Registre des sociétés européennes : arnaque ou offre commerciale ?
Courrier « Registre des Sociétés Européennes » : fausse formalité, offre commerciale trompeuse ou escroquerie pénale ? Cinq signaux d'alerte, les vrais registres officiels, et les étapes à suivre si vous avez déjà payé.
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Juridique d'entreprise à Paris | AG, statuts, cessionsNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
La DGCCRF reçoit chaque année plusieurs milliers de signalements de ce type via la plateforme SignalConso. Le préjudice individuel moyen tourne autour de 350 à 450 euros par courrier, pour des montants affichés allant de 89 à 990 euros selon la « formule » proposée. Le mauvais réflexe est de payer trop vite en croyant à une obligation légale. Ce n'en est pas une.
Réponse directe. Il n'existe aucun « Registre des Sociétés Européennes » officiel, ni en droit français ni en droit européen. Depuis la loi PACTE (n° 2019-486), le Registre National des Entreprises (RNE), géré par l'INPI, est l'unique organisme d'immatriculation pour les entités françaises exerçant une activité économique. Tout courrier sollicitant un paiement au titre d'un tel registre est, au mieux, une offre commerciale privée sans valeur obligatoire ; au pire, une escroquerie au sens de l'article 313-1 du Code pénal.
Le registre européen des sociétés : une appellation sans existence légale#
Ni le droit français ni le droit de l'Union européenne ne prévoient de registre obligatoire portant ce nom. Il n'existe pas de texte fondateur, pas d'organisme accrédité, pas de base légale nationale ou communautaire qui créerait une obligation d'inscription dans un tel registre contre paiement.
En France, la loi PACTE a simplifié et unifié les formalités d'entreprise autour d'un point d'entrée unique : le RNE (Registre National des Entreprises), opérationnel depuis le 1er janvier 2023. L'INPI en est le gestionnaire. Toute immatriculation initiale passe par le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr). Il n'y a pas de second registre à alimenter.
Sur le plan européen, certains registres nationaux sont interconnectés via le système BRIS (Business Registers Interconnection System), mais cela n'engendre aucune obligation de paiement supplémentaire pour les entreprises. Le BRIS est un outil de consultation, pas un registre d'inscription payant.
Qui sont les cibles et pourquoi maintenant ?#
Les courriers suspects arrivent rarement au hasard. Les émetteurs exploitent des sources légalement accessibles : les annonces légales publiées au Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), les informations du RNE, et parfois les publications au Journal d'annonces légales. Ces données permettent d'identifier très précisément les sociétés immatriculées depuis moins de six mois.
Les structures les plus ciblées sont :
- les auto-entrepreneurs et micro-entreprises, facilement identifiables via le Bodacc ;
- les SAS et SASU récemment constituées ;
- les SARL créées par un associé unique ou un petit groupe ;
- les professions libérales qui viennent de déclarer leur activité BNC.
Le timing n'est pas anodin. Dans les premières semaines qui suivent une création, le dirigeant reçoit des courriers légitimes de l'URSSAF, des impôts, de sa chambre consulaire, parfois de son greffe. Un courrier supplémentaire ne paraît pas forcément suspect de prime abord.
Nos clients récemment immatriculés nous signalent régulièrement ces sollicitations — souvent en nous demandant si elles sont obligatoires. La réponse est toujours non, mais la confusion est compréhensible : le vocabulaire administratif est soigneusement imité.
Anatomie d'un courrier-type#
Voici les caractéristiques récurrentes identifiées par la DGCCRF sur les courriers signalés entre 2023 et 2026 :
En-tête : logo imitant un cachet officiel, drapeau européen à douze étoiles, couleurs bleu et jaune, mention « Union Européenne » ou « Registre Officiel ».
Référence factice : numéro à dix ou douze chiffres formaté comme un identifiant INSEE ou INPI, ce qui lui donne l'apparence d'une référence administrative réelle.
Montant : entre 89 et 990 euros selon la « formule » choisie (basique, premium, internationale). Certains courriers proposent un tarif annuel avec renouvellement tacite.
Délai imposé : quinze ou trente jours, avec une mention de « pénalités » ou de « mise en demeure » en cas de retard.
Mention légale : la mention « offre commerciale » ou « publicité » est présente, mais souvent imprimée en très petits caractères au verso, ou placée en bas d'email. Elle respecte formellement l'article L. 121-2 du Code de la consommation tout en réduisant la visibilité de cette information.
IBAN : un compte bancaire domicilié à l'étranger — Royaume-Uni, Estonie, Pologne, Chypre — jamais un compte de la DGFiP ou d'un organisme public français.
URL : un domaine qui imite l'apparence d'un site officiel, par exemple eu-registre-entreprises.com ou registre-europe-fr.eu, jamais un domaine en .gouv.fr.
Les 5 signaux d'alerte en moins de 30 secondes#
Un seul de ces points suffit à justifier une vérification avant tout paiement :
- Le nom de l'organisme n'existe pas dans les sources officielles. Tapez le nom exact sur Google + site:gouv.fr et sur Légifrance. Zéro résultat = signal immédiat.
- L'URL n'est pas en
.gouv.fr. Tous les vrais organismes d'immatriculation français utilisent un domaine gouvernemental. Une URL en.com,.euou.frnon officielle ne garantit rien. - Un délai court crée une pression de paiement. Les vraies formalités administratives sont tracées, notifiées officiellement et ne génèrent pas de pénalités par simple courrier non signé.
- L'IBAN est étranger. La DGFiP, l'URSSAF et les greffes utilisent des comptes en France ou dans la zone SEPA identifiée. Un compte en Estonie ou Chypre pour une formalité française est incohérent.
- La mention « offre commerciale » est présente mais volontairement discrète. Si le caractère payant n'est pas clairement annoncé dès la première lecture, c'est une pratique commerciale déloyale au sens du Code de la consommation.
Les vrais registres officiels d'une entreprise française#
| Registre | Gestionnaire | Obligation | Délai | Coût |
|---|---|---|---|---|
| RNE — Registre National des Entreprises | INPI | Toutes entreprises depuis 2023 | Dès création | Inclus dans frais d'immatriculation |
| RCS — Registre du Commerce et des Sociétés | Greffes des tribunaux de commerce | Commerçants, sociétés commerciales | Dès création | Gratuit à l'immatriculation initiale ; modifications ~70-130 € à vérifier |
| RBE — Registre des Bénéficiaires Effectifs | INPI (depuis 2024) | Toutes sociétés et GIE | 30 jours après immatriculation | Déclaration gratuite |
| RM — Répertoire des Métiers | CMA France | Artisans | Dès création | Frais de stage à vérifier selon catégorie |
La déclaration au RBE est souvent confondue avec une formalité payante externe alors qu'elle est gratuite et se fait directement sur inpi.fr. Un oubli de cette déclaration expose à une amende de 7 500 euros. Pour en savoir plus, voyez notre article déclaration des bénéficiaires effectifs : obligations et sanctions.
Offre commerciale trompeuse ou escroquerie pénale : quelle différence ?#
La distinction est juridiquement importante, même si dans les deux cas la réponse pratique est la même — ne pas payer.
Cas 1 — Offre commerciale privée clairement annoncée. Le courrier mentionne explicitement, dès la première ligne, qu'il s'agit d'un service payant facultatif (référencement dans un annuaire privé, veille juridique, diffusion de votre fiche entreprise). Ce type d'offre peut être inutile et surévaluée, mais elle n't pas une infraction pénale si les conditions sont transparentes. Elle relève du Code de la consommation, notamment de l'article L. 111-1 sur l'information précontractuelle.
Cas 2 — Pratique commerciale trompeuse. Le courrier imite suffisamment une administration pour créer une confusion sur le caractère obligatoire du paiement, sans que la mention « offre commerciale » soit clairement lisible. L'article L. 121-2 du Code de la consommation sanctionne les pratiques commerciales trompeuses par des amendes pouvant atteindre 300 000 euros pour une personne morale.
Cas 3 — Escroquerie pénale. Le courrier prétend explicitement que l'inscription est obligatoire sous peine de sanctions, sans aucune base légale. Il y a alors usage de faux, manoeuvres frauduleuses et tromperie sur la nature des obligations. L'article 313-1 du Code pénal punit l'escroquerie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. Le dépôt de plainte est pertinent dans ce cas.
En pratique, la frontière entre le cas 2 et le cas 3 est souvent floue. Le test simple : si vous avez hésité à payer en pensant que c'était une obligation légale, c'est que le courrier a créé la confusion recherchée.
Ce que l'administration regarde#
La DGCCRF surveille ces pratiques avec une attention particulière depuis 2019, date à laquelle plusieurs campagnes massives ont été documentées. Les critères d'intervention sont les suivants :
- La confusion avec un service public : logo, couleurs, vocabulaire administratif, numéros de référence factices.
- La discrétion de la mention commerciale : caractère trop petit, placement au verso, formulation ambiguë.
- Le délai de rétractation : les offres ne respectant pas le délai légal de quatorze jours (article L. 221-18 du Code de la consommation pour la vente à distance) sont sanctionnables.
- Le renouvellement tacite : clauses de reconduction automatique difficiles à trouver dans les conditions générales.
La plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr) centralise les signalements des professionnels et des particuliers. Chaque signalement contribue à l'analyse statistique de la DGCCRF et peut déclencher une enquête de marché.
Notre lecture : ce que nous observons dans les dossiers de création#
Dans les dossiers que nous traitons à la création, deux situations reviennent régulièrement.
La première : le dirigeant paie sans consulter, convaincu qu'il s'agit d'une obligation omise. Il le découvre trois mois plus tard en faisant le point sur ses dépenses de démarrage. À ce stade, le délai bancaire de huit semaines est souvent expiré.
La seconde : le dirigeant nous transfère le courrier avant tout paiement. La vérification prend moins de cinq minutes. Dans cent pour cent des cas signalés à notre cabinet depuis 2023, aucun des courriers transmis ne correspondait à une formalité légale réelle.
Le risque sous-estimé n'est pas seulement financier. Certains courriers comportent un formulaire de collecte d'informations sur la société — dirigeants, capital, activité, coordonnées bancaires — qui sert à des fins de revente ou de phishing. Répondre au courrier, même pour contester, peut confirmer votre adresse et déclencher d'autres sollicitations.
Si vous avez déjà payé : trois étapes dans l'ordre#
Étape 1 — Contacter votre banque dans les huit semaines. Si le paiement a été effectué par prélèvement SEPA (SDD), vous disposez d'un droit de remboursement sans justification pendant huit semaines à compter de la date de débit, conformément au règlement SEPA. Pour un virement (SCT), la procédure est plus complexe et dépend de votre établissement : signalez immédiatement et demandez une demande de rappel de fonds (recall). Conservez tous les justificatifs.
Étape 2 — Signaler sur SignalConso et déposer plainte. Rendez-vous sur signal.conso.gouv.fr pour signaler la pratique. Ce signalement est anonyme et alimente la base de données de la DGCCRF. En parallèle, déposez plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie, ou adressez un courrier directement au procureur de la République. L'article 313-1 du Code pénal (escroquerie) est applicable si le caractère frauduleux est établi. Conservez les originaux : courrier, enveloppe, virement, échanges éventuels.
Étape 3 — Vérifier les conditions générales et exercer le droit de rétractation. Si le courrier mentionne une offre commerciale avec conditions générales, vous disposez peut-être d'un droit de rétractation de quatorze jours (vente à distance, article L. 221-18 du Code de la consommation). Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception en vous appuyant sur le formulaire légal de rétractation.
Dans tous les cas, ne répondez pas verbalement ou par email avant d'avoir conservé les preuves écrites.
Arbitrage : payer ou ignorer ?#
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Courrier sans mention « offre commerciale » visible | Ne pas payer. Signaler sur SignalConso. |
| Courrier avec mention commerciale claire, service identifié | Évaluer l'utilité réelle. En général, aucun intérêt pour une PME. |
| Courrier avec IBAN étranger et délai de paiement urgent | Ne pas payer. Signal fort d'escroquerie. |
| Courrier reçu < 6 mois après création | Ne pas payer sans vérification. Transmettre à votre cabinet. |
| Paiement déjà effectué | Agir dans les 8 semaines (banque), signaler, déposer plainte. |
La vigilance ne s'arrête pas à la création#
Ces courriers réapparaissent aussi lors d'un changement de dirigeant, d'une modification de capital, d'un transfert de siège social ou d'une publication au Bodacc. Chaque événement qui génère une annonce légale peut déclencher une nouvelle vague de sollicitations.
La discipline de vérification avant tout paiement administratif est simple à installer : tout courrier sollicitant un paiement au titre d'une formalité légale doit pouvoir être rattaché à un texte officiel consultable sur Légifrance ou service-public.fr. Si ce rattachement est impossible en cinq minutes, le courrier est suspect.
Pour les entreprises que nous accompagnons, cette vérification fait partie du suivi post-création, au même titre que le calendrier fiscal ou le premier bilan comptable. Voyez notre article création d'entreprise : formule expert pour comprendre ce que couvre cet accompagnement.
Ce qu'il faut vérifier avant de classer ce courrier#
Avant tout paiement ou toute réponse, posez-vous ces quatre questions :
- L'organisme peut-il être retrouvé sur un site en
.gouv.frou sur Légifrance ? - La mention « offre commerciale » est-elle lisible dès la première lecture ?
- L'IBAN correspond-il à un organisme public français ?
- Existe-t-il un texte de loi précis qui fonde cette obligation ?
Un « non » à l'une de ces questions suffit à suspendre tout paiement.
Disclaimer et limites#
Cet article est à jour des informations disponibles au 30 mai 2026. Il ne remplace pas une analyse juridique individualisée de votre situation. En cas de doute sur la nature d'un courrier reçu, ou si vous avez déjà effectué un paiement, consultez un avocat ou rapprochez-vous de votre expert-comptable. Pour les procédures pénales, le recours à un avocat spécialisé est recommandé. La DGCCRF et les services de l'Ordre des experts-comptables peuvent également orienter vers les bons interlocuteurs.
Vous avez reçu un courrier douteux après une création ou une modification de société ? Notre cabinet peut vous aider à vérifier en quelques minutes si une formalité est réelle, et à sécuriser vos obligations juridiques de création.
Questions fréquentes
Le « Registre des Sociétés Européennes » existe-t-il officiellement ?
Non, ce nom ne correspond à aucun registre officiel français ni européen. Depuis la loi PACTE (n° 2019-486), c'est le RNE — Registre National des Entreprises (INPI, opérationnel depuis 2023) qui est l'unique organisme d'immatriculation pour les entités françaises exerçant une activité économique. Toute correspondance évoquant un « Registre Européen », « Registre Continental » ou « Annuaire Officiel des Entreprises » est, au mieux, une offre commerciale privée sans valeur obligatoire, au pire une tentative d'escroquerie au sens de l'article 313-1 du Code pénal.
Comment reconnaître un faux courrier en moins de 30 secondes ?
Cinq signaux d'alerte : (1) le nom de l'organisme est introuvable sur un site en .gouv.fr ou sur Légifrance ; (2) l'URL n'est pas en .gouv.fr ; (3) un délai court crée une pression de paiement artificielle ; (4) l'IBAN est étranger (Estonie, Chypre, Royaume-Uni) ; (5) la mention « offre commerciale » est présente mais volontairement discrète. Un seul de ces points suffit à suspendre tout paiement jusqu'à vérification.
Que faire si j'ai déjà payé un faux registre ?
Trois étapes dans l'ordre : (1) contacter votre banque dans les huit semaines — droit de remboursement sans justification pour un prélèvement SEPA (SDD), demande de rappel de fonds pour un virement (SCT) ; (2) signaler sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr) et déposer plainte au commissariat ou par courrier au procureur (article 313-1 Code pénal : escroquerie, 5 ans / 375 000 €) ; (3) exercer le droit de rétractation de 14 jours si une offre commerciale est identifiable (article L. 221-18 Code de la consommation). Conserver tous les originaux : courrier, enveloppe, justificatif de virement, échanges.
Quels sont les vrais registres officiels d'une entreprise française ?
Trois registres principaux : (1) RNE (INPI) — unique organisme depuis 2023, inclus dans les frais d'immatriculation ; (2) RCS (greffes des tribunaux de commerce) — commerçants et sociétés commerciales, gratuit à l'immatriculation initiale ; (3) RBE — Registre des Bénéficiaires Effectifs (INPI) — déclaration gratuite, obligatoire dans les 30 jours après immatriculation, sanction de 7 500 € en cas d'oubli. Aucun de ces registres ne sollicite un paiement par courrier non sollicité après la création.
Un courrier mentionnant « offre commerciale » est-il forcément légal ?
Pas forcément. La mention respecte l'article L. 121-2 du Code de la consommation sur les pratiques commerciales trompeuses, mais d'autres manquements restent possibles : prix disproportionné par rapport au service rendu (simple référencement dans un annuaire privé), conditions de renouvellement tacite cachées, délai de rétractation non mentionné. Ne pas confondre « formellement légal » et « réellement utile » : dans la grande majorité des cas signalés, le service proposé n'a aucune valeur opérationnelle pour une PME.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- DGCCRF — Démarches administratives : faites attention aux faux sites
- SignalConso — Plateforme de signalement aux services de la DGCCRF
- Entreprendre.Service-Public — Le RNE, unique organisme d'immatriculation depuis 2023
- Légifrance — Loi PACTE n° 2019-486 (création du RNE)
- Légifrance — Article 313-1 du Code pénal (escroquerie)
- Economie.gouv.fr — Comment repérer un faux site gouvernemental
Ce sujet relève de notre mission Juridique d'entreprise à Paris | AG, statuts, cessions
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