Principes comptables 2026 : PCG, IFRS, FEC — guide complet
Les 9 principes comptables, le PCG actualisé par le règlement ANC 2025-04, l'articulation avec les IFRS, le FEC et la facturation électronique 2026 : le cadre que tout dirigeant à Paris doit maîtriser.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 12 mai 2026. Neuf principes structurent toute la comptabilité française, codifiés au Plan Comptable Général (PCG, règlement ANC 2014-03 modifié) et adossés aux articles L123-12 à L123-28 du Code de commerce. Le règlement ANC 2025-04, entré en vigueur le 1er janvier 2026, a fait évoluer ce cadre — intégration d'éléments de durabilité dans l'annexe, refonte du compte de résultat, traitement modernisé du goodwill. Pour un dirigeant de PME, un DAF junior, un comptable interne ou un étudiant DCG/DSCG, comprendre ces fondations n'est pas un exercice scolaire : c'est ce qui permet de produire des comptes opposables, défendables en contrôle fiscal et lisibles par un banquier ou un investisseur. Cabinet Hayot Expertise vous propose un panorama à Paris du cadre normatif, des principes, du plan de comptes, des obligations matérielles et des arbitrages à faire en 2026.
Cadre normatif 2026 — PCG, IFRS et choix de référentiel#
Le PCG (règlement ANC 2014-03) et la mise à jour ANC 2025-04#
Le Plan Comptable Général est le socle de référence pour les comptes annuels (sociaux) des entreprises françaises. Il est porté par le règlement de l'Autorité des Normes Comptables (ANC) n° 2014-03 du 5 juin 2014, homologué par arrêté ministériel et régulièrement modifié. La dernière refonte d'ampleur, le règlement ANC 2025-04, est entrée en vigueur pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2026. Elle introduit trois familles de changements : intégration progressive d'éléments ESRS dans l'annexe (lien avec la CSRD), possibilité de présenter le compte de résultat par destination/fonction en plus de la présentation par nature, et modernisation du traitement du goodwill avec ouverture d'un test de dépréciation pour certaines entreprises plutôt qu'un amortissement systématique. Le livrable de clôture 2026 n'est donc plus identique à celui de 2025 : les annexes doivent être recomposées et les options méthodologiques explicitées.
Quand les IFRS s'appliquent — comptes consolidés sociétés cotées UE#
Les normes IFRS (International Financial Reporting Standards), publiées par l'IFRS Foundation, s'imposent pour les comptes consolidés des sociétés européennes cotées sur un marché réglementé, en application du règlement CE 1606/2002. Une PME française non cotée et sans filiale internationale matérielle reste exclusivement sur le PCG. En revanche, une ETI cotée à Euronext Paris, une foncière cotée ou une filiale française d'un groupe coté américain doit produire ses comptes consolidés en IFRS — tout en conservant ses comptes sociaux en PCG. Les US GAAP n'ont pas d'application directe en France ; ils sont rencontrés dans les retraitements de reporting groupe lorsqu'une filiale française appartient à un groupe SEC.
Rôle de l'ANC et articulation avec le Code commerce#
L'ANC est l'autorité publique indépendante française qui fixe, sous forme de règlements homologués, les règles applicables aux comptes annuels et consolidés des personnes morales privées. Elle articule son action avec deux niveaux de normes supérieures : le Code de commerce (articles L123-12 à L123-28) qui pose les obligations légales de tenue de comptabilité, et le droit européen (directive comptable 2013/34/UE, règlement IFRS). Un dirigeant à Paris doit donc lire ses comptes à travers trois prismes — Code de commerce pour les obligations, règlement ANC 2014-03 / 2025-04 pour les méthodes, doctrine fiscale BOFiP (BOI-BIC-DECLA-30) pour les retraitements fiscaux.
Les 9 principes comptables fondamentaux#
Continuité d'exploitation, permanence des méthodes, indépendance des exercices#
Le principe de continuité d'exploitation (article 121-1 du PCG, article L123-20 du Code de commerce) impose que les comptes soient établis dans l'hypothèse que l'entreprise poursuit son activité. À défaut — procédure collective, cessation, liquidation — les actifs sont évalués en valeur liquidative, ce qui modifie radicalement le bilan. Le principe de permanence des méthodes (article 121-4 PCG, L123-17) impose d'utiliser d'un exercice à l'autre les mêmes règles d'évaluation et de présentation ; tout changement doit être justifié et explicité en annexe. Le principe d'indépendance des exercices (article 313-1 PCG) — souvent appelé cut-off — exige le rattachement des produits et charges à l'exercice qui les concerne, via les charges constatées d'avance, les produits à recevoir, les factures non parvenues et les charges à payer. C'est la mécanique qui sépare un comptable rigoureux d'un comptable approximatif.
Coût historique, prudence, bonne information#
Le coût historique (article 214-1 PCG), aussi appelé nominalisme monétaire, impose d'enregistrer les biens à leur coût d'acquisition ou de production, et non à leur valeur de marché. Exception : les instruments financiers de transaction et certaines opérations de couverture. Le principe de prudence (article 121-3 PCG, L123-20) impose la comptabilisation des pertes probables dès qu'elles sont connues, mais interdit l'enregistrement des gains latents tant qu'ils ne sont pas réalisés. Concrètement : une dépréciation de stock probable se passe immédiatement, une plus-value latente sur immobilisation ne se passe jamais. Le principe d'image fidèle (article L123-14) est l'objectif supérieur : les comptes doivent donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat. Lorsqu'une règle technique conduit à une présentation trompeuse, l'image fidèle prime — avec mention en annexe.
Non-compensation, intangibilité, importance relative#
Le principe de non-compensation (article L123-19) impose une évaluation séparée des éléments d'actif et de passif, des produits et des charges. Un client en retard et un fournisseur à payer ne se neutralisent pas. L'intangibilité du bilan d'ouverture (article L123-19 alinéa 4) garantit que le bilan d'ouverture d'un exercice correspond strictement au bilan de clôture du précédent : aucune écriture rétroactive ne peut modifier un exercice clos. L'importance relative (matérialité) est un concept transversal du PCG et de la doctrine de l'ANC : seules les informations significatives, susceptibles d'influencer la décision de l'utilisateur des comptes, doivent être détaillées. Un seuil de matérialité usuel se situe entre 1 % et 5 % du total bilan ou du chiffre d'affaires selon le contexte.
Le plan de comptes — la grammaire de la comptabilité#
Les 8 classes de comptes et leur logique#
Le plan de comptes français organise les écritures en 8 classes : classe 1 capitaux (capital social, réserves, résultat, provisions, emprunts) ; classe 2 immobilisations (incorporelles 20, corporelles 21, financières 26-27, amortissements 28, dépréciations 29) ; classe 3 stocks et en-cours ; classe 4 tiers (clients 41, fournisseurs 40, État 44, salariés 42, comptes courants associés 45) ; classe 5 comptes financiers (banque 512, caisse 53, VMP 50) ; classe 6 charges ; classe 7 produits ; classe 8 comptes spéciaux (engagements hors bilan, résultat en instance). Chaque compte se subdivise en sous-comptes selon la racine — règle de base pour la lisibilité d'une tenue de comptabilité externalisée.
Comptes de bilan vs comptes de gestion#
Les classes 1 à 5 alimentent le bilan (situation patrimoniale à la clôture). Les classes 6 et 7 alimentent le compte de résultat (flux de l'exercice) et sont soldées chaque année. La classe 8 sert pour les engagements et opérations en suspens. Cette dichotomie permet une bascule mécanique : le résultat de l'exercice (différence 7 – 6) alimente le compte 12 du bilan, qui est ensuite affecté par l'AGO en réserves, report à nouveau ou dividendes.
Personnalisation par secteur d'activité#
Le PCG admet des plans comptables professionnels adaptés à certaines activités : associations (plan ANC 2018-06), copropriétés, SCPI, OPCI, professions libérales, sociétés agricoles, etc. Une SCI à l'IS suivra le PCG général ; une SCI à l'IR aura une comptabilité simplifiée. Le principe est de conserver la racine PCG (les classes et les comptes principaux) tout en autorisant les subdivisions sectorielles. Pour une activité spécifique, le bon réflexe est de vérifier le règlement ANC sectoriel applicable.
Livres et obligations matérielles#
Livre-journal, grand livre, livre d'inventaire#
L'article L123-12 du Code de commerce impose la tenue d'une comptabilité régulière et sincère. Cette obligation se traduit matériellement par trois livres. Le livre-journal enregistre chronologiquement, opération par opération, l'ensemble des mouvements affectant le patrimoine. Le grand livre reprend ces écritures classées par compte du plan comptable. Le livre d'inventaire récapitulait historiquement les éléments d'actif et de passif à la clôture (obligation formelle supprimée en 2016 mais le contenu reste imposé sous forme d'inventaire annuel). Ces livres doivent être tenus sans blanc ni altération, et les écritures doivent être appuyées sur des pièces justificatives datées et probantes.
Conservation 10 ans et formats acceptés#
L'article L123-22 impose la conservation des documents comptables pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice. La forme papier originale n'est plus exigée : la dématérialisation est autorisée à condition de garantir l'authenticité, l'intégrité et la lisibilité (arrêté du 22 mars 2017). Les formats acceptés incluent PDF/A, XML structuré, et fichiers exportés des logiciels comptables sous réserve d'horodatage et de signature électronique probante. Une comptabilité tenue dans le cloud doit donner accès aux données en cas de contrôle, dans un format exploitable par l'administration.
FEC et obligations en cas de contrôle fiscal#
Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est codifié à l'article L47 A du Livre des procédures fiscales et précisé par l'article A47 A-1 LPF. Toute entreprise tenant sa comptabilité de manière informatisée doit pouvoir produire, dès le début d'un contrôle fiscal, un FEC au format normalisé : fichier texte UTF-8, 18 colonnes définies (journal, date, compte, libellé, débit, crédit, lettrage, etc.), tri chronologique. Depuis la loi LFR 2017 anti-fraude TVA, les logiciels comptables doivent être certifiés conformes par leur éditeur (attestation ou certificat). Les logiciels les plus utilisés en 2026 — Pennylane, Cegid Quadra/Loop, Sage Compta, EBP, Inqom, Indy — produisent un FEC conforme nativement. Pour un dossier complet, consultez notre article dédié au FEC et au fichier des écritures comptables.
Régimes simplifiés — qui peut alléger sa comptabilité#
Système de base, simplifié et super-simplifié#
L'article L123-25 et suivants du Code de commerce ouvrent trois régimes selon la taille. Le système de base est par défaut : comptes annuels complets (bilan, compte de résultat, annexe développée). Le système simplifié (entreprises ne dépassant pas 2 des 3 seuils : total bilan 6 M€, CA HT 12 M€, 50 salariés — seuils 2024-2026 à confirmer dans la version actualisée du décret) permet une annexe abrégée et certaines simplifications d'évaluation. Le système super-simplifié (BIC ou BNC sous 2 des 3 seuils : 350 K€ bilan, 700 K€ CA HT, 10 salariés) autorise notamment la comptabilité de trésorerie en cours d'exercice avec régularisation engagement à la clôture.
Régime micro et comptabilité de trésorerie#
Le régime micro-entreprise (micro-BIC, micro-BNC) repose sur un abattement forfaitaire pour frais professionnels et dispense le micro-entrepreneur de comptabilité commerciale. Seul un livre des recettes chronologique est obligatoire, complété pour les activités d'achat-revente par un registre des achats. Cette simplification a un revers : aucune capacité à déduire des charges réelles, et un seuil de chiffre d'affaires plafonné (188 700 € pour la vente de marchandises, 77 700 € pour les prestations de services en 2026, à vérifier annuellement). Au-delà, bascule en réel simplifié.
Seuils 2026 pour chaque régime#
Les seuils sont périodiquement revalorisés par décret pour suivre l'inflation. Les valeurs 2026 sont à confirmer dans le décret d'application de la directive comptable UE révisée. La pratique recommandée : vérifier chaque année à l'arrêté les seuils franchis sur les deux derniers exercices, car le franchissement durable bascule l'entreprise dans le régime supérieur — avec impact direct sur l'annexe, les obligations de publicité et l'éventuelle obligation de désigner un commissaire aux comptes.
PCG vs IFRS — les divergences à connaître#
Coût historique versus juste valeur#
Le PCG privilégie le coût historique : les actifs sont au bilan pour leur coût d'acquisition, diminué des amortissements et dépréciations. Les IFRS acceptent largement la juste valeur (fair value, mark-to-market) pour les instruments financiers, les immeubles de placement (IAS 40), certains actifs biologiques. Conséquence : un même immeuble peut figurer pour 2 M€ au bilan PCG (coût historique - amortissements) et pour 4,5 M€ au bilan IFRS (juste valeur). Le résultat IFRS intègre alors les variations de juste valeur, ce qui le rend plus volatil que le résultat PCG.
Goodwill, leasing, provisions retraite#
Trois divergences emblématiques. Le goodwill : amortissement PCG sur durée d'utilité (par défaut 10 ans en l'absence de justification d'une durée plus longue), test annuel de dépréciation IFRS sans amortissement (IAS 36). Le leasing : PCG comptabilise un loyer en charge de classe 6, IFRS 16 inscrit un droit d'utilisation à l'actif et une dette de location au passif. Les provisions retraite (engagement IFC) : souvent en engagement hors bilan en PCG (option ANC), obligatoirement provisionnées en IFRS (IAS 19). Ces trois sujets sont les principaux retraitements de passage des comptes sociaux français aux comptes IFRS d'un groupe consolidé.
Présentation par nature versus par destination#
Le PCG impose historiquement une présentation du compte de résultat par nature (achats, services extérieurs, charges de personnel, dotations aux amortissements). Le règlement ANC 2025-04 ouvre désormais la possibilité d'une présentation par destination (coût des ventes, frais commerciaux, frais administratifs, frais de R&D), à condition d'une cohérence inter-exercices et d'une réconciliation en annexe. Cette option, héritée d'IAS 1, rapproche le compte de résultat français des pratiques anglo-saxonnes et facilite la lecture par des investisseurs internationaux.
Ce que change le règlement ANC 2025-04 et la facturation électronique#
Intégration des éléments ESRS dans l'annexe#
Le règlement ANC 2025-04 amorce l'intégration dans l'annexe de données extra-financières issues des ESRS (European Sustainability Reporting Standards) en cohérence avec la CSRD. Les grandes entreprises concernées par la CSRD doivent désormais articuler leur rapport de durabilité avec les informations chiffrées de l'annexe comptable : émissions GES, intensité énergétique, indicateurs sociaux. Les PME ne sont pas directement assujetties à la CSRD mais peuvent être sollicitées par leurs donneurs d'ordre (effet ruissellement chaîne de valeur).
Refonte du compte de résultat et traitement du goodwill#
Outre la présentation par destination évoquée plus haut, le règlement ANC 2025-04 modernise le traitement du goodwill pour permettre à certaines entreprises (notamment celles produisant des comptes consolidés) un test annuel de dépréciation en lieu et place de l'amortissement systématique. Les charges à étaler voient également leur traitement clarifié, avec un encadrement plus strict pour limiter les pratiques de lissage du résultat.
Calendrier facturation électronique 2026-2027#
Le calendrier de la facturation électronique est désormais confirmé : réception obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026, émission obligatoire au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, au 1er septembre 2027 pour les PME et microentreprises. Les flux passent par une PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire) ou le PPF (Portail Public de Facturation). L'impact comptable est majeur : automatisation possible de la saisie fournisseurs, mais traçabilité encore plus stricte des écritures et obligation de mentions renforcées. Notre guide PME de la facturation électronique 2026 détaille la mise en œuvre opérationnelle.
Notre lecture chez Cabinet Hayot Expertise#
La décision à arbitrer — internaliser ou externaliser la comptabilité#
Dans les dossiers que nous accompagnons à Paris, trois scénarios se rencontrent. Une micro-entreprise ou TPE (CA < 500 K€) : externalisation complète, logiciel partagé (Pennylane, Indy), saisie automatique et clôture annuelle par le cabinet. Une PME 2 à 15 M€ : modèle mixte — saisie en interne par un comptable, supervision et révision par le cabinet, FEC produit mensuellement. Une ETI ou groupe : DAF interne ou DAF externalisé, équipe comptable structurée, cabinet en mission de révision ou d'audit légal. Le critère décisif n'est pas la taille brute mais la complexité opérationnelle (multi-sites, multi-pays, multi-référentiels, levée de fonds en cours).
Le risque sous-estimé — non-conformité FEC et logiciels non certifiés#
Questions fréquentes
Quels sont les 9 principes comptables français ?+
Les neuf principes structurants du PCG 2026 sont : continuité d'exploitation (article 121-1), permanence des méthodes (article 121-4), indépendance des exercices (article 313-1), coût historique ou nominalisme monétaire (article 214-1), prudence (article 121-3), image fidèle (article L123-14 du Code de commerce), non-compensation (article L123-19), intangibilité du bilan d'ouverture (article L123-19 alinéa 4) et importance relative (matérialité, principe transversal). Ces principes sont codifiés au PCG par le règlement ANC 2014-03 modifié et rappelés dans le Code de commerce. Tout traitement comptable qui s'écarte d'un de ces principes doit être justifié et mentionné en annexe au nom du principe supérieur d'image fidèle.
Quelle différence entre PCG et IFRS en 2026 ?+
Le PCG est le référentiel français applicable aux comptes annuels (sociaux) de toutes les entreprises françaises. Les IFRS, publiées par l'IFRS Foundation, s'imposent aux comptes consolidés des sociétés européennes cotées sur un marché réglementé. Les principales divergences : coût historique (PCG) versus juste valeur largement utilisée (IFRS) ; goodwill amorti en PCG versus test de dépréciation en IFRS ; leasing en charge en PCG versus droit d'utilisation à l'actif en IFRS 16 ; provisions retraite en engagement hors bilan en PCG versus provisionnées en IAS 19. Une PME française non cotée reste exclusivement sur le PCG. Une ETI cotée combine les deux référentiels — sociaux en PCG, consolidés en IFRS.
Combien de temps conserver les pièces comptables ?+
L'article L123-22 du Code de commerce impose une conservation de 10 ans à compter de la clôture de l'exercice. Cette durée couvre l'ensemble des livres (livre-journal, grand livre), pièces justificatives (factures, contrats, relevés bancaires) et états annuels (bilan, compte de résultat, annexe). La conservation peut être faite sous forme papier ou électronique, sous réserve de garantir l'authenticité, l'intégrité et la lisibilité (arrêté du 22 mars 2017). En cas de contrôle fiscal, le délai de reprise de l'administration est généralement de 3 ans, mais peut être étendu à 10 ans en cas d'activités occultes, ce qui justifie d'aligner la durée de conservation comptable sur cette borne maximale.
Qu'est-ce que le FEC et qui doit le produire ?+
Le Fichier des Écritures Comptables (FEC), codifié à l'article L47 A du Livre des procédures fiscales et à l'article A47 A-1, est un fichier normalisé que doit pouvoir produire toute entreprise tenant sa comptabilité de manière informatisée, dès le début d'un contrôle fiscal. Format : texte UTF-8, 18 colonnes définies (journal, date, compte général, compte auxiliaire, pièce, libellé, débit, crédit, lettrage, etc.), tri chronologique strict. Les microentreprises au régime micro-BIC ou micro-BNC en sont dispensées tant qu'elles ne tiennent pas de comptabilité informatisée. L'absence ou la non-conformité du FEC peut entraîner un rejet de comptabilité et une évaluation d'office, ainsi qu'une amende spécifique de 5 000 € minimum.
Quand la facturation électronique sera-t-elle obligatoire pour ma PME ?+
Le calendrier confirmé à mai 2026 prévoit : la réception de factures électroniques obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026 ; l'émission obligatoire au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI ; l'émission obligatoire au 1er septembre 2027 pour les PME et microentreprises. La transmission se fait via une PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire) ou via le PPF (Portail Public de Facturation). Une PME doit donc être capable de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026, ce qui implique le choix d'un opérateur de dématérialisation et l'adaptation de son logiciel comptable. L'émission, elle, n'est obligatoire qu'en septembre 2027 — mais une bascule anticipée est généralement recommandée pour homogénéiser les flux.
Faut-il un expert-comptable ou un logiciel suffit-il ?+
Un logiciel comptable certifié (Pennylane, Cegid, Sage, EBP, Indy, Inqom) suffit techniquement à produire des écritures et un FEC conforme. Il ne suffit pas à arbitrer les questions de qualification (cette dépense est-elle une charge ou une immobilisation ?), de principes (faut-il provisionner ce litige ?), de conformité fiscale (TVA récupérable, IS, CFE, CVAE) ni à représenter l'entreprise face à l'administration. L'expert-comptable, inscrit à l'Ordre, exerce une mission encadrée par l'ordonnance de 1945 réformée : tenue, surveillance ou révision de la comptabilité, établissement des comptes annuels, conseil et accompagnement. Pour une TPE simple, un logiciel + une revue annuelle peut suffire. Au-delà de 500 K€ de CA ou en présence de complexité (multi-activités, salariés, levée de fonds), l'accompagnement régulier est un facteur clé de sécurité juridique et fiscale.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - Articles L123-12 à L123-28 du Code de commerce (comptabilité des commerçants)
- Légifrance - Article L123-12 du Code de commerce
- ANC - Règlement n° 2014-03 relatif au Plan Comptable Général (consolidé)
- ANC - Règlement n° 2025-04 modifiant le PCG (en vigueur au 1er janvier 2026)
- BOFiP - BOI-BIC-DECLA-30 (obligations comptables BIC)
- Légifrance - Article L47 A LPF (FEC)
- Ordre des experts-comptables - Cadre normatif
- IFRS Foundation - Normes IFRS
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