Frais de comptabilité 2026 : déductibles, mais la réduction OGA est supprimée
Frais de comptabilité en 2026 : la réduction d'impôt OGA (CGI art. 199 quater B) est supprimée par la loi de finances 2025. Ce qui reste, ce qui change, micro ou réel, expliqué par le cabinet Hayot Expertise à Paris.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Avertissement : ce dispositif est supprimé. La réduction d'impôt pour frais de tenue de comptabilité et d'adhésion à un organisme de gestion agréé (CGI article 199 quater B), égale aux deux tiers des frais dans la limite de 915 EUR par an, est supprimée par l'article 11 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), à compter de l'imposition des revenus 2025. La dernière application portait sur les revenus 2024, déclarés au printemps 2025. Si vous prépariez votre déclaration en comptant sur cette réduction, elle n'existe plus : il ne faut ni l'attendre ni la porter sur l'impôt sur le revenu 2025.
La bonne nouvelle, c'est que cette suppression ne change rien à l'essentiel pour la plupart des indépendants. Ce qui disparaît, c'est un crédit imputé sur l'impôt, pas la déductibilité de la charge. Le cabinet Hayot Expertise fait le tri entre ce qui change et ce qui reste vrai en 2026.
En une phrase : les honoraires d'expert-comptable restent une charge déductible du résultat au régime réel ; c'est la réduction d'impôt OGA, et l'agrément des OGA lui-même, qui sont supprimés.
Tableau récapitulatif à jour : frais de comptabilité 2026#
| Situation | Réduction d'impôt art. 199 quater B | Frais de comptabilité déductibles | Avantage OGA |
|---|---|---|---|
| BIC au régime réel | Supprimée (revenus 2025) | Oui, charge déductible (compte 6226) | Aucun avantage fiscal |
| BNC en déclaration contrôlée (2035) | Supprimée (revenus 2025) | Oui, charge déductible | Aucun avantage fiscal |
| Société à l'IS (SARL, SAS, SCI IS...) | Sans objet (impôt sociétés) | Oui, charge déductible | Aucun avantage fiscal |
| Micro-entrepreneur (micro-BIC / micro-BNC) | Sans objet | Non (abattement forfaitaire, inchangé) | Aucun avantage fiscal |
Ce qui est supprimé : la réduction d'impôt, pas la déduction#
Il faut distinguer deux mécanismes que beaucoup de contribuables confondent, et c'est précisément cette confusion qui crée l'inquiétude autour de la réforme.
La réduction d'impôt de l'article 199 quater B s'imputait directement sur l'impôt sur le revenu dû, euro pour euro, à hauteur des deux tiers des frais de comptabilité et d'adhésion OGA, dans la limite de 915 EUR par an. C'est ce crédit qui disparaît à compter de l'imposition des revenus 2025.
La déduction de la charge, elle, est tout autre chose : les honoraires de l'expert-comptable réduisent le bénéfice imposable parce qu'ils constituent une charge professionnelle engagée dans l'intérêt de l'exploitation. Cette déduction reste pleinement en vigueur au régime réel. Vous ne perdez donc pas le droit de déduire vos frais comptables : vous perdez seulement le bonus fiscal supplémentaire qui s'y ajoutait.
À retenir : ne plus déclarer cette réduction (anciennes cases du formulaire 2042 C PRO et notice 2041 GQ). La déduction de la charge, elle, continue de s'appliquer normalement au régime réel.
Ce qui reste vrai : les honoraires comptables sont une charge déductible#
Au régime réel, la déductibilité des frais de comptabilité ne dépend d'aucun dispositif d'incitation. Elle découle du principe général de déduction des charges engagées dans l'intérêt de l'entreprise.
- BIC au réel : honoraires d'expert-comptable et frais de tenue de comptabilité déductibles du résultat, comptabilisés au compte 6226 (Honoraires) (et 622 plus largement pour les rémunérations d'intermédiaires et honoraires).
- BNC en déclaration contrôlée (2035) : mêmes frais déductibles des recettes professionnelles.
- Sociétés à l'IS : la charge réduit le résultat soumis à l'impôt sur les sociétés.
- Micro-entrepreneur : pas de déduction de frais réels. Le bénéfice est déterminé par un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité), inchangé. Que vous payiez ou non un expert-comptable n'a aucune incidence sur votre base imposable au micro.
L'écriture ne change pas en 2026 : débit 6226 (honoraires) pour le montant hors taxes, crédit 401 (fournisseurs) ou 512 (banque), la TVA sur honoraires restant déductible pour un assujetti.
Le sort des OGA : agrément supprimé#
La même loi de finances pour 2025 ne se limite pas à la réduction d'impôt. Elle supprime l'agrément des organismes de gestion agréés : les centres de gestion agréés (CGA) pour les BIC et les associations de gestion agréées (AGA) pour les BNC.
Concrètement :
- Ces organismes peuvent poursuivre leur activité comme structures privées, mais ils doivent modifier leur dénomination pour retirer le mot « agréé », dans un délai d'un an.
- Le viseur fiscal et les missions légales attachées à l'agrément (examen de cohérence et de vraisemblance opposable, compte rendu de mission) perdent leur fondement fiscal.
- Surtout, adhérer à un OGA n'apporte plus aucun avantage fiscal direct : ni réduction d'impôt, ni dispense d'une quelconque majoration.
Un éventuel intérêt d'accompagnement, de prévention ou de statistiques sectorielles peut subsister auprès de certaines de ces structures, mais il relève désormais d'un service privé librement choisi, sans portée fiscale.
La majoration de 25 % des non-adhérents : déjà supprimée#
Pour bien mesurer la portée réelle de la réforme, il faut rappeler qu'un autre volet du régime OGA avait déjà disparu avant 2025.
Historiquement, les contribuables au régime réel non adhérents d'un OGA voyaient leur bénéfice imposable majoré de 25 % pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Cette majoration a été supprimée progressivement, le coefficient étant ramené à 1 dès l'imposition des revenus 2023.
Résultat : depuis 2023, il n'existe plus de pénalité de non-adhésion. Et depuis l'imposition des revenus 2025, il n'existe plus d'avantage fiscal d'adhésion. Le régime fiscal des OGA est donc devenu entièrement neutre, ce que l'abrogation de l'agrément vient confirmer.
Point de vigilance : certains indépendants continuent de croire qu'ils seront pénalisés s'ils n'adhèrent pas à un OGA. Cette crainte n'a plus de fondement depuis les revenus 2023. Aucune majoration n'est applicable, et aucune adhésion n'est requise pour être imposé sur votre bénéfice réel.
Micro ou réel : un choix désormais purement économique#
Jusqu'ici, la réduction d'impôt OGA pesait, à la marge, dans l'arbitrage entre le micro et le réel : elle abaissait le coût net de la comptabilité au réel. Cette incitation a disparu. Le choix se décide sur des critères purement économiques.
La question centrale reste la même : vos charges réelles dépassent-elles l'abattement forfaitaire du micro ?
- Au micro, votre bénéfice est déterminé par un abattement (71 % vente de marchandises, 50 % prestations BIC, 34 % BNC). Vous ne déduisez aucune charge réelle, honoraires comptables compris.
- Au réel, vous déduisez vos charges effectives : achats, loyer, salaires, honoraires d'expert-comptable, amortissements. Si ces charges dépassent durablement l'abattement, le réel devient plus avantageux.
Le réel implique en contrepartie une comptabilité complète et une liasse fiscale, donc un coût de gestion plus élevé. C'est précisément ce coût, déductible mais réel, qu'il faut mettre en balance. Le seuil de bascule se raisonne au cas par cas, en fonction de la structure de charges et du niveau de marge.
Ce qui change concrètement en 2026#
- Ne plus déclarer la réduction d'impôt frais de comptabilité : les anciennes cases du 2042 C PRO et la notice 2041 GQ ne s'appliquent plus pour les revenus 2025.
- Continuer à déduire normalement les honoraires d'expert-comptable au régime réel (compte 6226). Rien à changer dans la comptabilité.
- Ne pas adhérer à un OGA pour des raisons fiscales : il n'y a plus d'avantage. Une adhésion ne se justifie plus que par un service d'accompagnement réellement utile.
- Vérifier la dénomination de votre éventuel organisme : le retrait du mot « agréé » est en cours et n'a aucune incidence sur votre situation fiscale.
- Reprendre l'arbitrage micro / réel sur les seuls critères économiques, sans l'ancien biais OGA.
- Ne pas demander de visa fiscal dans l'attente d'un effet fiscal : cet effet n'existe plus.
Cas type (exemple représentatif)#
Prenons une consultante en BNC, déclaration contrôlée (2035), 70 000 EUR de recettes, avec 1 200 EUR d'honoraires d'expert-comptable dans l'année.
- Avant la réforme (revenus 2024) : elle déduisait les 1 200 EUR de ses recettes professionnelles et bénéficiait d'une réduction d'impôt de 1 200 x 2/3 = 800 EUR imputée sur son IR.
- À compter des revenus 2025 : elle continue de déduire les 1 200 EUR de ses recettes (la charge reste déductible), mais la réduction de 800 EUR disparaît. Son impôt sur le revenu augmente d'autant, toutes choses égales par ailleurs.
À l'inverse, si cette même professionnelle relevait du micro-BNC, rien ne change : elle n'a jamais déduit ses frais réels, l'abattement de 34 % s'applique comme avant, et elle n'a jamais eu accès à la réduction.
Cet exemple illustre que l'effet de la réforme se concentre sur les indépendants au réel qui étaient adhérents OGA ou disposaient d'un visa fiscal. Pour eux, le coût net de la comptabilité augmente légèrement, sans que la nature déductible de la charge soit remise en cause.
Notre lecture : ce que le cabinet Hayot Expertise observe#
La confusion réduction / déduction génère des inquiétudes infondées. Beaucoup d'indépendants entendent « suppression » et craignent de ne plus pouvoir déduire leurs honoraires comptables. C'est faux : la déduction de la charge demeure. Seul le bonus fiscal supplémentaire disparaît.
L'incitation à adhérer à un OGA n'a plus lieu d'être. Dans les dossiers que nous reprenons, des indépendants paient encore une cotisation OGA par habitude, sans contrepartie fiscale. Il convient de réexaminer l'utilité réelle de cette adhésion à l'aune des seuls services rendus.
L'arbitrage micro / réel doit être réévalué. La disparition de l'incitation OGA simplifie le raisonnement : on compare désormais charges réelles et abattement forfaitaire, sans biais. Pour certains profils à faibles charges, cela peut faire pencher la balance vers le micro.
Checklist : adapter votre situation à la réforme 2026#
- Ne plus porter la réduction d'impôt frais de comptabilité sur la déclaration des revenus 2025.
- Vérifier que vos honoraires d'expert-comptable sont bien comptabilisés en charge (compte 6226) si vous êtes au réel.
- Confirmer votre régime : au micro, aucune déduction de frais réels, situation inchangée.
- Réexaminer l'intérêt d'une éventuelle adhésion OGA, désormais sans effet fiscal.
- Refaire l'arbitrage micro / réel sur des critères économiques (charges réelles contre abattement).
- Conserver vos justificatifs d'honoraires : ils restent utiles à la déductibilité de la charge.
Si vous vous demandez comment cette suppression affecte votre impôt, ou si le régime réel reste pertinent pour vous, nous pouvons faire le point lors d'un accompagnement fiscal par un expert-comptable adapté à votre situation.
Article rédigé par Samuel Hayot, expert-comptable, cabinet Hayot Expertise, Paris. À jour de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 11). Cet article a pour vocation d'informer ; il ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation, de vos documents et de la législation applicable à la date de votre déclaration.
Questions fréquentes
La réduction d'impôt pour frais de comptabilité (CGI art. 199 quater B) existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. La réduction d'impôt égale aux deux tiers des frais de tenue de comptabilité et d'adhésion OGA, plafonnée à 915 EUR par an, est supprimée par l'article 11 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) à compter de l'imposition des revenus 2025. La dernière application portait sur les revenus 2024, déclarés au printemps 2025. Il ne faut donc plus la déclarer ni l'attendre sur l'impôt sur le revenu 2025.
Les frais d'expert-comptable restent-ils déductibles en 2026 ?
Oui. Ce qui disparaît, c'est la réduction d'impôt imputée sur l'IR, pas la déduction de la charge. Les honoraires d'expert-comptable et les frais de tenue de comptabilité restent une charge professionnelle déductible du résultat au régime réel (BIC réel, BNC en déclaration contrôlée 2035, sociétés à l'IS), comptabilisée au compte 6226. Le micro-entrepreneur, lui, ne déduit aucun frais réel : son abattement forfaitaire est inchangé.
Faut-il encore adhérer à un organisme de gestion agréé (OGA) ?
Sur le plan fiscal, l'adhésion n'apporte plus aucun avantage direct. La même loi de finances pour 2025 supprime l'agrément des OGA (CGA pour les BIC, AGA pour les BNC) : ces organismes peuvent poursuivre comme structures privées mais doivent retirer le mot « agréé » de leur dénomination dans un délai d'un an. Un éventuel intérêt d'accompagnement ou de prévention peut subsister, mais sans portée fiscale.
Le viseur fiscal a-t-il encore un intérêt ?
Le viseur fiscal était une alternative privée à l'OGA qui ouvrait droit aux mêmes effets fiscaux, notamment la réduction d'impôt art. 199 quater B. Cette réduction étant supprimée et l'agrément OGA abrogé, le visa fiscal perd son fondement fiscal. Le besoin réel, lui, demeure : une comptabilité fiable, une liasse correcte et un interlocuteur disponible, ce qui relève désormais directement de la mission d'expertise comptable.
Micro ou réel : comment choisir maintenant que l'incitation OGA a disparu ?
Le choix se décide désormais sur des critères purement économiques, sans incitation fiscale liée à l'OGA. Comparez vos charges réelles (dont les honoraires comptables, déductibles au réel) à l'abattement forfaitaire du micro (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité). Si vos charges réelles dépassent durablement l'abattement, le réel devient pertinent ; sinon le micro reste simple et souvent plus favorable. Le seuil de bascule se raisonne au cas par cas.
Un professionnel non adhérent à un OGA est-il pénalisé fiscalement ?
Non. La majoration de 25 % du bénéfice imposable des non-adhérents a été supprimée progressivement, le coefficient étant ramené à 1 dès l'imposition des revenus 2023. Il n'existe donc plus ni pénalité de non-adhésion ni avantage fiscal d'adhésion : l'OGA est devenu fiscalement neutre, et l'abrogation de l'agrément en 2025 confirme la fin de ce régime.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- CGI art. 199 quater B — réduction d'impôt frais comptabilité OGA
- CGI art. 158-7 — majoration du bénéfice imposable (historique non-adhésion OGA)
- CGI art. 1649 quater F — délai d'adhésion OGA (31 mai)
- BOFiP BOI-IR-RICI-20 — réduction d'impôt pour frais de comptabilité et d'adhésion OGA
- impots.gouv.fr — Organismes de gestion agrees (OGA)
- Notice 2041 GQ — réduction d'impôt frais de comptabilité (formulaire 2042 C PRO)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôle
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