Ouvrir un bar-tabac : conditions, licences et vigilance
Débit de tabac, débit de boissons, contrat de gérance de 3 ans, remise nette de 8,35 % et points de vigilance : ce qu'il faut vérifier avant d'ouvrir un bar-tabac.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : comment ouvrir un bar-tabac en 2026 ?#
Ouvrir un bar-tabac suppose deux autorisations : un contrat de gérance de 3 ans signé avec les douanes, qui impose l'entreprise individuelle ou la SNC entre personnes physiques, et une licence de débit de boissons, la licence IV s'achetant ou se transférant faute de pouvoir être créée. Le tabac rapporte une remise nette de 8,35 % du prix de vente.
Ouvrir un bar-tabac ne consiste pas seulement à reprendre un commerce avec une belle implantation. C'est un projet doublement réglementé, à la fois par les règles propres aux débits de tabac et par celles applicables aux débits de boissons et à la restauration le cas échéant.
Ce qui distingue un bar-tabac d'un commerce classique#
Pour le tabac, vous n'achetez pas un simple droit de vendre librement. L'activité de débitant de tabac est encadrée par l'État et repose sur un contrat de gérance avec l'administration des douanes.
En pratique, il faut donc raisonner sur :
- la reprise ou la création du fonds de commerce associé
- les conditions pour devenir débitant
- les obligations de présence, d'ouverture et de sécurité
- les licences liées à la vente de boissons
Les sujets à vérifier avant de signer#
Les points structurants sont notamment :
- l'éligibilité du candidat au statut de débitant
- la faisabilité du projet avec les Douanes
- la licence nécessaire pour la partie bar
- les conditions de formation professionnelle
Vous pouvez prolonger avec ouvrir un restaurant avec 10 000 euros, TVA restauration et question fiscale ou sociale.
Conseil Hayot Expertise : sur un bar-tabac, l'erreur classique est de raisonner uniquement sur le fonds et le chiffre d'affaires. Il faut aussi sécuriser très tôt les autorisations, la gérance tabac, la licence et le montage juridique.
Contrat de gérance DGDDI : ce que cela implique en 2026#
Le statut de débitant de tabac n'est pas un droit de commerce libre. C'est un contrat de gérance avec l'administration des Douanes (DGDDI), attribué après instruction de la candidature et stage de formation. Les conditions clés à connaître :
- Rémunération du débitant : une remise brute de 10,29 % du prix de vente au détail homologué (prix TTC), ramenée à une remise nette de 8,35 % après le droit de licence (1,78 %) et la cotisation au régime d'allocation viagère des gérants de débits de tabac (0,16 %). Ces taux sont inchangés au 1er janvier 2026. Sur un paquet de 20 cigarettes à 13 €, prix moyen 2025 de la marque la plus vendue, la part revenant au buraliste ressort à 1,08 €. S'y ajoutent, au titre du protocole d'accord 2023-2027, un soutien forfaitaire annuel de 2 500 à 5 000 € selon le chiffre d'affaires tabac (décret n° 2023-957 du 19 octobre 2023) et une aide à la transformation de 30 à 50 % de l'investissement, plafonnée à 33 000 €.
- Approvisionnement : obligation de s'approvisionner exclusivement auprès des fournisseurs agréés par l'État. En pratique, Logista France assure la distribution logistique en France continentale, mais le texte ne désigne aucun distributeur nommément.
- Ouverture et présence : aucun quota annuel d'heures d'ouverture. Le gérant fixe ses horaires selon les usages locaux et les déclare via le portail GIMT ; sa présence hebdomadaire ne peut être inférieure à 60 % de la durée d'ouverture hebdomadaire. La fermeture hebdomadaire est facultative et limitée à 2 journées, les congés annuels sont de 6 semaines et la fermeture ne peut excéder 4 semaines consécutives.
- Comptabilité tabac séparée : tenue d'une comptabilité spécifique tabac, distincte du reste de l'activité bar.
- Formation initiale obligatoire : elle doit être suivie avant la signature du contrat de gérance, non pas auprès des Douanes mais auprès d'un organisme agréé (cinq centres agréés au niveau national), et elle reste à la charge du candidat. Une formation continue est ensuite due tous les 3 ans, dans les 6 mois précédant le renouvellement tacite.
- Conformité absolue : l'interdiction de vendre du tabac à un mineur (Code de la santé publique, art. L. 3512-12) est sanctionnée par l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe (art. R. 3515-5 du même code), classe relevée de la 4e à la 5e par le décret n° 2025-582 du 27 juin 2025. À ne pas confondre avec la vente d'alcool à un mineur, qui relève de l'article L. 3353-3 et de 7 500 € d'amende : les deux interdictions coexistent dans un bar-tabac, et le manquement expose à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'à la résiliation du contrat de gérance.
- Durée et reprise : le contrat de gérance est conclu pour 3 ans, renouvelable par tacite reconduction par périodes de 3 ans, le débitant devant exploiter le débit pendant 3 années consécutives au minimum. La reprise passe par la présentation d'un successeur par le débitant qui cesse son activité, ou par un appel à candidatures du directeur interrégional des douanes.
| Idée reçue fréquente | Ce que prévoit la règle en 2026 |
|---|---|
| « La commission du buraliste est de 9,73 % du prix HT » | Remise brute de 10,29 % et remise nette de 8,35 %, calculées sur le prix de vente au détail homologué, toutes taxes comprises |
| « On exploite un bar-tabac en SARL ou en SAS » | Seules l'entreprise individuelle et la SNC entre personnes physiques permettent d'obtenir le contrat de gérance |
| « Le contrat de gérance dure 5 ans » | 3 ans, renouvelables par tacite reconduction de 3 ans, avec 3 années consécutives d'exploitation au minimum |
| « Il faut ouvrir au moins 1 700 heures par an » | Aucun quota horaire : horaires déclarés via le portail GIMT et présence hebdomadaire d'au moins 60 % de la durée d'ouverture |
| « Le stage tabac est gratuit et assuré par les Douanes » | Formation initiale dispensée par un organisme agréé, à la charge du candidat, avant la signature, puis formation continue tous les 3 ans |
| « Vendre du tabac à un mineur coûte 7 500 € » | Contravention de la 5e classe (art. R. 3515-5 du CSP, décret n° 2025-582 du 27 juin 2025) ; les 7 500 € visent la vente d'alcool à un mineur (art. L. 3353-3 du CSP) |
| « Les stocks se déclarent tous les mois » | La déclaration de stocks est due au plus tard le 4e jour suivant l'entrée en vigueur de nouveaux taux, tarifs ou minimum de perception, par produit et par fournisseur |
Licences de boissons : III vs IV#
Le deuxième pilier réglementaire est la licence de débit de boissons.
| Licence | Boissons autorisées | Obtention | Coût 2026 |
|---|---|---|---|
| Licence III | Boissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, vins doux naturels, vins de liqueur et apéritifs à base de vin ne titrant pas plus de 18 degrés (groupe 3 de l'art. L. 3321-1 du CSP) | Déclaration en mairie (Cerfa n° 11542 ; préfecture de police à Paris) 15 jours avant l'ouverture, sous réserve du quota de l'art. L. 3332-1 du CSP : pas d'ouverture nouvelle lorsque la commune atteint un débit de 3e ou 4e catégorie pour 450 habitants | Gratuite |
| Licence IV (« grande licence ») | Tous les groupes de boissons de l'art. L. 3321-1 du CSP, spiritueux compris | Rachat à un détenteur existant ou transfert : l'ouverture d'un nouvel établissement de 4e catégorie est interdite (art. L. 3332-2 du CSP), le transfert restant possible dans le département dans les conditions de l'art. L. 3332-11 | Aucun tarif officiel, prix de gré à gré : de 7 500 à 50 000 € constatés au 1er trimestre 2026 pour une cession isolée, moyenne de 12 000 à 24 000 €, de 60 000 à 80 000 € dans les arrondissements les plus tendus des grandes métropoles et de 1 500 à 10 000 € en zone rurale |
Une formation au permis d'exploitation est obligatoire dans tous les cas (Code de la santé publique art. L. 3332-1-1) : au moins 20 heures réparties sur 3 jours en première demande, pour un permis valable 10 ans, renouvelé par une formation d'au moins 6 heures. Aucun tarif n'est réglementé : service-public.fr retient un coût pouvant aller jusqu'à 1 000 €. Pour un volet restauration s'ajoute la formation à l'hygiène alimentaire de 14 heures, dont le cahier des charges est désormais fixé par l'arrêté du 12 février 2024, qui a abrogé celui du 5 octobre 2011, avec une dispense pour les personnes justifiant de 3 ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans une entreprise du secteur alimentaire.
Peut-on encore créer une licence IV en 2026 ?+
Non. L'ouverture d'un nouvel établissement de 4e catégorie est interdite par l'article L. 3332-2 du Code de la santé publique. La licence IV s'obtient donc par rachat à un détenteur existant ou par transfert dans le département, dans les conditions de l'article L. 3332-11, l'avis favorable du maire étant requis lorsque la commune de départ ne compte qu'un seul débit de 4e catégorie.
Une licence III est-elle toujours accordée ?+
Pas partout. L'article L. 3332-1 du Code de la santé publique interdit l'ouverture d'un débit de 3e catégorie dans les communes où le total des débits de 3e et 4e catégorie atteint un débit pour 450 habitants, sauf transfert dans les conditions de l'article L. 3332-11. Ce quota se vérifie en mairie avant toute promesse d'achat.
Peut-on vendre du tabac en ligne, en drive ou par automate ?+
Non. La vente de tabac par distributeur automatique, à distance (internet, correspondance) ou en drive est interdite, et le débitant doit vendre au prix homologué. Depuis le 1er octobre 2025, la réserve de tabac doit en outre se situer dans le local où le débit est exploité.
Économie d'un bar-tabac en 2026 : les repères vérifiés#
La rentabilité d'un bar-tabac ne se lit pas comme celle d'un bar classique. Mais aucun barème public ne fixe la répartition type du chiffre d'affaires entre tabac, boissons, café, presse et jeux, ni un seuil de rentabilité de référence : les mix de marges qui circulent ne reposent sur aucune source officielle. Les seuls repères solides sont ceux de l'administration et de l'OFDT.
| Repère 2026 | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Remise brute du débitant | 10,29 % du prix de vente au détail homologué | DGDDI |
| Remise nette, après droit de licence (1,78 %) et cotisation viagère (0,16 %) | 8,35 % | DGDDI |
| Part du buraliste sur un paquet de 20 cigarettes à 13 € | 1,08 € | OFDT, données DGDDI au 1er décembre 2025 |
| Rémunération moyenne d'un buraliste sur le seul tabac | 60 500 € en 2019, 68 000 € en 2024 | Réponse ministérielle du 29 janvier 2026 |
| Réseau et marché | 22 800 débitants, 18,4 Md€ de chiffre d'affaires tabac en 2025 | OFDT |
| Volumes vendus dans le réseau | 30 165 tonnes en 2025, en baisse de 8,2 % sur un an | OFDT |
| Soutien forfaitaire annuel du protocole 2023-2027 | 2 500 à 5 000 € selon le chiffre d'affaires tabac | Décret n° 2023-957 du 19 octobre 2023 |
Deux enseignements pratiques. D'abord, la remise nette progresse lentement (7,90 % en 2020, 8,35 % aujourd'hui) pendant que les volumes reculent : la rémunération moyenne sur le tabac tient davantage au prix qu'aux quantités. Ensuite, le tabac fait le trafic et non la marge ; le résultat se joue sur les boissons, le café et les services annexes.
Comment construire le prévisionnel#
Un bar-tabac ne s'évalue pas sur des ratios de place, mais sur les comptes réels du fonds repris. Les pièces à exiger avant toute offre : les trois derniers bilans et déclarations, les relevés du fournisseur agréé (volumes et remises réels, mois par mois), les bordereaux FDJ et PMU, les relevés de dépôt de presse, le bail et ses charges, ainsi que le détail des heures d'ouverture réellement tenues. Le plan de financement doit couvrir le fonds de commerce, le rachat éventuel de la licence IV, la mise à niveau du local et le besoin en fonds de roulement, en gardant à l'esprit que le tabac n'est pas un stock à financer : le débitant en est dépositaire, jamais propriétaire.
Jeux, presse et tabac : des flux à ne pas confondre avec le chiffre d'affaires#
C'est l'un des pièges comptables les plus fréquents du bar-tabac. Plusieurs activités ne génèrent pas un « vrai » chiffre d'affaires, mais seulement une commission :
- Jeux FDJ et PMU : les sommes jouées par les clients ne sont pas du chiffre d'affaires. Le débitant encaisse les mises pour le compte de l'opérateur et ne conserve que sa commission, de l'ordre de 5 % du prix public des mises pour la FDJ et de 1,8 % à 2,65 % pour le PMU. Les enjeux transitent par un compte de tiers, pas par un compte de produits. Intégrer les mises au chiffre d'affaires gonfle artificiellement le volume et fausse tous les ratios.
- Presse : seule la rémunération du diffuseur constitue un produit, les invendus étant repris. Depuis le 1er janvier 2026, cette rémunération est fixée par la décision ARCEP n° 2025-2214 du 9 décembre 2025, en pourcentage du montant TTC des ventes.
- Tabac : le débitant n'est jamais propriétaire des produits, il en est dépositaire et agit comme préposé de l'administration. Seule la remise constitue son produit, à 8,35 % nets (10,29 % bruts) du prix de vente au détail homologué.
Conséquence pratique : un bar-tabac affichant 1,2 M€ « de chiffre » peut n'avoir qu'un produit réel de quelques centaines de milliers d'euros une fois neutralisés les flux de mandataire. La comptabilité doit isoler chaque activité : le tabac, dont le débitant est simple dépositaire, se suit à part du reste du commerce.
Ce retraitement des flux de mandat (tabac, FDJ, PMU, presse) est précisément ce que détaille notre page expert-comptable bar-tabac : ventilation des commissions contre les ventes propres, TVA par activité, paie et caisse certifiée, avec les repères chiffrés 2026 du secteur.
| Flux encaissé | Rémunération réelle du point de vente | Référence |
|---|---|---|
| Jeux FDJ | Environ 5 % du prix public des mises, plus 0,2 point au titre de la convention jeu responsable | Barème FDJ |
| Jeux PMU | De 1,8 % à 2,65 % selon le chiffre d'affaires et le nombre de jours d'exploitation, plus une prime de disponibilité de 0,4 point | Barème PMU |
| Presse, marchand non spécialisé | 13 % sur les publications périodiques et 14 % sur les quotidiens et publications du 7e jour, en pourcentage du montant TTC des ventes | Décision ARCEP n° 2025-2214 du 9 décembre 2025, en vigueur au 1er janvier 2026 |
| Presse, diffuseur spécialisé | 15 % du montant TTC des ventes | Décision ARCEP n° 2025-2214 |
| Tabac | Remise nette de 8,35 % (remise brute de 10,29 %) du prix de vente au détail | DGDDI |
Aucun de ces flux n'est un chiffre d'affaires pour le point de vente : seules la commission et la remise le sont. Les ventes de jeux et de presse sont par ailleurs hors du champ de la TVA pour le débitant.
Forme juridique : ni SARL ni SAS pour le débit de tabac#
C'est le point qui fait tomber le plus de projets. Un débit de tabac ne peut être exploité que sous forme d'entreprise individuelle ou de société en nom collectif dont tous les associés sont des personnes physiques ; en SNC, la gérance du débit est confiée à l'associé qui détient la majorité absolue des parts. Les formes à responsabilité limitée, SARL, SAS et SASU, ne permettent pas d'obtenir le contrat de gérance. Le candidat doit en outre avoir la pleine et entière propriété du fonds de commerce associé au débit, la copropriété n'étant admise qu'avec le conjoint ou le partenaire de PACS : le montage souvent proposé, une société qui porte le fonds et un dirigeant qui garde le tabac à son nom, est donc impossible en l'état. La location-gérance et la franchise ne sont ouvertes que dans les communes rurales. Côté fiscal, les profits tirés de la vente des produits du monopole relèvent en principe des bénéfices non commerciaux (art. 92, 2-4° du CGI), l'article 155 du même code permettant de rattacher l'ensemble aux bénéfices industriels et commerciaux lorsque l'activité commerciale du café est prépondérante et que le débit n'en est que l'extension ; les ventes de tabac et les remises échappent par ailleurs à la TVA, acquittée en amont par le fournisseur agréé, alors que le bar et la restauration suivent le régime de droit commun. Enfin, la transmission ne se règle pas comme une cession de parts : le repreneur doit être agréé par la DGDDI et remplir toutes les conditions (nationalité d'un État de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse, honorabilité appréciée au vu du bulletin n° 2 du casier judiciaire, régularité fiscale sur les 3 dernières années, formation initiale).
Notre grille d'analyse avant ouverture#
Nous recommandons de valider :
- le montage juridique et le business plan
- les autorisations et formations obligatoires
- la structure du chiffre d'affaires entre tabac et activités associées
- les impacts sociaux, TVA et marges
Un projet doublement réglementé#
Ouvrir un bar-tabac oblige à raisonner sur deux cadres en même temps : le débit de boissons et l'activité de tabac. Cette superposition rend le projet plus exigeant qu'un commerce classique. Avant même de parler travaux ou concept, il faut comprendre le montage juridique, les autorisations, la formation, le contrat d'exploitation et la viabilité économique du point de vente.
Les checks indispensables avant de s'engager#
Il faut notamment vérifier :
- la réalité du droit d'exploiter ;
- la situation du bail et des autorisations administratives ;
- les obligations de formation et de conformité ;
- la structure de marge entre bar, tabac, jeux ou activités annexes ;
- les investissements de remise à niveau et le besoin de trésorerie initial.
L'enjeu n'est pas seulement l'ouverture, mais la tenue du modèle#
Un bar-tabac peut paraître attractif sur le papier et se révéler tendu en exploitation si la masse salariale, les horaires, la sécurité ou les flux de caisse sont mal anticipés. Le bon dossier ne sécurise donc pas seulement l'autorisation ; il sécurise aussi la rentabilité quotidienne.
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Nous pouvons vous aider à structurer le projet, à relire les contraintes et à cadrer le lancement.
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Conclusion#
En 2026, ouvrir un bar-tabac reste un projet à fort potentiel, mais aussi à forte contrainte réglementaire. La réussite passe par un cadrage juridique, fiscal et opérationnel très concret.
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Questions fréquentes
Quelle commission perçoit un débitant de tabac en 2026 ?
En 2026, le débitant de tabac est rémunéré par une remise brute de 10,29 % du prix de vente au détail homologué, ramenée à 8,35 % nets après le droit de licence (1,78 %) et la cotisation au régime d'allocation viagère (0,16 %). Ces taux sont inchangés au 1er janvier 2026 et se calculent sur le prix toutes taxes comprises, pas sur un prix hors taxes. Sur un paquet de 20 cigarettes à 13 €, prix moyen 2025 de la marque la plus vendue, la part du buraliste ressort à 1,08 €. S'y ajoute le soutien forfaitaire annuel de 2 500 à 5 000 € prévu par le protocole 2023-2027 selon le chiffre d'affaires tabac (décret n° 2023-957 du 19 octobre 2023).
Quelle licence pour vendre des boissons alcoolisées en bar-tabac ?
Deux options. La licence III couvre les boissons fermentées non distillées ne titrant pas plus de 18 degrés (vin, bière, cidre, poiré, hydromel, vins de liqueur) : elle s'obtient par déclaration en mairie 15 jours avant l'ouverture, gratuitement, mais reste soumise au quota de l'article L. 3332-1 du Code de la santé publique, qui interdit une ouverture nouvelle lorsque la commune atteint un débit de 3e ou 4e catégorie pour 450 habitants. La licence IV couvre tous les groupes de boissons, spiritueux compris : elle ne peut plus être créée (article L. 3332-2) et s'acquiert par rachat ou par transfert dans le département. Son prix est libre, de 7 500 à 50 000 € constatés début 2026, avec une moyenne de 12 000 à 24 000 €.
Quelles formations obligatoires avant ouverture ?
Trois formations. (1) Le permis d'exploitation (art. L. 3332-1-1 du Code de la santé publique) : au moins 20 heures réparties sur 3 jours, valable 10 ans, renouvelé par une formation d'au moins 6 heures ; aucun tarif n'est réglementé, service-public.fr retenant un coût pouvant aller jusqu'à 1 000 €. (2) La formation à l'hygiène alimentaire de 14 heures en cas de vente de nourriture, dont le cahier des charges relève de l'arrêté du 12 février 2024, qui a abrogé celui du 5 octobre 2011, avec une dispense pour 3 ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans le secteur alimentaire. (3) La formation initiale tabac, obligatoire avant la signature du contrat de gérance : elle est dispensée par un organisme agréé, à la charge du candidat, et suivie d'une formation continue tous les 3 ans.
Quel modèle break-even pour un bar-tabac en 2026 ?
Il n'existe ni seuil de rentabilité officiel ni répartition type du chiffre d'affaires entre tabac, boissons, café, presse et jeux : les mix de marges qui circulent ne reposent sur aucune source publique. Les repères vérifiables sont les suivants : remise nette de 8,35 % sur le tabac (10,29 % bruts) du prix de vente au détail, rémunération moyenne d'un buraliste sur le seul tabac de 68 000 € en 2024 contre 60 500 € en 2019, marché de 18,4 Md€ pour 22 800 débitants en 2025, volumes en recul de 8,2 % sur un an. Le modèle se construit donc sur les comptes réels du fonds repris, relevés du fournisseur agréé et bordereaux FDJ, PMU et presse à l'appui.
Quelles obligations DGDDI tout au long de l'exploitation ?
S'approvisionner exclusivement auprès des fournisseurs agréés par l'État ; vendre au prix homologué, sans automate, sans vente à distance ni drive ; déclarer ses horaires via le portail GIMT et assurer une présence hebdomadaire d'au moins 60 % de la durée d'ouverture ; conserver la réserve de tabac dans le local d'exploitation depuis le 1er octobre 2025 ; déposer une déclaration de stocks au plus tard le 4e jour suivant l'entrée en vigueur de nouveaux taux, tarifs ou minimum de perception ; suivre le tabac à part du reste du commerce ; respecter l'interdiction de vente aux mineurs et prêter assistance aux agents des douanes. Les manquements exposent à des sanctions disciplinaires allant de l'avertissement à la résiliation du contrat de gérance.
Quel statut juridique privilégier pour un bar-tabac ?
La question ne se pose pas comme pour un commerce ordinaire : un débit de tabac ne peut être exploité qu'en entreprise individuelle ou en société en nom collectif composée exclusivement de personnes physiques, la gérance du débit étant alors confiée à l'associé qui détient la majorité absolue des parts. La SARL, la SAS et la SASU ne permettent pas d'obtenir le contrat de gérance. Le débitant doit par ailleurs avoir la pleine et entière propriété du fonds de commerce associé au débit, la copropriété n'étant admise qu'avec le conjoint ou le partenaire de PACS. Fiscalement, les profits du monopole relèvent en principe des BNC (art. 92, 2-4° du CGI), avec rattachement possible aux BIC par l'article 155 du CGI lorsque l'activité de café est prépondérante.
Qui peut devenir débitant de tabac en France ?
Le candidat doit être ressortissant d'un État de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse, présenter les garanties d'honorabilité appréciées au vu du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, être à jour de ses obligations fiscales sur les 3 dernières années et avoir suivi la formation initiale auprès d'un organisme agréé avant la signature du contrat. Il doit en outre détenir la pleine et entière propriété du fonds de commerce associé au débit, la copropriété n'étant admise qu'avec le conjoint ou le partenaire de PACS. La gérance s'obtient soit par la présentation d'un successeur par le débitant qui cesse son activité, soit par un appel à candidatures du directeur interrégional des douanes.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Douane.gouv.fr (DGDDI), devenir débitant de tabac : conditions
- DGDDI - Conditions d'exploitation d'un débit de tabac
- Légifrance - Décret n° 2022-1700 (rémunération du débitant de tabac)
- Service-Public.fr - Licences de débit de boissons (III, IV)
- Service-Public.fr - Réglementation dans un bar ou un restaurant
- Confédération des Buralistes - Statistiques de la profession 2024-2026
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