Choisir le bon mode de cession pour transmettre votre entreprise en 2026
Cession totale, MBO, Dutreil, apport-cession, LBO : comment choisir le bon schéma de transmission selon votre profil, vos objectifs fiscaux et le profil du repreneur ? Analyse comparative 2026 par Cabinet Hayot Expertise à Paris.
Ce sujet relève de notre mission
Évaluation d'entreprise & M&A | Stratégie de croissanceNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 15 mai 2026. La cession d'une entreprise n'est pas un acte unique : c'est un arbre de décisions dont chaque bifurcation engage des conséquences fiscales, sociales et patrimoniales irréversibles sur 3 à 5 ans. Choisir entre une cession totale à un tiers, un MBO par les cadres, une transmission familiale sous Dutreil ou un apport-cession via holding n'est pas une question de préférence. C'est une question de profil cédant, de profil repreneur, d'horizon, de liquidité souhaitée et d'exposition fiscale. Chez Cabinet Hayot Expertise, à Paris, nous accompagnons des dirigeants de PME, de startups et de sociétés immobilières dans cette analyse amont. Cet article décrit les dix principaux schémas de transmission, leur régime fiscal comparé, les critères de choix et quatre cas pratiques issus de configurations réelles.
Les dix modes de cession : tableau comparatif 2026#
| Mode de cession | Cible type | Régime fiscal cédant | Liquidité | Durée moyenne |
|---|---|---|---|---|
| Cession totale à un tiers | Tout profil | PFU 31,4 % (+ abattement 150-0 D ter si retraite) | Immédiate | 6 à 12 mois |
| Cession partielle (co-actionnariat) | Cédant souhaitant rester actionnaire | PFU 31,4 % sur fraction cédée | Partielle | 3 à 6 mois |
| MBO (Management Buy-Out) | PME avec cadres en place | PFU 31,4 % | Différée (earn-out possible) | 6 à 18 mois |
| MBI (Management Buy-In) | PME sans successeur interne | PFU 31,4 % | Variable | 6 à 18 mois |
| LBO sponsorisé (fonds PE) | PME 3 M+ EBITDA | PFU 31,4 % + earn-out possible | Forte | 12 à 24 mois |
| Apport-cession (150-0 B ter) | Cédant réinvestisseur | Plus-value en report, imposition différée | Nulle immédiatement | 6 à 18 mois |
| Fusion-absorption | Consolidation groupe | Régime de faveur (neutralité fiscale possible) | Aucune | 12 à 24 mois |
| Cession familiale Dutreil (787 B) | Successeur familial | Abattement 75 % droits de transmission | Partielle ou nulle | 12 à 36 mois préparation |
| Donation-cession | Héritiers + cession aval | Purge PV (CGI art. 758) ; droits donation | Différée | 12 à 24 mois |
| MBO via holding cession-rachat | Cédant réinvestissant + cadres | Report imposition + levier dette | Nulle à partielle | 6 à 18 mois |
1. Cadre légal applicable : les articles clés du CGI#
La fiscalité des cessions de titres repose sur quatre piliers législatifs qu'il faut maîtriser avant de choisir un schéma.
CGI art. 150-0 A — Régime général d'imposition des plus-values de cession de valeurs mobilières. La plus-value nette est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux) depuis 2018, sauf option globale pour le barème progressif.
CGI art. 150-0 B ter — Apport-cession : lorsque des titres sont apportés à une société soumise à l'IS, la plus-value d'apport est placée en report d'imposition. Ce report tombe si la holding cède les titres dans les 3 ans sans réinvestir au moins 60 % du produit dans une activité économique qualifiante dans les 2 ans suivant la cession. Ce dispositif est le cœur de la stratégie "apport avant cession" et permet de réinvestir le produit brut dans un nouvel actif économique.
CGI art. 150-0 D ter — Abattement fixe de 500 000 euros sur la plus-value de cession réalisée par le dirigeant partant à la retraite, sous conditions cumulatives : fonctions de direction depuis au moins 5 ans, détention d'au moins 25 % des droits, cessation de toute fonction dans les 2 ans, liquidation des droits à la retraite dans le même délai. Cet abattement n'est pas soumis aux prélèvements sociaux dans certaines configurations — à vérifier selon la loi de finances applicable à la date de cession.
CGI art. 787 B — Pacte Dutreil — Exonération de 75 % de la valeur des titres transmis par donation ou succession, sous conditions : engagement collectif de conservation d'au moins 2 ans signé par les associés représentant au moins 17 % des droits financiers (sociétés non cotées), suivi d'un engagement individuel de conservation de 4 ans par le donataire, exercice d'une fonction de direction pendant 3 ans. Ces conditions doivent être documentées précisément ; un engagement collectif manquant ou mal daté invalide l'exonération.
2. Cession totale à un tiers : la sortie franche#
La cession totale de titres à un acquéreur tiers — industriel, fonds, concurrent — est le schéma le plus lisible. Le cédant négocie un prix, transfère 100 % des titres, perçoit le prix de cession et sort de la société.
Régime fiscal : plus-value = prix de cession moins prix d'acquisition, imposée à 30 % PFU. Si le cédant remplit les conditions du 150-0 D ter (départ retraite), l'abattement de 500 000 euros s'applique avant imposition.
Risque principal : la GAP (Garantie d'Actif et de Passif). L'acquéreur exigera systématiquement une GAP dont la durée couvre les risques fiscaux (jusqu'à 10 ans pour les rappels) et sociaux (3 à 5 ans). Le cédant reste exposé sur son patrimoine personnel pendant cette période, sauf constitution d'une garantie bancaire ou séquestre partiel du prix. Pour les modalités de la GAP, voir notre article dédié sur la garantie d'actif et de passif.
Notre analyse : pour un dirigeant de 60 ans et plus avec un acquéreur identifié et une plus-value élevée, la cession totale combinée au 150-0 D ter est souvent le schéma optimal en termes de simplicité et de liquidité immédiate. Elle n'interdit pas de prévoir un earn-out partiel si la valorisation est contestée.
3. MBO — Management Buy-Out : céder à ses propres cadres#
Le MBO consiste à vendre à un groupe de cadres salariés ou dirigeants qui connaissent la société de l'intérieur. Ces repreneurs constituent une holding de reprise (NewCo), y apportent leurs fonds propres (20 à 30 % du prix), empruntent le solde auprès d'une banque (dette senior) et complètent parfois par un vendor loan du cédant.
Avantages pour le cédant : continuité managériale garantie, transition douce, fidélisation des équipes, réduction du risque de rupture opérationnelle post-cession.
Structure financière type : prix de 5 M euros — apport manageurs 1 M euros + dette senior 3 M euros + vendor loan cédant 1 M euros remboursable sur 5 ans. Le vendor loan expose le cédant au risque de défaillance de la NewCo ; il doit être sécurisé par une garantie sur les titres ou sur les actifs.
Régime fiscal : identique à la cession totale (PFU 31,4 %). Le vendor loan est imposé comme un complément de prix au fur et à mesure des remboursements.
En pratique : la négociation est plus complexe car les cadres ont moins de surface financière qu'un investisseur institutionnel. Le calendrier de due diligence est allégé mais la documentation contractuelle (GAP, pacte d'actionnaires, convention de management) reste essentielle.
4. MBI — Management Buy-In : le repreneur externe#
Le MBI suit la même structure financière que le MBO, mais le repreneur est un dirigeant externe qui apporte son projet et son financement sans connaître la société de l'intérieur.
Risque supplémentaire pour le cédant : le repreneur peut sous-estimer des fragilités opérationnelles. La GAP doit être plus robuste et la période d'accompagnement (6 à 12 mois) plus structurée qu'en MBO.
Régime fiscal : identique au MBO.
Cas fréquent chez Cabinet Hayot Expertise : des dirigeants de 50 à 55 ans qui souhaitent céder une PME sans successeur interne identifié et sans atteindre l'âge de la retraite. Le MBI ou le LBO sponsorisé sont alors les schémas privilégiés.
5. LBO sponsorisé : la reprise avec fonds de Private Equity#
Pour les PME affichant un EBITDA supérieur à 3 à 5 millions d'euros, l'entrée d'un fonds de Private Equity dans un schéma de LBO offre une liquidité forte et une accélération de la croissance.
Schéma type : le cédant vend 60 à 80 % des titres à un fonds via une holding de rachat ; il conserve 20 à 40 % en réinvestissement pour participer à la plus-value de sortie dans 5 à 7 ans. Cette co-détention impose de négocier les droits préférentiels, les mécanismes de ratchet et les clauses de tag-along/drag-along.
Pour le cédant : la plus-value partielle (sur la fraction cédée) est imposée à 30 % PFU. La fraction réinvestie reste un actif non liquide pendant la durée de détention du fonds.
Notre analyse : la due diligence d'un fonds PE est significativement plus lourde que celle d'un acquéreur industriel — plan d'affaires sur 5 ans, EBITDA retraité, analyse des flux de trésorerie, cartographie des risques ESG. La préparation du dossier comptable et commercial 12 à 18 mois avant est indispensable.
6. Apport-cession et holding patrimoniale (CGI art. 150-0 B ter)#
L'apport-cession est la stratégie d'interposition la plus répandue pour un cédant souhaitant réinvestir une fraction importante du produit de cession dans une activité économique. Pour une présentation détaillée du mécanisme, voir notre article apport de titres à une holding patrimoniale.
Principe : le cédant apporte ses titres à une holding soumise à l'IS à la valeur de marché. La plus-value d'apport est placée en report d'imposition. La holding cède ensuite les titres à l'acquéreur tiers. Le report tient tant que la holding conserve les fonds ou réinvestit 60 % du produit dans une activité économique dans les 2 ans.
Avantage : réinvestissement à 100 % du produit brut (avant impôt) dans une nouvelle société, une participation ou un actif éligible.
Piège fréquent : confondre remploi dans des actifs financiers passifs — OPCVM, fonds obligataires — avec remploi dans des PME opérationnelles ou des fonds professionnels qualifiants. Un remploi mal documenté entraîne la chute du report et l'imposition immédiate de la plus-value avec intérêt de retard.
7. Cession familiale et pacte Dutreil (CGI art. 787 B)#
Le Dutreil est le schéma de référence pour la transmission à titre gratuit (donation ou succession) d'une entreprise à un membre de la famille.
Conditions cumulatives :
- Engagement collectif de conservation des titres : minimum 2 ans, portant sur au moins 17 % des droits financiers (sociétés non cotées), signé avant la donation.
- Engagement individuel de conservation du donataire : 4 ans à compter de la fin de l'engagement collectif.
- Exercice d'une fonction de direction pendant 3 ans dans la société post-donation.
- Activité opérationnelle de la société (industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale).
Avantage fiscal : exonération de 75 % de la valeur des titres transmis du calcul des droits de mutation à titre gratuit. Sur une société valorisée 4 M euros, seul 1 M euros est intégré dans la base taxable. Après abattement de 100 000 euros par parent/enfant, les droits peuvent être proches de zéro si la valeur résiduelle reste dans les abattements.
Le risque sous-estimé : le défaut de formalisation de l'engagement collectif avant la donation est la cause principale de remise en cause par l'administration. L'engagement doit être signé, daté, enregistré et conservé. Des redressements significatifs ont été notifiés sur des dossiers où l'engagement avait été rédigé après coup, ou bien où l'activité de la société s'était partiellement transformée en gestion patrimoniale pure sans animation.
8. Donation-cession : purge de la plus-value avant cession#
La donation-cession consiste à donner les titres aux héritiers AVANT la cession à l'acquéreur tiers. Sous CGI art. 758, la valeur d'acquisition des titres chez les donataires est égale à la valeur au moment de la donation. La plus-value "purge" fiscalement si le donataire revend au même prix.
Exemple : cédant détenant des titres acquis 100 000 euros, valorisés 2 M euros. Cession directe : plus-value 1,9 M euros, impôt 570 000 euros à 30 %. Si le cédant donne les titres à ses enfants à 2 M euros, leur base d'acquisition est 2 M euros. S'ils cèdent immédiatement au même prix, la plus-value est nulle. Les droits de donation sont dus sur 2 M euros (après abattements), mais sont inférieurs à 570 000 euros dans la plupart des cas.
Attention : l'abus de droit (LPF art. L. 64) est le risque principal. La donation doit être réelle, documentée, et ne pas être requalifiée si le cédant avait déjà signé une promesse de cession avant la donation. La chronologie est critique : donation d'abord, puis négociation et cession.
9. Fusion-absorption#
La fusion-absorption intègre une société dans une autre, les actionnaires de la société absorbée recevant des titres de la société absorbante. Sous le régime de faveur des fusions (CGI art. 210 A et B), les plus-values latentes ne sont pas imposées immédiatement mais placées en sursis d'imposition chez la société absorbante. Ce régime nécessite l'approbation des deux assemblées et un rapport de commissaire aux apports.
La fusion est rarement le schéma optimal pour un cédant souhaitant une liquidité. Elle convient aux réorganisations intragroupes ou aux rapprochements stratégiques entre sociétés complémentaires.
10. Critères de choix : l'arbre de décision#
Avant de retenir un schéma, cinq questions structurantes doivent être posées.
1. Âge et départ à la retraite ? Si le cédant a plus de 60 ans et envisage la retraite dans les 2 ans, le 150-0 D ter (abattement 500 000 euros) est un levier prioritaire à sécuriser. Le schéma de cession doit être compatible avec ce calendrier.
2. Successeur identifié ? Si la famille est candidate, le Dutreil et la donation-cession sont à modéliser en parallèle. Si les cadres sont candidats, le MBO prime. Si un fonds est intéressé, le LBO est l'option.
3. Objectif de liquidité ? Si le cédant a besoin de liquidité immédiate, la cession totale à un tiers est appropriée. Si le cédant peut différer pendant 5 à 7 ans, l'apport-cession ou le co-investissement dans un LBO offrent un meilleur rendement net de fiscalité.
4. Niveau de plus-value latente ? Une plus-value supérieure à 2 M euros justifie d'étudier l'apport-cession, la donation-cession et le Dutreil — seuls schémas permettant une réduction significative de l'imposition. En dessous de 500 000 euros, le 150-0 D ter est souvent suffisant.
5. Exposition à l'IFI post-cession ? Après la cession, les liquidités réinvesties dans des actifs financiers sortent de l'IFI. Si le cédant réinvestit dans un portefeuille immobilier via une SCI ou dans une holding à dominante immobilière, le risque IFI se reconstitue. Ce point est rarement anticipé suffisamment tôt.
Régime social du cédant : un angle souvent oublié#
Le mode de cession influe sur le régime social du cédant pendant et après la transmission. Un dirigeant de SARL assimilé-salarié qui cède ses parts et cesse ses fonctions perd son affiliation au régime général. S'il perçoit un earn-out ou un vendor loan après la cession, ces sommes peuvent être requalifiées en revenus professionnels et soumises à cotisations selon leur nature. La coordination avec un gestionnaire paie et un conseiller en protection sociale est nécessaire pour sécuriser la période de transition.
Calendrier type d'une cession bien préparée#
La préparation d'une cession se décompose en deux phases. La phase amont (12 à 24 mois avant) consiste à diagnostiquer la structure (choix du schéma, audit des conditions Dutreil ou 150-0 D ter, organisation d'une holding si apport-cession retenu), nettoyer les comptes et les conventions intragroupe, identifier le profil repreneur et mandater si nécessaire un intermédiaire en cession, et rédiger la lettre d'intention (LOI) ainsi que le term sheet. La phase d'exécution (6 à 12 mois) comprend la due diligence acheteur, la négociation des garanties (GAP, earn-out, séquestre), la signature du SPA (Share Purchase Agreement) et le transfert de propriété.
Cas pratique 1 : dirigeant 65 ans, PME industrielle, cession à un tiers#
Monsieur D., 65 ans, dirige une PME industrielle en région parisienne valorisée 3,5 M euros, titres acquis pour 200 000 euros. Plus-value latente : 3,3 M euros. Il part à la retraite dans 6 mois.
Schéma retenu : cession totale à un acquéreur industriel + 150-0 D ter. L'abattement de 500 000 euros ramène la base imposable à 2,8 M euros. Imposition PFU : 840 000 euros (30 %). Liquidité nette post-impôt : environ 2,66 M euros. Sans le 150-0 D ter, l'imposition aurait été 990 000 euros — le dispositif génère une économie de 150 000 euros. Le dossier doit être monté 12 mois avant la cession effective pour vérifier la durée des fonctions et la date de liquidation des droits à la retraite.
Cas pratique 2 : famille avec successeur, Dutreil + donation#
Madame F., 62 ans, dirige une société commerciale valorisée 2 M euros (titres acquis 50 000 euros). Son fils est gérant depuis 3 ans. Un engagement collectif Dutreil a été signé il y a 18 mois.
Schéma retenu : prolongation de l'engagement collectif jusqu'à 24 mois, puis donation des titres au fils. Valeur soumise aux droits après Dutreil (abattement 75 %) : 500 000 euros. Abattement parent-enfant : 100 000 euros. Base taxable : 400 000 euros. Les droits sont nettement inférieurs à l'imposition d'une cession directe (30 % sur 1,95 M euros = 585 000 euros). Le fils conserve les titres 4 ans (engagement individuel) avant toute cession ultérieure.
Cas pratique 3 : startup tech Paris, cession à un fonds PE#
Une startup SaaS parisienne valorisée 15 M euros (EBITDA 2,2 M euros). Le fondateur détient 100 % des titres, acquis pour 30 000 euros.
Schéma retenu : LBO sponsorisé avec co-investissement. Le fondateur cède 70 % des titres au fonds (10,5 M euros, plus-value 10,47 M euros, imposition PFU : 3,14 M euros, liquidité nette : 7,36 M euros). Il réinvestit 20 % du prix dans la holding du fonds (management package, ratchet sur TRI cible de 20 %). À la sortie en année 5, si la valorisation atteint 30 M euros, le réinvestissement peut rapporter 1,8 à 2,5 M euros supplémentaires.
Cas pratique 4 : dirigeant 55 ans, cède à un cadre via MBO#
Monsieur M., 55 ans, cède une société de services valorisée 2,5 M euros à son directeur commercial depuis 8 ans. Ce dernier constitue une holding avec 500 000 euros d'apport et 1,8 M euros de dette senior. Le cédant accorde un vendor loan de 200 000 euros sur 4 ans.
Schéma retenu : MBO + earn-out de 200 000 euros sur 2 ans (conditionné à la rétention de 3 clients clés). Fiscalité cédant : PFU 31,4 % sur 2,3 M euros. Risque principal : le vendor loan expose le cédant pendant 4 ans. Un nantissement des titres de la holding est prévu en garantie.
Les cinq pièges à éviter#
Piège 1 — Précipiter la cession sans préparer la structure. Un redressement fiscal sur une vente sans Dutreil ou sans apport-cession peut coûter plusieurs centaines de milliers d'euros qui auraient été évités avec 18 mois de préparation.
Piège 2 — Oublier l'engagement collectif Dutreil. L'engagement doit être signé et daté avant la donation. Il est trop tard de le formaliser après que la cession est déjà négociée.
Piège 3 — Négliger la GAP. Un cédant qui signe une GAP sur 5 ans sans provision ni garantie bancaire s'expose à restituer une fraction du prix de cession sur son patrimoine personnel.
Piège 4 — Confondre prix de cession et liquidité nette. Après la GAP, l'earn-out, les séquestres, l'imposition et les frais professionnels, la liquidité nette peut être 35 à 45 % inférieure au prix facial.
Piège 5 — Ne pas anticiper le régime social post-cession. La perte du statut de dirigeant affecte la couverture maladie, la retraite complémentaire et parfois la prévoyance.
Ce que Cabinet Hayot Expertise fait pour vous#
Chez Cabinet Hayot Expertise, à Paris, nous accompagnons la transmission d'entreprise comme une mission transversale : diagnostic patrimonial du cédant, choix du schéma fiscal, coordination avec le juriste et le notaire, préparation du dossier de due diligence, vérification des conditions Dutreil ou 150-0 D ter, pilotage du calendrier et relecture des actes de cession sous angle comptable et fiscal.
Nous intervenons 12 à 24 mois avant la cession souhaitée pour que chaque levier soit activé à temps. Une consultation de cadrage — profil cédant, profil repreneur, valorisation et fiscalité estimée — permet d'identifier rapidement le schéma le plus adapté à votre situation.
Ce que nous ne remplaçons pas : l'avocat rédige les actes (SPA, GAP, pacte d'actionnaires) ; le notaire signe les donations ; le conseil en gestion de patrimoine pilote le remploi post-cession. Notre rôle est de coordonner, de sécuriser les aspects comptables et fiscaux et de vous donner une vision claire des conséquences avant de vous engager.
Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Chaque situation de cession d'entreprise est unique et nécessite une analyse approfondie de vos documents, de votre structure et du cadre légal en vigueur à la date de l'opération. Cabinet Hayot Expertise, Paris — À jour au 15 mai 2026.
Sources : CGI art. 150-0 A, 150-0 B ter, 150-0 D ter, 787 B, 758 — BOFiP BOI-RPPM-PVBMI et BOI-ENR-DMTG — Légifrance — entreprendre.service-public.fr.
Questions fréquentes
Quelle différence entre cession totale et cession partielle ?
La cession totale transfère 100 % des titres ou de l'actif à un acquéreur unique : le cédant sort complètement de la société. La cession partielle conserve une quote-part au cédant — en général 30 à 49 % — le temps d'accompagner la transition ou de bénéficier de la croissance future. Elle implique un pacte d'actionnaires précis, un mécanisme de sortie futur (call/put, tag-along) et un accord sur la gouvernance partagée.
Le pacte Dutreil s'applique-t-il aux SARL et SAS ?
Oui. L'exonération de 75 % prévue par CGI art. 787 B s'applique aux titres de toute société soumise à l'IS ou à l'IR si celle-ci exerce une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Les holdings animatrices peuvent également y prétendre sous conditions strictes. La forme juridique (SARL, SAS, SA) n'est pas un critère d'exclusion, mais les conditions d'engagement collectif et individuel doivent être scrupuleusement respectées et documentées avant toute donation.
Comment fonctionne l'abattement pour départ à la retraite du dirigeant ?
L'article 150-0 D ter du CGI prévoit un abattement fixe de 500 000 euros sur la plus-value de cession de titres, sous conditions : le cédant doit exercer des fonctions de direction depuis au moins 5 ans, détenir au moins 25 % des droits de vote ou financiers, cesser toute fonction dans la société dans les 2 ans suivant ou précédant la cession, et faire valoir ses droits à la retraite dans ce même délai. Une vérification cas par cas est indispensable car les conditions ont été modifiées par les lois de finances récentes (à vérifier).
Qu'est-ce que l'apport-cession et pourquoi différer l'imposition ?
L'apport-cession (CGI art. 150-0 B ter) consiste à apporter les titres à une holding soumise à l'IS avant de les céder. La plus-value est placée en report d'imposition tant que la holding conserve les titres ou réinvestit le produit dans une activité économique qualifiante dans les 2 ans suivant la cession. Ce mécanisme permet de réinvestir le produit de cession à 100 % avant impôt. Il nécessite une structuration rigoureuse en amont et un suivi continu du remploi.
Un MBO nécessite-t-il un financement bancaire et comment est-il structuré ?
Un MBO (Management Buy-Out) repose généralement sur une holding de reprise constituée par les cadres acquéreurs, qui contracte un emprunt bancaire senior remboursable par les dividendes ou la trésorerie remontée de la cible, complémentée d'un apport personnel des repreneurs (typiquement 20 à 30 % du prix) et parfois d'un vendor loan ou d'un earn-out pour couvrir l'écart entre la valeur négociée et la dette senior disponible. La capacité de remontée de dividendes et la solvabilité de la cible sont les critères décisifs pour obtenir le financement.
Quels sont les principaux pièges à éviter lors d'une cession d'entreprise ?
Les cinq pièges les plus fréquents observés chez Cabinet Hayot Expertise sont : (1) choisir le mode de cession trop tard, sans préparer la structure patrimoniale 2 à 3 ans avant ; (2) oublier d'activer le Dutreil faute de dossier d'engagement collectif signé à temps ; (3) sous-estimer la garantie d'actif et de passif et sa durée de couverture ; (4) négliger le régime social du cédant pendant la période post-cession ; (5) confondre prix de cession et liquidité réelle en omettant les clauses d'earn-out ou de séquestre.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGI art. 150-0 A (cession de titres, plus-values)
- Légifrance — CGI art. 150-0 B ter (apport-cession, report d'imposition)
- Légifrance — CGI art. 150-0 D ter (départ à la retraite du dirigeant)
- Légifrance — CGI art. 787 B (pacte Dutreil — transmission d'entreprise)
- Légifrance — CGI art. 758 (évaluation des biens transmis par donation)
- BOFiP — BOI-RPPM-PVBMI (plus-values mobilières, cession de titres)
- BOFiP — BOI-ENR-DMTG-10-20-40 (Dutreil, conditions et exonération)
- entreprendre.service-public.fr — Transmettre ou reprendre une entreprise
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