 21e année, 4 % la 22e, soit exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans) est calculé séparément. Cas concret : nu-propriétaire qui hérite à 30 ans, vend à 50 ans après décès usufruitier à 48 ans. La plus-value sur la part en NP est calculée sur 20 ans (donc abattement plein), mais la part récupérée en pleine propriété au décès repart à zéro de durée de détention pour cette quote-part. Conséquence : taxation partielle inattendue.
Marché secondaire quasi nul pour usufruit ou nue-propriété#
L'usufruitier ou le nu-propriétaire peut juridiquement céder son seul droit (article 595 du Code civil pour l'usufruit). En pratique, le marché secondaire est quasi inexistant sauf produits structurés (nue-propriété SCPI à durée fixe revendue par professionnels). Le particulier qui souhaite céder sa seule nue-propriété sur un bien immobilier trouve rarement acquéreur à plus de 60-70 % de la valeur théorique du barème 669 CGI. La décote pratique va de 15 à 30 % selon l'âge de l'usufruitier et la liquidité du sous-jacent.
Frais notariés et formalités d'extinction#
À l'extinction de l'usufruit (décès de l'usufruitier ou terme du démembrement temporaire), le nu-propriétaire devient automatiquement plein propriétaire sans droits de succession sur la part récupérée (article 1133 du CGI) — c'est l'avantage central du démembrement. Mais des formalités subsistent : acte notarié de constatation d'extinction (200 à 500 € HT), inscription au registre du service de la publicité foncière, mise à jour de la taxe foncière. Pour un démembrement de SCPI, la société de gestion procède au changement gratuitement, mais le délai de 2 à 6 mois reste un point de vigilance.
Inconvénients spécifiques au démembrement de SCPI#
Absence de revenu pendant la durée#
L'investissement en nue-propriété de parts de SCPI est commercialisé sur des durées de 5, 7, 10, 15 ou 20 ans. Pendant cette période, le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu (l'usufruit temporaire — généralement institutionnel — encaisse 100 % des loyers). La décote à l'entrée (typiquement 25 à 40 %) compense théoriquement l'absence de revenus. Mais sur 15-20 ans, le rendement réel dépend du maintien de la valeur des parts.
Risque de baisse de valorisation#
Le marché des SCPI a connu en 2023-2024 des réajustements significatifs : baisses de prix de part de 5 à 15 % sur des SCPI de bureaux et certaines SCPI commerciales européennes. Un nu-propriétaire ayant acheté à 70 % de la valeur en 2022 sur un horizon 10 ans peut récupérer ses parts à une valeur inférieure à l'investissement initial. La décote ne protège pas systématiquement contre la baisse du sous-jacent. Notre analyse complète du démembrement SCPI documente les scénarios à 2026.
Liquidité quasi inexistante#
Contrairement à la SCPI détenue en pleine propriété, où le marché secondaire fonctionne (à décote, mais il fonctionne), la nue-propriété de SCPI ne dispose pas de marché secondaire fluide. Sortir avant terme suppose de trouver un acquéreur privé acceptant une décote supplémentaire, ou de négocier avec la société de gestion une remontée d'usufruit anticipée (rare et coûteuse). Le démembrement temporaire SCPI est, dans les faits, un placement bloqué jusqu'au terme.
Inconvénients liés à la réserve héréditaire#
Article 920 CC — action en réduction#
L'article 920 du Code civil sanctionne les libéralités excessives qui empiètent sur la réserve héréditaire des descendants. Une donation avec réserve d'usufruit consentie à un seul des trois enfants, par exemple, peut faire l'objet d'une action en réduction par les deux autres après le décès du donateur. La valorisation se fait selon le barème 669 CGI au jour de la donation, mais l'évaluation économique réelle au jour de l'ouverture de la succession peut révéler des écarts importants.
Donations inégales entre enfants#
Le scénario classique de conflit : un parent donne en nue-propriété sa résidence parisienne (valeur 600 000 €, donation NP à 60 % = 360 000 €) à un seul des trois enfants, en réservant l'usufruit. Au décès, les deux autres enfants invoquent l'article 920 et demandent rapport et réduction. Le calcul devient extraordinairement complexe : valeur du bien au jour du décès, plus-values latentes, travaux réalisés, indemnité de rapport. L'équilibre entre enfants doit être préparé dès la donation, idéalement avec un pacte successoral ou une donation-partage. Voir aussi notre article sur la transmission familiale d'entreprise.
Conflits successoraux post-décès#
L'action en réduction se prescrit par 5 ans à compter de l'ouverture de la succession et 2 ans à compter du moment où les héritiers ont eu connaissance de l'atteinte à leur réserve, sans pouvoir excéder 10 ans du décès (article 921 du Code civil). Les conflits successoraux post-décès liés à des démembrements inégaux représentent une part significative des contentieux notariaux en Île-de-France. La sécurisation passe par la donation-partage transgénérationnelle ou des compensations contemporaines documentées.
Quand le démembrement reste pertinent malgré tout#
Succession entre époux et article 757 CC#
L'usufruit successoral du conjoint survivant, régi par l'article 757 du Code civil, reste un outil patrimonial robuste. Le conjoint hérite à son choix de la totalité en usufruit ou du quart en pleine propriété. L'usufruit légal du conjoint maintient l'imposition IFI à 100 % chez l'usufruitier (exception article 968 CGI), évite les conflits avec les enfants pendant la vie du conjoint, et l'extinction au décès se fait sans droits supplémentaires (article 1133 CGI).
Donation aux enfants avec conservation jouissance#
La donation avec réserve d'usufruit sur un bien immobilier locatif reste un montage classique lorsque les motifs sont multiples : anticipation successoral, transmission progressive, conservation des loyers par les parents âgés. Les inconvénients listés ci-dessus se gèrent par un acte notarié solide, une convention de gestion détaillée et un alignement familial préalable. Le démembrement n'est jamais à rejeter en bloc, il doit être dimensionné lucidement.
Achat avec parents âgés#
L'achat d'une résidence principale avec parents âgés en démembrement (parents usufruitiers, enfants nus-propriétaires acquéreurs) reste un montage utile lorsque l'objectif est de loger les parents à coût optimisé et d'anticiper la transmission. La quote-part d'apport selon le barème 669 CGI évite la qualification de donation déguisée. Voir aussi notre refonte sur la holding d'optimisation fiscale pour les arbitrages alternatifs.
Notre lecture chez Cabinet Hayot Expertise#
La décision à arbitrer — démembrement, donation, holding patrimoniale#
Dans les dossiers patrimoniaux que nous accompagnons à Paris, l'arbitrage entre démembrement, donation en pleine propriété et constitution d'une holding patrimoniale se fait sur quatre critères : horizon de détention (au-delà de 20 ans, la holding devient souvent supérieure) ; gouvernance familiale (le démembrement convient aux familles unies, la holding aux familles élargies ou recomposées) ; profil fiscal IFI (le démembrement post-2018 peut basculer les enfants dans l'IFI) ; liquidité requise (la holding offre un cadre de cession plus souple via la cession de titres).
Le risque sous-estimé — IFI déclenché chez le nu-propriétaire#
Questions fréquentes
Quels sont les principaux inconvénients du démembrement ?
Perte de liberté de cession (accord conjoint requis, article 621 CC), conflits sur la répartition des travaux (articles 605/606 CC), imposition IFI répartie depuis 2018 (article 968 CGI), risque d'abus de droit en cas de motif principalement fiscal (article L64 A LPF, majoration 40 %), plus-value immobilière éclatée, marché secondaire quasi nul, et conflits successoraux liés à la réserve héréditaire (article 920 CC).
L'usufruitier peut-il vendre seul le bien démembré ?
Non. L'article 621 du Code civil impose l'accord conjoint de l'usufruitier et du nu-propriétaire pour toute cession en pleine propriété. L'usufruitier peut céder son seul usufruit (article 595 CC), mais le marché secondaire est quasi inexistant. En cas de désaccord, la procédure judiciaire dure 12 à 24 mois avec 5 000 à 15 000 € de frais d'avocat en Île-de-France.
Comment l'IFI est-il calculé sur un bien démembré en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2018, l'article 968 CGI répartit l'IFI entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème 669 CGI. Trois exceptions maintiennent l'imposition à 100 % chez l'usufruitier : usufruit successoral du conjoint survivant (article 757 CC), vente avec réserve d'usufruit à une personne publique, démembrement par don à l'État.
Quelle durée maximale pour un démembrement temporaire ?
L'article 619 du Code civil limite à 30 ans la durée maximale d'un démembrement temporaire d'usufruit consenti à une personne morale (SCPI, SCI à l'IS). Pour une personne physique, le démembrement viager s'éteint au décès de l'usufruitier sans plafond légal.
Un démembrement peut-il être requalifié en abus de droit ?
Oui. L'article L64 LPF sanctionne par 80 % de majoration les démembrements à but exclusivement fiscal, et l'article L64 A LPF par 40 % ceux à but principalement fiscal. Les démembrements croisés père/mère sans motif patrimonial réel et les démembrements temporaires SCPI revendus à terme sont régulièrement requalifiés.
Quels travaux le nu-propriétaire doit-il financer ?
L'article 606 du Code civil réserve au nu-propriétaire les grosses réparations : gros murs, voûtes, poutres, rétablissement entier des couvertures, digues et murs de soutènement. L'article 605 met à la charge de l'usufruitier toutes les autres réparations d'entretien. Cour de cassation, Civ. 3e, 18 décembre 2013, n° 12-18.537.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - Articles 578 à 624 du Code civil (usufruit et démembrement)
- Légifrance - Articles 605 et 606 du Code civil (entretien et grosses réparations)
- Légifrance - Article 619 du Code civil (durée 30 ans personnes morales)
- Légifrance - Article 669 du CGI (barème fiscal usufruit / nue-propriété)
- Légifrance - Article 968 du CGI (IFI et démembrement)
- Légifrance - Article L64 du LPF (abus de droit fiscal)
- BOFiP - Démembrement de propriété et IFI (BOI-PAT-IFI-20-20-30-20)
- Service-Public - Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : différences
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