Consolidation des comptes 2026 : méthodes, obligations légales et calendrier pour les groupes
Intégration globale, proportionnelle ou mise en équivalence : quelles méthodes de consolidation appliquer en 2026, selon CRC 99-02 ou IFRS ? Obligations L233-16, seuils, calendrier et audit — analyse Cabinet Hayot Expertise, Paris.
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DAF externalisé à Paris: direction financière à temps partagéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : qui doit établir des comptes consolidés en 2026 ?#
En 2026, la consolidation des comptes s'impose à toute société qui contrôle exclusivement ou conjointement d'autres entreprises (art. L233-16 du Code de commerce). Un groupe reste dispensé tant qu'il ne dépasse pas deux des trois seuils (30 M€ de bilan, 60 M€ de chiffre d'affaires, 250 salariés) sur deux exercices consécutifs. Référentiel : ANC 2020-01 par défaut, IFRS si coté.
À jour au 18 juillet 2026. Relu par Samuel Hayot, expert-comptable à Paris
Un groupe peut être rentable entité par entité et pourtant présenter une dette consolidée hors de proportion, des marges inter-sociétés artificielles, ou un goodwill sous-évalué. C'est précisément pourquoi la consolidation existe : elle agrège, retraite et réconcilie pour donner aux dirigeants, aux banquiers et aux investisseurs une image fidèle de la réalité économique du groupe dans son ensemble.
En 2026, les exigences restent celles du Code de commerce (art. L233-16), du règlement ANC 2020-01 pour les groupes non cotés (il a remplacé l'ancien CRC 99-02, désormais simple référence historique) et des normes IFRS 10, 11, 12 pour les sociétés cotées sur un marché réglementé européen. Cet article détaille les obligations, les méthodes et le processus opérationnel, avec trois cas pratiques pour ancrer la théorie dans la réalité des dossiers.
1. Cadre légal : qui est obligé de consolider ?#
L'article L233-16 du Code de commerce#
L'obligation de publier des comptes consolidés repose sur l'article L233-16 du Code de commerce. Elle s'applique à toute société commerciale qui contrôle de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres entreprises, dès lors que le groupe dépasse, sur deux exercices consécutifs, deux des trois seuils de dispense de l'article L233-17 du Code de commerce :
- Total du bilan consolidé : 30 M€
- Chiffre d'affaires net consolidé : 60 M€
- Effectif moyen : 250 salariés
Ces seuils ont été relevés par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 (transposition de la directive déléguée (UE) 2023/2775) pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. En dessous de ces seuils, une exemption de consolidation est possible (une exemption de sous-groupe existe également, article L233-17-1, pour une filiale déjà consolidée à un niveau supérieur). Elle ne dispense toutefois pas le dirigeant d'une vision consolidée à des fins de pilotage interne ou de financement bancaire.
Groupes cotés : IFRS obligatoire#
Toute société dont les titres sont admis à la négociation sur un marché réglementé de l'Union européenne est tenue d'établir ses comptes consolidés selon les normes IFRS (règlement CE n°1606/2002). Pour les autres groupes, le référentiel est le règlement ANC 2020-01 (French GAAP groupes, homologué par arrêté du 29 décembre 2020, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021, en remplacement du CRC 99-02), à moins qu'ils n'aient opté volontairement pour les IFRS.
2. Types de contrôle : exclusif, conjoint, influence notable#
La méthode de consolidation retenue dépend directement du type de contrôle exercé sur chaque entité.
Contrôle exclusif#
Le contrôle est exclusif lorsque la société-mère détient plus de 50 % des droits de vote, ou lorsqu'elle dispose du pouvoir de nommer ou révoquer la majorité des organes de direction, même avec un pourcentage moindre. Ce cas est le plus courant dans les structures holding classiques.
Contrôle conjoint#
Le contrôle est conjoint lorsque les décisions stratégiques exigent l'accord unanime des associés qui partagent le contrôle. Deux associés à 50/50, ou un pacte d'actionnaires prévoyant un droit de veto sur les décisions majeures, caractérisent généralement cette situation.
Influence notable#
L'influence notable est présumée lorsqu'une société détient entre 20 % et 50 % des droits de vote dans une autre entité. Elle peut également résulter d'une participation aux organes de direction sans majorité des votes.
3. Méthodes de consolidation : IG, IP, ME#
| Méthode | Type de contrôle | Mécanisme | ANC 2020-01 | IFRS |
|---|---|---|---|---|
| Intégration globale (IG) | Exclusif | 100 % des postes bilan et résultat + intérêts minoritaires en capitaux propres | Oui | Oui (IFRS 10) |
| Intégration proportionnelle (IP) | Conjoint | Quote-part des postes au prorata du % de détention (ex. 50 %) | Oui | Supprimée par IFRS 11 |
| Mise en équivalence (ME) | Conjoint (IFRS) ou Influence notable | Remplacement des titres par la quote-part des capitaux propres de l'entité | Oui | Oui (IFRS 11 / IAS 28) |
Intégration globale#
L'intégration globale consiste à incorporer ligne par ligne l'intégralité des actifs, passifs, produits et charges de la filiale dans les comptes consolidés, quelle que soit la quote-part détenue. La part revenant aux actionnaires minoritaires est isolée en intérêts minoritaires (ou "participations ne donnant pas le contrôle" en IFRS) dans les capitaux propres consolidés et dans la répartition du résultat.
C'est la méthode de référence pour les filiales à 100 % ou à forte majorité.
Intégration proportionnelle (French GAAP uniquement)#
En ANC 2020-01, lorsque le contrôle est conjoint, la société peut retenir l'intégration proportionnelle : seule la quote-part correspondant au pourcentage de détention de chaque poste est intégrée dans les comptes consolidés. Une co-entreprise à 50/50 verra ainsi la moitié de son bilan et de son compte de résultat fusionner dans le consolidé.
En IFRS, IFRS 11 a supprimé cette méthode pour les joint ventures. Seule la mise en équivalence est permise pour les coentreprises au sens IFRS 11, ce qui modifie structurellement les ratios d'endettement affichés.
Mise en équivalence#
La mise en équivalence ne consolide pas les postes ligne par ligne. Elle remplace la valeur des titres de participation inscrits au bilan de la société-mère par la quote-part correspondante des capitaux propres de l'entité détenue. Une ligne unique "Titres mis en équivalence" apparaît à l'actif, et la quote-part de résultat figure dans le compte de résultat consolidé.
Cette méthode s'applique pour les participations avec influence notable (20-50 %), et en IFRS pour toutes les joint ventures.
4. ANC 2020-01 vs IFRS : les différences structurantes#
Traitement du goodwill#
C'est la différence la plus visible entre les deux référentiels. En ANC 2020-01, l'écart d'acquisition (goodwill) est amorti sur sa durée d'utilisation ; à défaut de durée déterminable de façon fiable, il est amorti sur 10 ans, et si la durée d'utilisation n'est pas limitée, il n'est pas amorti mais fait l'objet d'un test de dépréciation au moins annuel. En IFRS (IFRS 3), le goodwill n'est jamais amorti : il fait l'objet d'un impairment test annuel conformément à IAS 36.
Conséquence directe : un groupe en French GAAP affiche un résultat consolidé systématiquement diminué par l'amortissement du goodwill, là où le même groupe en IFRS préserve son résultat : sauf dépréciation constatée.
Intégration proportionnelle#
Le règlement ANC 2020-01 maintient l'intégration proportionnelle pour les entités sous contrôle conjoint ; IFRS 11 la supprime au profit de la mise en équivalence.
Crédit-bail et location#
En ANC 2020-01 (exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021), l'activation des contrats de crédit-bail et assimilés chez le preneur, pour les intégrer comme des immobilisations financées par emprunt, est devenue obligatoire (elle était une méthode préférentielle sous l'ancien CRC 99-02). En IFRS 16, la comptabilisation de tous les contrats de location significatifs à l'actif (droit d'utilisation) et au passif (dette locative) est obligatoire, ce qui gonfle mécaniquement le bilan consolidé et le niveau d'endettement brut.
Provisions pour retraite#
En ANC 2020-01, la comptabilisation des engagements de retraite (indemnités de fin de carrière, régimes à prestations définies) en provision reste une méthode optionnelle dans les comptes consolidés : à défaut de provision, l'information figure en annexe. En IAS 19 (IFRS), la comptabilisation en provision est obligatoire, avec actualisation des flux futurs selon des hypothèses actuarielles. L'impact sur les capitaux propres consolidés peut être significatif pour les groupes à effectifs importants.
En synthèse, quatre traitements séparent le référentiel français des IFRS et pèsent directement sur le résultat et les capitaux propres consolidés :
| Sujet | ANC 2020-01 (French GAAP) | IFRS |
|---|---|---|
| Goodwill | Amorti sur la durée d'utilisation (10 ans à défaut de durée fiable) ; pas d'amortissement mais test de dépréciation si la durée n'est pas limitée | Jamais amorti : test de dépréciation annuel (IAS 36) |
| Coentreprise (contrôle conjoint) | Intégration proportionnelle (méthode maintenue) | Mise en équivalence obligatoire (IFRS 11) |
| Crédit-bail chez le preneur | Activation obligatoire depuis les exercices 2021 | Droit d'utilisation et dette locative (IFRS 16), périmètre plus large |
| Engagements de retraite | Provisionnement optionnel (sinon annexe) | Provisionnement obligatoire (IAS 19) |
5. Calendrier opérationnel 2026#
| Étape | Délai habituel |
|---|---|
| Clôture comptes individuels filiales (exercice N) | 31 décembre N |
| Envoi des packs de consolidation aux filiales | J+15 à J+30 |
| Réception et saisie des remontées filiales | J+30 à J+60 |
| Retraitements pré-consolidation et éliminations | J+60 à J+75 |
| Présentation comptes consolidés au comité d'audit | J+90 |
| Approbation par le conseil d'administration | J+120 |
| Approbation en assemblée générale | J+120 à J+150 |
| Publication du rapport financier annuel (sociétés cotées, AMF) | 4 mois après la clôture |
Ces délais sont des repères habituels. Les sociétés cotées sont soumises à des obligations plus strictes imposées par l'AMF et la directive Transparence : le rapport financier annuel (comptes annuels, comptes consolidés, rapports du commissaire aux comptes) est publié dans les 4 mois de la clôture, le rapport semestriel dans les 3 mois.
6. Audit des comptes consolidés#
L'article L821-53 (alinéa 2) du Code de commerce impose que le commissaire aux comptes de la société-mère certifie les comptes consolidés. Dans les groupes comprenant plusieurs filiales significatives, les CAC des entités filialisées transmettent leurs travaux (lettres de revue, questionnaires, confirmations) au CAC du groupe, qui exerce sa supervision et assume la responsabilité de la certification finale.
Le processus d'audit consolidé couvre :
- La revue du périmètre de consolidation et des méthodes retenues
- La vérification des retraitements pré-consolidation (uniformité des méthodes)
- Le contrôle des éliminations intra-groupe
- La revue du calcul des intérêts minoritaires
- L'examen du goodwill et des tests de dépréciation
- La revue des annexes (IFRS 12 ou notes ANC 2020-01)
7. Process opérationnel : les étapes concrètes#
Le pack de consolidation#
Le groupe envoie aux filiales un pack de consolidation standardisé contenant : la liasse de remontée des comptes individuels retraités en normes groupe, la fiche des opérations intra-groupe (créances, dettes, dividendes, cessions internes), et la déclaration des engagements hors bilan. La qualité et l'homogénéité de ces packs conditionnent directement la fiabilité du consolidé final.
Les retraitements pré-consolidation#
Avant d'agréger les comptes, chaque entité doit homogénéiser ses méthodes comptables avec celles du groupe : durées d'amortissement, mode d'évaluation des stocks, traitement du crédit-bail, provisions pour risques. Ces retraitements s'opèrent dans les états de passage PCG vers règles groupe, et non dans les comptes sociaux.
L'élimination des opérations intra-groupe#
C'est l'étape technique la plus sensible. Elle consiste à :
- Éliminer les créances et dettes réciproques entre entités du périmètre
- Éliminer les ventes et achats intra-groupe (chiffre d'affaires et charges)
- Neutraliser les plus-values internes sur cessions d'actifs entre entités
- Éliminer les dividendes versés par des filiales à la société-mère
Un oubli sur les éliminations peut gonfler artificiellement le chiffre d'affaires consolidé ou fausser les capitaux propres.
Le calcul des intérêts minoritaires#
Pour chaque filiale intégrée globalement mais non détenue à 100 %, la part des capitaux propres et du résultat revenant aux actionnaires tiers (minoritaires) est calculée et présentée séparément.
Points techniques souvent sous-traités#
Conversion des comptes des filiales étrangères+
Pour une filiale hors zone euro, le bilan est converti au taux de clôture et le compte de résultat au taux moyen de l'exercice. L'écart de conversion qui en résulte est inscrit directement en capitaux propres consolidés, sans transiter par le résultat.
Exclusions du périmètre de consolidation+
Malgré l'existence d'un contrôle, trois cas justifient une exclusion : une entité non significative au regard de la matérialité de l'ensemble, des restrictions sévères et durables remettant en cause le contrôle (sanctions internationales, procédure collective), ou des titres détenus uniquement en vue d'une revente à court terme. Chaque exclusion doit être justifiée explicitement en annexe.
Élimination des titres et calcul du goodwill+
Les titres de participation détenus sont contre-passés contre les capitaux propres acquis à la date d'acquisition. La différence résiduelle constitue le goodwill (écart d'acquisition), inscrit à l'actif consolidé : amorti sur sa durée d'utilisation en ANC 2020-01 (10 ans à défaut de durée déterminable de façon fiable), soumis à un test de dépréciation annuel en IFRS (IAS 36).
Crédit-bail : activation devenue obligatoire+
Depuis le règlement ANC 2020-01 (exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021), l'activation des contrats de crédit-bail et assimilés chez le preneur est obligatoire dans les comptes consolidés : c'est une ancienne méthode préférentielle du CRC 99-02 devenue impérative. Le provisionnement des engagements de retraite reste, lui, une méthode optionnelle.
8. Outils de consolidation en 2026#
Les solutions les plus utilisées en 2026 auprès des groupes de taille intermédiaire et des ETI :
- Cegid Consolidation : solution française intégrée à l'écosystème Cegid
- CCH Tagetik (Wolters Kluwer) : forte en automatisation des retraitements, positionnée ETI et grande entreprise
- Lucanet : reconnue pour la gestion des intercos, très présente en France
- SAP (BFC, ex-Cartesis, et Group Reporting) : historiquement répandu, le BFC étant une solution héritée en fin de cycle
- Oracle FCC (Financial Consolidation and Close) : sur l'écosystème Oracle EPM
- Workiva : production des états et reporting réglementaire
Le choix de l'outil doit être arbitré en fonction du nombre d'entités, de la complexité des retraitements, du référentiel retenu (ANC 2020-01 ou IFRS) et des ressources disponibles en interne.
9. Cas pratiques#
Cas 1 : Holding + 3 filiales à 100 % : intégration globale#
Une holding parisienne détient trois filiales à 100 % dans les secteurs conseil, immobilier et IT. Le groupe dépasse les seuils L233-16.
Méthode retenue : intégration globale pour les trois filiales. Aucun intérêt minoritaire à calculer. Les principales complexités sont l'élimination des factures de management fees entre la holding et les filiales, la neutralisation des refacturations de loyers internes, et l'harmonisation des durées d'amortissement.
Point de vigilance : les management fees non encore réglés en fin d'exercice créent des créances et dettes réciproques qui doivent être éliminées à 100 %. Un oubli partiel est l'une des erreurs les plus fréquentes dans ce type de groupe.
Cas 2 : Groupe industriel avec co-entreprise à 50/50#
Un groupe manufacturier détient 50 % d'une co-entreprise avec un partenaire industriel. Les deux associés exercent un contrôle conjoint formalisé par un pacte d'actionnaires.
En French GAAP (ANC 2020-01) : intégration proportionnelle : 50 % des actifs, passifs, produits et charges de la JV sont consolidés. Le chiffre d'affaires et l'endettement consolidés reflètent cette quote-part.
En IFRS : IFRS 11 qualifie cette entité de joint venture et impose la mise en équivalence. La JV disparaît du bilan détaillé et du compte de résultat ligne par ligne ; seule la valeur des titres (ajustée de la quote-part de résultat) figure à l'actif. Le chiffre d'affaires consolidé est donc inférieur, mais les ratios de marge sont souvent améliorés.
Arbitrage : si le groupe vise une cotation ou une levée de fonds internationale, la mise en équivalence IFRS donne une lecture plus rigoureuse. En contexte bancaire français, l'intégration proportionnelle CRC 99-02 est souvent mieux comprise par les établissements de crédit locaux.
Cas 3 : Holding patrimoniale avec 25 % dans une PME tierce#
Une holding familiale détient 25 % d'une PME régionale sans siéger au conseil d'administration.
Méthode retenue : mise en équivalence (présomption d'influence notable à 20-50 %). La valeur des titres est remplacée par la quote-part des capitaux propres de la PME, réévaluée à chaque clôture. La quote-part de résultat figure en produit financier consolidé.
En pratique : si la holding ne dispose d'aucune représentation dans les organes de direction de la PME et n'exerce aucune influence réelle sur ses politiques financières ou opérationnelles, la qualification "influence notable" peut être discutée. Il convient de documenter la situation avec soin, en lien avec le commissaire aux comptes.
10. Notre lecture : ce que les dirigeants sous-estiment#
Le risque sous-estimé : l'élimination des opérations intra-groupe est rarement automatisée à 100 %, même avec les meilleurs outils. Dans les groupes qui ont grandi rapidement : par acquisition ou par création successive de filiales : les flux entre entités sont souvent mal documentés ou partiellement retracés dans des comptes qui ne se font pas écho. Un écart d'élimination de 5 % sur un volume de 10 M€ d'achats intra-groupe représente 500 K€ d'impact sur le résultat consolidé : un risque de qualification lors de l'audit.
Notre lecture : la consolidation n'est pas un exercice purement comptable de fin d'année. C'est un outil de pilotage. Les groupes qui l'utilisent pour produire des états mensuels ou trimestriels : même simplifiés : prennent de meilleures décisions d'allocation des ressources entre entités, identifient plus tôt les filiales en tension de trésorerie, et présentent aux banquiers des données cohérentes avec les comptes annuels certifiés.
Ce que nous recommandons : formaliser le pack de consolidation dès la deuxième entité du groupe. Même en dessous des seuils légaux, une consolidation de gestion trimestrielle simplifie considérablement la production des comptes annuels certifiés et réduit le coût de l'audit.
Points de vigilance 2026#
- Seuils de dispense (art. L233-17) : 30 M€ de total de bilan, 60 M€ de chiffre d'affaires net, 250 salariés, sur deux exercices consécutifs, fixés par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025.
- IFRS 16 en ANC 2020-01 : certains groupes en French GAAP adoptent volontairement le traitement IFRS 16 pour les retraitements de consolidation ; s'assurer de la cohérence avec la politique groupe documentée.
- Impairment test : en IFRS, le test de dépréciation du goodwill doit être réalisé au moins une fois par an et à chaque indice de perte de valeur. Ne pas le confondre avec le simple suivi de la valeur nette comptable.
- Consolidation comptable vs intégration fiscale : l'obligation de consolidation comptable (art. L233-16) et le régime d'intégration fiscale (art. 223 A CGI) sont deux régimes distincts. Un groupe peut être consolidé comptablement sans être fiscalement intégré.
Deux régimes à ne jamais confondre : la consolidation comptable (art. L233-16) donne une image économique du groupe, tandis que l'intégration fiscale (art. 223 A du CGI) optimise l'impôt sur les sociétés. Leurs périmètres ne coïncident pas.
| Critère | Consolidation comptable | Intégration fiscale |
|---|---|---|
| Base légale | Art. L233-16 du Code de commerce | Art. 223 A du CGI (BOFiP BOI-IS-GPE) |
| Seuil de détention | Contrôle exclusif, présumé au-delà de 50 % des droits de vote | 95 % au moins du capital, de manière continue |
| Finalité | Image fidèle de l'ensemble consolidé | Compensation des résultats et neutralisations intra-groupe |
| Filiale détenue à 80 % | Consolidée par intégration globale | Hors du groupe d'intégration fiscale |
Checklist consolidation 2026#
- Vérifier le dépassement des seuils L233-16 pour l'exercice en cours
- Définir ou confirmer le périmètre de consolidation (entités incluses, exclues, méthode par entité)
- Choisir le référentiel : ANC 2020-01 ou IFRS
- Envoyer le pack de consolidation aux filiales avant J+30
- Harmoniser les méthodes comptables (retraitements pré-consolidation)
- Identifier et documenter toutes les opérations intra-groupe
- Procéder aux éliminations (créances/dettes, ventes/achats, dividendes, plus-values internes)
- Calculer les intérêts minoritaires par entité
- Calculer ou tester le goodwill (amortissement ANC 2020-01 ou impairment test IFRS)
- Préparer les annexes (IFRS 12 ou notes ANC 2020-01)
- Transmettre les travaux au commissaire aux comptes du groupe
- Respecter le calendrier d'approbation et de dépôt
Ce que fait Cabinet Hayot Expertise#
Cabinet Hayot Expertise accompagne les groupes parisiens et les holdings en croissance dans la structuration et la production de leurs comptes consolidés. Notre intervention couvre la définition du périmètre, le choix du référentiel, la mise en place des packs de consolidation, les retraitements pré-consolidation et la préparation des états pour l'audit.
Pour les groupes qui ne disposent pas encore d'une direction financière internalisée, notre mission de DAF externalisé pour startups et PME intègre la supervision de la consolidation trimestrielle et la production des états pour les organes de gouvernance.
Cet article a une vocation informative. La définition du périmètre, le choix du référentiel et les retraitements nécessitent une analyse de votre structure spécifique, de vos pactes d'actionnaires et des règles en vigueur à la date de clôture. Nous vous invitons à nous contacter pour un diagnostic adapté à votre groupe.
Sources : Légifrance Art. L233-16, L233-17 et L821-53 du Code de commerce ; Règlement ANC 2020-01 (arrêté du 29 décembre 2020, ANC) ; IFRS 10, 11, 12 et IFRS 3 (IFRS Foundation). À jour au 18 juillet 2026.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre comptes consolidés et comptes individuels ?
Les comptes individuels reflètent la situation d'une entité juridique isolée. Les comptes consolidés agrègent l'ensemble des entités d'un groupe : société-mère et filiales : après élimination des opérations intra-groupe, donnant une image fidèle de la réalité économique du groupe dans son ensemble. L'obligation légale repose sur l'article L233-16 du Code de commerce.
Mon groupe est-il obligé de publier des comptes consolidés en 2026 ?
L'obligation s'applique lorsque la société-mère contrôle exclusivement ou conjointement une ou plusieurs filiales et que le groupe dépasse deux des trois seuils suivants, sur deux exercices consécutifs : 30 M€ de total de bilan consolidé, 60 M€ de chiffre d'affaires net consolidé, 250 salariés (art. L233-17 du Code de commerce ; seuils relevés par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024, pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025). En dessous de ces seuils, une exemption est possible, mais la consolidation reste souvent recommandée pour piloter le groupe et satisfaire les banques.
Quelle méthode de consolidation appliquer pour une filiale détenue à 50 % ?
La méthode dépend du référentiel, pas des accords contractuels. En French GAAP (règlement ANC 2020-01), le contrôle conjoint d'une co-entreprise à 50 % relève de l'intégration proportionnelle : chaque poste est repris à hauteur de 50 %. En IFRS, IFRS 11 a supprimé l'intégration proportionnelle : la co-entreprise est obligatoirement mise en équivalence (IAS 28). Ce choix de référentiel a un impact direct sur les ratios d'endettement consolidés.
Quelle est la différence entre goodwill ANC 2020-01 et IFRS ?
En référentiel français (règlement ANC 2020-01), l'écart d'acquisition (goodwill) est amorti sur sa durée d'utilisation ; à défaut de durée déterminable de façon fiable, l'amortissement est pratiqué sur 10 ans, et si la durée d'utilisation n'est pas limitée, l'écart n'est pas amorti mais fait l'objet d'un test de dépréciation au moins annuel. En IFRS (IFRS 3), le goodwill n'est jamais amorti : il fait l'objet d'un test de dépréciation annuel (IAS 36). Cette différence pèse directement sur le résultat consolidé affiché.
Le commissaire aux comptes doit-il auditer les comptes consolidés ?
Oui. L'article L823-9 (alinéa 2) du Code de commerce prévoit que, lorsqu'une société établit des comptes consolidés, le commissaire aux comptes certifie qu'ils sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de l'ensemble consolidé. Dans les groupes d'une certaine taille, les commissaires aux comptes des filiales transmettent leurs travaux au commissaire aux comptes du groupe, qui assume la responsabilité de la certification finale.
Quels logiciels sont utilisés pour la consolidation en 2026 ?
Les principales solutions en 2026 sont Cegid Consolidation, CCH Tagetik (Wolters Kluwer), Lucanet, SAP (BFC, ex-Cartesis, et Group Reporting), Oracle FCC (Financial Consolidation and Close) et Workiva. Attention à une confusion fréquente : BFC est édité par SAP (BusinessObjects Financial Consolidation), tandis que Tagetik est édité par Wolters Kluwer (CCH Tagetik). Les solutions SAP BFC et Oracle Hyperion restent déployées dans les grands groupes, mais sont des outils hérités en fin de cycle. Le choix dépend du nombre d'entités, de la complexité des retraitements et du référentiel retenu.
Le règlement ANC 2020-01 a-t-il remplacé le CRC 99-02 ?
Oui. Le règlement ANC n° 2020-01, homologué par arrêté du 29 décembre 2020, s'applique aux comptes consolidés des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2021. Il a remplacé et fusionné le CRC 99-02, le CRC 99-07 et le règlement ANC 2000-05. Le CRC 99-02 n'est plus qu'une référence historique : c'est bien l'ANC 2020-01 qui constitue le référentiel français de consolidation en 2026.
Consolidation comptable et intégration fiscale : quelle différence de seuil (95 % ou 50 %) ?
Ce sont deux régimes distincts. La consolidation comptable (art. L233-16 du Code de commerce) repose sur le contrôle, présumé au-delà de 50 % des droits de vote. L'intégration fiscale (art. 223 A du CGI) exige une détention d'au moins 95 % du capital, de manière continue. Conséquence : une filiale détenue à 80 % est consolidée par intégration globale en comptabilité, mais reste en dehors du groupe d'intégration fiscale. Les neutralisations propres au régime de groupe figurent au BOFiP BOI-IS-GPE.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance, Code de commerce article L233-16 (obligation de consolidation)
- Légifrance, Code de commerce article L821-53 (certification des comptes consolides, ex-L823-11)
- ANC — Règlement CRC 99-02 relatif aux comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques
- IFRS Foundation — IFRS 10 Consolidated Financial Statements
- IFRS Foundation — IFRS 11 Joint Arrangements
- IFRS Foundation — IFRS 12 Disclosure of Interests in Other Entities
- IFRS Foundation — IFRS 3 Business Combinations (acquisition method, goodwill)
- ANC — Autorité des normes comptables, textes de référence consolidation
Ce sujet relève de notre mission DAF externalisé à Paris: direction financière à temps partagé
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